May 08 2011

Bienvenue dans la «Zone»

Published by at 01:10 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/culture/22852.html Pablo Chimienti

On nous avait promis des surprises et des découvertes. On ne nous a pas menti. Le festival Discovery Zone – la «Zone» comme le nomme désormais Claude Bertemes, le conservateur de la Cinémathèque – battait son plein tout ce week-end avec pas moins de 29 projections et un concert programmés entre vendredi soir et dimanche.

Le public n’a pas toujours suivi les choix des organisateurs (lire ci-contre), mais ceux qui étaient présents, eux, en ont eu pour leur argent. «Si vous n’êtes pas très nombreux, dites-vous bien que les autres ont raté quelque chose», lance à l’assemblée en lancement du film Canine, Viviane Thill, du département film et archives au CNA et, à ce titre, membre des comités exécutif et artistique de Discovery Zone. On ne saurait lui donner tort.
Le film de Yorgos Lanthimos, qui a remporté le prix «Un certain regard» en 2009 à Cannes avant de truster les trophées lors des récompenses du cinéma grec en 2010, est une pure merveille. Une fable complètement dingue sur une famille qui vit isolée dans une maison de campagne entourée de hauts murs. Seul le père est autorisé à sortir. Les enfants n’ont aucun lien avec le monde extérieur et doivent obéir aux ordres et aux lubies d’un père froid et violent. Une torture psychologique, et parfois physique, présentée et interprétée avec beaucoup de retenue et plein d’humour noir. Une vraie claque filmique.

Une belle série de claques filmiques

Autre film, autre claque, avec le surréaliste Bibliothèque Pascal, de Szabolcs Hajdu. L’histoire de Mona, jeune Hongroise qui raconte les dernières années de sa vie à un responsable de l’assistance sociale dans l’espoir de récupérer sa fille. Un conte de fées fantasque et pervers qui voit la jeune femme se faire kidnapper par un gangster, tomber enceinte de lui, puis vendue par son propre père en Allemagne à un réseau international de prostitution avant de finir en Angleterre dans un étrange cabaret/bordel, la Bibliothèque Pascal, où les clients sont entourés de livres et où les prostituées portent le nom de personnages littéraires.
Deux films surprenants qui font presque passer la comédie de mœurs Happy Happy pour un long métrage simple et classique. Et pourtant, surprises, rebondissements et fous rires sont au programme dans cette histoire d’amour et d’infidélité entre deux couples voisins, dans la campagne norvégienne, enneigée et isolée.
Avant le début de la manifestation, le responsable programmation et communication, Alexis Juncosa, expliquait : «Notre seul vrai défi, c’est de faire en sorte que les gens entrent une fois dans une salle. Une fois (…) qu’ils auront vu un film de la sélection, ils voudront en voir d’autres!» Force est de constater qu’il avait vu juste. Tous les spectateurs rencontrés sortent ravis des différentes séances. Et, rapidement, on revoit les gens sortir d’une salle pour rentrer dans celle d’à-côté. Ravis de la qualité intrinsèque des films mais aussi de l’accueil des organisateurs du festival et de la disponibilité de tous les invités, toujours très bien disposés vis-à-vis du public. Les séances de questions-réponses après les films ont d’ailleurs toujours beaucoup de succès.
Et les belles surprises du festival sont loin d’être finies. Restent encore à découvrir Nader and Simin, Ours d’or ainsi que double prix d’interprétation, masculine et féminine, de la dernière Berlinale, Premières Neiges et Catfish, sans oublier la soirée de clôture, jeudi, avec la grande soirée de courts métrages luxembourgeois. Le festival continue…

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Discovery est dans la place

Discovery Zone s’est invité à l’ouverture du Cercle-Cité. Parmi les manifestations de ces journées portes ouvertes, le festival a organisé, en collaboration avec la photographe Bruno Baltzer, un atelier d’utilisation des nouveaux médias intitulé «Five Seconds, A Cellphone Movie Project».
«Le festival et les organisateurs de l’ouverture du Cercle-Cité, ont proposé à différents artistes de faire des interventions, explique Bruno Baltzer. En 2007, avec Jusquici, une ASBL qui se positionne comme médiateur entre la création et le public, on avait développé le projet “Flash is Beautiful”, avec des diaporamas. En 2011, les smartphones sont plus sophistiqués, donc on peut travailler avec de petites vidéos.»
La règle du jeu est simple. Les organisateurs prêtent à chaque participant un téléphone portable de dernière génération. Après un rapide briefing chacun est libre de tourner ce qu’il veut et où il veut dans la ville. Seule contrainte, chaque vidéo ne doit pas dépasser les 5 secondes. Mais les vidéastes amateurs peuvent tourner autant de séquences qu’ils le désirent pendant la demi-journée qui leur est impartie. En regardant les premières productions on remarque vite qu’on va de l’abstrait, avec des détails du Cercle municipal, à la fiction narrative, avec Gabriel qui se met en scène en passant par du reportage avec ces images presque touristiques de la capitale, tournées par Sarah ou Dominik.

Le but? La création artistique!

Des extraits qui serviront ensuite à créer un grand film mosaïque. «On a inventé un système qui place, monte et montre automatiquement ces séquences.»
Le but du projet est multiple. Le premier est de créer une archive de ce week-end qui a vu la capitale accueillir en simultanée le festival Discovery Zone et les journées portes ouvertes du Cercle-Cité, suivant sa réouverture. Mais, surtout, «la création artistique!» «Nous cherchons constamment des outils ludiques qui vont générer des comportements créatifs», lance Bruno Baltzer.
Toutes ces petites vidéos et le film mosaïque qui en découle, sont visibles sur la plate-forme internet crée pour l’occasion : www.five-seconds.lu

www.discoveryzone.lu

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu/culture/22852.html Pablo Chimienti

On nous avait promis des surprises et des découvertes. On ne nous a pas menti. Le festival Discovery Zone – la «Zone» comme le nomme désormais Claude Bertemes, le conservateur de la Cinémathèque – battait son plein tout ce week-end avec pas moins de 29 projections et un concert programmés entre vendredi soir et dimanche.

Le public n’a pas toujours suivi les choix des organisateurs (lire ci-contre), mais ceux qui étaient présents, eux, en ont eu pour leur argent. «Si vous n’êtes pas très nombreux, dites-vous bien que les autres ont raté quelque chose», lance à l’assemblée en lancement du film Canine, Viviane Thill, du département film et archives au CNA et, à ce titre, membre des comités exécutif et artistique de Discovery Zone. On ne saurait lui donner tort.
Le film de Yorgos Lanthimos, qui a remporté le prix «Un certain regard» en 2009 à Cannes avant de truster les trophées lors des récompenses du cinéma grec en 2010, est une pure merveille. Une fable complètement dingue sur une famille qui vit isolée dans une maison de campagne entourée de hauts murs. Seul le père est autorisé à sortir. Les enfants n’ont aucun lien avec le monde extérieur et doivent obéir aux ordres et aux lubies d’un père froid et violent. Une torture psychologique, et parfois physique, présentée et interprétée avec beaucoup de retenue et plein d’humour noir. Une vraie claque filmique.

Une belle série de claques filmiques

Autre film, autre claque, avec le surréaliste Bibliothèque Pascal, de Szabolcs Hajdu. L’histoire de Mona, jeune Hongroise qui raconte les dernières années de sa vie à un responsable de l’assistance sociale dans l’espoir de récupérer sa fille. Un conte de fées fantasque et pervers qui voit la jeune femme se faire kidnapper par un gangster, tomber enceinte de lui, puis vendue par son propre père en Allemagne à un réseau international de prostitution avant de finir en Angleterre dans un étrange cabaret/bordel, la Bibliothèque Pascal, où les clients sont entourés de livres et où les prostituées portent le nom de personnages littéraires.
Deux films surprenants qui font presque passer la comédie de mœurs Happy Happy pour un long métrage simple et classique. Et pourtant, surprises, rebondissements et fous rires sont au programme dans cette histoire d’amour et d’infidélité entre deux couples voisins, dans la campagne norvégienne, enneigée et isolée.
Avant le début de la manifestation, le responsable programmation et communication, Alexis Juncosa, expliquait : «Notre seul vrai défi, c’est de faire en sorte que les gens entrent une fois dans une salle. Une fois (…) qu’ils auront vu un film de la sélection, ils voudront en voir d’autres!» Force est de constater qu’il avait vu juste. Tous les spectateurs rencontrés sortent ravis des différentes séances. Et, rapidement, on revoit les gens sortir d’une salle pour rentrer dans celle d’à-côté. Ravis de la qualité intrinsèque des films mais aussi de l’accueil des organisateurs du festival et de la disponibilité de tous les invités, toujours très bien disposés vis-à-vis du public. Les séances de questions-réponses après les films ont d’ailleurs toujours beaucoup de succès.
Et les belles surprises du festival sont loin d’être finies. Restent encore à découvrir Nader and Simin, Ours d’or ainsi que double prix d’interprétation, masculine et féminine, de la dernière Berlinale, Premières Neiges et Catfish, sans oublier la soirée de clôture, jeudi, avec la grande soirée de courts métrages luxembourgeois. Le festival continue…

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Discovery est dans la place

Discovery Zone s’est invité à l’ouverture du Cercle-Cité. Parmi les manifestations de ces journées portes ouvertes, le festival a organisé, en collaboration avec la photographe Bruno Baltzer, un atelier d’utilisation des nouveaux médias intitulé «Five Seconds, A Cellphone Movie Project».
«Le festival et les organisateurs de l’ouverture du Cercle-Cité, ont proposé à différents artistes de faire des interventions, explique Bruno Baltzer. En 2007, avec Jusquici, une ASBL qui se positionne comme médiateur entre la création et le public, on avait développé le projet “Flash is Beautiful”, avec des diaporamas. En 2011, les smartphones sont plus sophistiqués, donc on peut travailler avec de petites vidéos.»
La règle du jeu est simple. Les organisateurs prêtent à chaque participant un téléphone portable de dernière génération. Après un rapide briefing chacun est libre de tourner ce qu’il veut et où il veut dans la ville. Seule contrainte, chaque vidéo ne doit pas dépasser les 5 secondes. Mais les vidéastes amateurs peuvent tourner autant de séquences qu’ils le désirent pendant la demi-journée qui leur est impartie. En regardant les premières productions on remarque vite qu’on va de l’abstrait, avec des détails du Cercle municipal, à la fiction narrative, avec Gabriel qui se met en scène en passant par du reportage avec ces images presque touristiques de la capitale, tournées par Sarah ou Dominik.

Le but? La création artistique!

Des extraits qui serviront ensuite à créer un grand film mosaïque. «On a inventé un système qui place, monte et montre automatiquement ces séquences.»
Le but du projet est multiple. Le premier est de créer une archive de ce week-end qui a vu la capitale accueillir en simultanée le festival Discovery Zone et les journées portes ouvertes du Cercle-Cité, suivant sa réouverture. Mais, surtout, «la création artistique!» «Nous cherchons constamment des outils ludiques qui vont générer des comportements créatifs», lance Bruno Baltzer.
Toutes ces petites vidéos et le film mosaïque qui en découle, sont visibles sur la plate-forme internet crée pour l’occasion : www.five-seconds.lu

www.discoveryzone.lu

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