Mar 05 2013

Discovery Zone: Pari gagné!

Published by at 01:28 under Discovery Zone

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

La troisième édition du festival Discovery Zone a magnifiquement réussi son premier week-end, que ce soit au niveau de la programmation ou de la fréquentation. Passage de témoin
De notre journaliste Pablo Chimienti

On dit souvent qu’il faut trois ans à un festival pour s’installer, pour trouver sa voie artistique, ses partenaires fidèles et surtout son public. En d’autres termes, la troisième édition est le premier grand moment de vérité après deux années de balbutiements. Et là, ou ça passe, ou ça casse.

Pour le prédécesseur de Discovery Zone, Dir’Actors, la troisième édition fut la dernière. Le défunt festival n’ayant toujours pas, à l’époque, réussi à se trouver ni une âme, ni un public. Ce qui poussa les responsables politiques à jeter l’éponge. De ses cendres est né Discovery Zone, manifestation qui souffle désormais elle aussi sa troisième bougie et qui a su dans ce même laps de temps non seulement imposer son concept, mais également trouver ses fans.

Les débuts ont pourtant été laborieux. Malgré la qualité intrinsèque de sa programmation, lors de la première édition du festival, un célèbre critique de cinéma grand-ducal, cité à l’époque par Le Quotidien, pestait en ces termes contre le public grand-ducal, en voyant les couloirs vides du ciné Utopia, le week-end de Discovery Zone : «Luxembourg a vraiment besoin d’un festival de cinéma, mais les Luxembourgeois ne le méritent pas.» Mais la sauce avait fini par prendre. Et dès la fin du week-end, le bouche à oreille aidant, les salles avaient commencé à se remplir un peu.

Depuis, la manifestation a su grandir pas à pas. Dès la deuxième édition, le festival est devenu compétitif. Il a su déborder des seules salles et du seul cinéma pour s’imposer dans tout le centre-ville de Luxembourg, avec des rencontres, des expositions, des concerts, etc. Et sans renoncer à ses prétentions artistiques, il a su attirer plus de 11 000 festivaliers à ses différents événements.

Et voilà que pour ces premières journées de festivités de 2013, de nombreuses séances du festival affichent complet. Qu’il s’agisse des sélections pour enfants ou de simples projections de fictions ou de documentaires. Mercredi soir, pour la préouverture, le Ratskeller du Cercle-Cité s’est révélé trop petit pour accueillir tous les amateurs d’art et de mondanités. Jeudi soir, l’espace cocktail de l’Utopolis semblait également trop réduit pour accueillir tous les participants de la soirée d’ouverture.

Acquérir une dimension plus internationale

Des invités, diront certains, mais dès vendredi, le public, le vrai, celui qui accepte de payer pour se laisser embarquer dans la zone, a également bien répondu aux diverses propositions des organisateurs. En soirée, par exemple, la Cinémathèque était bien pleine pour la deuxième projection mondiale – après la Berlinale – de Closed Curtain (Parde), le nouveau film de l’Iranien Jafar Panahi. Et au même moment, il fallait jouer des coudes du côté de l’Utopia pour accéder à l’une des trois projections organisées entre 18 h30 (Naked Opera) et 19 h (Crème fraîche et Chasing Ice).

Pas encore de quoi dire que le festival est victime de son succès, mais ça risque d’arriver bien plus tôt que ce que l’on aurait pu penser au départ. D’autant que les rencontres professionnelles du samedi après-midi ou encore la soirée du samedi soir au Casino Luxembourg ont également attiré un public nombreux. Au Casino, certains spectateurs ont même accepté de rester debout pour découvrir Never Sorry, le documentaire sur l’artiste dissident chinois Ai Weiwei.

Le pari de Discovery Zone est donc bel et bien gagné dès ce premier week-end. Et de nombreux bons films et plusieurs belles rencontres sont encore à venir toute cette semaine.

Reste à lui permettre désormais d’acquérir rapidement une toute autre dimension. Encore plus internationale – pas en ce qui concerne les films présentés – mais dans son public, dans la presse qu’il attire, qui restent tous les deux très grand-ducaux ou «grand-régionaux». Mais cela devra passer par une sensible augmentation du budget alloué à la manifestation. Car avec 300 000 euros seulement par édition, l’équipe peut faire beaucoup – et elle le prouve depuis trois ans – mais certainement pas des miracles.

«Histoires de femmes»

Simone Bär, créatrice de CastingStudio, est l’une des grandes directrices allemandes de casting. Son aura internationale l’a conduite à collaborer à des films prestigieux tels que La Vie des autres et Good Bye Lenine, mais aussi Le Ruban blanc, War Horse ou Inglourious Basterds. Invitée à Luxembourg par Discovery Zone pour un forum sur le casting qui s’est tenu samedi, elle est également membre du jury du festival. Le Quotidien est allé à sa rencontre.

Comment vous êtes-vous retrouvée à faire partie du jury du festival?

Simone Bär : Tout vient de cette idée de faire ce projet “Casting By” qu’ont eue Vicky Krieps et Alexis Juncosa. Vicky, que je connais bien, m’a téléphoné un jour et m’a demandé : “Est-ce que je peux donner ton numéro aux gens du festival pour ce projet?” Il y a quatre mois à peu près, Alexis m’a donc appelée pour me proposer de participer à ce “Casting By”, et j’ai dit oui. Entre autres parce qu’il m’avait été présenté par Vicky. Ensuite on m’a demandé si je voulais bien également faire partie du jury; et me voilà.

Comment trouvez-vous la sélection du festival?

C’est une très bonne sélection, avec des films très différents. On a, dans le jury, quelques favoris, mais pour en arriver là on a d’abord beaucoup discuté de ce qu’est un bon film et ce que représente le cinéma pour chacun de nous.

Et qu’est-ce qu’un bon film pour vous?

Pour moi ce qui fait un bon film c’est son message. Il faut qu’il aille au-delà de la simple réalité ou au-delà de la simple tradition cinématographique. Un autre critère d’un bon film, c’est la nouveauté. Ça peut être dans l’histoire mais aussi au niveau de la mise en scène, de l’image ou bien sûr, du jeu des acteurs. Ou encore d’un mélange de tout ça.

Y a-t-il un sujet qui ressort tout particulièrement de cette sélection?

Oui, il y a beaucoup de films qui racontent des histoires de femmes. C’est assez nouveau et très intéressant.

Avec «Meet the Pros», Discovery Zone donne un coup de pouce au cinéma luxembourgeois de demain.

International dans sa vision du cinéma et donc dans sa sélection, Discovery Zone cultive néanmoins son jardin et maintient une très bonne relation avec le cinéma et les professionnels luxembourgeois, en proposant de nombreuses avant-premières de films grand-ducaux, mais également en ouvrant son QG, le Ratskeller, à des rencontres professionnelles. C’était le cas samedi avec «Meet the Pros».

Il y a entre 650 et 700 professionnels du cinéma au Luxembourg», lance Guy Daleiden, directeur du Fond national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa), en ouverture de «Meet the Pros». Rendez-vous que le Fonspa organise en collaboration avec le CNA dans le cadre du Discovery Zone. «Des gens qui travaillent, qui ont un vrai métier, pas de simples saltimbanques qui s’amusent», ajoute-t-il, pour contrecarrer une vieille image qui colle encore, dans l’esprit de certains, à tout ce qui touche au 7e art.

Ainsi, réalisateurs, producteurs, comédiens, techniciens sont venus, à tour de rôle, face au public, pour se présenter et parler de leurs expériences. «Ce rendez-vous sert à présenter au grand public les différents métiers du cinéma, lance Françoise Lentz, du Fonspa. On présente ainsi les coulisses du 7e art.» Du pain béni pour les curieux et cinéphiles de tout poil. Mais la manifestation est clairement pensée pour les lycéens susceptibles d’être intéressés par une carrière dans le cinéma. D’ailleurs Guy Daleiden n’hésite pas à les taquiner un peu : «Osez, essayez de faire autre chose que les jobs habituels au Luxembourg, que ce soit fonctionnaire – comme moi – prof, avocat ou encore dans la finance.»

Une grande famille en devenir

Un argument qui semble avoir fait mouche. Et l’échange entre professionnels et jeunes gens a été vif pendant près de deux heures. Frank Daubenfeld, lycéen de 18 ans résidant à Leudelange, n’en a pas raté une miette. «Je suis venu pour obtenir des informations sur les universités ou les parcours possibles après le lycée», explique-t-il. Son futur professionnel, il le voit clairement dans le milieu du cinéma, mais jusque-là, il ne savait pas trop vers quelle branche se tourner. «Je n’étais pas trop sûr entre la réalisation et la production, mais désormais je pense vraiment me diriger vers la réalisation.» Il ne sera pas venu pour rien. «J’ai écouté avec beaucoup d’intérêt l’histoire et le parcours des réalisateurs et des autres professionnels. C’est très intéressant car on se perd un peu, surtout qu’on ne parle pas beaucoup des possibilités dans les métiers artistiques au lycée. Là, j’ai pu constater qu’il n’y a pas qu’un seul parcours possible, mais, au contraire, un nombre infini de possibilités.»

Ça peut sembler peu de chose, mais pour la comédienne Vicky Krieps, «c’est très important». Et elle ajoute : «Le milieu du cinéma est un milieu difficile, surtout le métier d’acteur. C’est très dur de trouver sa voie et d’avoir le courage de la suivre. C’est un milieu génial mais aussi vicieux, où il n’y a pas vraiment de règle, pas de structure. Moi, j’aurais aimé que d’autres professionnels me parlent, ne serait-ce que de leur parcours. Car quand j’ai commencé, j’ai dû aller sur Google pour chercher des informations.»

Alors quand on lui a proposé de participer à ce «Meet the Pros» et comme elle était sur place, elle n’a pas hésité. Et tant mieux si elle peut aider ainsi une future concurrente. «Dès que je connais une copine qui joue bien, je dis aux gens d’aller la voir. Dans ce métier, l’égoïsme n’aurait aucun sens. De toute façon une actrice ne peut pas jouer tous les rôles», explique-t-elle avec une sincérité déconcertante.

Comme quoi, au Luxembourg du moins, le cinéma est vraiment une grande famille. Ou du moins il est en train de le devenir.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu

La troisième édition du festival Discovery Zone a magnifiquement réussi son premier week-end, que ce soit au niveau de la programmation ou de la fréquentation. Passage de témoin
De notre journaliste Pablo Chimienti

On dit souvent qu’il faut trois ans à un festival pour s’installer, pour trouver sa voie artistique, ses partenaires fidèles et surtout son public. En d’autres termes, la troisième édition est le premier grand moment de vérité après deux années de balbutiements. Et là, ou ça passe, ou ça casse.

Pour le prédécesseur de Discovery Zone, Dir’Actors, la troisième édition fut la dernière. Le défunt festival n’ayant toujours pas, à l’époque, réussi à se trouver ni une âme, ni un public. Ce qui poussa les responsables politiques à jeter l’éponge. De ses cendres est né Discovery Zone, manifestation qui souffle désormais elle aussi sa troisième bougie et qui a su dans ce même laps de temps non seulement imposer son concept, mais également trouver ses fans.

Les débuts ont pourtant été laborieux. Malgré la qualité intrinsèque de sa programmation, lors de la première édition du festival, un célèbre critique de cinéma grand-ducal, cité à l’époque par Le Quotidien, pestait en ces termes contre le public grand-ducal, en voyant les couloirs vides du ciné Utopia, le week-end de Discovery Zone : «Luxembourg a vraiment besoin d’un festival de cinéma, mais les Luxembourgeois ne le méritent pas.» Mais la sauce avait fini par prendre. Et dès la fin du week-end, le bouche à oreille aidant, les salles avaient commencé à se remplir un peu.

Depuis, la manifestation a su grandir pas à pas. Dès la deuxième édition, le festival est devenu compétitif. Il a su déborder des seules salles et du seul cinéma pour s’imposer dans tout le centre-ville de Luxembourg, avec des rencontres, des expositions, des concerts, etc. Et sans renoncer à ses prétentions artistiques, il a su attirer plus de 11 000 festivaliers à ses différents événements.

Et voilà que pour ces premières journées de festivités de 2013, de nombreuses séances du festival affichent complet. Qu’il s’agisse des sélections pour enfants ou de simples projections de fictions ou de documentaires. Mercredi soir, pour la préouverture, le Ratskeller du Cercle-Cité s’est révélé trop petit pour accueillir tous les amateurs d’art et de mondanités. Jeudi soir, l’espace cocktail de l’Utopolis semblait également trop réduit pour accueillir tous les participants de la soirée d’ouverture.

Acquérir une dimension plus internationale

Des invités, diront certains, mais dès vendredi, le public, le vrai, celui qui accepte de payer pour se laisser embarquer dans la zone, a également bien répondu aux diverses propositions des organisateurs. En soirée, par exemple, la Cinémathèque était bien pleine pour la deuxième projection mondiale – après la Berlinale – de Closed Curtain (Parde), le nouveau film de l’Iranien Jafar Panahi. Et au même moment, il fallait jouer des coudes du côté de l’Utopia pour accéder à l’une des trois projections organisées entre 18 h30 (Naked Opera) et 19 h (Crème fraîche et Chasing Ice).

Pas encore de quoi dire que le festival est victime de son succès, mais ça risque d’arriver bien plus tôt que ce que l’on aurait pu penser au départ. D’autant que les rencontres professionnelles du samedi après-midi ou encore la soirée du samedi soir au Casino Luxembourg ont également attiré un public nombreux. Au Casino, certains spectateurs ont même accepté de rester debout pour découvrir Never Sorry, le documentaire sur l’artiste dissident chinois Ai Weiwei.

Le pari de Discovery Zone est donc bel et bien gagné dès ce premier week-end. Et de nombreux bons films et plusieurs belles rencontres sont encore à venir toute cette semaine.

Reste à lui permettre désormais d’acquérir rapidement une toute autre dimension. Encore plus internationale – pas en ce qui concerne les films présentés – mais dans son public, dans la presse qu’il attire, qui restent tous les deux très grand-ducaux ou «grand-régionaux». Mais cela devra passer par une sensible augmentation du budget alloué à la manifestation. Car avec 300 000 euros seulement par édition, l’équipe peut faire beaucoup – et elle le prouve depuis trois ans – mais certainement pas des miracles.

«Histoires de femmes»

Simone Bär, créatrice de CastingStudio, est l’une des grandes directrices allemandes de casting. Son aura internationale l’a conduite à collaborer à des films prestigieux tels que La Vie des autres et Good Bye Lenine, mais aussi Le Ruban blanc, War Horse ou Inglourious Basterds. Invitée à Luxembourg par Discovery Zone pour un forum sur le casting qui s’est tenu samedi, elle est également membre du jury du festival. Le Quotidien est allé à sa rencontre.

Comment vous êtes-vous retrouvée à faire partie du jury du festival?

Simone Bär : Tout vient de cette idée de faire ce projet “Casting By” qu’ont eue Vicky Krieps et Alexis Juncosa. Vicky, que je connais bien, m’a téléphoné un jour et m’a demandé : “Est-ce que je peux donner ton numéro aux gens du festival pour ce projet?” Il y a quatre mois à peu près, Alexis m’a donc appelée pour me proposer de participer à ce “Casting By”, et j’ai dit oui. Entre autres parce qu’il m’avait été présenté par Vicky. Ensuite on m’a demandé si je voulais bien également faire partie du jury; et me voilà.

Comment trouvez-vous la sélection du festival?

C’est une très bonne sélection, avec des films très différents. On a, dans le jury, quelques favoris, mais pour en arriver là on a d’abord beaucoup discuté de ce qu’est un bon film et ce que représente le cinéma pour chacun de nous.

Et qu’est-ce qu’un bon film pour vous?

Pour moi ce qui fait un bon film c’est son message. Il faut qu’il aille au-delà de la simple réalité ou au-delà de la simple tradition cinématographique. Un autre critère d’un bon film, c’est la nouveauté. Ça peut être dans l’histoire mais aussi au niveau de la mise en scène, de l’image ou bien sûr, du jeu des acteurs. Ou encore d’un mélange de tout ça.

Y a-t-il un sujet qui ressort tout particulièrement de cette sélection?

Oui, il y a beaucoup de films qui racontent des histoires de femmes. C’est assez nouveau et très intéressant.

Avec «Meet the Pros», Discovery Zone donne un coup de pouce au cinéma luxembourgeois de demain.

International dans sa vision du cinéma et donc dans sa sélection, Discovery Zone cultive néanmoins son jardin et maintient une très bonne relation avec le cinéma et les professionnels luxembourgeois, en proposant de nombreuses avant-premières de films grand-ducaux, mais également en ouvrant son QG, le Ratskeller, à des rencontres professionnelles. C’était le cas samedi avec «Meet the Pros».

Il y a entre 650 et 700 professionnels du cinéma au Luxembourg», lance Guy Daleiden, directeur du Fond national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa), en ouverture de «Meet the Pros». Rendez-vous que le Fonspa organise en collaboration avec le CNA dans le cadre du Discovery Zone. «Des gens qui travaillent, qui ont un vrai métier, pas de simples saltimbanques qui s’amusent», ajoute-t-il, pour contrecarrer une vieille image qui colle encore, dans l’esprit de certains, à tout ce qui touche au 7e art.

Ainsi, réalisateurs, producteurs, comédiens, techniciens sont venus, à tour de rôle, face au public, pour se présenter et parler de leurs expériences. «Ce rendez-vous sert à présenter au grand public les différents métiers du cinéma, lance Françoise Lentz, du Fonspa. On présente ainsi les coulisses du 7e art.» Du pain béni pour les curieux et cinéphiles de tout poil. Mais la manifestation est clairement pensée pour les lycéens susceptibles d’être intéressés par une carrière dans le cinéma. D’ailleurs Guy Daleiden n’hésite pas à les taquiner un peu : «Osez, essayez de faire autre chose que les jobs habituels au Luxembourg, que ce soit fonctionnaire – comme moi – prof, avocat ou encore dans la finance.»

Une grande famille en devenir

Un argument qui semble avoir fait mouche. Et l’échange entre professionnels et jeunes gens a été vif pendant près de deux heures. Frank Daubenfeld, lycéen de 18 ans résidant à Leudelange, n’en a pas raté une miette. «Je suis venu pour obtenir des informations sur les universités ou les parcours possibles après le lycée», explique-t-il. Son futur professionnel, il le voit clairement dans le milieu du cinéma, mais jusque-là, il ne savait pas trop vers quelle branche se tourner. «Je n’étais pas trop sûr entre la réalisation et la production, mais désormais je pense vraiment me diriger vers la réalisation.» Il ne sera pas venu pour rien. «J’ai écouté avec beaucoup d’intérêt l’histoire et le parcours des réalisateurs et des autres professionnels. C’est très intéressant car on se perd un peu, surtout qu’on ne parle pas beaucoup des possibilités dans les métiers artistiques au lycée. Là, j’ai pu constater qu’il n’y a pas qu’un seul parcours possible, mais, au contraire, un nombre infini de possibilités.»

Ça peut sembler peu de chose, mais pour la comédienne Vicky Krieps, «c’est très important». Et elle ajoute : «Le milieu du cinéma est un milieu difficile, surtout le métier d’acteur. C’est très dur de trouver sa voie et d’avoir le courage de la suivre. C’est un milieu génial mais aussi vicieux, où il n’y a pas vraiment de règle, pas de structure. Moi, j’aurais aimé que d’autres professionnels me parlent, ne serait-ce que de leur parcours. Car quand j’ai commencé, j’ai dû aller sur Google pour chercher des informations.»

Alors quand on lui a proposé de participer à ce «Meet the Pros» et comme elle était sur place, elle n’a pas hésité. Et tant mieux si elle peut aider ainsi une future concurrente. «Dès que je connais une copine qui joue bien, je dis aux gens d’aller la voir. Dans ce métier, l’égoïsme n’aurait aucun sens. De toute façon une actrice ne peut pas jouer tous les rôles», explique-t-elle avec une sincérité déconcertante.

Comme quoi, au Luxembourg du moins, le cinéma est vraiment une grande famille. Ou du moins il est en train de le devenir.

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