Aug 07 2010

Labyrinthe amoureux

Published by at 01:41 under Articles,Français,Reviews

SOURCE: Pablo Chimienti http://www.lequotidien.lu/index.php/les-loisirs/13524-Labyrinthe-amoureux.html

Les courts métrages en salles sont, malheureusement, une denrée rare. Alter ego, la première réalisation de Jérôme Nunes, une coproduction grand-ducale de Minotaurus film et Bady Minck, sera pourtant bien à l’écran, ce soir en avant-première luxembourgeoise au ciné Ariston d’Esch-sur-Alzette, en ouverture de la projection de House Of Boys, de Jean-Claude Schlim prévue dans le cadre du GayMat op Esch.

Quatorze minutes suffisent pour jeter le trouble, comme la durée de cette première réalisation du français Jérôme Nunes, Alter ego.

Un court métrage difficile à la structure anticonventionnelle, au récit labyrinthique et à l’ambiance pesante que le réalisateur assume parfaitement. «C’est une histoire que j’ai écrite il y a environ deuxans et demi. Cela vient d’une idée visuelle, cinématographique, de ces plans de sexe filmés en très très gros plan et qui créent l’illusion de deux corps», explique-t-il.

Et bien que le réalisateur s’en défende, il semble évident que l’intérêt de ce film est plus dans sa forme que dans son fond. D’ailleurs à aucun moment, le spectateur ne connaîtra lesnoms des personnages.

Alter ego n’est d’ailleurs pas sans rappeler des ciné-performances qu’on peut voir dans des galeries ou des musées d’Art contemporain. «Pour moi, il y a une narration, insiste pourtant Jérôme Nunes, ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde puisque le film n’est pas linéaire, mais il y clairement cette histoire d’amour à trois, entre un jeune homme pétri de solitude partagé entre cette femme avec qui il n’arrive pas à vivre et lui-même, qui finit par prendre la figure d’un autre homme.»

Une histoire d’amour triangulaire et illusoire que le réalisateur laisse volontairement ouverte comme une rêverie qui passe. Un récit quasiment sans paroles où les flous parlent plus que les actes, où le montage saute volontairement du coq à l’âne et où la musique accentue le côté sombre de l’image. «C’est mon premier film, je me suis donc influencé de ce type de cinéma que j’aime, celui de Lynch, de Gus Van Sant ou encore de Wong Kar Wai», souligne Jérôme Nunes qui a proposé ce film à la maison de production grand-ducale Minotaurus film, en connaissant leur goût pour le cinéma expérimental.

Une séance pour l’heure unique

«Le scénario était vraiment très prometteur et techniquement c’était très intéressant, précise la productrice Bady Minck. C’est explicitement sexuel avec cet homme qui a une relation intime avec cette femme, mais qui découvre qu’il est plus intéressé à avoir une relation sexuelle avec lui-même, il découvre en fait qu’il est homosexuel». «C’est un outing», insiste-t-elle. Le réalisateur est plus réservé sur la question. «Pour moi, il s’agit plus de masturbation, d’un acte de sexualité solitaire, mais c’est sûr que si l’homme se dédouble ça devient une histoire homosexuelle.».

Une spécificité permettant au film qui ne dispose d’aucun budget pour la distribution d’être montré dans des festivals et principalement des festivals de cinéma gay, comme le GayMat eschois. Réalisateur et producteur ignorent aujourd’hui encore si le film connaîtra une sortie traditionnelle au cinéma. Autant dire que les personnes intéressées ont tout intérêt à ne pas rater la projection de ce soir. D’autant plus que l’équipe du film sera dans la salle et qu’une discussion est prévue à la fin du film.

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SOURCE: Pablo Chimienti http://www.lequotidien.lu/index.php/les-loisirs/13524-Labyrinthe-amoureux.html

Les courts métrages en salles sont, malheureusement, une denrée rare. Alter ego, la première réalisation de Jérôme Nunes, une coproduction grand-ducale de Minotaurus film et Bady Minck, sera pourtant bien à l’écran, ce soir en avant-première luxembourgeoise au ciné Ariston d’Esch-sur-Alzette, en ouverture de la projection de House Of Boys, de Jean-Claude Schlim prévue dans le cadre du GayMat op Esch.

Quatorze minutes suffisent pour jeter le trouble, comme la durée de cette première réalisation du français Jérôme Nunes, Alter ego.

Un court métrage difficile à la structure anticonventionnelle, au récit labyrinthique et à l’ambiance pesante que le réalisateur assume parfaitement. «C’est une histoire que j’ai écrite il y a environ deuxans et demi. Cela vient d’une idée visuelle, cinématographique, de ces plans de sexe filmés en très très gros plan et qui créent l’illusion de deux corps», explique-t-il.

Et bien que le réalisateur s’en défende, il semble évident que l’intérêt de ce film est plus dans sa forme que dans son fond. D’ailleurs à aucun moment, le spectateur ne connaîtra lesnoms des personnages.

Alter ego n’est d’ailleurs pas sans rappeler des ciné-performances qu’on peut voir dans des galeries ou des musées d’Art contemporain. «Pour moi, il y a une narration, insiste pourtant Jérôme Nunes, ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde puisque le film n’est pas linéaire, mais il y clairement cette histoire d’amour à trois, entre un jeune homme pétri de solitude partagé entre cette femme avec qui il n’arrive pas à vivre et lui-même, qui finit par prendre la figure d’un autre homme.»

Une histoire d’amour triangulaire et illusoire que le réalisateur laisse volontairement ouverte comme une rêverie qui passe. Un récit quasiment sans paroles où les flous parlent plus que les actes, où le montage saute volontairement du coq à l’âne et où la musique accentue le côté sombre de l’image. «C’est mon premier film, je me suis donc influencé de ce type de cinéma que j’aime, celui de Lynch, de Gus Van Sant ou encore de Wong Kar Wai», souligne Jérôme Nunes qui a proposé ce film à la maison de production grand-ducale Minotaurus film, en connaissant leur goût pour le cinéma expérimental.

Une séance pour l’heure unique

«Le scénario était vraiment très prometteur et techniquement c’était très intéressant, précise la productrice Bady Minck. C’est explicitement sexuel avec cet homme qui a une relation intime avec cette femme, mais qui découvre qu’il est plus intéressé à avoir une relation sexuelle avec lui-même, il découvre en fait qu’il est homosexuel». «C’est un outing», insiste-t-elle. Le réalisateur est plus réservé sur la question. «Pour moi, il s’agit plus de masturbation, d’un acte de sexualité solitaire, mais c’est sûr que si l’homme se dédouble ça devient une histoire homosexuelle.».

Une spécificité permettant au film qui ne dispose d’aucun budget pour la distribution d’être montré dans des festivals et principalement des festivals de cinéma gay, comme le GayMat eschois. Réalisateur et producteur ignorent aujourd’hui encore si le film connaîtra une sortie traditionnelle au cinéma. Autant dire que les personnes intéressées ont tout intérêt à ne pas rater la projection de ce soir. D’autant plus que l’équipe du film sera dans la salle et qu’une discussion est prévue à la fin du film.

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