Apr 28 2008

paperjam: fruits de la réforme

Published by at 08:53 under Misc. Luxembourg

www.paperjam.lu: Audiovisuel: les premiers fruits de la réforme
LES AIDES LUXEMBOURGEOISES ONT ÉTÉ PROFONDÉMENT REMANIÉES L’AN DERNIER. LES PRINCIPAUX ACTEURS DU SECTEUR REVIENNENT SUR LES MESURES EN QUESTION.

Mai est le mois du festival de Cannes et donc du cinéma! Le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa), chargé de la promotion du secteur national de la production audiovisuelle, est présent à plusieurs festivals internationaux, notamment au Festival de Cannes: depuis 1999 au Marché du Film et depuis 2002 avec un pavillon au Village international.

Mais la mission première du Fonds reste le soutien financier. Il a fait l’objet, en 2007, d’une dotation budgétaire de 4,5 millions d’euros (la même qu’en 2006), ce qui lui permet d’attribuer deux types d’aides. Les premières sont les aides financières sélectives (avances sur recettes) qui comprennent des aides à l’écriture et/ou au développement, des aides à la production et des aides à la distribution internationale. L’autre catégorie d’aides sont les Certificats d’Investissement Audiovisuel (CIAV). Instaurés en 1988, ils sont émis par les ministres compétents, après avis du Fonspa, aux entreprises de production résidant au Luxembourg et assujetties à l’impôt sur les sociétés. La spécificité luxembourgeoise réside dans les critères nationaux, très élargis et donc très fa-vo-rables aux coproductions: employer des tra-vail-leurs luxembourgeois, des résidents luxem-bour-geois ou même des expatriés luxem-bourgeois à l’étranger sont autant de critères valides.

Mais depuis quelques années, ce système était sérieusement concurrencé. «Quand un pays change un mécanisme, cela a des effets sur les pays avoisinants», explique Guy Daleiden, directeur du Fonds. Or, ces dernières années, de nombreux pays européens (France, Belgique, -Allemagne, Grande-Bretagne…) ont réformé leur système, si bien que le Luxembourg n’était plus aussi compétitif qu’il l’était à ses débuts avec la mise en place des certificats d’investissements audiovisuels en 1989. «Rendre de nouveau attractif le cinéma luxembourgeois, tel était l’objectif de la réforme du système d’aide intervenue l’an dernier», note Guy Daleiden.

La modification a porté, à côté de la prolongation jusqu’en 2015, sur l’élargissement du champ d’application du régime des certificats. Ainsi, ils ne s’appliquent plus uniquement aux dépenses de production effectuées au Luxembourg, mais également dans d’autres pays européens. A vocation européenne, cette dis-position exclut d’emblée les productions non européennes qui, à la fin des années 80, venaient uniquement pour récolter les fonds et les financements nécessaires à leurs films à gros budget. «Aujourd’hui, la quasi-totalité des œuvres tournées au Luxembourg est européenne, note Guy Daleiden. Il est encore trop tôt pour faire une évaluation chiffrée de l’impact de cette réforme. Par contre, nous constatons un redémarrage en fonction du nombre des productions entrées auprès du Fonds de soutien pour demander des aides».

Le satisfecit des producteurs

Pour ce qui est des aides financières sélectives, le Conseil d’administration du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle nous livre ses derniers chiffres. Il a statué en 2007 sur 59 demandes (contre 42 en 2006) ayant sollicité une aide financière sélective, réparties comme suit: 18 demandes d’aide à l’écriture et/ou au développement, 35 demandes d’aide à la production et six aides à la distribution.

Au niveau du régime des certificats d’investissement audiovisuel, 47 demandes ont été examinées par le Fonds en 2007 (contre 23 en 2006). Les estimations CIAV 2007 tablent d’ores et déjà sur 44 millions d’euros de certificats émis ou à émettre (exercice non encore terminé) contre 25 millions d’euros en 2006.

«La loi de réforme du système d’aide a été votée en été 2007 et les premiers films qui en dépendent directement ont été produits à partir de septembre, si bien qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives», note Claude Waringo qui dirige Samsa Film, l’une des principales sociétés de production au Luxembourg. L’un des objectifs de cette réforme était de rééquilibrer les aides entre les films à gros budget (supérieurs à dix millions d’euros) et les films moins onéreux (entre trois et sept millions d’euros), et favoriser par la même occasion les films réalisés par des Luxembourgeois et/ou résidents. Une mini ré-vo-lution quand on sait que, dans le passé, les films à gros budget ont capté jusqu’à 80% des aides existantes. «Sur la vingtaine de longs métrages qui sortent chaque année, nous constatons aujourd’hui le renforcement de la production luxembourgeoise au niveau de la répartition des droits qui est passée d’une fourchette de 10-15% à 30-40%», observe Claude Waringo.

Sur l’année qui vient de s’écouler, Claude Waringo se réjouit par ailleurs de «la sélectivité accrue par rapport aux projets proposés et donc le relèvement de la qualité des productions retenues». L’ULPA (Union Luxembourgeoise pour la Production Audiovisuelle), le principal syndicat de producteurs qui réunit 18 sociétés de production, et dont Claude Waringo est vice-président, a en effet récemment plaidé pour la mise en place d’un comité de lecture.

Autre preuve du dynamisme du secteur de l’audiovisuel à Luxembourg: le plein-emploi, avec entre 400 et 450 professionnels qui y travaillent. «Nous avons même aujourd’hui du mal à trouver des techniciens cadres», reconnaît M. Waringo. L’industrie locale comprend une trentaine de sociétés de production et tourne entre huit et quinze longs métrages par an au Luxembourg, presque tous en coproduction avec des sociétés étrangères. A elles seules, les sociétés de production représentent une petite centaine de personnes, dont un peu plus de 30% sont des employés engagés sous contrat à durée déterminée, les autres étant les gérants, dirigeants, administrateurs. Les studios d’animation emploient plus de 80 techniciens animateurs sous contrat à durée déterminée. Les gérants, dirigeants, administrateurs sont une dizaine.

Un mini «Cinecitta» à Luxembourg

A l’image du projet de 130 millions d’euros du réalisateur producteur Luc Besson qui souhaite construire une Cité du cinéma à Saint-Denis, près de Paris, sur le site d’une ancienne centrale thermique en bord de Seine, l’ULPA planche actuellement, toutes proportions gardées, sur la création d’un complexe dans l’ancienne aciérie de Dudelange, endroit qui jadis servait de lieu d’exposition, mais qui est désormais vide. Le complexe abriterait des studios composés de quatre plateaux qui seraient répartis sur 6.000 m2. Le montant de l’opération est estimé à six millions d’euros. Les deux tiers du projet seraient financés par la Ville et l’Etat tandis que les producteurs apporteraient le tiers restant. Les sociétés de production pourraient alors venir s’installer autour du complexe sur les 3.000 mètres carrés de bureaux disponibles. «Un endroit d’autant plus stratégique qu’il est situé à 200 mètres du Centre national de l’audiovisuel», conclut Claude Waringo.

source:

Paperjam

Par Thierry Iochem, publié le 24.04.2008

Comments

comments

www.paperjam.lu: Audiovisuel: les premiers fruits de la réforme
LES AIDES LUXEMBOURGEOISES ONT ÉTÉ PROFONDÉMENT REMANIÉES L’AN DERNIER. LES PRINCIPAUX ACTEURS DU SECTEUR REVIENNENT SUR LES MESURES EN QUESTION.

Mai est le mois du festival de Cannes et donc du cinéma! Le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa), chargé de la promotion du secteur national de la production audiovisuelle, est présent à plusieurs festivals internationaux, notamment au Festival de Cannes: depuis 1999 au Marché du Film et depuis 2002 avec un pavillon au Village international.

Mais la mission première du Fonds reste le soutien financier. Il a fait l’objet, en 2007, d’une dotation budgétaire de 4,5 millions d’euros (la même qu’en 2006), ce qui lui permet d’attribuer deux types d’aides. Les premières sont les aides financières sélectives (avances sur recettes) qui comprennent des aides à l’écriture et/ou au développement, des aides à la production et des aides à la distribution internationale. L’autre catégorie d’aides sont les Certificats d’Investissement Audiovisuel (CIAV). Instaurés en 1988, ils sont émis par les ministres compétents, après avis du Fonspa, aux entreprises de production résidant au Luxembourg et assujetties à l’impôt sur les sociétés. La spécificité luxembourgeoise réside dans les critères nationaux, très élargis et donc très fa-vo-rables aux coproductions: employer des tra-vail-leurs luxembourgeois, des résidents luxem-bour-geois ou même des expatriés luxem-bourgeois à l’étranger sont autant de critères valides.

Mais depuis quelques années, ce système était sérieusement concurrencé. «Quand un pays change un mécanisme, cela a des effets sur les pays avoisinants», explique Guy Daleiden, directeur du Fonds. Or, ces dernières années, de nombreux pays européens (France, Belgique, -Allemagne, Grande-Bretagne…) ont réformé leur système, si bien que le Luxembourg n’était plus aussi compétitif qu’il l’était à ses débuts avec la mise en place des certificats d’investissements audiovisuels en 1989. «Rendre de nouveau attractif le cinéma luxembourgeois, tel était l’objectif de la réforme du système d’aide intervenue l’an dernier», note Guy Daleiden.

La modification a porté, à côté de la prolongation jusqu’en 2015, sur l’élargissement du champ d’application du régime des certificats. Ainsi, ils ne s’appliquent plus uniquement aux dépenses de production effectuées au Luxembourg, mais également dans d’autres pays européens. A vocation européenne, cette dis-position exclut d’emblée les productions non européennes qui, à la fin des années 80, venaient uniquement pour récolter les fonds et les financements nécessaires à leurs films à gros budget. «Aujourd’hui, la quasi-totalité des œuvres tournées au Luxembourg est européenne, note Guy Daleiden. Il est encore trop tôt pour faire une évaluation chiffrée de l’impact de cette réforme. Par contre, nous constatons un redémarrage en fonction du nombre des productions entrées auprès du Fonds de soutien pour demander des aides».

Le satisfecit des producteurs

Pour ce qui est des aides financières sélectives, le Conseil d’administration du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle nous livre ses derniers chiffres. Il a statué en 2007 sur 59 demandes (contre 42 en 2006) ayant sollicité une aide financière sélective, réparties comme suit: 18 demandes d’aide à l’écriture et/ou au développement, 35 demandes d’aide à la production et six aides à la distribution.

Au niveau du régime des certificats d’investissement audiovisuel, 47 demandes ont été examinées par le Fonds en 2007 (contre 23 en 2006). Les estimations CIAV 2007 tablent d’ores et déjà sur 44 millions d’euros de certificats émis ou à émettre (exercice non encore terminé) contre 25 millions d’euros en 2006.

«La loi de réforme du système d’aide a été votée en été 2007 et les premiers films qui en dépendent directement ont été produits à partir de septembre, si bien qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives», note Claude Waringo qui dirige Samsa Film, l’une des principales sociétés de production au Luxembourg. L’un des objectifs de cette réforme était de rééquilibrer les aides entre les films à gros budget (supérieurs à dix millions d’euros) et les films moins onéreux (entre trois et sept millions d’euros), et favoriser par la même occasion les films réalisés par des Luxembourgeois et/ou résidents. Une mini ré-vo-lution quand on sait que, dans le passé, les films à gros budget ont capté jusqu’à 80% des aides existantes. «Sur la vingtaine de longs métrages qui sortent chaque année, nous constatons aujourd’hui le renforcement de la production luxembourgeoise au niveau de la répartition des droits qui est passée d’une fourchette de 10-15% à 30-40%», observe Claude Waringo.

Sur l’année qui vient de s’écouler, Claude Waringo se réjouit par ailleurs de «la sélectivité accrue par rapport aux projets proposés et donc le relèvement de la qualité des productions retenues». L’ULPA (Union Luxembourgeoise pour la Production Audiovisuelle), le principal syndicat de producteurs qui réunit 18 sociétés de production, et dont Claude Waringo est vice-président, a en effet récemment plaidé pour la mise en place d’un comité de lecture.

Autre preuve du dynamisme du secteur de l’audiovisuel à Luxembourg: le plein-emploi, avec entre 400 et 450 professionnels qui y travaillent. «Nous avons même aujourd’hui du mal à trouver des techniciens cadres», reconnaît M. Waringo. L’industrie locale comprend une trentaine de sociétés de production et tourne entre huit et quinze longs métrages par an au Luxembourg, presque tous en coproduction avec des sociétés étrangères. A elles seules, les sociétés de production représentent une petite centaine de personnes, dont un peu plus de 30% sont des employés engagés sous contrat à durée déterminée, les autres étant les gérants, dirigeants, administrateurs. Les studios d’animation emploient plus de 80 techniciens animateurs sous contrat à durée déterminée. Les gérants, dirigeants, administrateurs sont une dizaine.

Un mini «Cinecitta» à Luxembourg

A l’image du projet de 130 millions d’euros du réalisateur producteur Luc Besson qui souhaite construire une Cité du cinéma à Saint-Denis, près de Paris, sur le site d’une ancienne centrale thermique en bord de Seine, l’ULPA planche actuellement, toutes proportions gardées, sur la création d’un complexe dans l’ancienne aciérie de Dudelange, endroit qui jadis servait de lieu d’exposition, mais qui est désormais vide. Le complexe abriterait des studios composés de quatre plateaux qui seraient répartis sur 6.000 m2. Le montant de l’opération est estimé à six millions d’euros. Les deux tiers du projet seraient financés par la Ville et l’Etat tandis que les producteurs apporteraient le tiers restant. Les sociétés de production pourraient alors venir s’installer autour du complexe sur les 3.000 mètres carrés de bureaux disponibles. «Un endroit d’autant plus stratégique qu’il est situé à 200 mètres du Centre national de l’audiovisuel», conclut Claude Waringo.

source:

Paperjam

Par Thierry Iochem, publié le 24.04.2008

Comments

comments

No responses yet

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply