Mar 24 2015

“Les sans-abris sont peu évoqués au Luxembourg”

Published by at 04:58 under Misc. Luxembourg

SOURCE: http://www.wort.lu

Mardi 24 mars, le film “Blind Spot” sera présenté pour la première fois (sur invitation uniquement), en attendant une projection publique.

Ce film documentaire a été tourné par des lycéens sur la vie de sans-abris au Luxembourg et réalisé par Claude Lahr, personnalité connue dans le monde du film documentaire.

Comment ce projet vous a-t-il été présenté?

C’est par l’intermédiaire de la Fondation Thierry van Verwecke, qui soutient ce film avec le Service National de la Jeunesse, que j’ai rejoint ce projet. Ils m’ont demandé si je souhaité en assurer la supervision. La dimension pédagogique m’intéressait et je ne m’étais jamais retrouvé dans ce type de configuration: expliquer comment il faut s’y prendre. Cette approche pédagogique me plaisait mais je n’ai jamais été impliqué dans un contexte de formation. Donc de ce point de vue-là c’était très intéressant aussi. Sachant qu’il fallait aussi respecter la vision des choses de ces jeunes, il ne s’agit pas pour moi d’un projet personnel.

Qu’avez-vous pensé de la démarche?

Le sujet n’est pas banal! Au Grand-Duché, le sujet des sans-abris est peu évoqué. Pour moi c’était aussi une première sur ce point.

Quels ont été les aspects les plus inhabituels de ce tournage?

L’une des difficultés a été de trouver des plages horaires pour tourner avec les jeunes; il fallait trouver des créneaux parmi les heures de cours. C’est aussi pour cette raison qu’il a fallu deux ans pour y arriver. Là où on prévoit habituellement quatre à cinq jours de tournage, il était nécessaire de s’organiser pour tourner deux ou trois heures par-ci, par-là.

Et nous nous sommes organisés par groupes: un responsable des biographies des intervenants du film, un responsable du tournage, image et son, un qui devait s’occuper de la dramaturgie, du “fil rouge” comme nous l’avions appelé et enfin un groupe pour le montage. Mais c’est un aspect technique et plus fastidieux qu’il est compliqué de faire à plusieurs de façon morcelée.

Au-delà du projet cinématographique, tous les jeunes ont pu remettre en question leurs préjugés. Ils tenaient à rendre compte de l’impact que ce projet avait eu sur eux. On a filmé aussi une discussion où la situation est inversée: ce sont les sans-abris qui interrogent les lycéens.

Concernant la diffusion de ce film, comment s’organise-t-elle, quel est votre avis à ce propos?

“Blind Spot” est avant tout un outil pédagogique qui sera diffusé dans les classes. Il sera aussi mis en ligne sur le site internet du lycée après avoir été présenté une première fois mardi, puis normalement lors d’une séance publique qui devrait se tenir à la Cinémathèque. C’est en train de s’organiser.

Que gardez-vous de cette expérience?

Un film documentaire est toujours une expérience, puisqu’on est amené à être dans l’intimité des gens, on côtoie le réel. On est toujours confronté à des situations. Ici les intervenants du film sont des sans-abris, ils ont tous un destin différent, on est obligé de se dire qu’il n’existe pas de règle ou de situation qui font que l’on se retrouve à la rue…

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant la première qui aura lieu mardi?

C’est toujours le stress avant une première! Nous terminons actuellement les sous-titrages. Les élèves préparent un bac international, ils sont majoritairement francophones, mais certaines interviews sont en anglais, d’autres en luxembourgeois et le souhait est que ce film soit accessible au plus grand nombre. Après notre entretien, je repars à Eisenborn en espérant pouvoir terminer le sous-titrage aujourd’hui. A la veille d’une première, on craint toujours un imprévu, un problème technique…

Propos recueillis par Anne Fourney

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SOURCE: http://www.wort.lu

Mardi 24 mars, le film “Blind Spot” sera présenté pour la première fois (sur invitation uniquement), en attendant une projection publique.

Ce film documentaire a été tourné par des lycéens sur la vie de sans-abris au Luxembourg et réalisé par Claude Lahr, personnalité connue dans le monde du film documentaire.

Comment ce projet vous a-t-il été présenté?

C’est par l’intermédiaire de la Fondation Thierry van Verwecke, qui soutient ce film avec le Service National de la Jeunesse, que j’ai rejoint ce projet. Ils m’ont demandé si je souhaité en assurer la supervision. La dimension pédagogique m’intéressait et je ne m’étais jamais retrouvé dans ce type de configuration: expliquer comment il faut s’y prendre. Cette approche pédagogique me plaisait mais je n’ai jamais été impliqué dans un contexte de formation. Donc de ce point de vue-là c’était très intéressant aussi. Sachant qu’il fallait aussi respecter la vision des choses de ces jeunes, il ne s’agit pas pour moi d’un projet personnel.

Qu’avez-vous pensé de la démarche?

Le sujet n’est pas banal! Au Grand-Duché, le sujet des sans-abris est peu évoqué. Pour moi c’était aussi une première sur ce point.

Quels ont été les aspects les plus inhabituels de ce tournage?

L’une des difficultés a été de trouver des plages horaires pour tourner avec les jeunes; il fallait trouver des créneaux parmi les heures de cours. C’est aussi pour cette raison qu’il a fallu deux ans pour y arriver. Là où on prévoit habituellement quatre à cinq jours de tournage, il était nécessaire de s’organiser pour tourner deux ou trois heures par-ci, par-là.

Et nous nous sommes organisés par groupes: un responsable des biographies des intervenants du film, un responsable du tournage, image et son, un qui devait s’occuper de la dramaturgie, du “fil rouge” comme nous l’avions appelé et enfin un groupe pour le montage. Mais c’est un aspect technique et plus fastidieux qu’il est compliqué de faire à plusieurs de façon morcelée.

Au-delà du projet cinématographique, tous les jeunes ont pu remettre en question leurs préjugés. Ils tenaient à rendre compte de l’impact que ce projet avait eu sur eux. On a filmé aussi une discussion où la situation est inversée: ce sont les sans-abris qui interrogent les lycéens.

Concernant la diffusion de ce film, comment s’organise-t-elle, quel est votre avis à ce propos?

“Blind Spot” est avant tout un outil pédagogique qui sera diffusé dans les classes. Il sera aussi mis en ligne sur le site internet du lycée après avoir été présenté une première fois mardi, puis normalement lors d’une séance publique qui devrait se tenir à la Cinémathèque. C’est en train de s’organiser.

Que gardez-vous de cette expérience?

Un film documentaire est toujours une expérience, puisqu’on est amené à être dans l’intimité des gens, on côtoie le réel. On est toujours confronté à des situations. Ici les intervenants du film sont des sans-abris, ils ont tous un destin différent, on est obligé de se dire qu’il n’existe pas de règle ou de situation qui font que l’on se retrouve à la rue…

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant la première qui aura lieu mardi?

C’est toujours le stress avant une première! Nous terminons actuellement les sous-titrages. Les élèves préparent un bac international, ils sont majoritairement francophones, mais certaines interviews sont en anglais, d’autres en luxembourgeois et le souhait est que ce film soit accessible au plus grand nombre. Après notre entretien, je repars à Eisenborn en espérant pouvoir terminer le sous-titrage aujourd’hui. A la veille d’une première, on craint toujours un imprévu, un problème technique…

Propos recueillis par Anne Fourney

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