Nov 28 2007

Lëtzebuerger Film am Journal

Published by at 11:52 under Misc. Luxembourg

Am Journal vun haut 28/11/07 ass en Artikel iwwer den Lëtzebuerger Film zefannen. En plus fënnt een en Interview mam Guy Daleiden, Direkter vum Lëtzebuerger Filmfong.journal

Den Interview fënnt een hei am Comment:

Interview mit Guy Daleiden, Präsident des Organisationskomitees des Lux. Filmpreises und Direktor der nationalen Filmförderung: Filmpreis, die Dritte…

Le cinéma luxembourgeois résolument européenlogo_print logo_send

Par Florence Reinson, publié le 28.05.2004 – PAPERJAM

Le pays a réussi à se forger une petite place dans le métier, mais la concurrence est rude. La Belgique, elle aussi, dispose désormais d’un système de tax shelter…

Le cinéma luxembourgeois a réellement commencé à se développer il y a à peine quinze ans, lorsque les deux lois sur son financement ont été votées. Aujourd’hui, 450 personnes vivent de la production audiovisuelle au Luxembourg et une dizaine de longs-métrages y sont produits chaque année.

L’an dernier, pour la première fois, les productions luxembourgeoises ont été récompensées grâce à la création, par le gouvernement, du Filmpräis qui devait, au départ, se tenir tous les ans et qui, finalement aura lieu tous les deux ans.

Un hommage à une profession pas toujours facile à exercer dans un petit pays qui a eu des difficultés à se faire prendre au sérieux par ses voisins.

“Au niveau de l’ULPA, l’Union luxembourgeoise de la production audiovisuelle, nous avions plaidé dès le départ pour un Filmpräis tous les deux ou trois ans. D’abord, parce qu’il n’y a pas assez de films, tout simplement. Ensuite, je crois que le fonds de soutien a travaillé très durement sur le projet et qu’il n’a ni les finances ni les gens pour faire cela chaque année”, estime Claude Waringo, producteur chez Samsa Film. Un avis que partage Jimmy de Brabant, Managing director de Delux productions. Et, les deux hommes trouvent tout à fait normal qu’un pays récompense le travail audiovisuel qui y est fait.

“Avoir un prix au Luxembourg, je crois que c’est important pour communiquer d’abord au Luxembourg, à défaut de vraiment communiquer vers l’extérieur. Si la production en général a plutôt bonne presse au Grand-Duché, il reste quand même à convaincre certains politiciens ou partis au Luxembourg pour qu’ils voient et qu’ils sachent aussi ce qui se fait à ce niveau dans le pays”, estime M. Waringo.

Le marché luxembourgeois étant limité et les télévisions nationales n’investissant pas dans la production, très peu de films sont tournés en luxembourgeois. D’ailleurs, les producteurs installés dans le pays ne parlent pas forcément la langue. Peut-on dire dès lors qu’il existe un cinéma luxembourgeois? “Non, j’ai pas envie que ça existe, tranche M. Waringo. Je crois que le cinéma luxembourgeois est né 50 ans après les autres et ce serait une connerie de dire qu’en 10 ans, on a trouvé notre chemin personnel luxo-luxembourgeois. Ce n’est pas vrai. Nous faisons du cinéma strictement européen. Je crois que l’on vit vraiment dans l’ère européenne et il faut faire des films pour l’Europe, pas seulement pour le Luxembourg, et espérer qu’ils puissent voyager. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas traiter de sujets luxembourgeois”.

Un discours que le ministre chargé des Communications, François Biltgen, préfère tempérer, estimant que le cinéma national existe bel et bien, “même s’il est réalisé en coproduction. Ce sont les histoires originales issues de la vie et du patrimoine socio-culturel national qui font réellement défaut. Ce sont ces projets là que nous voulons soutenir et nous leurs accordons une attention particulière comme ce fut le cas avec les ‘chômeurs’. Plusieurs scénarii bien de chez nous sont en cours d’élaboration’. Et de citer en exemple Perl oder Pica, de Pol Cruchten, basé sur le roman de Jemp Hoscheit. “Néanmoins, nous ne pouvons financer les productions à 100%, regrette le ministre. Pour ce faire, nos budgets devraient être au moins quadruplés”.

Jimmy de Brabant, lui, se pose encore la question de savoir ce qu’est, à proprement parler, un scénario luxembourgeois ou un scénario anglais, qui s’attacherait à la culture et la langue du pays. “Je ne sais pas comment je financerais un film en luxembourgeois, note-t-il. Pour moi, le Luxembourg, c’est très international et cela l’a toujours été. Peut-on parler de cinéma luxembourgeois ? Peut-être, parce que il y a des productions. Moi, j’ai deux projets avec deux metteurs en scène luxembourgeois, mais les deux se tourneront en anglais et ce ne sont pas des sujets luxembourgeois”.

Si M. de Brabant affiche clairement les raisons qui font qu’il y a peu de films en luxembourgeois, Claude Waringo est convaincu que “cela va venir” et assure que ce n’est pas qu’une question de financement. “C’est aussi un problème de réalisateurs et de scénaristes. Aujourd’hui, je ne dis pas que c’est gagné au niveau de la production, mais si on fait encore quelques changements, on pourra simplement dire: voilà, on les attend nos jeunes”.

Le cinéma “luxembourgeois” se démarque par sa professionnalisation, ce qui était loin d’être le cas il y a quelques années encore. “Sur le plan ‘petite industrie’, je trouve qu’il y a une excellente base, d’excellents techniciens, il y a un potentiel ici qui est réel, qui a grandi assez rapidement et qui va rester à peu près ce qu’il est aujourd’hui. Il est à la taille du pays et est déjà plus important que d’autres pays européens. Il y a une vraie situation locale sur le terrain et c’est à nous (l’industrie de production, NDLR) de la maintenir et de la faire vivre”, souligne M. de Brabant.

Si les compétences techniques existent au Grand-Duché, cela ne suffit pas pour pouvoir parler de marché”. Quand on parle long-métrage, coproductions internationales, le territoire luxembourgeois ne vaut rien pour la simple raison qu’il n’y a pas assez d’habitants au Luxembourg”, conclut Claude Waringo. “Ce qui ne veut pas dire que le marché luxembourgeois au niveau de la production luxembourgeoise ne vaut rien, au contraire. Je crois qu’aujourd’hui, on est de plus en plus accepté par les grands pays qui nous entourent, comme un partenaire possible, parce qu’au début ce n’était même pas imaginable dans leur tête. Depuis 15 ans, on a bien réussi à mettre le Luxembourg sur la carte européenne de l’audiovisuel’, insiste-t-il. Et c’est, en partie, grâce aux deux lois qui financent le cinéma que le pays a pu y parvenir, indique encore le producteur.

Le 13 décembre 1988 a été instaurée la loi sur les certificats d’investissement audiovisuels (dite loi “tax shelter”), un financement qui représente, au plus, 25% du budget total, si on tourne tout le film au Luxembourg. Une autre loi, mise en place le 11 avril 1990, a créé le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle. Ce second outil permet de soutenir, par un mécanisme d’avances sur recettes, notamment, la production, la coproduction et la distribution des oeuvres d’origine luxembourgeoise.

Le tax shelter luxembourgeois copié

Jimmy de Brabant pense qu’il s’agit là d’un système “qui fonctionne extrêmement bien, qui a fait ses preuves et est probablement celui qui dure depuis le plus longtemps en Europe. Il y a d’autres pays qui ont mis en place des aides et qui les ont abandonnées parce que leur système n’était pas assez bien structuré. Le mécanisme luxembourgeois est un des meilleurs en Europe, si ce n’est le meilleur”, affirme-t-il.

C’est grâce à ce système de tax shelter, que de nombreux producteurs étrangers choisissent de venir coproduire des films au Grand-Duché. M. de Brabant assure que les coproductions ne sont pas l’apanage du Luxembourg. “On a tous besoin de coproductions, indispensables pour pouvoir financer les films correctement. Il y a au minimum un autre pays, mais parfois trois ou quatre autres pays européens pour monter un financement. Ce n’est pas parce que le Luxembourg est plus petit qu’un autre pays qu’il a besoin de plus de coproducteurs”, précise-t-il.

Si la politique de financement du cinéma luxembourgeois est satisfaisante, il manque néanmoins, par rapport à ses voisins, une importante source de revenus. “Aujourd’hui, le problème fondamental, c’est le financement des chaînes de télévision qui nous fait défaut. Ces chaînes pré-achètent des films et cet argent entre dans la production’, explique le producteur de Samsa Film. Par exemple, en France, pour un film normal, qui coûte entre 5 et 10 millions d’euros, au minimum, la moitié de cet argent provient des chaînes payantes et des chaînes en clair.

Faute de télévision susceptible de financer le cinéma, les certificats audiovisuels étaient une bonne solution pour le Luxembourg. Un mécanisme qui fonctionne bien et qui, logiquement, a été copié. Les Pays-Bas ont adopté le tax shelter, il y a trois ans; la France il y a deux ans et la Belgique, le 1er janvier dernier. C’est ce dernier pays qui inquiète d’ailleurs le plus M. Waringo. “Cet immense tax shelter est presque doublement plus intéressant que le nôtre. Au Luxembourg, nous avons toujours le tax shelter mais toujours pas l’avantage du financement de la télévision. Les pays voisins, eux, ont toujours la télévision et, désormais, ont le tax shelter. Quelque part, nous avons donc à nouveau un petit problème, car les producteurs francophones se tournent d’abord vers la Belgique, où il y a plus de décors, mais aussi la mer, les Ardennes et Bruxelles qui ressemble à Paris”.

L’Ulpa, dont M. Waringo est un des membres fondateurs, a tout de suite réagi et profité des élections toutes proches pour rencontrer, ces dernières semaines, tous les présidents des partis politiques luxembourgeois. “On leur a proposé un certain nombre de choses et j’étais assez content de voir que cela leur semblait assez réaliste. Nous les attendons désormais après le 13 juin pour transformer l’essai”.

Discrimination positive

Cinq propositions ont été présentées aux politiciens. La plus importante pour Claude Waringo, est celle visant à instaurer une discrimination positive pour les films “plus” luxembourgeois. “Nous voudrions simplement que les dépenses luxembourgeoises qui génèrent une aide de 25% soit doublées, c’est-à-dire que si nous dépensons 100, que le gouvernement accepte que ce soit 200 et que l’aide double de 25 à 50%. Cela ne permettrait toujours pas de financer entièrement un film au Luxembourg, mais cela donnerait un coup de pouce”.

La deuxième proposition concerne la production audiovisuelle. Le projet venait au départ de RTL qui avait demandé à l’Ulpa de lui proposer des sujets de documentaires, de téléfilms, … “En tant que producteur, nous sommes très intéressés par ce petit marché. La question du financement reste aujourd’hui ouverte et il faudra sûrement encore deux ou trois ans de discussions pour savoir où l’on veut aller”.

Le troisième voeu de l’Ulpa a déjà été réalisé, avec le vote, tout récent, de la nouvelle loi sur les intermittents du spectacle qui, jusqu’alors, n’avaient droit sur toute une vie qu’à 4 fois un mois de chômage. Désormais, ils bénéficient du salaire social minimum durant maximum 4 mois d’affilé, mais autant de fois que nécessaire.

Le problème de la formation n’a pas été oublié. “Il y a surtout un gros manque d’information auprès de jeunes lycéens, constate M. Waringo. On a vraiment envie de mettre en place une espèce d’année préparatoire, après le bac, où les jeunes pourraient faire 6 mois de pratique et 6 mois de théorie”. Cependant, le producteur est absolument contre une école de ciné au Luxembourg.

Enfin, l’Ulpa voudrait profiter de la nouvelle loi concernant les fonds d’investissement, Sicar, votée au Parlement le 12 mai dernier, pour trouver un nouveau mode de financement. “On est en train de voir si dans ces énormes fonds d’investissement – on parle de milliards d’euros par an -, il n’y aurait pas une petite place pour une Sicar spécialisée en achat de droits, mais je ne vois pas encore très bien comment cela pourrait être mis en place”.

Claude Waringo pense que les mentalités des politiques ont changé. En tout cas, dit-il, “Je crois que les ministres responsables savent très bien qu’ils ont mis des milliards dans les infrastructures et personne ne leur a dit que c’était une connerie, parce qu’on en avait besoin. Maintenant, ce qu’on leur dit, vraiment: prenons un dixième du budget mis dans les infrastructures et faisons une vraie politique culturelle au Luxembourg. Je crois qu’ils ont compris”.

Le cinéma luxembourgeois a bien évolué et ce n’est pas fini. “Pour moi, il est évident que dans 2-3 ans, on va arrêter de faire une course contre le cinéma américain avec un dixième de ses moyens, parce que l’on ne sait pas le faire. A mon avis, les cinéastes, les réalisateurs qui vont rester seront ceux qui auront pris une autre voie, vers le grand public, avec des sujets intéressants et culturellement valables”, conclut Claude Waringo. A bon entendeur…

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Par Florence Reinson, publié le 28.05.2004 – PAPERJAM

Le pays a réussi à se forger une petite place dans le métier, mais la concurrence est rude. La Belgique, elle aussi, dispose désormais d’un système de tax shelter…

Le cinéma luxembourgeois a réellement commencé à se développer il y a à peine quinze ans, lorsque les deux lois sur son financement ont été votées. Aujourd’hui, 450 personnes vivent de la production audiovisuelle au Luxembourg et une dizaine de longs-métrages y sont produits chaque année.

L’an dernier, pour la première fois, les productions luxembourgeoises ont été récompensées grâce à la création, par le gouvernement, du Filmpräis qui devait, au départ, se tenir tous les ans et qui, finalement aura lieu tous les deux ans.

Un hommage à une profession pas toujours facile à exercer dans un petit pays qui a eu des difficultés à se faire prendre au sérieux par ses voisins.

“Au niveau de l’ULPA, l’Union luxembourgeoise de la production audiovisuelle, nous avions plaidé dès le départ pour un Filmpräis tous les deux ou trois ans. D’abord, parce qu’il n’y a pas assez de films, tout simplement. Ensuite, je crois que le fonds de soutien a travaillé très durement sur le projet et qu’il n’a ni les finances ni les gens pour faire cela chaque année”, estime Claude Waringo, producteur chez Samsa Film. Un avis que partage Jimmy de Brabant, Managing director de Delux productions. Et, les deux hommes trouvent tout à fait normal qu’un pays récompense le travail audiovisuel qui y est fait.

“Avoir un prix au Luxembourg, je crois que c’est important pour communiquer d’abord au Luxembourg, à défaut de vraiment communiquer vers l’extérieur. Si la production en général a plutôt bonne presse au Grand-Duché, il reste quand même à convaincre certains politiciens ou partis au Luxembourg pour qu’ils voient et qu’ils sachent aussi ce qui se fait à ce niveau dans le pays”, estime M. Waringo.

Le marché luxembourgeois étant limité et les télévisions nationales n’investissant pas dans la production, très peu de films sont tournés en luxembourgeois. D’ailleurs, les producteurs installés dans le pays ne parlent pas forcément la langue. Peut-on dire dès lors qu’il existe un cinéma luxembourgeois? “Non, j’ai pas envie que ça existe, tranche M. Waringo. Je crois que le cinéma luxembourgeois est né 50 ans après les autres et ce serait une connerie de dire qu’en 10 ans, on a trouvé notre chemin personnel luxo-luxembourgeois. Ce n’est pas vrai. Nous faisons du cinéma strictement européen. Je crois que l’on vit vraiment dans l’ère européenne et il faut faire des films pour l’Europe, pas seulement pour le Luxembourg, et espérer qu’ils puissent voyager. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas traiter de sujets luxembourgeois”.

Un discours que le ministre chargé des Communications, François Biltgen, préfère tempérer, estimant que le cinéma national existe bel et bien, “même s’il est réalisé en coproduction. Ce sont les histoires originales issues de la vie et du patrimoine socio-culturel national qui font réellement défaut. Ce sont ces projets là que nous voulons soutenir et nous leurs accordons une attention particulière comme ce fut le cas avec les ‘chômeurs’. Plusieurs scénarii bien de chez nous sont en cours d’élaboration’. Et de citer en exemple Perl oder Pica, de Pol Cruchten, basé sur le roman de Jemp Hoscheit. “Néanmoins, nous ne pouvons financer les productions à 100%, regrette le ministre. Pour ce faire, nos budgets devraient être au moins quadruplés”.

Jimmy de Brabant, lui, se pose encore la question de savoir ce qu’est, à proprement parler, un scénario luxembourgeois ou un scénario anglais, qui s’attacherait à la culture et la langue du pays. “Je ne sais pas comment je financerais un film en luxembourgeois, note-t-il. Pour moi, le Luxembourg, c’est très international et cela l’a toujours été. Peut-on parler de cinéma luxembourgeois ? Peut-être, parce que il y a des productions. Moi, j’ai deux projets avec deux metteurs en scène luxembourgeois, mais les deux se tourneront en anglais et ce ne sont pas des sujets luxembourgeois”.

Si M. de Brabant affiche clairement les raisons qui font qu’il y a peu de films en luxembourgeois, Claude Waringo est convaincu que “cela va venir” et assure que ce n’est pas qu’une question de financement. “C’est aussi un problème de réalisateurs et de scénaristes. Aujourd’hui, je ne dis pas que c’est gagné au niveau de la production, mais si on fait encore quelques changements, on pourra simplement dire: voilà, on les attend nos jeunes”.

Le cinéma “luxembourgeois” se démarque par sa professionnalisation, ce qui était loin d’être le cas il y a quelques années encore. “Sur le plan ‘petite industrie’, je trouve qu’il y a une excellente base, d’excellents techniciens, il y a un potentiel ici qui est réel, qui a grandi assez rapidement et qui va rester à peu près ce qu’il est aujourd’hui. Il est à la taille du pays et est déjà plus important que d’autres pays européens. Il y a une vraie situation locale sur le terrain et c’est à nous (l’industrie de production, NDLR) de la maintenir et de la faire vivre”, souligne M. de Brabant.

Si les compétences techniques existent au Grand-Duché, cela ne suffit pas pour pouvoir parler de marché”. Quand on parle long-métrage, coproductions internationales, le territoire luxembourgeois ne vaut rien pour la simple raison qu’il n’y a pas assez d’habitants au Luxembourg”, conclut Claude Waringo. “Ce qui ne veut pas dire que le marché luxembourgeois au niveau de la production luxembourgeoise ne vaut rien, au contraire. Je crois qu’aujourd’hui, on est de plus en plus accepté par les grands pays qui nous entourent, comme un partenaire possible, parce qu’au début ce n’était même pas imaginable dans leur tête. Depuis 15 ans, on a bien réussi à mettre le Luxembourg sur la carte européenne de l’audiovisuel’, insiste-t-il. Et c’est, en partie, grâce aux deux lois qui financent le cinéma que le pays a pu y parvenir, indique encore le producteur.

Le 13 décembre 1988 a été instaurée la loi sur les certificats d’investissement audiovisuels (dite loi “tax shelter”), un financement qui représente, au plus, 25% du budget total, si on tourne tout le film au Luxembourg. Une autre loi, mise en place le 11 avril 1990, a créé le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle. Ce second outil permet de soutenir, par un mécanisme d’avances sur recettes, notamment, la production, la coproduction et la distribution des oeuvres d’origine luxembourgeoise.

Le tax shelter luxembourgeois copié

Jimmy de Brabant pense qu’il s’agit là d’un système “qui fonctionne extrêmement bien, qui a fait ses preuves et est probablement celui qui dure depuis le plus longtemps en Europe. Il y a d’autres pays qui ont mis en place des aides et qui les ont abandonnées parce que leur système n’était pas assez bien structuré. Le mécanisme luxembourgeois est un des meilleurs en Europe, si ce n’est le meilleur”, affirme-t-il.

C’est grâce à ce système de tax shelter, que de nombreux producteurs étrangers choisissent de venir coproduire des films au Grand-Duché. M. de Brabant assure que les coproductions ne sont pas l’apanage du Luxembourg. “On a tous besoin de coproductions, indispensables pour pouvoir financer les films correctement. Il y a au minimum un autre pays, mais parfois trois ou quatre autres pays européens pour monter un financement. Ce n’est pas parce que le Luxembourg est plus petit qu’un autre pays qu’il a besoin de plus de coproducteurs”, précise-t-il.

Si la politique de financement du cinéma luxembourgeois est satisfaisante, il manque néanmoins, par rapport à ses voisins, une importante source de revenus. “Aujourd’hui, le problème fondamental, c’est le financement des chaînes de télévision qui nous fait défaut. Ces chaînes pré-achètent des films et cet argent entre dans la production’, explique le producteur de Samsa Film. Par exemple, en France, pour un film normal, qui coûte entre 5 et 10 millions d’euros, au minimum, la moitié de cet argent provient des chaînes payantes et des chaînes en clair.

Faute de télévision susceptible de financer le cinéma, les certificats audiovisuels étaient une bonne solution pour le Luxembourg. Un mécanisme qui fonctionne bien et qui, logiquement, a été copié. Les Pays-Bas ont adopté le tax shelter, il y a trois ans; la France il y a deux ans et la Belgique, le 1er janvier dernier. C’est ce dernier pays qui inquiète d’ailleurs le plus M. Waringo. “Cet immense tax shelter est presque doublement plus intéressant que le nôtre. Au Luxembourg, nous avons toujours le tax shelter mais toujours pas l’avantage du financement de la télévision. Les pays voisins, eux, ont toujours la télévision et, désormais, ont le tax shelter. Quelque part, nous avons donc à nouveau un petit problème, car les producteurs francophones se tournent d’abord vers la Belgique, où il y a plus de décors, mais aussi la mer, les Ardennes et Bruxelles qui ressemble à Paris”.

L’Ulpa, dont M. Waringo est un des membres fondateurs, a tout de suite réagi et profité des élections toutes proches pour rencontrer, ces dernières semaines, tous les présidents des partis politiques luxembourgeois. “On leur a proposé un certain nombre de choses et j’étais assez content de voir que cela leur semblait assez réaliste. Nous les attendons désormais après le 13 juin pour transformer l’essai”.

Discrimination positive

Cinq propositions ont été présentées aux politiciens. La plus importante pour Claude Waringo, est celle visant à instaurer une discrimination positive pour les films “plus” luxembourgeois. “Nous voudrions simplement que les dépenses luxembourgeoises qui génèrent une aide de 25% soit doublées, c’est-à-dire que si nous dépensons 100, que le gouvernement accepte que ce soit 200 et que l’aide double de 25 à 50%. Cela ne permettrait toujours pas de financer entièrement un film au Luxembourg, mais cela donnerait un coup de pouce”.

La deuxième proposition concerne la production audiovisuelle. Le projet venait au départ de RTL qui avait demandé à l’Ulpa de lui proposer des sujets de documentaires, de téléfilms, … “En tant que producteur, nous sommes très intéressés par ce petit marché. La question du financement reste aujourd’hui ouverte et il faudra sûrement encore deux ou trois ans de discussions pour savoir où l’on veut aller”.

Le troisième voeu de l’Ulpa a déjà été réalisé, avec le vote, tout récent, de la nouvelle loi sur les intermittents du spectacle qui, jusqu’alors, n’avaient droit sur toute une vie qu’à 4 fois un mois de chômage. Désormais, ils bénéficient du salaire social minimum durant maximum 4 mois d’affilé, mais autant de fois que nécessaire.

Le problème de la formation n’a pas été oublié. “Il y a surtout un gros manque d’information auprès de jeunes lycéens, constate M. Waringo. On a vraiment envie de mettre en place une espèce d’année préparatoire, après le bac, où les jeunes pourraient faire 6 mois de pratique et 6 mois de théorie”. Cependant, le producteur est absolument contre une école de ciné au Luxembourg.

Enfin, l’Ulpa voudrait profiter de la nouvelle loi concernant les fonds d’investissement, Sicar, votée au Parlement le 12 mai dernier, pour trouver un nouveau mode de financement. “On est en train de voir si dans ces énormes fonds d’investissement – on parle de milliards d’euros par an -, il n’y aurait pas une petite place pour une Sicar spécialisée en achat de droits, mais je ne vois pas encore très bien comment cela pourrait être mis en place”.

Claude Waringo pense que les mentalités des politiques ont changé. En tout cas, dit-il, “Je crois que les ministres responsables savent très bien qu’ils ont mis des milliards dans les infrastructures et personne ne leur a dit que c’était une connerie, parce qu’on en avait besoin. Maintenant, ce qu’on leur dit, vraiment: prenons un dixième du budget mis dans les infrastructures et faisons une vraie politique culturelle au Luxembourg. Je crois qu’ils ont compris”.

Le cinéma luxembourgeois a bien évolué et ce n’est pas fini. “Pour moi, il est évident que dans 2-3 ans, on va arrêter de faire une course contre le cinéma américain avec un dixième de ses moyens, parce que l’on ne sait pas le faire. A mon avis, les cinéastes, les réalisateurs qui vont rester seront ceux qui auront pris une autre voie, vers le grand public, avec des sujets intéressants et culturellement valables”, conclut Claude Waringo. A bon entendeur…

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  1. filmreakteron 28 Nov 2007 at 11:57

    Interview mit Guy Daleiden, Präsident des Organisationskomitees des Lux. Filmpreises und Direktor der nationalen Filmförderung: Filmpreis, die Dritte

    Lëtzebuerger Journal: Herr Daleiden, es ist nun schon das dritte Mal, dass sie mit ihren Kollegen vom CNA, Mediadesk und der einzelnen Vereinigungen der Produzenten, Techniker, Scriptwriter und Regisseuren, den Luxemburger Filmpreis organisieren. Was sind die Unterschiede zu den beiden ersten Preisverleihungen?

    GD: Als wir uns vor 6 Jahren (der Filmpreis findet alle zwei Jahre statt – Anm. der Red) mit großer Naivität voller Eifer und Elan in die Organisation stürzten, waren wir uns nicht so richtig bewusst, welche Ausmaße dieses Event erreichen würde. Der Filmpreis ist zur festen Institution geworden und die Filmschaffenden fiebern dem Filmabend mit großer Spannung entgegen.

    Haben wir uns früher auf einige wenige Preise beschränkt, so merken wir heute, dass wir so viele Filme und artistische und technische Darbietungen in der Entscheidung haben wie nie zuvor. Das bedeutet, dass wir in der Zukunft wahrscheinlich mehrere Kategorien einführen müssen, um der Qualität und Quantität der Produktionen gerecht zu werden. Ich denke vor allem an den Dokumentarfilm, der einen regelrechten Boom erlebt. Aber auch die einheimischen Regisseure sind äußerst produktiv. Wir warten mit Spannung darauf, in naher Zukunft viele Spielfilme von luxemburgischen Regisseuren zu sehen, sowohl von gestandenen Filmemachern wie von neuen jungen Talenten. Das wird uns unsere Aufgabe nicht erleichtern (lacht), aber darauf freuen wir uns.

    LJ: Herr Daleiden, hat der Luxemburger Film in den vergangenen Jahren nicht einen außergewöhnlichen Qualitätssprung hinter sich, vergleicht man rezente Filme mit den ersten großherzoglichen Versuchen auf dem Filmmarkt?

    GD: Ohne Zweifel! Die Qualität der einheimischen Produktion hat sich in den letzen Jahren gewaltig verbessert. Das liegt einerseits daran, dass die Regierung konsequent die Filmwirtschaft unterstützt hat, und andererseits am Engagement, der Arbeit und den artistischen Fähigkeiten der luxemburgischen Filmschaffenden. Gemeinsam ist es uns gelungen, innerhalb kürzester Zeit einen Filmsektor aufzubauen, der den Vergleich mit anderen Ländern nicht zu scheuen braucht, im Gegenteil. Des öfteren werden wir im Ausland um unsere sehr professionellen Filmschaffenden beneidet. Das spiegelt sich auch in den Produktionen wieder. Die schneiden im internationalen Vergleich jedes Mal sehr gut ab und ernten viel Anerkennung und Preise bei internationalen Festivals.

    Die ausländischen Produzenten, Regisseure und Schauspieler, die in Luxemburg aktiv sind, sind vollen Lobes über die hier geleistete Arbeit. Ich würde mich freuen, wenn das heimische Publikum sich vermehrt luxemburgische Filme anschauen würde; sie werden überrascht sein.

    LJ: Herr Daleiden, was ist der eigentliche Wert, die Bedeutung des Filmpreises?

    GD: Der artistische, finanzielle Wert ist nicht zu unterschätzen, handelt es sich doch um eine Bronzeskulptur der luxemburgischen Künstlerin Patricia Lippert. Vor allem aber ist der Filmpreis eine Anerkennung und Bestätigung für die Qualität der geleisteten Arbeit. Eine nationale Auszeichnung, die Ansehen und Lob verkörpert, und dem Filmschaffenden die Bewunderung für seine Darbietung vermittelt. International bedeutet es, dass der Preisträger in seinem Heimatland Achtung gefunden hat, was sich in seinem Curriculum positiv niederschlagen kann. Ein mit Preisen ausgezeichneter Film lässt sich außerdem besser vermarkten.

    LJ: Herr Daleiden, wir danken Ihnen für dieses Gespräch!

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