Aug 21 2010

«Un film, ce n’est pas une psychothérapie»

Published by at 01:57 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu – France Clarinval
Miel Van Hoogenbemt tourne en ce moment au Luxembourg Fils unique, un long métrage coproduit par Samsa Film. Il nous raconte son projet très autobiographique.

C’est au château de Septfontaines au Rollingergrund que l’équipe du film Fils unique a installé sa caméra. Le réalisateur belge dirige Désirée Nosbusch, Patrick Chenais et Laurent Capelluto dans une petite production se définissant comme un «drame léger».

Comme pour tous les tournages, c’est l’effervescence autour du plateau. La scène du jour est un concert où assistent Théo, le père du héros (Vincent, Laurent Capelutto), interprété par Patrick Chenais et Violette, sa compagne, jouée par Désirée Nosbusch. Pour une fois, le réalisateur ne demande pas le silence mais au contraire, la cinquantaine de figurants, le public du concert, doivent applaudir à tout rompre. La chanson s’appelle Let’s Fall in Love, une mélodie pop un peu rétro et délicieusement sucrée, jouée par le jeune groupe luxembourgeois Kate (lire ci-contre). Ils la reprendront une dizaine de fois après chaque «Coupez!».
Entre deux placements de caméra, le ministre François Biltgen est venu faire un tour sur le plateau, conformément à ce qu’il avait annoncé lors de la présentation du bilan annuel du Film Funds: «Beaucoup de gens vivent du cinéma à Luxembourg et il est important de leur donner une visibilité.» Celui qui fut ministre du Travail aime voir comment travaillent les techniciens de plateau. Ici, les costumes et les maquillages sont essentiellement entre les mains de Luxembourgeois. La pause est aussi l’occasion de parler avec le réalisateur Miel Van Hoogenbemt.

Racontez-nous les grandes lignes de l’histoire du film.
Miel Van Hoogenbemt: C’est l’histoire de Vincent, 40 ans, qui va être confronté à un choix difficile. Il doit héberger son père pour aider sa mère malade. Il veut continuer à être le gentil garçon qui ne refuse rien à sa mère mais n’a plus parlé à son père depuis 10 ans.

C’est autobiographique?
C’est une fiction basée sur mon histoire familiale. Enfant, j’ai été confronté à un père autoritaire qui monopolisait la parole et ne laissait aucune place à la discussion. Je m’évadais par le rêve et l’imagination comme le fait Vincent dans le film. C’est une histoire qui me tient à cœur depuis longtemps. Et aujourd’hui, alors que mon père a plus de 80 ans, je sais que je serai confronté un jour à cette question: le placer ou le prendre chez moi? C’est une question que beaucoup de gens se posent à l’âge adulte.

Le film est une manière de régler vos comptes avec votre père?
Non, un film, ce n’est pas une psychothérapie! J’ai voulu en faire un drame léger où chacun peut s’identifier aux personnages. Personne n’est noir ou blanc, tout le monde est gris. De plus, comme le passé est vu avec les yeux d’un enfant, le souvenir déforme la réalité. C’est du cinéma et c’est plus intéressant que la vie!

Auriez-vous pu faire le film plus tôt?
Non, c’est un film de maturité. J’ai souvent voulu raconter mes souvenirs d’enfance mais, pour se confronter à ses souvenirs, il faut déjà avoir l’expérience de la vie et des réponses à nos questionnements. Ce n’est pas au film de donner des réponses.

Comment s’est passée la coproduction avec Samsa?
Samsa Film avait déjà coproduit mon film précédent, Miss Montigny. C’était logique de se tourner vers eux pour celui-ci. De plus, on travaille bien ici. Je n’ai fait aucun choix par défaut en disant il faut prendre untel parce qu’il est luxembourgeois. Je n’ai choisi que des gens de talent qui aimaient le scénario.

Et pour Désirée Nosbusch?
Je l’avais vue dans Good Morning Babylonia des frères Taviani et je me suis toujours dit qu’un jour, je tournerai avec elle. Je pensais que ce serait difficile mais grâce aux contacts des producteurs luxembourgeois, ça s’est fait très vite, en deux jours elle a donné son OK pour faire le film.

Une première pour Kate

C’est le tout jeune groupe luxembourgeois Kate qui a été choisi pour faire la musique du film.
«J’ai cherché sur internet et via le site backline, j’ai écouté tous les groupes pop. Je voulais des jeunes pour avoir des mélodies légères qui fassent un contre-pied aux drames de la non-communication», explique le réalisateur.
N’ayant aucune expérience en la matière, les musiciens se sont lancés avec enthousiasme dans l’aventure. «On a fait deux chansons pour le film, selon les indications de Miel qui voulait une ambiance pop, rétro et des mélodies faciles à retenir», détaille Philippe le guitariste. Il trouve le tournage amusant, même si jouer en play-back ne l’enthousiasme pas plus que ça. «Le grand challenge sera la postproduction pour laquelle on va encore écrire des musiques.»

www.samsa.lu

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu – France Clarinval
Miel Van Hoogenbemt tourne en ce moment au Luxembourg Fils unique, un long métrage coproduit par Samsa Film. Il nous raconte son projet très autobiographique.

C’est au château de Septfontaines au Rollingergrund que l’équipe du film Fils unique a installé sa caméra. Le réalisateur belge dirige Désirée Nosbusch, Patrick Chenais et Laurent Capelluto dans une petite production se définissant comme un «drame léger».

Comme pour tous les tournages, c’est l’effervescence autour du plateau. La scène du jour est un concert où assistent Théo, le père du héros (Vincent, Laurent Capelutto), interprété par Patrick Chenais et Violette, sa compagne, jouée par Désirée Nosbusch. Pour une fois, le réalisateur ne demande pas le silence mais au contraire, la cinquantaine de figurants, le public du concert, doivent applaudir à tout rompre. La chanson s’appelle Let’s Fall in Love, une mélodie pop un peu rétro et délicieusement sucrée, jouée par le jeune groupe luxembourgeois Kate (lire ci-contre). Ils la reprendront une dizaine de fois après chaque «Coupez!».
Entre deux placements de caméra, le ministre François Biltgen est venu faire un tour sur le plateau, conformément à ce qu’il avait annoncé lors de la présentation du bilan annuel du Film Funds: «Beaucoup de gens vivent du cinéma à Luxembourg et il est important de leur donner une visibilité.» Celui qui fut ministre du Travail aime voir comment travaillent les techniciens de plateau. Ici, les costumes et les maquillages sont essentiellement entre les mains de Luxembourgeois. La pause est aussi l’occasion de parler avec le réalisateur Miel Van Hoogenbemt.

Racontez-nous les grandes lignes de l’histoire du film.
Miel Van Hoogenbemt: C’est l’histoire de Vincent, 40 ans, qui va être confronté à un choix difficile. Il doit héberger son père pour aider sa mère malade. Il veut continuer à être le gentil garçon qui ne refuse rien à sa mère mais n’a plus parlé à son père depuis 10 ans.

C’est autobiographique?
C’est une fiction basée sur mon histoire familiale. Enfant, j’ai été confronté à un père autoritaire qui monopolisait la parole et ne laissait aucune place à la discussion. Je m’évadais par le rêve et l’imagination comme le fait Vincent dans le film. C’est une histoire qui me tient à cœur depuis longtemps. Et aujourd’hui, alors que mon père a plus de 80 ans, je sais que je serai confronté un jour à cette question: le placer ou le prendre chez moi? C’est une question que beaucoup de gens se posent à l’âge adulte.

Le film est une manière de régler vos comptes avec votre père?
Non, un film, ce n’est pas une psychothérapie! J’ai voulu en faire un drame léger où chacun peut s’identifier aux personnages. Personne n’est noir ou blanc, tout le monde est gris. De plus, comme le passé est vu avec les yeux d’un enfant, le souvenir déforme la réalité. C’est du cinéma et c’est plus intéressant que la vie!

Auriez-vous pu faire le film plus tôt?
Non, c’est un film de maturité. J’ai souvent voulu raconter mes souvenirs d’enfance mais, pour se confronter à ses souvenirs, il faut déjà avoir l’expérience de la vie et des réponses à nos questionnements. Ce n’est pas au film de donner des réponses.

Comment s’est passée la coproduction avec Samsa?
Samsa Film avait déjà coproduit mon film précédent, Miss Montigny. C’était logique de se tourner vers eux pour celui-ci. De plus, on travaille bien ici. Je n’ai fait aucun choix par défaut en disant il faut prendre untel parce qu’il est luxembourgeois. Je n’ai choisi que des gens de talent qui aimaient le scénario.

Et pour Désirée Nosbusch?
Je l’avais vue dans Good Morning Babylonia des frères Taviani et je me suis toujours dit qu’un jour, je tournerai avec elle. Je pensais que ce serait difficile mais grâce aux contacts des producteurs luxembourgeois, ça s’est fait très vite, en deux jours elle a donné son OK pour faire le film.

Une première pour Kate

C’est le tout jeune groupe luxembourgeois Kate qui a été choisi pour faire la musique du film.
«J’ai cherché sur internet et via le site backline, j’ai écouté tous les groupes pop. Je voulais des jeunes pour avoir des mélodies légères qui fassent un contre-pied aux drames de la non-communication», explique le réalisateur.
N’ayant aucune expérience en la matière, les musiciens se sont lancés avec enthousiasme dans l’aventure. «On a fait deux chansons pour le film, selon les indications de Miel qui voulait une ambiance pop, rétro et des mélodies faciles à retenir», détaille Philippe le guitariste. Il trouve le tournage amusant, même si jouer en play-back ne l’enthousiasme pas plus que ça. «Le grand challenge sera la postproduction pour laquelle on va encore écrire des musiques.»

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