Nov 12 2011

La pellicule a tiré sa révérence

Published by at 01:41 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/le-pays/28728.html – Audrey Somnard 

Toutes les salles du Grand-Duché sont désormais équipées avec des projecteurs numériques. Une petite révolution pour les professionnels, pour au final un plus grand confort pour les spectateurs.

Les cinémas n’avaient plus trop le choix. Demande des spectateurs, pression des distributeurs qui travaillent aujourd’hui principalement en numérique : toutes les salles du pays ont basculé dans le tout-numérique.

Finies les bobines de pellicule qui s’abîment, qui prennent de la place et mobilisent du personnel. Le Luxembourg a franchi le cap et depuis quelques semaines à peine toutes les salles du pays sont désormais dotées d’un projecteur numérique. Certains regretteront avec nostalgie les films avec des défauts sur l’image mais côté spectateurs et professionnels on s’accorde à dire que la qualité du visionnage est sans pareil. Un confort pour les spectateurs, un gain de temps et de logistique pour les professionnels qui n’ont plus besoin de gérer les encombrantes bobines.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des films est envoyée sous forme numérique, dans une petite boîte, à la façon dont se présentent les disques durs externes. C’est léger, ça ne prend pas de place et ça se branche directement sur le projecteur désormais équipé d’un ordinateur, d’où le projectionniste peut gérer toute la salle, du film lui-même à l’ouverture des portes de la salle, en passant par la bande-annonce et les publicités ou encore l’éclairage. Aujourd’hui, tout est automatisé.

Le Luxembourg est donc désormais à la pointe du progrès au même titre que d’autres pays européens: petite taille oblige, le pays s’est équipé relativement facilement. Cela sera nettement plus compliqué pour des pays comme la France ou l’Italie qui regorgent de petites salles dans les villages, par exemple. Mais la conversion au numérique était un passage obligé pour le monde du cinéma d’aujourd’hui et encore plus de demain.

C’est au Centre national de l’audiovisuel (CNA) qu’a été confié la mission de faire en sorte que toutes les salles du pays soit équipées en projecteurs numériques. Si cela ne s’est pas fait sans heurts (lire la polémique en page 3), à ce jour, les salles peuvent se féliciter de proposer une qualité de film irréprochable. Mais au-delà de la diffusion des films, Guy Daleiden, président du Fonds de soutien à la production audiovisuelle (SPA), insiste sur la nécessité pour les productions luxembourgeoises de passer au numérique : «Il y a un avantage pour la production, mais il faut aussi le voir du côté de la distribution. Nous éprouvons déjà des difficultés pour exporter nos films européens, si nous restons au 35 mm, cela sera encore plus dur. Alors, autant se mettre à jour en passant au numérique afin de mettre toutes les chances de notre côté.»

Plus pratique, moins cher à transporter

Et puis, il faut aussi voir que les copies numériques sont nettement plus pratiques à transporter permettant un gain de temps plus qu’appréciable: «Imaginez une production luxembourgeoise avec seulement deux ou trois copies en 35mm. Si nous voulons montrer ce film dans nos ambassades à travers le monde, comme cela se fait régulièrement lors de festivals, cela se révèle très cher et compliqué avec les bobines qui sont encombrantes et fragiles. Avec le numérique, on peut envoyer les copies très facilement et en de multiples exemplaires. Cela permet une diffusion plus rapide et plus pratique», ajoute Guy Daleiden.

Du côté des critiques de film, comme Jean-Pierre Thilges, qui passent leur vie dans les salles obscures, on est très content : «Je suis clairement en faveur du numérique. Je préfère voir une bonne copie en sixième semaine qu’une copie rayée au bout de la deuxième semaine. Le passage au numérique était le seul moyen. Nous avons la chance au Luxembourg de pouvoir le faire et d’équiper même les petites salles du pays. En France, cela va être certainement plus compliqué.»

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu/le-pays/28728.html – Audrey Somnard 

Toutes les salles du Grand-Duché sont désormais équipées avec des projecteurs numériques. Une petite révolution pour les professionnels, pour au final un plus grand confort pour les spectateurs.

Les cinémas n’avaient plus trop le choix. Demande des spectateurs, pression des distributeurs qui travaillent aujourd’hui principalement en numérique : toutes les salles du pays ont basculé dans le tout-numérique.

Finies les bobines de pellicule qui s’abîment, qui prennent de la place et mobilisent du personnel. Le Luxembourg a franchi le cap et depuis quelques semaines à peine toutes les salles du pays sont désormais dotées d’un projecteur numérique. Certains regretteront avec nostalgie les films avec des défauts sur l’image mais côté spectateurs et professionnels on s’accorde à dire que la qualité du visionnage est sans pareil. Un confort pour les spectateurs, un gain de temps et de logistique pour les professionnels qui n’ont plus besoin de gérer les encombrantes bobines.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des films est envoyée sous forme numérique, dans une petite boîte, à la façon dont se présentent les disques durs externes. C’est léger, ça ne prend pas de place et ça se branche directement sur le projecteur désormais équipé d’un ordinateur, d’où le projectionniste peut gérer toute la salle, du film lui-même à l’ouverture des portes de la salle, en passant par la bande-annonce et les publicités ou encore l’éclairage. Aujourd’hui, tout est automatisé.

Le Luxembourg est donc désormais à la pointe du progrès au même titre que d’autres pays européens: petite taille oblige, le pays s’est équipé relativement facilement. Cela sera nettement plus compliqué pour des pays comme la France ou l’Italie qui regorgent de petites salles dans les villages, par exemple. Mais la conversion au numérique était un passage obligé pour le monde du cinéma d’aujourd’hui et encore plus de demain.

C’est au Centre national de l’audiovisuel (CNA) qu’a été confié la mission de faire en sorte que toutes les salles du pays soit équipées en projecteurs numériques. Si cela ne s’est pas fait sans heurts (lire la polémique en page 3), à ce jour, les salles peuvent se féliciter de proposer une qualité de film irréprochable. Mais au-delà de la diffusion des films, Guy Daleiden, président du Fonds de soutien à la production audiovisuelle (SPA), insiste sur la nécessité pour les productions luxembourgeoises de passer au numérique : «Il y a un avantage pour la production, mais il faut aussi le voir du côté de la distribution. Nous éprouvons déjà des difficultés pour exporter nos films européens, si nous restons au 35 mm, cela sera encore plus dur. Alors, autant se mettre à jour en passant au numérique afin de mettre toutes les chances de notre côté.»

Plus pratique, moins cher à transporter

Et puis, il faut aussi voir que les copies numériques sont nettement plus pratiques à transporter permettant un gain de temps plus qu’appréciable: «Imaginez une production luxembourgeoise avec seulement deux ou trois copies en 35mm. Si nous voulons montrer ce film dans nos ambassades à travers le monde, comme cela se fait régulièrement lors de festivals, cela se révèle très cher et compliqué avec les bobines qui sont encombrantes et fragiles. Avec le numérique, on peut envoyer les copies très facilement et en de multiples exemplaires. Cela permet une diffusion plus rapide et plus pratique», ajoute Guy Daleiden.

Du côté des critiques de film, comme Jean-Pierre Thilges, qui passent leur vie dans les salles obscures, on est très content : «Je suis clairement en faveur du numérique. Je préfère voir une bonne copie en sixième semaine qu’une copie rayée au bout de la deuxième semaine. Le passage au numérique était le seul moyen. Nous avons la chance au Luxembourg de pouvoir le faire et d’équiper même les petites salles du pays. En France, cela va être certainement plus compliqué.»

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