Mar 28 2011

Sandrine «Bonheur»

Published by at 01:02 under Articles,Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/culture/21308.html Pablo Chimienti

Voilà quelques semaines que Sandrine Bonnaire tourne au Luxembourg J’enrage de ton absence . Et quand on dit elle tourne, ce n’est pas comme à son habitude, en tant que comédienne, mais bien derrière la caméra en qualité de réalisatrice. Avant de quitter le Grand-Duché pour poursuivre son tournage en Belgique, elle a bien voulu se confier à la presse luxembourgeoise. Une rencontre informelle, autour d’un bon verre de rouge et d’une clope. Portrait.

Sandrine Bonnaire avait conquis le public du festival DirActors lors de sa venue en 2008. Il faut dire que la star française est restée d’un naturel à toute épreuve. Disponible, souriante, magnifique. Elle avait sauvé la deuxième édition du feu festival de Luxembourg du naufrage.
Pourtant, elle aurait de quoi avoir la grosse tête. À 43 ans, voilà près de trente ans qu’elle a percé dans le monde du cinéma. Trente ans qu’elle mène à merveille une immense carrière qui l’a vu jouer pour les plus grands: Pialat, Varda, Téchiné, Depardon, Rivette, Chabrol, De Palma, Leconte et remporter de nombreuses récompenses. Mais pour cette septième d’une famille de onze enfants, qui travaille dans un registre terre-à-terre la bonne copine ou encore la voisine de palier, le plus important a toujours été de garder les pieds sur terre.
Il y a trois ans, après la présentation de son documentaire Elle s’appelle Sabine, qu’elle avait réalisé sur sa sœur autiste, elle disait avoir «une casquette et demie; la vraie casquette de comédienne et j’ai réalisé un film», mais elle avouait déjà avoir un projet de fiction, sur un certain Guy, «un homme qu’avait connu sa mère».
Et la voici de retour au Grand-Duché pour tourner cette histoire. Guy est devenu Jacques et le film – produit à 55% par Iris Luxembourg et Belgique – s’intitulera J’enrage de ton absence.

Le premier amour de sa mère

«C’était le premier amour de ma mère mais les parents étaient contre cette relation. Ils ont tous les deux eu du mal à faire le deuil de cet amour. Un jour, je l’ai recroisé par hasard. J’ai entendu quelqu’un m’appeler, je me suis tournée et je l’ai vu. Il était devenu clochard. Il s’est levé, péniblement, et m’a dit : “J’ai dix francs, je t’invite à boire un café”. Il m’a invitée! Alors qu’il était SDF, il n’était pas du tout dans la plainte, au contraire, il s’intéressait à moi. J’avais 20 ans, j’étais bouleversée. Et je me suis dit tout de suite, un jour je ferai quelque chose là-dessus.»

Après le film sur Sabine, ce projet tombait à point. Une fiction, mais basée sur des faits réels et personnels. «J’ai envie de lui rendre hommage comme je l’ai fait pour Sabine et comme j’ai envie de le faire plus tard, parce que j’ai évidement envie de continuer derrière la caméra, pour ma mère.»

«Elle sait ce qu’elle veut»

Voilà, c’est dit, la comédienne compte bien rester derrière la caméra. «Je suis entièrement comblée par mon métier de comédienne, c’est un métier formidable, mais je me suis aperçue, en faisant le film sur ma sœur, qu’il est un peu passif.» La casquette de réalisatrice ou du moins de «DirActrice» – si ce terme a encore un sens après l’arrêt du festival – est donc désormais bien vissée sur la tête.

Mais pas question, pour l’heure, de tourner pour elle même. «J’aime observer. Et je ne vois pas comment on peut s’observer soi-même. Et puis, j’avais envie de filmer une actrice. Je trouve beau, étant actrice, de regarder une autre belle actrice», lance-t-elle à Alexandra Lamy assise à ses côtés pendant cette rencontre. On ne la verra donc pas à l’écran dans son film. On devrait par contre y retrouver tout son univers. Non seulement parce qu’elle a écrit ce récit – même si elle a ensuite confié le scénario à Jérôme Tonnerre -, mais parce qu’elle le tourne, que l’histoire part de son vécu, mais en plus parce que la frontière entre sa vie et son film semble malgré tout assez perméable. Le synopsis réduit l’histoire de la sorte : «Après dix longues années d’absence, Jacques, la cinquantaine, ressurgit dans la vie de Mado. Mariée et mère d’un garçon de sept ans: Paul, Mado se méfie, avant de renouer avec son ancien amant. Mais la relation du couple est entachée du deuil d’un enfant».
Sans parler de deuil, ni de drame, Sandrine Bonnaire a eu sa première fille avec William Hurt, qui interprète le rôle de Jacques…
Tel est le monde de Sandrine Bonnaire. Une actrice magnifique qui semble désormais promise à une belle carrière derrière la caméra. «Elle sait parfaitement où elle va, ce qu’elle veut» note le producteur luxembourgeois, Nicolas Steil. «Comme elle est comédienne, elle sait regarder, parler et comprendre les acteurs» ajoute Alexandra Lamy. «C’est formidable de travailler avec elle», complète l’actrice. Ce n’est pas pour rien, si désormais, elle l’appelle «Sandrine bonheur»!

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu/culture/21308.html Pablo Chimienti

Voilà quelques semaines que Sandrine Bonnaire tourne au Luxembourg J’enrage de ton absence . Et quand on dit elle tourne, ce n’est pas comme à son habitude, en tant que comédienne, mais bien derrière la caméra en qualité de réalisatrice. Avant de quitter le Grand-Duché pour poursuivre son tournage en Belgique, elle a bien voulu se confier à la presse luxembourgeoise. Une rencontre informelle, autour d’un bon verre de rouge et d’une clope. Portrait.

Sandrine Bonnaire avait conquis le public du festival DirActors lors de sa venue en 2008. Il faut dire que la star française est restée d’un naturel à toute épreuve. Disponible, souriante, magnifique. Elle avait sauvé la deuxième édition du feu festival de Luxembourg du naufrage.
Pourtant, elle aurait de quoi avoir la grosse tête. À 43 ans, voilà près de trente ans qu’elle a percé dans le monde du cinéma. Trente ans qu’elle mène à merveille une immense carrière qui l’a vu jouer pour les plus grands: Pialat, Varda, Téchiné, Depardon, Rivette, Chabrol, De Palma, Leconte et remporter de nombreuses récompenses. Mais pour cette septième d’une famille de onze enfants, qui travaille dans un registre terre-à-terre la bonne copine ou encore la voisine de palier, le plus important a toujours été de garder les pieds sur terre.
Il y a trois ans, après la présentation de son documentaire Elle s’appelle Sabine, qu’elle avait réalisé sur sa sœur autiste, elle disait avoir «une casquette et demie; la vraie casquette de comédienne et j’ai réalisé un film», mais elle avouait déjà avoir un projet de fiction, sur un certain Guy, «un homme qu’avait connu sa mère».
Et la voici de retour au Grand-Duché pour tourner cette histoire. Guy est devenu Jacques et le film – produit à 55% par Iris Luxembourg et Belgique – s’intitulera J’enrage de ton absence.

Le premier amour de sa mère

«C’était le premier amour de ma mère mais les parents étaient contre cette relation. Ils ont tous les deux eu du mal à faire le deuil de cet amour. Un jour, je l’ai recroisé par hasard. J’ai entendu quelqu’un m’appeler, je me suis tournée et je l’ai vu. Il était devenu clochard. Il s’est levé, péniblement, et m’a dit : “J’ai dix francs, je t’invite à boire un café”. Il m’a invitée! Alors qu’il était SDF, il n’était pas du tout dans la plainte, au contraire, il s’intéressait à moi. J’avais 20 ans, j’étais bouleversée. Et je me suis dit tout de suite, un jour je ferai quelque chose là-dessus.»

Après le film sur Sabine, ce projet tombait à point. Une fiction, mais basée sur des faits réels et personnels. «J’ai envie de lui rendre hommage comme je l’ai fait pour Sabine et comme j’ai envie de le faire plus tard, parce que j’ai évidement envie de continuer derrière la caméra, pour ma mère.»

«Elle sait ce qu’elle veut»

Voilà, c’est dit, la comédienne compte bien rester derrière la caméra. «Je suis entièrement comblée par mon métier de comédienne, c’est un métier formidable, mais je me suis aperçue, en faisant le film sur ma sœur, qu’il est un peu passif.» La casquette de réalisatrice ou du moins de «DirActrice» – si ce terme a encore un sens après l’arrêt du festival – est donc désormais bien vissée sur la tête.

Mais pas question, pour l’heure, de tourner pour elle même. «J’aime observer. Et je ne vois pas comment on peut s’observer soi-même. Et puis, j’avais envie de filmer une actrice. Je trouve beau, étant actrice, de regarder une autre belle actrice», lance-t-elle à Alexandra Lamy assise à ses côtés pendant cette rencontre. On ne la verra donc pas à l’écran dans son film. On devrait par contre y retrouver tout son univers. Non seulement parce qu’elle a écrit ce récit – même si elle a ensuite confié le scénario à Jérôme Tonnerre -, mais parce qu’elle le tourne, que l’histoire part de son vécu, mais en plus parce que la frontière entre sa vie et son film semble malgré tout assez perméable. Le synopsis réduit l’histoire de la sorte : «Après dix longues années d’absence, Jacques, la cinquantaine, ressurgit dans la vie de Mado. Mariée et mère d’un garçon de sept ans: Paul, Mado se méfie, avant de renouer avec son ancien amant. Mais la relation du couple est entachée du deuil d’un enfant».
Sans parler de deuil, ni de drame, Sandrine Bonnaire a eu sa première fille avec William Hurt, qui interprète le rôle de Jacques…
Tel est le monde de Sandrine Bonnaire. Une actrice magnifique qui semble désormais promise à une belle carrière derrière la caméra. «Elle sait parfaitement où elle va, ce qu’elle veut» note le producteur luxembourgeois, Nicolas Steil. «Comme elle est comédienne, elle sait regarder, parler et comprendre les acteurs» ajoute Alexandra Lamy. «C’est formidable de travailler avec elle», complète l’actrice. Ce n’est pas pour rien, si désormais, elle l’appelle «Sandrine bonheur»!

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