Sep 03 2010

Des choix pour un cinéma Delux

Published by at 01:01 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu Pablo Chimienti

Née en 1991 sous la houlette du holding RTL, Delux Productions a depuis pris son indépendance aussi bien artistique que financière. Rencontre avec les deux producteurs associés : le Franco-Britannique Jimmy de Brabant et le Luxembourgeois Bob Bellion.

On l’a dit en retrait, certains la croyaient même mourante, si ce n’est déjà morte. Pourtant, assurent les deux producteurs maison, Delux Productions se porte bien. C’est que, si la maison de production, tout récemment installée à Roeser, a marqué le cinéma grand-ducal de ce début de millénaire, elle propose pour le moment des projets plus modestes.

«C’est vrai que nous avons eu beaucoup de chance par le passé avec des films comme Girl With a Pearl Earring (NDLR : La Jeune Fille à la perle) et la présence de Colin Firth et Scarlett Johansson, avec The Merchant of Venice (Le Marchand de Venise), avec Al Pacino, Jeremy Irons et Joseph Fiennes, ou encore avec Flawless (Le Casse du siècle) , avec Demi Moore et Michael Caine… Alors c’est sûr, dernièrement, on n’a pas fait des projets de ce niveau-là. Mais on reste tout aussi actifs qu’auparavant», explique Jimmy de Brabant.

«Il y a des projets qui traînent en longueur, certains qu’on n’arrive finalement pas à financer, donc parfois on passe pas mal de mois sans tourner. Dernièrement, on a tout de même produit deux téléfilms, un de deux fois 110 minutes pour France Télévisions, sur la vie de Rabelais qui devrait être diffusé bientôt et puis Black Out, qu’on a fait pour TF1, avec tout de même Cristiana Reali et Florent Pagny», ajoute-t-il.

De nouveaux projets prometteurs

Mais promis, dans les prochains mois, on devrait à nouveau pas mal entendre parler de Delux. Trois projets d’envergure devraient bientôt voir le jour: Belle du Seigneur, d’après l’œuvre d’Albert Cohen, avec Marianne Faithfull et Scarlett Johansson, Hysteria, avec Rupert Everett, et puis The Heir, la première réalisation de la comédienne luxembourgeoise Désirée Nosbusch.

Malgré la déception du studio de tournage que Delux a essayé de lancer à Contern, en collaboration avec RTL, et qui n’a pas connu le succès espéré, les deux compères se déclarent tout à fait satisfaits du chemin parcouru depuis leurs arrivées respectives chez Delux-1992 pour Bob Bellion, 1995 pour Jimmy de Brabant. D’autant plus depuis que les deux en ont fait une maison de production indépendante en 2002. «Il y a eu trois moments importants dans l’histoire de Delux, qui regroupent des bons moments, mais aussi des moments difficiles: Secret Passage (2002), Girl With a Pearl Earring (2003) et The Merchant of Venice (2004)», note Jimmy de Brabant. «J’en ajouterais un quatrième, rebondit Bob Bellion, An American Werewolf in Paris (1997), qui utilisait, pour l’époque, des effets spéciaux vraiment innovants.»

Autant de productions anglophones. Car, alors que la plupart des producteurs luxembourgeois se sont spécialisés dans les coproductions avec la France, la Belgique ou l’Allemagne, Delux travaille principalement avec la Grande-Bretagne. Un choix naturel pour Jimmy de Brabant qui a fait toute sa scolarité dans les îles britanniques et dont la langue maternelle est l’anglais.

Une bonne réputation internationale

Un choix qui semble porter ses fruits. «J’ai été vraiment impressionné, fin 2007, quand je suis allé à l’American Film Market à Los Angeles, note Bob Bellion. J’ai dû prolonger mon séjour là-bas d’une dizaine de jours, pour pouvoir assurer tous les rendez-vous que d’autres professionnels du cinéma me demandaient. Ça prouve non seulement que Delux Productions est connue jusqu’à Los Angeles, mais surtout qu’elle a une très bonne réputation.» Depuis, les deux producteurs luxembourgeois ont même installé une antenne de Delux dans la ville des Oscars et d’Hollywood. Une deuxième a dernièrement vu le jour à Berlin.

Autre fierté des deux responsables de Delux : ne faire pratiquement jamais appel aux subsides du Fond national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa) pour boucler leur budget. «À part pour House of Boys, nous n’avons jamais reçu d’argent du Fonspa, précisent les deux confrères. Nous utilisons le système grand-ducal de détaxation, qui n’est pas un subside, mais juste une aide indirecte. Mais même si on pourrait demander des subsides du fond pour un certain nombre de projets, on ne le fait pas, car on considère que cet argent doit servir à des projets vraiment luxembourgeois, alors que nous faisons surtout des coproductions internationales et européennes.»

Et le volet artistique dans tout ça? «On intervient au niveau artistique quand on est producteur, beaucoup moins quand on est coproducteur. Dans ce cas, on a notre mot à dire juste en ce qui concerne les techniciens luxembourgeois -qui sont très bons- pendant le tournage au Grand-Duché», explique Jimmy de Brabant. «Et quand on est producteur, on laisse tout de même beaucoup de liberté au réalisateur, reprend Bob Bellion. Il présente tout ce qu’il a envie de faire. Nous faisons un budget pour ça. Après, selon le financement obtenu, il faut encadrer le projet et chacun, producteur comme réalisateur, doit faire des concessions. C’est une discussion permanente. Mais une fois que c’est décidé, pour nous le film est fait. Les imprévus possibles pendant le tournage coûtent beaucoup trop d’argent!»

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu Pablo Chimienti

Née en 1991 sous la houlette du holding RTL, Delux Productions a depuis pris son indépendance aussi bien artistique que financière. Rencontre avec les deux producteurs associés : le Franco-Britannique Jimmy de Brabant et le Luxembourgeois Bob Bellion.

On l’a dit en retrait, certains la croyaient même mourante, si ce n’est déjà morte. Pourtant, assurent les deux producteurs maison, Delux Productions se porte bien. C’est que, si la maison de production, tout récemment installée à Roeser, a marqué le cinéma grand-ducal de ce début de millénaire, elle propose pour le moment des projets plus modestes.

«C’est vrai que nous avons eu beaucoup de chance par le passé avec des films comme Girl With a Pearl Earring (NDLR : La Jeune Fille à la perle) et la présence de Colin Firth et Scarlett Johansson, avec The Merchant of Venice (Le Marchand de Venise), avec Al Pacino, Jeremy Irons et Joseph Fiennes, ou encore avec Flawless (Le Casse du siècle) , avec Demi Moore et Michael Caine… Alors c’est sûr, dernièrement, on n’a pas fait des projets de ce niveau-là. Mais on reste tout aussi actifs qu’auparavant», explique Jimmy de Brabant.

«Il y a des projets qui traînent en longueur, certains qu’on n’arrive finalement pas à financer, donc parfois on passe pas mal de mois sans tourner. Dernièrement, on a tout de même produit deux téléfilms, un de deux fois 110 minutes pour France Télévisions, sur la vie de Rabelais qui devrait être diffusé bientôt et puis Black Out, qu’on a fait pour TF1, avec tout de même Cristiana Reali et Florent Pagny», ajoute-t-il.

De nouveaux projets prometteurs

Mais promis, dans les prochains mois, on devrait à nouveau pas mal entendre parler de Delux. Trois projets d’envergure devraient bientôt voir le jour: Belle du Seigneur, d’après l’œuvre d’Albert Cohen, avec Marianne Faithfull et Scarlett Johansson, Hysteria, avec Rupert Everett, et puis The Heir, la première réalisation de la comédienne luxembourgeoise Désirée Nosbusch.

Malgré la déception du studio de tournage que Delux a essayé de lancer à Contern, en collaboration avec RTL, et qui n’a pas connu le succès espéré, les deux compères se déclarent tout à fait satisfaits du chemin parcouru depuis leurs arrivées respectives chez Delux-1992 pour Bob Bellion, 1995 pour Jimmy de Brabant. D’autant plus depuis que les deux en ont fait une maison de production indépendante en 2002. «Il y a eu trois moments importants dans l’histoire de Delux, qui regroupent des bons moments, mais aussi des moments difficiles: Secret Passage (2002), Girl With a Pearl Earring (2003) et The Merchant of Venice (2004)», note Jimmy de Brabant. «J’en ajouterais un quatrième, rebondit Bob Bellion, An American Werewolf in Paris (1997), qui utilisait, pour l’époque, des effets spéciaux vraiment innovants.»

Autant de productions anglophones. Car, alors que la plupart des producteurs luxembourgeois se sont spécialisés dans les coproductions avec la France, la Belgique ou l’Allemagne, Delux travaille principalement avec la Grande-Bretagne. Un choix naturel pour Jimmy de Brabant qui a fait toute sa scolarité dans les îles britanniques et dont la langue maternelle est l’anglais.

Une bonne réputation internationale

Un choix qui semble porter ses fruits. «J’ai été vraiment impressionné, fin 2007, quand je suis allé à l’American Film Market à Los Angeles, note Bob Bellion. J’ai dû prolonger mon séjour là-bas d’une dizaine de jours, pour pouvoir assurer tous les rendez-vous que d’autres professionnels du cinéma me demandaient. Ça prouve non seulement que Delux Productions est connue jusqu’à Los Angeles, mais surtout qu’elle a une très bonne réputation.» Depuis, les deux producteurs luxembourgeois ont même installé une antenne de Delux dans la ville des Oscars et d’Hollywood. Une deuxième a dernièrement vu le jour à Berlin.

Autre fierté des deux responsables de Delux : ne faire pratiquement jamais appel aux subsides du Fond national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa) pour boucler leur budget. «À part pour House of Boys, nous n’avons jamais reçu d’argent du Fonspa, précisent les deux confrères. Nous utilisons le système grand-ducal de détaxation, qui n’est pas un subside, mais juste une aide indirecte. Mais même si on pourrait demander des subsides du fond pour un certain nombre de projets, on ne le fait pas, car on considère que cet argent doit servir à des projets vraiment luxembourgeois, alors que nous faisons surtout des coproductions internationales et européennes.»

Et le volet artistique dans tout ça? «On intervient au niveau artistique quand on est producteur, beaucoup moins quand on est coproducteur. Dans ce cas, on a notre mot à dire juste en ce qui concerne les techniciens luxembourgeois -qui sont très bons- pendant le tournage au Grand-Duché», explique Jimmy de Brabant. «Et quand on est producteur, on laisse tout de même beaucoup de liberté au réalisateur, reprend Bob Bellion. Il présente tout ce qu’il a envie de faire. Nous faisons un budget pour ça. Après, selon le financement obtenu, il faut encadrer le projet et chacun, producteur comme réalisateur, doit faire des concessions. C’est une discussion permanente. Mais une fois que c’est décidé, pour nous le film est fait. Les imprévus possibles pendant le tournage coûtent beaucoup trop d’argent!»

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