Dec 09 2010

Garbarski XXL

Published by at 01:04 under Articles,Français

SOURCE: http://www.wallimage.be/newsfile.php?lang=fr&id=369
Précédé par une impressionnante série d’avant-premières pendant laquelle le réalisateur Sam Garbarski s’est dépensé sans compter, par une très jolie campagne de pub bien ciblée aussi, la sortie de Quartier Lointain, mercredi dernier, n’est pas passée inaperçue. Exister face à un mastodonte du marketing comme Harry Potter et les Reliques de la Mort, c’est déjà un réel exploit.

La stratégie n’a rien d’anodin: producteurs et distributeurs avaient tellement confiance en ce film qu’ils savaient que le bouche à oreille serait leur meilleur atout. Et même si les cimes du box-office ne sont pas à l’ordre du jour, le film est en salle, il est vu, il est aimé. Et advienne que pourra

Les journalistes, aussi, ont été intéressés par Quartier Lointain. Avec d’emblée une césure médiane séparant ceux qui ont lu et aimé le manga et ceux qui débarquaient en salle sans a priori.
Parmi les premiers, environ 80% des plumes qui se sont exprimées ont salué l’audace de Garbarski, aiguillées en cela par Jiro Taniguchi, ravi de la transposition de son travail. L’enthousiasme de l’auteur est un atout de taille pour le film coupe, condamnant les détracteurs à passer pour des intégristes mal lunés. Dans le second groupe, la proportion des critiques emballés est encore un tout petit peu plus grande.

Dans Le Soir , Fabienne Bradfer note que “Le réalisateur belge a transposé l’histoire en France dans les années 60 mais il a préservé une atmosphère et une nostalgie qui ne renient en rien l’œuvre originale. Ajoutons à cela une mise en scène simple et un choix judicieux des acteurs (Greggory lunaire, Zaccaï sombre et sobre, le jeune Léo Legrand convaincant). Avec eux, on bascule dans cette aventure singulière et on retrouve d’émouvants parfums d’enfance. Bouleversant.”

Même son de clairon dans La Libre Belgique qui insiste aussi sur le travail d’adaptation : “Transposant l’action du Japon à la France, Garbarski et ses deux coscénaristes, Philippe Blasband et Jérôme Tonnerre, soulignent combien le thème du chef-d’œuvre de Taniguchi est universel. Qui n’a pas un jour rêvé de pouvoir exprimer ce qu’il n’a pas eu le temps de dire à ses proches, disparus ? Ce fantasme, au cœur de “Quartier Lointain”, est traité avec simplicité et même une petite touche d’humour (Thomas ne peut parfois s’empêcher de parler comme l’adulte qu’il est ou d’évoquer le futur avec un aplomb confondant).”
Alain Lorfèvre met également l’accent sur les performances de comédiens, sobres, mais terriblement convaincants: “… Il est l’occasion de belles scènes entre Léo Legrand et une Alexandra Maria Lara (“La chute”, “Control”) dont la palette du registre dramatique comme le multilinguisme ne cessent d’étonner. Jonathan Zaccaï se tire plutôt bien du rôle difficile d’un père qui n’est déjà plus là. … Mais on est surtout convaincu par l’interprétation des jeunes acteurs : Léo Legrand, plutôt touchant et crédible, et Laura Martin (l’amour de jeunesse de Thomas), d’une remarquable maturité d’actrice.”

Bref, l’accueil est favorable en Belgique. Mais aussi en France où le film est sorti le même jour. Mais pas sur les mêmes bases. Si Quartier Lointain est assez présent sur les écrans belges, il faut forcément le chercher avec un peu plus d’application en Hexagone où, proportionnellement, le nombre de copies est bien moins important. Et ce malgré une exposition maximale dans le JT de TF1, le dimanche soir précédant la sortie. Inespéré !

Dans Telerama , Cécile Mury après avoir passé en revue les belles performances des comédiens ponctue sur une comparaison originale qui devrait faire plaisir à Sam Garbarski : “Comme dans Peggy Sue s’est mariée, de Coppola, remonter le temps pour comprendre et accepter veut dire aussi savourer une dernière fois la sève de la jeunesse, de tous les commencements. Dans un rôle délicat – un adulte dans un corps de môme -, le jeune Léo Legrand trouve le parfait équilibre. Lors d’une brève apparition clin d’oeil, Jirô Taniguchi sourit. Il a raison : la greffe a réussi.”

Le talent du réalisateur est aussi pointé par François-Guillaume Lorrain dans Le Point qui a également été sensible à l’habillement musical du film, effectivement fort approprié:” Garbarski restitue formidablement cette position de l’ado qui en sait trop, prisonnier d’une âme d’adulte. Quartier lointain bénéficie aussi d’une formidable bande originale signée Air, qui d’ordinaire compose pour Sofia Coppola. Une musique atmosphérique, planante, qui donne au film cet air d’inquiétante étrangeté chère à Freud. Épuré, tout en émotion retenue, ce Quartier lointain a quelque chose de Modiano, l’auteur justement d’un certain Quartier perdu.”

Pour les uns, la forme prime, pour les autres, c’est le fond. Ainsi Olivier Séguret dans Libération dissèque le contenu avec beaucoup de passion: “Jamais le propos de Quartier lointain n’est de profiter des effets pittoresques qu’un tel dispositif rend pourtant tentants. Ce retour vers le passé, armé d’une conscience qui réfléchit au futur antérieur, regorge de failles et abymes où enivrer le spectateur. Mais c’est autre chose qui se produit : Sam Garbarski traque plutôt un suspense sentimental, un secret tendre, suspendu à la durée inconnue de cette expérience. Jusqu’où cette seconde enfance sera-t-elle donnée à Thomas ? Aura-t-il le temps d’intervenir et d’empêcher son père de les quitter ? Grâce à l’élégante fluidité de sa mise en scène, à l’excellente musique ambiancée par Air (binôme décidément très adéquat au cinéma) et à la remarquable prestation du jeune Léo Legrand, sur lequel repose tout le risque du film, Quartier lointain parvient à donner une consistance crédible et émouvante à cette idée que l’on a tous eu le désir un jour de vouloir prévenir, et préventivement réparer, les douleurs du passé.”
Le reste de la critique fort intéressante vaut assurément la lecture et nous vous invitons à cliquer sur le lien ci-dessus pour en profiter.

Mais pour terminer, revenons au journal Le Soir qui publiait samedi une chronique d’Alain Berenboom consacré à l’avenir du cinéma et à l’émergence de la 3D. Une réflexion qui se concluait par un post-scriptum qui concerne directement notre sujet du jour : “PS. le film de la semaine s’appelle Quartier lointain, signé Sam Garbarski : il n’est pas en 3 D ; il va plus loin encore : il nous plonge dans la quatrième dimension ! Et c’est superbe, drôle et émouvant. Cerise sur le gâteau, c’est belge ! Oui, belge !”

Hé oui…

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SOURCE: http://www.wallimage.be/newsfile.php?lang=fr&id=369
Précédé par une impressionnante série d’avant-premières pendant laquelle le réalisateur Sam Garbarski s’est dépensé sans compter, par une très jolie campagne de pub bien ciblée aussi, la sortie de Quartier Lointain, mercredi dernier, n’est pas passée inaperçue. Exister face à un mastodonte du marketing comme Harry Potter et les Reliques de la Mort, c’est déjà un réel exploit.

La stratégie n’a rien d’anodin: producteurs et distributeurs avaient tellement confiance en ce film qu’ils savaient que le bouche à oreille serait leur meilleur atout. Et même si les cimes du box-office ne sont pas à l’ordre du jour, le film est en salle, il est vu, il est aimé. Et advienne que pourra

Les journalistes, aussi, ont été intéressés par Quartier Lointain. Avec d’emblée une césure médiane séparant ceux qui ont lu et aimé le manga et ceux qui débarquaient en salle sans a priori.
Parmi les premiers, environ 80% des plumes qui se sont exprimées ont salué l’audace de Garbarski, aiguillées en cela par Jiro Taniguchi, ravi de la transposition de son travail. L’enthousiasme de l’auteur est un atout de taille pour le film coupe, condamnant les détracteurs à passer pour des intégristes mal lunés. Dans le second groupe, la proportion des critiques emballés est encore un tout petit peu plus grande.

Dans Le Soir , Fabienne Bradfer note que “Le réalisateur belge a transposé l’histoire en France dans les années 60 mais il a préservé une atmosphère et une nostalgie qui ne renient en rien l’œuvre originale. Ajoutons à cela une mise en scène simple et un choix judicieux des acteurs (Greggory lunaire, Zaccaï sombre et sobre, le jeune Léo Legrand convaincant). Avec eux, on bascule dans cette aventure singulière et on retrouve d’émouvants parfums d’enfance. Bouleversant.”

Même son de clairon dans La Libre Belgique qui insiste aussi sur le travail d’adaptation : “Transposant l’action du Japon à la France, Garbarski et ses deux coscénaristes, Philippe Blasband et Jérôme Tonnerre, soulignent combien le thème du chef-d’œuvre de Taniguchi est universel. Qui n’a pas un jour rêvé de pouvoir exprimer ce qu’il n’a pas eu le temps de dire à ses proches, disparus ? Ce fantasme, au cœur de “Quartier Lointain”, est traité avec simplicité et même une petite touche d’humour (Thomas ne peut parfois s’empêcher de parler comme l’adulte qu’il est ou d’évoquer le futur avec un aplomb confondant).”
Alain Lorfèvre met également l’accent sur les performances de comédiens, sobres, mais terriblement convaincants: “… Il est l’occasion de belles scènes entre Léo Legrand et une Alexandra Maria Lara (“La chute”, “Control”) dont la palette du registre dramatique comme le multilinguisme ne cessent d’étonner. Jonathan Zaccaï se tire plutôt bien du rôle difficile d’un père qui n’est déjà plus là. … Mais on est surtout convaincu par l’interprétation des jeunes acteurs : Léo Legrand, plutôt touchant et crédible, et Laura Martin (l’amour de jeunesse de Thomas), d’une remarquable maturité d’actrice.”

Bref, l’accueil est favorable en Belgique. Mais aussi en France où le film est sorti le même jour. Mais pas sur les mêmes bases. Si Quartier Lointain est assez présent sur les écrans belges, il faut forcément le chercher avec un peu plus d’application en Hexagone où, proportionnellement, le nombre de copies est bien moins important. Et ce malgré une exposition maximale dans le JT de TF1, le dimanche soir précédant la sortie. Inespéré !

Dans Telerama , Cécile Mury après avoir passé en revue les belles performances des comédiens ponctue sur une comparaison originale qui devrait faire plaisir à Sam Garbarski : “Comme dans Peggy Sue s’est mariée, de Coppola, remonter le temps pour comprendre et accepter veut dire aussi savourer une dernière fois la sève de la jeunesse, de tous les commencements. Dans un rôle délicat – un adulte dans un corps de môme -, le jeune Léo Legrand trouve le parfait équilibre. Lors d’une brève apparition clin d’oeil, Jirô Taniguchi sourit. Il a raison : la greffe a réussi.”

Le talent du réalisateur est aussi pointé par François-Guillaume Lorrain dans Le Point qui a également été sensible à l’habillement musical du film, effectivement fort approprié:” Garbarski restitue formidablement cette position de l’ado qui en sait trop, prisonnier d’une âme d’adulte. Quartier lointain bénéficie aussi d’une formidable bande originale signée Air, qui d’ordinaire compose pour Sofia Coppola. Une musique atmosphérique, planante, qui donne au film cet air d’inquiétante étrangeté chère à Freud. Épuré, tout en émotion retenue, ce Quartier lointain a quelque chose de Modiano, l’auteur justement d’un certain Quartier perdu.”

Pour les uns, la forme prime, pour les autres, c’est le fond. Ainsi Olivier Séguret dans Libération dissèque le contenu avec beaucoup de passion: “Jamais le propos de Quartier lointain n’est de profiter des effets pittoresques qu’un tel dispositif rend pourtant tentants. Ce retour vers le passé, armé d’une conscience qui réfléchit au futur antérieur, regorge de failles et abymes où enivrer le spectateur. Mais c’est autre chose qui se produit : Sam Garbarski traque plutôt un suspense sentimental, un secret tendre, suspendu à la durée inconnue de cette expérience. Jusqu’où cette seconde enfance sera-t-elle donnée à Thomas ? Aura-t-il le temps d’intervenir et d’empêcher son père de les quitter ? Grâce à l’élégante fluidité de sa mise en scène, à l’excellente musique ambiancée par Air (binôme décidément très adéquat au cinéma) et à la remarquable prestation du jeune Léo Legrand, sur lequel repose tout le risque du film, Quartier lointain parvient à donner une consistance crédible et émouvante à cette idée que l’on a tous eu le désir un jour de vouloir prévenir, et préventivement réparer, les douleurs du passé.”
Le reste de la critique fort intéressante vaut assurément la lecture et nous vous invitons à cliquer sur le lien ci-dessus pour en profiter.

Mais pour terminer, revenons au journal Le Soir qui publiait samedi une chronique d’Alain Berenboom consacré à l’avenir du cinéma et à l’émergence de la 3D. Une réflexion qui se concluait par un post-scriptum qui concerne directement notre sujet du jour : “PS. le film de la semaine s’appelle Quartier lointain, signé Sam Garbarski : il n’est pas en 3 D ; il va plus loin encore : il nous plonge dans la quatrième dimension ! Et c’est superbe, drôle et émouvant. Cerise sur le gâteau, c’est belge ! Oui, belge !”

Hé oui…

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