Nov 16 2011

” L’orchidée ” court métrage de Cyrus Neshvad

Published by at 01:13 under Blackboard

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/culture/29046.html

Fenêtre sur cour

Un bon court métrage vaut tous les longs métrages du monde!

On a beau le savoir, une confirmation de temps en temps fait toujours du bien. C’est le cas avec L’Orchidée, le nouveau 13 minutes du réalisateur grand-ducal Cyrus Neshvad.
Pas tout à fait un film zéro budget, mais presque. Le cinéaste-producteur n’a disposé que de 8000 euros pour ce petit bijou racontant la rencontre dans leur petite chambre dans une maison de soins, entre le nouveau venu, Fernand, et l’«ancien», Angelo. Huit mille euros bien dépensés au regard de la qualité aussi bienN4 visuelle qu’artistique.
«Quand on a pas de budget, il faut savoir attendre», lance Cyrus Neshvad, visiblement échaudé par ses précédents projets subventionnés et produits par une grande maison de production nationale. Résultat, beaucoup de travail ingrat et huit mois d’attente pour attendre que les bons comédiens– Fernand Fox et Marc Olinger en tête – et les bons techniciens– Alex Aach (cadre), Amine Jaber (montage), Jean-Pascal Boffo (musique)– se libèrent. Pour le réalisateur, c’est le prix à payer pour garder la main sur son film.

Dehors, la vie, dedans la mort

Ainsi le spectateur va retrouver Fernand Fox et Marc Olinger qu’il a quittés il n’y a pas si longtemps dans Lingo Vino de Daniel Texter. Mais ici, finies les vignes et les discussions sur le pinard. Les deux hommes jouent des personnages en fin de vie, parqués dans une petite chambre «où l’on n’attend que la mort», note le réalisateur. Immobilisés sur leurs lits, la seule échappatoire pour les deux hommes est l’orchidée dont s’occupe Angelo, et le quotidien du square que ce dernier observe depuis la petite fenêtre qui surplombe son lit. Une vie qu’il raconte dans les moindres détails, entre deux piqûres de l’infirmière et quelques très rares visites, à son camarade d’infortune.
C’est comme ça qu’entre le Luxembourgeois de souche et l’Italien expatrié va rapidement naître une grande et belle histoire d’amitié. Cyrus Neshvad: «À n’importe quel moment une grande amitié peut naître et à n’importe quel moment de la vie on peut vivre des émotions fortes», avance-t-il pour résumer son film.
Ici pas de grands effets spéciaux, ni de grands effets de style, mais un cadre, une lumière, une musique, une interprétation et quelques ellipses au poil. Le récit comporte, certes, un certain nombre de détails pas très réalistes, mais peu importe, les sensations, les émotions sont bien là. Bref, difficile de parler du film sans trop en dire. Mais précisons tout de même qu’il est non seulement beau, mais également plein de bons sentiments qui n’ont rien de dégoulinant.
Le film est projeté ce soir en avant-première publique au CinéBelval. Réalisateur et producteur tentent toujours de trouver un accord avec un diffuseur pour le présenter plus longuement en salle en première partie d’un long métrage. À voir donc. Ce qui semble probable, par contre, c’est que le film va faire une grande tournée des festivals internationaux. Mais si aucun accord n’était trouvé pour d’autres projections au Luxembourg, Cyrus Neshvad a annoncé déjà que le film sera visible– comme toutes ses réalisations précédentes– sur son site internet, une fois les festivals finis d’ici six mois.

Pablo Chimienti

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Un bon court métrage vaut tous les longs métrages du monde!

On a beau le savoir, une confirmation de temps en temps fait toujours du bien. C’est le cas avec L’Orchidée, le nouveau 13 minutes du réalisateur grand-ducal Cyrus Neshvad.
Pas tout à fait un film zéro budget, mais presque. Le cinéaste-producteur n’a disposé que de 8000 euros pour ce petit bijou racontant la rencontre dans leur petite chambre dans une maison de soins, entre le nouveau venu, Fernand, et l’«ancien», Angelo. Huit mille euros bien dépensés au regard de la qualité aussi bienN4 visuelle qu’artistique.
«Quand on a pas de budget, il faut savoir attendre», lance Cyrus Neshvad, visiblement échaudé par ses précédents projets subventionnés et produits par une grande maison de production nationale. Résultat, beaucoup de travail ingrat et huit mois d’attente pour attendre que les bons comédiens– Fernand Fox et Marc Olinger en tête – et les bons techniciens– Alex Aach (cadre), Amine Jaber (montage), Jean-Pascal Boffo (musique)– se libèrent. Pour le réalisateur, c’est le prix à payer pour garder la main sur son film.

Dehors, la vie, dedans la mort

Ainsi le spectateur va retrouver Fernand Fox et Marc Olinger qu’il a quittés il n’y a pas si longtemps dans Lingo Vino de Daniel Texter. Mais ici, finies les vignes et les discussions sur le pinard. Les deux hommes jouent des personnages en fin de vie, parqués dans une petite chambre «où l’on n’attend que la mort», note le réalisateur. Immobilisés sur leurs lits, la seule échappatoire pour les deux hommes est l’orchidée dont s’occupe Angelo, et le quotidien du square que ce dernier observe depuis la petite fenêtre qui surplombe son lit. Une vie qu’il raconte dans les moindres détails, entre deux piqûres de l’infirmière et quelques très rares visites, à son camarade d’infortune.
C’est comme ça qu’entre le Luxembourgeois de souche et l’Italien expatrié va rapidement naître une grande et belle histoire d’amitié. Cyrus Neshvad: «À n’importe quel moment une grande amitié peut naître et à n’importe quel moment de la vie on peut vivre des émotions fortes», avance-t-il pour résumer son film.
Ici pas de grands effets spéciaux, ni de grands effets de style, mais un cadre, une lumière, une musique, une interprétation et quelques ellipses au poil. Le récit comporte, certes, un certain nombre de détails pas très réalistes, mais peu importe, les sensations, les émotions sont bien là. Bref, difficile de parler du film sans trop en dire. Mais précisons tout de même qu’il est non seulement beau, mais également plein de bons sentiments qui n’ont rien de dégoulinant.
Le film est projeté ce soir en avant-première publique au CinéBelval. Réalisateur et producteur tentent toujours de trouver un accord avec un diffuseur pour le présenter plus longuement en salle en première partie d’un long métrage. À voir donc. Ce qui semble probable, par contre, c’est que le film va faire une grande tournée des festivals internationaux. Mais si aucun accord n’était trouvé pour d’autres projections au Luxembourg, Cyrus Neshvad a annoncé déjà que le film sera visible– comme toutes ses réalisations précédentes– sur son site internet, une fois les festivals finis d’ici six mois.

Pablo Chimienti

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