Dec 15 2010

«Le cinéma est important pour notre image de marque»

Published by at 20:00 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/interview-du-lundi/18034.html – Pablo Chimienti

Le Fonspa a été créé en 1990, à l’initiative de l’ancien ministre de la Culture, Robert Krieps, pour soutenir la jeune production cinématographique nationale, suite au succès du film Schacko Klak.

Il est alors géré par le Centre national de l’audiovisuel. Parallèlement, un service du ministère d’État lance les certificats d’investissement audiovisuel pour attirer des productions internationales. Les deux structures fusionnent en 1999 pour créer le Fonspa tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec une structure indépendante et Guy Daleiden à sa tête.
Pourquoi fêter ces vingt ans?

Guy Daleiden : On fête cet anniversaire pour marquer le coup et dire à tout le monde : “Vous voyez, on existe depuis vingt ans”. On n’a peut-être pas la même expérience que d’autres pays qui ont une tradition de cinéma de près de 120 ans, mais c’est déjà un beau parcours. Et puis on veut aussi montrer au public tout ce qu’on a accompli pendant ces années, ce qu’on a réussi à créer grâce au soutien du gouvernement à ce secteur.
Qu’avez-vous réussi à faire?
Au Luxembourg, autour de 500 à 600 personnes travaillent régulièrement dans le secteur, une quarantaine de réalisateurs nationaux ou résidents, quelques 45 comédiens et comédiennes, une douzaine de sociétés productrices agréées qui coproduisent au niveau international, plusieurs associations professionnelles… Il existe également trois plateaux de tournage, six studios d’animation, quinze sociétés de postproduction et une douzaine de sociétés spécialisées dans les services au secteur. On a aussi plus de 400 œuvres audiovisuelles, courts, longs, animations, fictions et documentaires- réalisées grâce au régime des certificats (NDLR : des avantages fiscaux sur les productions audiovisuelles), dont 250 ont reçu également des avantages grâce au régime des aides directes. Pour un secteur qui n’avait aucun professionnalisme il y a vingt ans, je pense qu’on peut parler d’une belle évolution.
Et s’il n’y avait qu’une réussite à faire ressortir de tout ça, ce serait laquelle?
Ma plus grande satisfaction c’est la réussite des Filmpräis. C’était un véritable défi; maintenant qu’on les a organisés à quatre reprises, on peut être content du résultat. Pas seulement pour les belles soirées qu’on a connues mais, surtout, parce que tous les deux ans, on est désormais capables de montrer un bel éventail de produits et de compétences audiovisuels. On peut en être fier.
Maintenant que le secteur est sur pied, quel est le rôle du Fonds?
Le Fonds est l’administrateur des aides financières que l’État met à la disposition du secteur à travers notre comité d’analyse économique et le comité de lecture. On gère de l’argent public, on doit donc faire attention à ce qu’il soit employé selon les règles.
Concrètement, ça veut dire quoi?
Il y a deux analyses différentes qui sont faites pour tout dossier qui nous est soumis. Le première est artistique. Il faut que le projet ait un intérêt créatif pour le Luxembourg. Il faut que ça tienne la route au niveau du scénario, du dialogue, etc. C’est pour ça qu’on a des professionnels qui analysent les scénarios et qui en jugent la qualité artistique. Le deuxième point, c’est de voir si le budget est correct, s’il est adapté au projet et si le producteur a les reins solides.
Dans votre rapport d’activité 2009 on voit que, selon les films, les aides sélectives à la production varient de 92000 à un million d’euros. Comment se décident ces montants?
Reprenons les deux aides. Pour les aides indirectes – les certificats d’investissements audiovisuel – on accepte toutes les dépenses faites dans le cadre d’une production audiovisuelle, sur base du budget dépensé, et sur base des éléments luxembourgeois: journées de tournage, journée de postproduction, techniciens, comédiens, réalisateurs luxembourgeois, etc., avec un maximum de 2,5 millions. À côté de ça, il y a l’aide directe qui, je le rappelle, est à rembourser si le producteur fait un bénéfice avec le film. Là, on a des montants maxima selon différents critères. On reçoit moins, par exemple, pour un court que pour un long. Prenons les longs. Un film avec un coproducteur majoritaire luxembourgeois peut recevoir jusqu’à 500000 euros si le réalisateur n’est pas d’ici et un million s’il est national ou résident. Si le producteur grand-ducal est minoritaire et qu’il n’y a pas de réalisateur luxembourgeois, l’aide ne peut aller que jusqu’à 250000 euros, sur base d’autres éléments intéressants pour le pays. S’ils ont besoin de moins que ces maxima, on leur donnera moins.
On entend parler de Film Fong,de Film Fund, de Fonds nationalde soutien à la production audiovisuelle, de Fonspa; au bout de vingt ans, ne devrait-on pas se décider une bonne fois pour toutes pour une seule dénomination?
(rires)… Si. Je suis complètement d’accord avec ça. On a commencé en tant que Fonds national de soutien à la production audiovisuelle du Grand-Duché de Luxembourg. C’est un peu long! D’un autre côté, je n’aime pas trop l’abréviation Fonspa. Nous, on parle toujours du Fonds mais, au niveau mondial ça ne dit pas grand-chose. Même problème pour Film Fong. Au niveau mondial on utilise donc Film Fund, mais ça fait bizarre au niveau national. Difficile donc de mettre tout le monde d’accord. Cela dit, on va lancer lundi (ce soir) un nouveau logo avec Film Fund dessus.
Le Fonds est placé sous la tutelle du ministre des Communications et des Médias, en ce moment François Biltgen, et non de celui de la Culture…
… Non, non. Depuis la refonte du Fond en 1999, on a une tutelle conjointe des deux ministères sur un pied d’égalité. Après, dans la pratique, il est très difficile de travailler avec une double tutelle. Les ministres ont donc toujours réussi à se mettre d’accord pour que l’un des deux serve de figure tutélaire. Pour le moment ça a toujours été le ministre de la Communication et donc, en ce moment, François Biltgen. Et c’est vrai qu’il est très impliqué dans le dossier.
L’année dernière, la dotation budgétaire du Fonds était de 6,5 millions d’euros. Une somme qu’il faut ajouter aux 11 millions d’aides indirectes de l’État pour le secteur audiovisuel. Tout cela pour un milieu qui emploie 500 personnes dans le pays. N’est-ce pas trop cher?
Ce n’est pas à moi d’apprécier si c’est trop cher ou pas. C’est au gouvernement et au Parlement de le faire. Le gouvernement a clairement défini les raisons pour lesquelles il fait ces investissements dans le cinéma : développer la culture luxembourgeoise et respecter des accords européens – programme Média, Eurimages, etc. – pour soutenir et garder en vie le cinéma européen face à l’hégémonie du cinéma américain. C’est écrit dans le texte de loi : “Sont soutenues les œuvres qui contribuent au développement du secteur compte tenu d’une proportionnalité raisonnable entre les avantages consentis et les retombées économiques, culturelles et sociales à long terme”. La plupart de cet argent retourne au trésor public à travers les sociétés de service, l’hôtellerie, la restauration… Enfin, ces films représentent aussi l’image du pays. C’est important pour le Luxembourg de montrer qu’il ne se limite pas, comme certains le croient, à une place financière. C’est très important au niveau de l’image de marque. Après, quand tu développes un secteur il faut plus de moyens en comparaison avec un pays où celui-ci est déjà bien en place. Et puis, contrairement aux autres pays européens, le Luxembourg ne dispose pas de chaîne de télévision investissant dans le secteur.
Mais, à l’étranger, cette production luxembourgeoise n’est connue que des initiés, pas du grand public.
Oui, mais petit à petit… Je ne pense pas qu’il faille nécessairement reconnaître le Luxembourg à travers les films qui sont tournés ici. On n’est pas là pour faire du placement de produits. On ne fait pas de la promotion touristique, mais de la promotion artistique pour le Luxembourg et pour notre industrie cinématographique dans son ensemble.
En dehors de l’aspect financier, quel est l’intérêt, pour un réalisateur, de venir tourner son film au Luxembourg?
Le savoir-faire de nos professionnels. Évidemment. Pour tout l’argent du monde, Al Pacino (NDLR: The Merchant of Venice de Michael Radford en 2003) ne serait jamais venu tourner au Luxembourg s’il avait dû travailler avec des techniciens qui n’étaient pas à la hauteur. Et jamais on n’aurait confié un projet comme Girl with a Pearl Earring (NDLR: de Peter Webber avec Scarlett Johansson et Colin Firth) au Luxembourg, uniquement pour les aides de l’État. Après, il ne faut pas oublier nos décors naturels. Les Américains aiment beaucoup tourner dans nos forêts et nos châteaux.
Quel est votre rêve en tant que directeur du Fonds?
J’espère voir un film ou un réalisateur luxembourgeois remporter une grande distinction internationale. Pas pour le fait d’avoir une statuette – qui n’est finalement qu’un souvenir – mais pour la reconnaissance internationale que cela donnerait à l’ensemble du secteur audiovisuel grand-ducal. Ça consacrerait le Luxembourg en tant que pays de développement audiovisuel. On a déjà obtenu de nombreux prix mais, malheureusement, au niveau mondial on ne retient que les très grands prix. Et ça, on ne l’a pas encore.
Parlons de politique. En plus de directeur du Fonspa, vous êtes également vice-président du DP. N’y a-t-il pas, là-dedans, un conflit d’intérêts? Ne serais-ce que par rapport à François Biltgen qui est à la fois votre ministre de tutelle et un adversaire politique.
En tant que directeur du Fonds, je ne considère pas François Biltgen comme un adversaire politique. Je suis fonctionnaire depuis vingt ans et je n’ai pas à parler de politique au ministère. François Biltgen est mon chef, il donne la voie à suivre et je la suis. La seule chose c’est que je jouis d’un congé politique en tant qu’élu local de Steinsel. Ça peut influencer mon emploi du temps, mais ça, c’est la loi qui l’accorde. D’ailleurs, je ne suis pas le seul haut fonctionnaire à faire de la politique. Simplement, j’ai pris un engagement politique, mais comme le statut du fonctionnaire me l’instruit, je m’abstiens de commenter les choix audiovisuels du gouvernement et de mon ministre que je respecte. De plus, le Fonds n’a aucun lien avec la politique. Il y a des ministères qui peuvent avoir une orientation, qui s’occupent de questions pour lesquelles il y a des oppositions entre politiques, mais pas dans notre domaine. Toutes les réformes sur les aides au cinéma ont été adoptées à l’unanimité par la Chambre des députés.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu/interview-du-lundi/18034.html – Pablo Chimienti

Le Fonspa a été créé en 1990, à l’initiative de l’ancien ministre de la Culture, Robert Krieps, pour soutenir la jeune production cinématographique nationale, suite au succès du film Schacko Klak.

Il est alors géré par le Centre national de l’audiovisuel. Parallèlement, un service du ministère d’État lance les certificats d’investissement audiovisuel pour attirer des productions internationales. Les deux structures fusionnent en 1999 pour créer le Fonspa tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec une structure indépendante et Guy Daleiden à sa tête.
Pourquoi fêter ces vingt ans?

Guy Daleiden : On fête cet anniversaire pour marquer le coup et dire à tout le monde : “Vous voyez, on existe depuis vingt ans”. On n’a peut-être pas la même expérience que d’autres pays qui ont une tradition de cinéma de près de 120 ans, mais c’est déjà un beau parcours. Et puis on veut aussi montrer au public tout ce qu’on a accompli pendant ces années, ce qu’on a réussi à créer grâce au soutien du gouvernement à ce secteur.
Qu’avez-vous réussi à faire?
Au Luxembourg, autour de 500 à 600 personnes travaillent régulièrement dans le secteur, une quarantaine de réalisateurs nationaux ou résidents, quelques 45 comédiens et comédiennes, une douzaine de sociétés productrices agréées qui coproduisent au niveau international, plusieurs associations professionnelles… Il existe également trois plateaux de tournage, six studios d’animation, quinze sociétés de postproduction et une douzaine de sociétés spécialisées dans les services au secteur. On a aussi plus de 400 œuvres audiovisuelles, courts, longs, animations, fictions et documentaires- réalisées grâce au régime des certificats (NDLR : des avantages fiscaux sur les productions audiovisuelles), dont 250 ont reçu également des avantages grâce au régime des aides directes. Pour un secteur qui n’avait aucun professionnalisme il y a vingt ans, je pense qu’on peut parler d’une belle évolution.
Et s’il n’y avait qu’une réussite à faire ressortir de tout ça, ce serait laquelle?
Ma plus grande satisfaction c’est la réussite des Filmpräis. C’était un véritable défi; maintenant qu’on les a organisés à quatre reprises, on peut être content du résultat. Pas seulement pour les belles soirées qu’on a connues mais, surtout, parce que tous les deux ans, on est désormais capables de montrer un bel éventail de produits et de compétences audiovisuels. On peut en être fier.
Maintenant que le secteur est sur pied, quel est le rôle du Fonds?
Le Fonds est l’administrateur des aides financières que l’État met à la disposition du secteur à travers notre comité d’analyse économique et le comité de lecture. On gère de l’argent public, on doit donc faire attention à ce qu’il soit employé selon les règles.
Concrètement, ça veut dire quoi?
Il y a deux analyses différentes qui sont faites pour tout dossier qui nous est soumis. Le première est artistique. Il faut que le projet ait un intérêt créatif pour le Luxembourg. Il faut que ça tienne la route au niveau du scénario, du dialogue, etc. C’est pour ça qu’on a des professionnels qui analysent les scénarios et qui en jugent la qualité artistique. Le deuxième point, c’est de voir si le budget est correct, s’il est adapté au projet et si le producteur a les reins solides.
Dans votre rapport d’activité 2009 on voit que, selon les films, les aides sélectives à la production varient de 92000 à un million d’euros. Comment se décident ces montants?
Reprenons les deux aides. Pour les aides indirectes – les certificats d’investissements audiovisuel – on accepte toutes les dépenses faites dans le cadre d’une production audiovisuelle, sur base du budget dépensé, et sur base des éléments luxembourgeois: journées de tournage, journée de postproduction, techniciens, comédiens, réalisateurs luxembourgeois, etc., avec un maximum de 2,5 millions. À côté de ça, il y a l’aide directe qui, je le rappelle, est à rembourser si le producteur fait un bénéfice avec le film. Là, on a des montants maxima selon différents critères. On reçoit moins, par exemple, pour un court que pour un long. Prenons les longs. Un film avec un coproducteur majoritaire luxembourgeois peut recevoir jusqu’à 500000 euros si le réalisateur n’est pas d’ici et un million s’il est national ou résident. Si le producteur grand-ducal est minoritaire et qu’il n’y a pas de réalisateur luxembourgeois, l’aide ne peut aller que jusqu’à 250000 euros, sur base d’autres éléments intéressants pour le pays. S’ils ont besoin de moins que ces maxima, on leur donnera moins.
On entend parler de Film Fong,de Film Fund, de Fonds nationalde soutien à la production audiovisuelle, de Fonspa; au bout de vingt ans, ne devrait-on pas se décider une bonne fois pour toutes pour une seule dénomination?
(rires)… Si. Je suis complètement d’accord avec ça. On a commencé en tant que Fonds national de soutien à la production audiovisuelle du Grand-Duché de Luxembourg. C’est un peu long! D’un autre côté, je n’aime pas trop l’abréviation Fonspa. Nous, on parle toujours du Fonds mais, au niveau mondial ça ne dit pas grand-chose. Même problème pour Film Fong. Au niveau mondial on utilise donc Film Fund, mais ça fait bizarre au niveau national. Difficile donc de mettre tout le monde d’accord. Cela dit, on va lancer lundi (ce soir) un nouveau logo avec Film Fund dessus.
Le Fonds est placé sous la tutelle du ministre des Communications et des Médias, en ce moment François Biltgen, et non de celui de la Culture…
… Non, non. Depuis la refonte du Fond en 1999, on a une tutelle conjointe des deux ministères sur un pied d’égalité. Après, dans la pratique, il est très difficile de travailler avec une double tutelle. Les ministres ont donc toujours réussi à se mettre d’accord pour que l’un des deux serve de figure tutélaire. Pour le moment ça a toujours été le ministre de la Communication et donc, en ce moment, François Biltgen. Et c’est vrai qu’il est très impliqué dans le dossier.
L’année dernière, la dotation budgétaire du Fonds était de 6,5 millions d’euros. Une somme qu’il faut ajouter aux 11 millions d’aides indirectes de l’État pour le secteur audiovisuel. Tout cela pour un milieu qui emploie 500 personnes dans le pays. N’est-ce pas trop cher?
Ce n’est pas à moi d’apprécier si c’est trop cher ou pas. C’est au gouvernement et au Parlement de le faire. Le gouvernement a clairement défini les raisons pour lesquelles il fait ces investissements dans le cinéma : développer la culture luxembourgeoise et respecter des accords européens – programme Média, Eurimages, etc. – pour soutenir et garder en vie le cinéma européen face à l’hégémonie du cinéma américain. C’est écrit dans le texte de loi : “Sont soutenues les œuvres qui contribuent au développement du secteur compte tenu d’une proportionnalité raisonnable entre les avantages consentis et les retombées économiques, culturelles et sociales à long terme”. La plupart de cet argent retourne au trésor public à travers les sociétés de service, l’hôtellerie, la restauration… Enfin, ces films représentent aussi l’image du pays. C’est important pour le Luxembourg de montrer qu’il ne se limite pas, comme certains le croient, à une place financière. C’est très important au niveau de l’image de marque. Après, quand tu développes un secteur il faut plus de moyens en comparaison avec un pays où celui-ci est déjà bien en place. Et puis, contrairement aux autres pays européens, le Luxembourg ne dispose pas de chaîne de télévision investissant dans le secteur.
Mais, à l’étranger, cette production luxembourgeoise n’est connue que des initiés, pas du grand public.
Oui, mais petit à petit… Je ne pense pas qu’il faille nécessairement reconnaître le Luxembourg à travers les films qui sont tournés ici. On n’est pas là pour faire du placement de produits. On ne fait pas de la promotion touristique, mais de la promotion artistique pour le Luxembourg et pour notre industrie cinématographique dans son ensemble.
En dehors de l’aspect financier, quel est l’intérêt, pour un réalisateur, de venir tourner son film au Luxembourg?
Le savoir-faire de nos professionnels. Évidemment. Pour tout l’argent du monde, Al Pacino (NDLR: The Merchant of Venice de Michael Radford en 2003) ne serait jamais venu tourner au Luxembourg s’il avait dû travailler avec des techniciens qui n’étaient pas à la hauteur. Et jamais on n’aurait confié un projet comme Girl with a Pearl Earring (NDLR: de Peter Webber avec Scarlett Johansson et Colin Firth) au Luxembourg, uniquement pour les aides de l’État. Après, il ne faut pas oublier nos décors naturels. Les Américains aiment beaucoup tourner dans nos forêts et nos châteaux.
Quel est votre rêve en tant que directeur du Fonds?
J’espère voir un film ou un réalisateur luxembourgeois remporter une grande distinction internationale. Pas pour le fait d’avoir une statuette – qui n’est finalement qu’un souvenir – mais pour la reconnaissance internationale que cela donnerait à l’ensemble du secteur audiovisuel grand-ducal. Ça consacrerait le Luxembourg en tant que pays de développement audiovisuel. On a déjà obtenu de nombreux prix mais, malheureusement, au niveau mondial on ne retient que les très grands prix. Et ça, on ne l’a pas encore.
Parlons de politique. En plus de directeur du Fonspa, vous êtes également vice-président du DP. N’y a-t-il pas, là-dedans, un conflit d’intérêts? Ne serais-ce que par rapport à François Biltgen qui est à la fois votre ministre de tutelle et un adversaire politique.
En tant que directeur du Fonds, je ne considère pas François Biltgen comme un adversaire politique. Je suis fonctionnaire depuis vingt ans et je n’ai pas à parler de politique au ministère. François Biltgen est mon chef, il donne la voie à suivre et je la suis. La seule chose c’est que je jouis d’un congé politique en tant qu’élu local de Steinsel. Ça peut influencer mon emploi du temps, mais ça, c’est la loi qui l’accorde. D’ailleurs, je ne suis pas le seul haut fonctionnaire à faire de la politique. Simplement, j’ai pris un engagement politique, mais comme le statut du fonctionnaire me l’instruit, je m’abstiens de commenter les choix audiovisuels du gouvernement et de mon ministre que je respecte. De plus, le Fonds n’a aucun lien avec la politique. Il y a des ministères qui peuvent avoir une orientation, qui s’occupent de questions pour lesquelles il y a des oppositions entre politiques, mais pas dans notre domaine. Toutes les réformes sur les aides au cinéma ont été adoptées à l’unanimité par la Chambre des députés.

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