Dec 14 2009

Le meilleur du cinéma luxembourgeois

Published by at 01:17 under Articles,Filmprais

SOURCE: Jeudi – Viviane Thill

Pour sa 4e édition, le «Lëtzebuerger Filmpräis», qui récompense chaque année les meilleurs films produits au Grand-Duché, a mélangé confirmations et révélations. Dix prix au total ont récompensé les films et des personnalités qui ont su séduire, surprendre ou convaincre le jury.

Vu le grand nombre de films (52, longs et courts confondus) produits entre 2007 et 2009, les catégories long et court métrage avaient pour la première fois été subdivisées en long métrage, court métrage, documentaire et film d’animation auxquels se rajoutaient, comme il était déjà de coutume les années précédentes, la coproduction ainsi que la contribution artistique et la contribution technique.
Le jury, présidé par l’actrice-réalisatrice Désirée Nosbusch, rassemblait en outre la commissaire européenne Viviane Reding; le critique de films Boyd van Hoeij (qui écrit notamment pour le magazine hollywoodien Variety et le site www.cineuropa.org); Nico Simon, directeur général d’Utopia SA; le chef-opérateur sarrois Klaus Peter Weber; le réalisateur Dan Wiroth et le professeur Frank Wilhelm. Les détails de leurs délibérations n’ont pas été communiqués, mais on sait que les discussions autour de certains prix – et notamment celui du meilleur long métrage luxembourgeois – ont été longues et animées.

Du court, du long

En fin de compte, les jurés se sont mis d’accord et ont même attribué un prix spécial non prévu à l’origine. Celui-ci récompense la contribution au cinéma luxembourgeois de la directrice artistique Christina Schaffer, déjà lauréate en 2005 du prix de la meilleure contribution artistique et – sauf erreur – seule professionnelle au Luxembourg à avoir été nominée pour un Oscar (pour Girl With a Pearl Earring). Elle a été responsable des décors sur l’ensemble des trois films en compétition pour le meilleur long métrage ainsi que sur plusieurs coproductions et courts métrages et est régulièrement citée pour l’excellence de son travail.
Également très présent sur les plateaux luxembourgeois, le caméraman Carlo Thiel vient de tourner ses deux premiers longs (Tausend Ozeane et House of Boys) en tant que chef-opérateur et a reçu le prix de la meilleure contribution technique. Le prix de la meilleure contribution artistique a été attribué de façon plus inattendue à deux réalisateurs, Beryl Koltz et Armand Strainchamps, pour l’originalité de leur démarche sur ce qui était à l’origine un film de commande du Centre national de l’audiovisuel et de la Ville de Dudelange pour le 100e anniversaire de cette dernière: Diddeléng – 100 Joër, 100 Gesiichter.
Outre celui offert à Christina Schaffer, le jury a rajouté un deuxième prix au palmarès en scindant en deux le prix du meilleur film d’animation. Six productions étaient en lice, dont deux courts et une série. Le prix du meilleur long métrage d’animation a finalement récompensé Panique au village coproduit par Mélusine Productions tandis que le prix du meilleur court a été attribué à Thierry Schiel pour Le vieil homme dans le brouillard produit par Iris Productions. Dans ce film, Schiel délaisse le style proche de Disney, à l’œuvre dans ses deux longs métrages précédents Tristan et Iseut et Renart le renard, pour une forme plus personnelle et plus mature dans le récit d’un homme traumatisé par la mort de sa femme et de sa fille.

Valeur confirmée

Dans la catégorie des courts métrages, le jury a souligné la grande qualité technique des films en compétition tout en regrettant des faiblesses au niveau des contenus. Le film retenu est le premier court métrage de Saesa Kiyokawa, Japonaise vivant et travaillant depuis de nombreuses années au Grand-Duché. Routine, produit par Anne Schroeder pour Samsa Film, crée une atmosphère étrange, entre réalisme et fantastique, pour raconter l’histoire d’un chauffeur de bus (Jules Werner) dangereusement troublé par une petite fille qui semble perdue dans la forêt.
Dans les catégories coproduction et documentaire, le jury s’en est tenu aux valeurs confirmées en donnant le prix de la meilleure coproduction à Bride Flight de Ben Sombogaart (produit par Samsa Film) et celui du meilleur documentaire à Andy Bausch.
Le Néerlandais Sombogaart est notamment connu pour le drame Twin Sisters (auquel avait également déjà participé Samsa Film) qui avait été nominé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2002. Bien que souffrant de quelques longueurs, Bride Flight est un très agréable mélodrame qui fut trop peu remarqué – y compris lors de son bref passage dans les salles luxembourgeoises il y a quelques semaines – mais auquel le jury aurait néanmoins pu préférer le poignant premier long métrage du Belge Bernard Bellefroid, La régate, également produit par Samsa Film et qui sortira au Luxembourg au début de l’année prochaine. Alors qu’il avait deux documentaires en compétition, Andy Bausch a reçu le prix du meilleur documentaire pour Entrée d’artistes tandis que InThierryView, son hommage à son ami et complice Thierry Van Werveke, remportait le prix du public.
Le prix du meilleur long métrage luxembourgeois, qui clôt traditionnellement la remise des trophées, a finalement été attribué à Jean-Claude Schlim pour son premier film House of Boys sur l’amour de deux jeunes garçons dans les premiers temps du Sida. Signalons que le film est toujours à l’affiche, de même d’ailleurs que Dust de Max Jacoby, également en lice pour le meilleur long métrage. Les deux documentaires primés Entrée d’artistes et Diddeleng – 100 Joër, 100 Gesiichter seront diffusés sur RTL Télé Lëtzebuerg durant les vacances de Noël.

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SOURCE: Jeudi – Viviane Thill

Pour sa 4e édition, le «Lëtzebuerger Filmpräis», qui récompense chaque année les meilleurs films produits au Grand-Duché, a mélangé confirmations et révélations. Dix prix au total ont récompensé les films et des personnalités qui ont su séduire, surprendre ou convaincre le jury.

Vu le grand nombre de films (52, longs et courts confondus) produits entre 2007 et 2009, les catégories long et court métrage avaient pour la première fois été subdivisées en long métrage, court métrage, documentaire et film d’animation auxquels se rajoutaient, comme il était déjà de coutume les années précédentes, la coproduction ainsi que la contribution artistique et la contribution technique.
Le jury, présidé par l’actrice-réalisatrice Désirée Nosbusch, rassemblait en outre la commissaire européenne Viviane Reding; le critique de films Boyd van Hoeij (qui écrit notamment pour le magazine hollywoodien Variety et le site www.cineuropa.org); Nico Simon, directeur général d’Utopia SA; le chef-opérateur sarrois Klaus Peter Weber; le réalisateur Dan Wiroth et le professeur Frank Wilhelm. Les détails de leurs délibérations n’ont pas été communiqués, mais on sait que les discussions autour de certains prix – et notamment celui du meilleur long métrage luxembourgeois – ont été longues et animées.

Du court, du long

En fin de compte, les jurés se sont mis d’accord et ont même attribué un prix spécial non prévu à l’origine. Celui-ci récompense la contribution au cinéma luxembourgeois de la directrice artistique Christina Schaffer, déjà lauréate en 2005 du prix de la meilleure contribution artistique et – sauf erreur – seule professionnelle au Luxembourg à avoir été nominée pour un Oscar (pour Girl With a Pearl Earring). Elle a été responsable des décors sur l’ensemble des trois films en compétition pour le meilleur long métrage ainsi que sur plusieurs coproductions et courts métrages et est régulièrement citée pour l’excellence de son travail.
Également très présent sur les plateaux luxembourgeois, le caméraman Carlo Thiel vient de tourner ses deux premiers longs (Tausend Ozeane et House of Boys) en tant que chef-opérateur et a reçu le prix de la meilleure contribution technique. Le prix de la meilleure contribution artistique a été attribué de façon plus inattendue à deux réalisateurs, Beryl Koltz et Armand Strainchamps, pour l’originalité de leur démarche sur ce qui était à l’origine un film de commande du Centre national de l’audiovisuel et de la Ville de Dudelange pour le 100e anniversaire de cette dernière: Diddeléng – 100 Joër, 100 Gesiichter.
Outre celui offert à Christina Schaffer, le jury a rajouté un deuxième prix au palmarès en scindant en deux le prix du meilleur film d’animation. Six productions étaient en lice, dont deux courts et une série. Le prix du meilleur long métrage d’animation a finalement récompensé Panique au village coproduit par Mélusine Productions tandis que le prix du meilleur court a été attribué à Thierry Schiel pour Le vieil homme dans le brouillard produit par Iris Productions. Dans ce film, Schiel délaisse le style proche de Disney, à l’œuvre dans ses deux longs métrages précédents Tristan et Iseut et Renart le renard, pour une forme plus personnelle et plus mature dans le récit d’un homme traumatisé par la mort de sa femme et de sa fille.

Valeur confirmée

Dans la catégorie des courts métrages, le jury a souligné la grande qualité technique des films en compétition tout en regrettant des faiblesses au niveau des contenus. Le film retenu est le premier court métrage de Saesa Kiyokawa, Japonaise vivant et travaillant depuis de nombreuses années au Grand-Duché. Routine, produit par Anne Schroeder pour Samsa Film, crée une atmosphère étrange, entre réalisme et fantastique, pour raconter l’histoire d’un chauffeur de bus (Jules Werner) dangereusement troublé par une petite fille qui semble perdue dans la forêt.
Dans les catégories coproduction et documentaire, le jury s’en est tenu aux valeurs confirmées en donnant le prix de la meilleure coproduction à Bride Flight de Ben Sombogaart (produit par Samsa Film) et celui du meilleur documentaire à Andy Bausch.
Le Néerlandais Sombogaart est notamment connu pour le drame Twin Sisters (auquel avait également déjà participé Samsa Film) qui avait été nominé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2002. Bien que souffrant de quelques longueurs, Bride Flight est un très agréable mélodrame qui fut trop peu remarqué – y compris lors de son bref passage dans les salles luxembourgeoises il y a quelques semaines – mais auquel le jury aurait néanmoins pu préférer le poignant premier long métrage du Belge Bernard Bellefroid, La régate, également produit par Samsa Film et qui sortira au Luxembourg au début de l’année prochaine. Alors qu’il avait deux documentaires en compétition, Andy Bausch a reçu le prix du meilleur documentaire pour Entrée d’artistes tandis que InThierryView, son hommage à son ami et complice Thierry Van Werveke, remportait le prix du public.
Le prix du meilleur long métrage luxembourgeois, qui clôt traditionnellement la remise des trophées, a finalement été attribué à Jean-Claude Schlim pour son premier film House of Boys sur l’amour de deux jeunes garçons dans les premiers temps du Sida. Signalons que le film est toujours à l’affiche, de même d’ailleurs que Dust de Max Jacoby, également en lice pour le meilleur long métrage. Les deux documentaires primés Entrée d’artistes et Diddeleng – 100 Joër, 100 Gesiichter seront diffusés sur RTL Télé Lëtzebuerg durant les vacances de Noël.

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