Jan 24 2013

Krieps @ Essentiel

Published by at 01:56 under Acting

SOURCE: http://www.lessentiel.lu/fr

vk

«L’essentiel Online»: Après plusieurs tournages internationaux, vous serez sur la scène du théâtre d’Esch-sur-Alzette et de Luxembourg pour «Woyzeck» dès vendredi?

Vicky Krieps, actrice: «Souhaitez-moi bonne chance! Je n’ai plus fait de théâtre depuis longtemps, et c’est un autre monde que celui du cinéma. Rien qu’au niveau de la voix».

En plus de ce rôle dans le théâtre, vous êtes régulièrement au Luxembourg pour des castings. Est-ce que les castings se font plus rares à partir d’un certain degré de popularité?

«Beaucoup pensent que les acteurs connus n’ont plus besoin de faire de castings, mais c’est complètement faux. Les stars aussi en font et s’y préparent. Chacun à sa manière bien sûr. Nous faisons régulièrement des castings, je viens d’en faire un au Luxembourg et cinq autres restent encore sans réponse. Des fois, on a du succès tout le temps, d’autres, pas du tout».

Comment vous préparez-vous aux castings?

«Je trouve que c’est très sportif. C’est un peu comme quand un sportif doit passer la barre au saut à la perche. Pour le casting d’«Anonymus» (film de Roland Emmerich) par exemple, j’ai tout de suite su que j’avais passé la barre. Le talent ne joue pas forcément le plus grand rôle à ce moment, il faut que quelque chose se passe dans l’inconscient et il faut être très concentré. Au début, j’ai souvent échoué à cause de mon attitude de «laisser-faire». J’allais aux castings ou rendez-vous avec les réalisateurs comme un pigeon, sans m’être auparavant penché sur le rôle. Alors qu’adapter un peu ses vêtements ou sa coiffure au rôle, sans avoir besoin de prendre des allures exagérés ou de se déguiser, ça change beaucoup l’impression que l’on laisse.

En tant qu’acteur on pourrait investir beaucoup d’argent et de temps dans l’apparence, mais souvent cela suffit d’indiquer subtilement ce que l’on pourrait s’imaginer. Au casting «Vermessung der Welt» (film allemand de Detlev Buck) par exemple, j’avais une simple robe blanc-crème, des chaussures brunes et un ruban autour de la taille. S’acheter une robe d’époque serait démesuré».

Vous êtes connue pour ne pas vous laisser faire. Dans quelle mesure l’acteur a-t-il son mot à dire lors d’un tournage?

«Dans des plus grands rôles, il est important qu’il y ait une relation de forces équilibrée entre acteur et réalisateur. Car en tant qu’acteur aussi, on a beaucoup de possibilités d’interprétations, bien que l’on soit entre les mains du réalisateur. Mais on prend toujours le risque que le film soit raté. Jusque-là j’ai eu de la chance. Il n’y a jamais la garantie de réussir, mais c’est aussi ce qui rend le métier d’acteur si intéressant».

Pouvez-vous vous permettre de refuser un rôle?

«Je viens de changer d’agence et ils m’ont félicité pour mon CV et justement parce que je n’ai jamais accepté n’importe quel rôle. Cela peut paraître arrogant, car pour l’instant je n’ai pas fait de brillants projets et n’ai pas encore gagné des masses d’argent. Mais je peux vivre du métier d’acteur, c’est pour cela que je ne vois pas pourquoi je devrais changer mon comportement. D’un point de vue luxembourgeois j’ai peut-être réussi, mais en Allemagne ou à l’international, je suis encore une inconnue. Alors que pour moi, tout a été trop vite. Je n’arrive pas à réaliser! Mais il est peut-être plus simple de lire la réussite de l’extérieur que de l’intérieur.
Il y a des moments où on comprend, par exemple lors de la première du film allemand «Die Vermessung der Welt» à Berlin. Il y avait plein de photographes, je ne l’ai pas remarqué au début. Puis je me suis dit «euh, vous venez à l’instant de tous me regarder en même temps? ». C’est après que j’ai compris, quand ma photo était imprimée dans les médias».

Prenez-vous des airs de star parfois?

«Ce n’est plus à la mode! Je lis des interviews dans lesquels des gens comme Salma Hayek disent qu’ils sont des gens comme tout un chacun. Elle monte à cheval tous les dimanches. Avec le temps, j’ai compris comment fonctionne la communication autour d’un film et arrive à mieux gérer les demandes d’interview».

Vous avez une fille de deux ans. Est-ce qu’un enfant rend l’activité d’acteur plus difficile?

«C’est une réelle torture. Je l’ai vécu pour la première fois il n’y a pas longtemps. J’étais à Hambourg sur un tournage et ma fille à Berlin avec de la fièvre. C’est très désagréable et je ne veux pas dire le contraire. Mais il y a toujours un équilibre entre ce qui est agréable et désagréable».

Est-ce que vous renonceriez à un projet important pour votre fille?

«Son bonheur et bien-être est une priorité face à chaque film. Mais j’essaye de ne délaisser aucun côté et au final, ce qui en souffre le plus c’est moi et ma santé. J’espère rester toujours assez raisonnable pour savoir dire non quand c’est important. Je pense que je réussis à le faire parce que je viens de la campagne. Luxembourg m’a influencé dans le sens où j’ai développé une certaine folie des grandeurs, mais aussi parce que je n’ai peur de personne. Des célébrités, il n’y en a pas vraiment au Luxembourg».

Vicky Krieps au Luxembourg

Au théâtre:

Pour le classique allemand «Woyczeck» de Geord Büchner, Vicky Krieps monte sur scène aux côtés de Luc Feit. La première a lieu vendredi 18 janvier au théâtre d’Esch-sur-Alzette. Les autres représentations auront lieu samedi 19 janvier à Esch et du mercredi 23 janvier au vendredi 25 janvier au Grand Théâtre de la ville de Luxembourg.

Au cinéma:

Ceux qui feront preuve de patience pourront découvrir les talents de Vicky Krieps au cinéma dès cet automne.

«A most wanted man» du régisseur Anton Corbijn avec Philip Seymour Hoffman, Rachel Mc Adams et Daniel Brühl sera aux affiches le 27 novembre 2013.

«Avant l’hiver» du régisseur Philippe Claudel avec Daniel Auteuil débutera le 20 novembre 2013.

Le Luxembourg aura pourtant manqué «Die Vermessung der Welt», dans lequel Vicky Krieps joue le rôle principal. Le film était aux affiches en automne 2012, mais la compagnie de production n’avait pas obtenu les droits de diffusion pour le Luxembourg, comme l’avait expliqué Nicolas Lemoine, directeur des programmes du CinéBelval.
Âgée de 29 ans, Vicky Krieps est une actrice luxembourgeoise. Diplômée de l’École d’art dramatique de Zurich, elle a commencé sa carrière sur la scène du théâtre suisse. Après avoir percé au cinéma, elle a décroché des rôles dans des films internationaux. Elle participe également a de nombreuses productions luxembourgeoises.

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«L’essentiel Online»: Après plusieurs tournages internationaux, vous serez sur la scène du théâtre d’Esch-sur-Alzette et de Luxembourg pour «Woyzeck» dès vendredi?

Vicky Krieps, actrice: «Souhaitez-moi bonne chance! Je n’ai plus fait de théâtre depuis longtemps, et c’est un autre monde que celui du cinéma. Rien qu’au niveau de la voix».

En plus de ce rôle dans le théâtre, vous êtes régulièrement au Luxembourg pour des castings. Est-ce que les castings se font plus rares à partir d’un certain degré de popularité?

«Beaucoup pensent que les acteurs connus n’ont plus besoin de faire de castings, mais c’est complètement faux. Les stars aussi en font et s’y préparent. Chacun à sa manière bien sûr. Nous faisons régulièrement des castings, je viens d’en faire un au Luxembourg et cinq autres restent encore sans réponse. Des fois, on a du succès tout le temps, d’autres, pas du tout».

Comment vous préparez-vous aux castings?

«Je trouve que c’est très sportif. C’est un peu comme quand un sportif doit passer la barre au saut à la perche. Pour le casting d’«Anonymus» (film de Roland Emmerich) par exemple, j’ai tout de suite su que j’avais passé la barre. Le talent ne joue pas forcément le plus grand rôle à ce moment, il faut que quelque chose se passe dans l’inconscient et il faut être très concentré. Au début, j’ai souvent échoué à cause de mon attitude de «laisser-faire». J’allais aux castings ou rendez-vous avec les réalisateurs comme un pigeon, sans m’être auparavant penché sur le rôle. Alors qu’adapter un peu ses vêtements ou sa coiffure au rôle, sans avoir besoin de prendre des allures exagérés ou de se déguiser, ça change beaucoup l’impression que l’on laisse.

En tant qu’acteur on pourrait investir beaucoup d’argent et de temps dans l’apparence, mais souvent cela suffit d’indiquer subtilement ce que l’on pourrait s’imaginer. Au casting «Vermessung der Welt» (film allemand de Detlev Buck) par exemple, j’avais une simple robe blanc-crème, des chaussures brunes et un ruban autour de la taille. S’acheter une robe d’époque serait démesuré».

Vous êtes connue pour ne pas vous laisser faire. Dans quelle mesure l’acteur a-t-il son mot à dire lors d’un tournage?

«Dans des plus grands rôles, il est important qu’il y ait une relation de forces équilibrée entre acteur et réalisateur. Car en tant qu’acteur aussi, on a beaucoup de possibilités d’interprétations, bien que l’on soit entre les mains du réalisateur. Mais on prend toujours le risque que le film soit raté. Jusque-là j’ai eu de la chance. Il n’y a jamais la garantie de réussir, mais c’est aussi ce qui rend le métier d’acteur si intéressant».

Pouvez-vous vous permettre de refuser un rôle?

«Je viens de changer d’agence et ils m’ont félicité pour mon CV et justement parce que je n’ai jamais accepté n’importe quel rôle. Cela peut paraître arrogant, car pour l’instant je n’ai pas fait de brillants projets et n’ai pas encore gagné des masses d’argent. Mais je peux vivre du métier d’acteur, c’est pour cela que je ne vois pas pourquoi je devrais changer mon comportement. D’un point de vue luxembourgeois j’ai peut-être réussi, mais en Allemagne ou à l’international, je suis encore une inconnue. Alors que pour moi, tout a été trop vite. Je n’arrive pas à réaliser! Mais il est peut-être plus simple de lire la réussite de l’extérieur que de l’intérieur.
Il y a des moments où on comprend, par exemple lors de la première du film allemand «Die Vermessung der Welt» à Berlin. Il y avait plein de photographes, je ne l’ai pas remarqué au début. Puis je me suis dit «euh, vous venez à l’instant de tous me regarder en même temps? ». C’est après que j’ai compris, quand ma photo était imprimée dans les médias».

Prenez-vous des airs de star parfois?

«Ce n’est plus à la mode! Je lis des interviews dans lesquels des gens comme Salma Hayek disent qu’ils sont des gens comme tout un chacun. Elle monte à cheval tous les dimanches. Avec le temps, j’ai compris comment fonctionne la communication autour d’un film et arrive à mieux gérer les demandes d’interview».

Vous avez une fille de deux ans. Est-ce qu’un enfant rend l’activité d’acteur plus difficile?

«C’est une réelle torture. Je l’ai vécu pour la première fois il n’y a pas longtemps. J’étais à Hambourg sur un tournage et ma fille à Berlin avec de la fièvre. C’est très désagréable et je ne veux pas dire le contraire. Mais il y a toujours un équilibre entre ce qui est agréable et désagréable».

Est-ce que vous renonceriez à un projet important pour votre fille?

«Son bonheur et bien-être est une priorité face à chaque film. Mais j’essaye de ne délaisser aucun côté et au final, ce qui en souffre le plus c’est moi et ma santé. J’espère rester toujours assez raisonnable pour savoir dire non quand c’est important. Je pense que je réussis à le faire parce que je viens de la campagne. Luxembourg m’a influencé dans le sens où j’ai développé une certaine folie des grandeurs, mais aussi parce que je n’ai peur de personne. Des célébrités, il n’y en a pas vraiment au Luxembourg».

Vicky Krieps au Luxembourg

Au théâtre:

Pour le classique allemand «Woyczeck» de Geord Büchner, Vicky Krieps monte sur scène aux côtés de Luc Feit. La première a lieu vendredi 18 janvier au théâtre d’Esch-sur-Alzette. Les autres représentations auront lieu samedi 19 janvier à Esch et du mercredi 23 janvier au vendredi 25 janvier au Grand Théâtre de la ville de Luxembourg.

Au cinéma:

Ceux qui feront preuve de patience pourront découvrir les talents de Vicky Krieps au cinéma dès cet automne.

«A most wanted man» du régisseur Anton Corbijn avec Philip Seymour Hoffman, Rachel Mc Adams et Daniel Brühl sera aux affiches le 27 novembre 2013.

«Avant l’hiver» du régisseur Philippe Claudel avec Daniel Auteuil débutera le 20 novembre 2013.

Le Luxembourg aura pourtant manqué «Die Vermessung der Welt», dans lequel Vicky Krieps joue le rôle principal. Le film était aux affiches en automne 2012, mais la compagnie de production n’avait pas obtenu les droits de diffusion pour le Luxembourg, comme l’avait expliqué Nicolas Lemoine, directeur des programmes du CinéBelval.
Âgée de 29 ans, Vicky Krieps est une actrice luxembourgeoise. Diplômée de l’École d’art dramatique de Zurich, elle a commencé sa carrière sur la scène du théâtre suisse. Après avoir percé au cinéma, elle a décroché des rôles dans des films internationaux. Elle participe également a de nombreuses productions luxembourgeoises.

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