Sep 20 2007

Entrée d’Artistes

Published by at 07:35 under Misc. Luxembourg

ENTREE D´ARTISTES
ab dem 21. September am Kino

bausch

“ENTREE D´ARTISTES – Swing, Musetten a Fuesmusik“, un documentaire d’Andy Bausch sur
le jazz, le swing et la musique de danse au Luxembourg entre les années 1920 et les années 1960. Les 1ers orchestres à la foire, à l’Alfa, à l’International ;  le jazz, musique de « nègres » interdite pendant l’Occupation par les nazis ; la Grande époque de l’Apollo et du Pôle-Nord pour les Américains ; la fête dans les cabarets… jusqu’à la disparition des orchestres.
Images d´archive, interviews, photos et scènes reconstituées…  composent ce film consacré à des musiciens luxembourgeois devenus légendaires : Tommy Dallimore, Andy Felten, Johnny Glesener, Jean Roderes, Johnny Nimax, Camille Back, Jhempi Faust…

http://www.andybausch.com 

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ENTREE D´ARTISTES
ab dem 21. September am Kino

bausch

“ENTREE D´ARTISTES – Swing, Musetten a Fuesmusik“, un documentaire d’Andy Bausch sur
le jazz, le swing et la musique de danse au Luxembourg entre les années 1920 et les années 1960. Les 1ers orchestres à la foire, à l’Alfa, à l’International ;  le jazz, musique de « nègres » interdite pendant l’Occupation par les nazis ; la Grande époque de l’Apollo et du Pôle-Nord pour les Américains ; la fête dans les cabarets… jusqu’à la disparition des orchestres.
Images d´archive, interviews, photos et scènes reconstituées…  composent ce film consacré à des musiciens luxembourgeois devenus légendaires : Tommy Dallimore, Andy Felten, Johnny Glesener, Jean Roderes, Johnny Nimax, Camille Back, Jhempi Faust…

http://www.andybausch.com 

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3 responses so far

3 Responses to “Entrée d’Artistes”

  1. filmreakteron 20 Sep 2007 at 07:36

    directeur de la photo: Carlo Thiel; montage: Isabel Reis; son: Philippe Kohn,Carlo Thoss; mixage: Raoul Nadalet; commentaire: Germain Wagner; directeur de production: Brigitte Kerger-Santos; realisateur:Andy Bausch

  2. filmreakteron 29 Sep 2007 at 09:43

    DE Loïc Tanson
    http://www.jeudi.lu

    Voyage dans le temps du swing

    Saxophones qui vibrent, trompettes qui résonnent, contrebasses qui crépitent et batteries qui tonnent: des années 1920 au début des années 1960, çà swinguait au Luxembourg! De l’autre côté de l’Atlantique, une comédie à l’américaine est en phase de devenir culte là-bas, alors qu’ici elle a du mal à décoller.

    Après une année prolifique en 2006 avec la sortie de son dernier film de fiction en date (Deepfrozen) et sa récente expédition dans le domaine du documentaire en retraçant la vie du chanteur Guy Theisen dans Leslie Kent, Andy Bausch demeure fidèle à lui-même dans Entrée d’artistes: vu Swing, Musetten a Fuesmusek.
    Reprenant tour à tour les débuts des divers protagonistes de la scène musicale luxembourgeoise, le voyage dans le temps que propose Andy Bausch tente de faire revivre la montée et le déclin du swing, du jazz et de la musique populaire. De Johnny Glesener à Camille Back en passant par Andy Felten et Tom Dallimore, Bausch survole une par une les vies de ces crooners, saltimbanques et musiciens dans l’âme qui auront fait trembler les murs de l’Appollo, du Pôle Nord et du Charlie’s et qui auront enflammé les nuits de la «Schueberfouer».
    Faute de pénétrer cette manière d’être et la vie d’artiste, le spectateur a tendance à se retrouver simple témoin de nombre d’anecdotes racontées par les survivants. Alors que leurs histoires, emplies de nostalgie, sur l’occupation allemande et l’après-guerre, font revivre une période en pleine évolution musicale ainsi qu’une vie nocturne remuante, le film distille les informations de fond au compte-gouttes.
    En choisissant de diviser le documentaire en plusieurs parties inégales, au niveau du contenu et de la durée, qui comptent chacune la vie des divers musiciens, Bausch tente une approche didactique qui coupe le souffle à son film. Doté d’une voix off saccadée, le film est parsemé de scènes d’époque recréées.
    Si quelques-unes de celles-ci arrivent à faire passer l’ambiance, la plupart paraissent plutôt maladroites et comiques. Les images d’archives, de leur côté, réenclenchent ici et là cet aspect de voyage dans un temps depuis longtemps révolu.
    Au fil des 80 minutes du film, ce sera surtout la sympathie pour les divers intervenants et papys du swing qui emportera le spectateur. L’enthousiasme qui fait encore vibrer aujourd’hui ces fous du jazz éclate de façon étincelante sur la toile argentée.
    Reflétant ainsi plus un état d’esprit et une manière de vivre qu’une période historique donnée, Entrée d’artistes régalera en premier lieu la génération qui a connu cette époque où la musique était l’art du divertissement qui prédominait dans la vie de tous les jours.

    Valeurs américaines

    Dans un tout autre registre, Knocked Up annonce la montée en force dans les rangs de la comédie américaine (et du box-office) d’une nouvelle génération de comédiens à l’humour revisité. Sous l’égide du producteur-scénariste-réalisateur, Judd Apatow, la comédie connaît une certaine renaissance outre-Atlantique. Le film a engrangé la modique somme de 150 millions de dollars au niveau national.
    Tout comme la génération antérieure de comiques, la bande à Stiller (Owen Wilson, Will Ferell, Vince Vaughn…), les films d’Apotow sont très ancrés dans les traditions et la culture américaines. S’ils n’hésitent pas à les tourner en dérision, ils arrivent cependant, de façon désespérée parfois, à redresser le tir avant la fin du film afin de rester malgré tout fidèles aux valeurs américaines.
    Après l’étonnant succès de 40 Year Old Virgin, Apatow s’attaque à un autre cliché de l’Amérique profonde. En racontant sa version de la Belle et la Bête, disons plutôt de la belle jeune femme qui veut faire carrière et qui par un faux pas des plus embarrassants se retrouve en cloque après une nuit arrosée et torride passée avec un glandeur de première sans charme apparent, Apatow reste dans la lignée de thèmes abordés dans ses précédents films.
    Tout aussi incroyable que les diverses péripéties vécues par Steve Carrell dans 40 Year Old Virgin, la décision de la jeune et jolie Alison (Katherine Heigl, connue pour son rôle dans la série TV Grey’s Anatomy) de prendre ses responsabilités et de tout faire pour donner à son futur bébé un avenir commun avec un fiancé plus que dépassé par les événements, relève du pur conte de fées…
    Des amis irresponsables souffrant de manière aiguë du syndrome de Peter Pan, qui passent leur journée à fumer de l’herbe et à concevoir une idée pour un site internet dédié aux apparitions nues de diverses actrices hollywoodiennes, à la petite vie de famille pas si parfaite de la sœur d’Alison, Knocked Up ne réinvente certainement pas le genre. Mais en élevant un tantinet le niveau d’ American Pie, tout en restant dans une logique similaire, Apatow semble avoir trouvé une recette qui se révèle des plus probantes.
    L’Amérique semble surfer sur la vague Apatow, mais la vieille Europe a du mal avec ce genre de comédie longue de 130 minutes qui a certainement des moments drôles et comiques, mais qui est loin d’avoir le même impact que les frères Farelly à leurs débuts, avant de sombrer dans l’anonymat. Avec une ribambelle de jeunes acteurs et de comédiens issus du fameux Saturday Night Live, Apatow s’est entouré d’une troupe que l’on reverra indubitablement et rapidement sur les grands écrans.
    En effet, Apatow ne se repose pas sur ses lauriers et son dernier projet (Superbad), dont il est le producteur, a lui aussi fait ses preuves au box-office américain avec des recettes cumulées qui ont dépassé la barre magique des 100 millions de dollars.
    Reste à voir si cette euphorie va durer ou si les Seth Rogan et Jonah Hill (acteurs principaux de Knocked Up et Superbad respectivement) resteront tout aussi ignorés par les spectateurs de cinéma que ne l’est Will Ferell (du moment qu’il ne tourne pas avec Woody Allen).

    Voyage dans le temps du swing
    Mise à jour: 27/09/2007 18:06:28

    Saxophones qui vibrent, trompettes qui résonnent, contrebasses qui crépitent et batteries qui tonnent: des années 1920 au début des années 1960, çà swinguait au Luxembourg! De l’autre côté de l’Atlantique, une comédie à l’américaine est en phase de devenir culte là-bas, alors qu’ici elle a du mal à décoller.
    Loïc Tanson

    Après une année prolifique en 2006 avec la sortie de son dernier film de fiction en date (Deepfrozen) et sa récente expédition dans le domaine du documentaire en retraçant la vie du chanteur Guy Theisen dans Leslie Kent, Andy Bausch demeure fidèle à lui-même dans Entrée d’artistes: vu Swing, Musetten a Fuesmusek.
    Reprenant tour à tour les débuts des divers protagonistes de la scène musicale luxembourgeoise, le voyage dans le temps que propose Andy Bausch tente de faire revivre la montée et le déclin du swing, du jazz et de la musique populaire. De Johnny Glesener à Camille Back en passant par Andy Felten et Tom Dallimore, Bausch survole une par une les vies de ces crooners, saltimbanques et musiciens dans l’âme qui auront fait trembler les murs de l’Appollo, du Pôle Nord et du Charlie’s et qui auront enflammé les nuits de la «Schueberfouer».
    Faute de pénétrer cette manière d’être et la vie d’artiste, le spectateur a tendance à se retrouver simple témoin de nombre d’anecdotes racontées par les survivants. Alors que leurs histoires, emplies de nostalgie, sur l’occupation allemande et l’après-guerre, font revivre une période en pleine évolution musicale ainsi qu’une vie nocturne remuante, le film distille les informations de fond au compte-gouttes.
    En choisissant de diviser le documentaire en plusieurs parties inégales, au niveau du contenu et de la durée, qui comptent chacune la vie des divers musiciens, Bausch tente une approche didactique qui coupe le souffle à son film. Doté d’une voix off saccadée, le film est parsemé de scènes d’époque recréées.
    Si quelques-unes de celles-ci arrivent à faire passer l’ambiance, la plupart paraissent plutôt maladroites et comiques. Les images d’archives, de leur côté, réenclenchent ici et là cet aspect de voyage dans un temps depuis longtemps révolu.
    Au fil des 80 minutes du film, ce sera surtout la sympathie pour les divers intervenants et papys du swing qui emportera le spectateur. L’enthousiasme qui fait encore vibrer aujourd’hui ces fous du jazz éclate de façon étincelante sur la toile argentée.
    Reflétant ainsi plus un état d’esprit et une manière de vivre qu’une période historique donnée, Entrée d’artistes régalera en premier lieu la génération qui a connu cette époque où la musique était l’art du divertissement qui prédominait dans la vie de tous les jours.

    Valeurs américaines

    Dans un tout autre registre, Knocked Up annonce la montée en force dans les rangs de la comédie américaine (et du box-office) d’une nouvelle génération de comédiens à l’humour revisité. Sous l’égide du producteur-scénariste-réalisateur, Judd Apatow, la comédie connaît une certaine renaissance outre-Atlantique. Le film a engrangé la modique somme de 150 millions de dollars au niveau national.
    Tout comme la génération antérieure de comiques, la bande à Stiller (Owen Wilson, Will Ferell, Vince Vaughn…), les films d’Apotow sont très ancrés dans les traditions et la culture américaines. S’ils n’hésitent pas à les tourner en dérision, ils arrivent cependant, de façon désespérée parfois, à redresser le tir avant la fin du film afin de rester malgré tout fidèles aux valeurs américaines.
    Après l’étonnant succès de 40 Year Old Virgin, Apatow s’attaque à un autre cliché de l’Amérique profonde. En racontant sa version de la Belle et la Bête, disons plutôt de la belle jeune femme qui veut faire carrière et qui par un faux pas des plus embarrassants se retrouve en cloque après une nuit arrosée et torride passée avec un glandeur de première sans charme apparent, Apatow reste dans la lignée de thèmes abordés dans ses précédents films.
    Tout aussi incroyable que les diverses péripéties vécues par Steve Carrell dans 40 Year Old Virgin, la décision de la jeune et jolie Alison (Katherine Heigl, connue pour son rôle dans la série TV Grey’s Anatomy) de prendre ses responsabilités et de tout faire pour donner à son futur bébé un avenir commun avec un fiancé plus que dépassé par les événements, relève du pur conte de fées…
    Des amis irresponsables souffrant de manière aiguë du syndrome de Peter Pan, qui passent leur journée à fumer de l’herbe et à concevoir une idée pour un site internet dédié aux apparitions nues de diverses actrices hollywoodiennes, à la petite vie de famille pas si parfaite de la sœur d’Alison, Knocked Up ne réinvente certainement pas le genre. Mais en élevant un tantinet le niveau d’ American Pie, tout en restant dans une logique similaire, Apatow semble avoir trouvé une recette qui se révèle des plus probantes.
    L’Amérique semble surfer sur la vague Apatow, mais la vieille Europe a du mal avec ce genre de comédie longue de 130 minutes qui a certainement des moments drôles et comiques, mais qui est loin d’avoir le même impact que les frères Farelly à leurs débuts, avant de sombrer dans l’anonymat. Avec une ribambelle de jeunes acteurs et de comédiens issus du fameux Saturday Night Live, Apatow s’est entouré d’une troupe que l’on reverra indubitablement et rapidement sur les grands écrans.
    En effet, Apatow ne se repose pas sur ses lauriers et son dernier projet (Superbad), dont il est le producteur, a lui aussi fait ses preuves au box-office américain avec des recettes cumulées qui ont dépassé la barre magique des 100 millions de dollars.
    Reste à voir si cette euphorie va durer ou si les Seth Rogan et Jonah Hill (acteurs principaux de Knocked Up et Superbad respectivement) resteront tout aussi ignorés par les spectateurs de cinéma que ne l’est Will Ferell (du moment qu’il ne tourne pas avec Woody Allen).

  3. filmreakteron 02 Oct 2007 at 07:40

    http://www.land.lu
    DE josée hansen

    Films made in Luxembourg

    28 septembre 2007
    Les mercenaires de l’amusement

    Avec Entrée d’artistes, Andy Bausch poursuit
    son historiographie dédiée aux pionniers des cultures populaires au Luxembourg

    Andy Felten a dû terminer son concert à la Schueberfouer le soir même où son fils et sa femme sont morts dans un accident de voiture. Ce soir-là, le saxophoniste, racontent les témoins, jouait en pleurant. Souvent, ces musiciens, obligés de gagner leur croûte, se faisaient exploiter sans vergogne par les patrons des bars et dancing qui les engagaient.Ainsi, Fausti Cima, alors un des meilleurs batteurs du pays, connu pour ses soli d’une vingtaine de minutes, a joué durant deux ans et demi d’affilée, sans un seul jour de congé – même pas le jour de ses noces. Enfant déjà, il jouait l’accordéon durant des heures, jusqu’au sang, «mais je gagnais de l’argent! Le soir, je ramenais 950 francs ou 750 francs à ma mère,» raconte-t-il. Et que «lorsqu’on devait gagner son bifteck avec la musique, il fallait savoir ce qui plaisait aux gens.» C’est un peu le drame de l’excellent musicien Fausti Cima, qui reste dans la mémoire collective comme le boute-en-train des studios Linster et bals populaires, alors qu’il fut un musicien hors pair, professionnel avant l’heure.
    Jeudi dernier, Andy Bausch a présenté son nouveau documentaire Entrée d’artistes – Swing, Musetten a Fuesmusik en avant-première à l’Utopia ; le film est actuellement programmé au Limpertsberg. Suite logique des opus précédents consacrés aux pionniers des cultures populaires au Luxem­bourg – Thés dansants, consacré au rock’n’roll des années 1960 (1993), Monsieur Warum sur Camillo Felgen et RTL Radio Luxembourg (2004) et, l’année dernière, Leslie Kent sur Guy Theisen et les rockeurs post-sixties – Entrée d’artistes remonte davantage dans le temps, aux années 1920 à 1960 et se consacre à l’arrivée du jazz et du swing au Luxembourg, à ces décennies avant, durant et après la deuxième guerre mondiale, où les gens voulaient danser malgré la crise, malgré la guerre ou avec les héros américains qui les avaient libérés.
    Partout au grand-duché, lors de kermesses dans les villages qui duraient plusieurs jours, à la Schueberfouer ou dans les grands hôtels comme l’Alfa ou le Pôle Nord, des orchestres et fanfares jouaient les standards de la musique venue d’Amérique ou d’Angleterre et que, faute de disques ou de notes, ils avaient transcrits devant leur poste de radio et adaptés pour les instruments de leur formation. L’Anglais Tom Dallimore, venu au Luxem­bourg en 1932 avec l’orchestre du juif allemand Efim Schach­meister qui fuyait les nazis, et resté pour refaire sa vie ici, était le musicien le plus célèbre de l’époque. Puis suivirent Andy Felten, premier musicien professionnel, Johnny Glesener, Johnny Horne ou encore Jean Rode­res. La présence de RTL au grand-duché était pour beaucoup d’entre eux une aubaine, car la radio offrait des possibilités de jouer et donc une source de revenu non-négligeable.
    Structuré assez rigidement (parfois trop) en chapitres mêlant éléments chronologiques et biographiques, Entrée d’artistes est un film très didactique et instructif. Confronté au manque de matériel historique, notamment images animées et musique, Andy Bausch a recours aux techniques déjà utilisées dans ses documentaires précédents – scènes rejouées par des acteurs, animation de photos, incrustations et superpositions –, techniques qu’il maîtrise désormais à tel point que cela fonctionne ici, que le flux n’est pas interrompu. La majeure partie toutefois du documentaire est constituée de témoignages de musiciens que le cinéaste a retrouvés dans les maisons de retraite. Tous sont aujourd’hui de vieux messieurs respectables, les anecdotes et coups qu’ils racontent n’en deviennent que plus succulents.
    Fait nouveau : Andy Bausch n’a plus peur du politique. Il n’exclut pas la période de la guerre de son récit, mais raconte comment les uns se sont arrangés avec les Allemands pour quand même jouer à la radio, occupée, ou lors de fêtes. Et comment Tom Dallimore par exemple, qui, en tant qu’Anglais était interdit de jouer et forcé de travailler comme garçon de ferme pour vivre, le leur reprochait après la guerre. Il raconte aussi, avec une certaine mélancolie, comment ces élégants musiciens en costumes, aux cheveux gominés et aux fines moustaches à la Clark Gable, dont la musique fut répudiée comme « musique de nègres » dans les années 1920, qui furent adulés durant les années 1930 et que toutes les filles couraient après la guerre, perdirent peu à peu pied dès les années 1950.
    Avec l’arrivée des juke-box et la généralisation de la radio et de la télévision, ils devenaient de plus en plus superflus dans les cafés. Les gens sortaient moins, les clients venaient à manquer et les orchestres se retiraient dans le milieu interlope, surtout les cabarets, comme le Chez nous ou le Charly’s. Beaucoup de ces musiciens n’avaient jamais cotisé aux caisses sociales ou de retraite et se retrouvaient réduits à une existence plus que modeste. Andy Bausch rend cette déchéance palpable.
    Les années 1960 étaient aussi les années de la montée du rock’n’roll au Luxembourg, celles d’un changement d’ère. Entrée d’artistes raconte cette éternelle confrontation des anciens et des modernes, comment ces pionniers ne « comprenaient plus » la musique des jeunes d’alors. Un moment d’anthologie du film est lorsque plusieurs témoins, dont l’enthousiaste Fausti Cima – qu’on n’a jamais connu aussi brillant et vif – racontent (enfin !) le mythique passage de Jimmy Hendrix au Luxembourg. C’était en 1967 au Charly’s, après son passage chez RTL : Après le premier étonnement de l’assistance que quelqu’on ose monter l’amplificateur à dix, joue sa guitare avec les dents ou couché par terre, le public prenait la fuite jusqu’à ce que, deux morceaux plus tard, le patron du cabaret lui coupe simplement le jus.

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