May 19 2009

« Indie Horror Picture Show »

Published by at 07:18 under Festival,No-Low Budget

No enger skrupeloser Kritik am Journal hei eng ganz enthusiastesch vum Norry Goedert.

SOURCE: Indymedia Lëtzebuerg

2ème édition du « Indie Horror Picture Show » au Ciné Belval
Published by Norry Goedert Monday, 11 May 2009

Du drame psycho symbolique à la comédie vraiment drôle

Depuis quelques années, des cinéastes luxembourgeois indépendants réalisent leurs propres films avec les moyens de bord. Nombre de ces réalisateurs ont remporté des prix lors de festivals internationaux avec des films qui restent toujours peu connus au Luxembourg. Pour parer à ce manque, les associations de réalisateurs amateurs « Feierblumm Productions », « Pyrrhus Movie Productions » et « Pulsa Pictures » ont lancé l’année dernière, en collaboration avec « Caramba », le festival « Indie Horror Picture Show ».

Le but de ce festival était de présenter, lors d’une soirée unique, les dernières productions de ces associations. La première édition qui eut lieu en 2008 à l’Ariston fut un grand succès. L’« Indie Horror Picture Show » – le nom est un hommage à la comédie musicale « Rocky Horror Picture Show » de Jim Sharman, réalisée, elle aussi, avec un petit budget – n’a rien à voir avec des films d’horreur, mais présente plutôt ce que les puissants du cinéma appellent hautainement des «films sauvages», c.à.d. qui échappent au parcours habituel: producteurs, aides étatiques, sorties en salle…

Festival avec grand potentiel

Puisque Susanna Ianni – la responsable de la programmation des cinémas « Caramba » – pense que ce festival possède un gros potentiel, elle n’a pas hésité à transférer le festival de l’Ariston à la salle des avant-premières du « Ciné Belval » (avec plus de 540 places), décision qui constitue déjà une récompense pour ces films et leurs réalisateurs ainsi qu’une occasion unique pour le grand public de découvrir cette production vivante et souterraine, occasion dont a d’ailleurs profité un assez grand nombre de cinéphiles curieux…

Le programme passait en outre de cinq à neuf courts métrages avec nul film ne dépassant les 20 minutes. Et même si le festival n’octroyait cette fois-ci pas encore de prix, les organisateurs espèrent tout de même proposer assez rapidement une programmation compétitive…

9 courts-métrages pour seulement 10 € !

En attendant, « Date-Lech » de Mike Tereba et Georges Waringo ; « De Bommeleeër: Episod 113 » de Mike Tereba ; « Dreamcell » de Frank Hansen ; « Lei, lui e l’altro » de Steve Hoegener ; « Marie Side » de Fred Sauvant ; « Meet Myself » de Georges Waringo ; « Of a Demon in My View » de Laurent Prim et Paul Kohn ; « Ricky » de Mike Tereba et « TV-Fresser » de Juan Aguilar étaient diffusés en haute définition – certains films en souffraient puisque non adaptés à cette haute résolution – sur le plus grand écran du Grand-Duché. La soirée était complétée par la présentation de chaque film par son réalisateur en compagnie de l’animateur Steve Kuegener d’Eldoradio, par des sketches en live, par la possibilité de rencontrer les équipes de tournage, par un cocktail dînatoire en début de soirée et par une after-party avec le DJ Nilles (alias Nilton Martins, un des protagonistes de Date-Lech), le tout au tarif de 10 euros (dont 1,50 euro était versé au Télévie).

Venons-en à présent aux films eux-mêmes…

Idéalisme vs. Matérialisme

Image « Meet myself » (Georges Waringo ; Pulsa Pictures) raconte l’étrange histoire de Laurent, jeune employé de banque issu d’une famille aisée, rencontrant un drôle de vagabond qui fait chavirer sa conception purement matérialiste du monde. Malgré les bonnes questions d’actualité qui y sont posées – qu’est-ce qui l’emporte : l’idéalisme ou le matérialisme ? – ce film souffre de quelques défauts de prises de vue, du jeu somme toute peu convainquant des acteurs ainsi que du discours trop ouvertement moralisant de la voix off qui accompagne les différentes scènes.

Les nouvelles souffrances du jeune chargé

« Ricky » (Mike Tereba ; Pyrrhus), divisé en chapitres, et se basant sur un vécu autobiographique, narre le drame personnel du chargé de cours Richard Kowalski, qui perd petit à petit sa raison… Ici à nouveau, un sujet d’une grande actualité – un chargé de cours ne vaut-il rien ? Un contrat non renouvelé pour raisons économiques ! Des élèves et une direction le traitant comme une m… – est mise en scène avec pas mal de professionnalisme : bon jeu des acteurs, une certaine aisance à mettre en images l’histoire… Mais la fin, assez sanglante, de l’histoire – est-ce un rêve, un cauchemar, la réalité – nous laissait un peu sur nos fins…

Psychologie, conspiration et boulimie

« Dreamcell“ (Frank Hansen; KML) traite du sujet des rêves, et comment ils peuvent influencer notre réalité quotidienne. Ce drame aux inspirations freudiennes voire jungiennes livre une bonne analyse de notre vie intérieure. Or, les moyens cinéastes employés ne parvenaient pas toujours à nous convaincre… Le dernier épisode du « Bommeleeer – Episod 113 » (Mike Tereba), malgré quelques bons gags, ne nous plaisait pas autant que ses prédécesseurs. Il serait peut-être temps que Mike en vienne à la conclusion avant que le sujet ne se retourne contre lui…

Et le „TV-Fresser“ de Juan Aguilar (sur une idée de Valérie Rassel) livrait une analyse assez juvénile du comportement alimentaire de la jeune génération sur fond emprunté de « Jurassic Parc ». Puisqu’il s’agissait d’un projet scolaire, on peut excuser la simplicité et de la vision et de la réalisation…

Symbolisme pesant

Pour enchaîner, ni « Of a Demon in my View » (Laurent Prim, Paul Kohn; Feierblumm), malgré le fait que ce court-métrage ait remporté le premier prix au « Clipstar Film Festival 2008 » à Echternach ; ni « Marie Side » (Fred Sauvant) ne savaient nous convaincre, et ceci surtout à cause d’un symbolisme grossier qui ne parvenait tout simplement pas à créer la bonne ambiance cinématographique : trop de non-dits ou d’allusions vagues tuent le film à proprement dit…

Digne d’une expo photo…

Avant d’arriver à l’incontestable meilleur film de la soirée, écoutons Sacha Bachim, président de « Feierblumm » expliquant que pour le tournage de « Lei, lui e l’altro », son réalisateur Steve Hoegener ne disposait même pas de caméras ; alors lui et son équipe ont utilisé un simple appareil de photo pour réaliser un joli film en stop-motion, sélectionné récemment pour l’« Independent Days Film Festival » de Karlsruhe, qui raconte l’histoire d’un couple sur le point de se défaire… Belles images, tragique histoire, mais est-ce un film ? Nous aurions préféré pouvoir nous arrêter sur certaines prises de vue au sein d’une exposition photographique…

Le seul “véritable” film de la soirée…

Et finalement « Date-Lesch » (Mike Terba, George Waringo). Ce fut le seul véritable film de la soirée, à notre humble avis. Et quel film: un quart-d’heure de rires ininterrompus! Tous les acteurs furent à la hauteur – Noémie Leer et Nilton Martins avant tout ! – et le plot fut bien mené ! (Pour l’histoire : un jeune couple las de sa situation, décide de se rendre à une soirée de internet-dating avec partenaires changeants pour voir si il ou elle peut y dénicher le bon/la bonne/partenaire…)

C’est ainsi qu’il faut faire des films pour attirer l’attention des gens ! Et ce n’est pas le public de la soirée qui va nous contredire, puisque les fou rires fusaient d’un peu partout ! Grand compliment et au réalisateur et aux acteurs : il nous semble, que nous ayons vu le film luxembourgeois le plus comique jamais réalisé ! Grand éloge que vient de confirmer le fait que ce court chef-d’œuvre, à ce qu’il paraît, va être diffusé en avant-première de tous les films majeurs qui vont être montrés au Ciné Belval. Notre jugement : « Date-Lesch » l’aurait certainement mérité ! Du grand art ! En la personne de Mike Tereba (en collaboration avec Georges Waringo), le Grand-Duché semble avoir enfin trouvé un digne héritier aux incontournables Bausch et autres, sur un mode, soi dit entre parenthèses, un peu moins « self-sufficient » qu’on connaissait jusqu’à présent… Et comme disait Sartre : « Eh bien, continuons… » !
Sites internet utiles :

www.caramba.lu

www.pulsa.lu

www.feierblumm.com

www.pyrrhus.lu

www.kml.lu

www.podium.lu

www.obskura.lu

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SOURCE: Indymedia Lëtzebuerg

2ème édition du « Indie Horror Picture Show » au Ciné Belval
Published by Norry Goedert Monday, 11 May 2009

Du drame psycho symbolique à la comédie vraiment drôle

Depuis quelques années, des cinéastes luxembourgeois indépendants réalisent leurs propres films avec les moyens de bord. Nombre de ces réalisateurs ont remporté des prix lors de festivals internationaux avec des films qui restent toujours peu connus au Luxembourg. Pour parer à ce manque, les associations de réalisateurs amateurs « Feierblumm Productions », « Pyrrhus Movie Productions » et « Pulsa Pictures » ont lancé l’année dernière, en collaboration avec « Caramba », le festival « Indie Horror Picture Show ».

Le but de ce festival était de présenter, lors d’une soirée unique, les dernières productions de ces associations. La première édition qui eut lieu en 2008 à l’Ariston fut un grand succès. L’« Indie Horror Picture Show » – le nom est un hommage à la comédie musicale « Rocky Horror Picture Show » de Jim Sharman, réalisée, elle aussi, avec un petit budget – n’a rien à voir avec des films d’horreur, mais présente plutôt ce que les puissants du cinéma appellent hautainement des «films sauvages», c.à.d. qui échappent au parcours habituel: producteurs, aides étatiques, sorties en salle…

Festival avec grand potentiel

Puisque Susanna Ianni – la responsable de la programmation des cinémas « Caramba » – pense que ce festival possède un gros potentiel, elle n’a pas hésité à transférer le festival de l’Ariston à la salle des avant-premières du « Ciné Belval » (avec plus de 540 places), décision qui constitue déjà une récompense pour ces films et leurs réalisateurs ainsi qu’une occasion unique pour le grand public de découvrir cette production vivante et souterraine, occasion dont a d’ailleurs profité un assez grand nombre de cinéphiles curieux…

Le programme passait en outre de cinq à neuf courts métrages avec nul film ne dépassant les 20 minutes. Et même si le festival n’octroyait cette fois-ci pas encore de prix, les organisateurs espèrent tout de même proposer assez rapidement une programmation compétitive…

9 courts-métrages pour seulement 10 € !

En attendant, « Date-Lech » de Mike Tereba et Georges Waringo ; « De Bommeleeër: Episod 113 » de Mike Tereba ; « Dreamcell » de Frank Hansen ; « Lei, lui e l’altro » de Steve Hoegener ; « Marie Side » de Fred Sauvant ; « Meet Myself » de Georges Waringo ; « Of a Demon in My View » de Laurent Prim et Paul Kohn ; « Ricky » de Mike Tereba et « TV-Fresser » de Juan Aguilar étaient diffusés en haute définition – certains films en souffraient puisque non adaptés à cette haute résolution – sur le plus grand écran du Grand-Duché. La soirée était complétée par la présentation de chaque film par son réalisateur en compagnie de l’animateur Steve Kuegener d’Eldoradio, par des sketches en live, par la possibilité de rencontrer les équipes de tournage, par un cocktail dînatoire en début de soirée et par une after-party avec le DJ Nilles (alias Nilton Martins, un des protagonistes de Date-Lech), le tout au tarif de 10 euros (dont 1,50 euro était versé au Télévie).

Venons-en à présent aux films eux-mêmes…

Idéalisme vs. Matérialisme

Image « Meet myself » (Georges Waringo ; Pulsa Pictures) raconte l’étrange histoire de Laurent, jeune employé de banque issu d’une famille aisée, rencontrant un drôle de vagabond qui fait chavirer sa conception purement matérialiste du monde. Malgré les bonnes questions d’actualité qui y sont posées – qu’est-ce qui l’emporte : l’idéalisme ou le matérialisme ? – ce film souffre de quelques défauts de prises de vue, du jeu somme toute peu convainquant des acteurs ainsi que du discours trop ouvertement moralisant de la voix off qui accompagne les différentes scènes.

Les nouvelles souffrances du jeune chargé

« Ricky » (Mike Tereba ; Pyrrhus), divisé en chapitres, et se basant sur un vécu autobiographique, narre le drame personnel du chargé de cours Richard Kowalski, qui perd petit à petit sa raison… Ici à nouveau, un sujet d’une grande actualité – un chargé de cours ne vaut-il rien ? Un contrat non renouvelé pour raisons économiques ! Des élèves et une direction le traitant comme une m… – est mise en scène avec pas mal de professionnalisme : bon jeu des acteurs, une certaine aisance à mettre en images l’histoire… Mais la fin, assez sanglante, de l’histoire – est-ce un rêve, un cauchemar, la réalité – nous laissait un peu sur nos fins…

Psychologie, conspiration et boulimie

« Dreamcell“ (Frank Hansen; KML) traite du sujet des rêves, et comment ils peuvent influencer notre réalité quotidienne. Ce drame aux inspirations freudiennes voire jungiennes livre une bonne analyse de notre vie intérieure. Or, les moyens cinéastes employés ne parvenaient pas toujours à nous convaincre… Le dernier épisode du « Bommeleeer – Episod 113 » (Mike Tereba), malgré quelques bons gags, ne nous plaisait pas autant que ses prédécesseurs. Il serait peut-être temps que Mike en vienne à la conclusion avant que le sujet ne se retourne contre lui…

Et le „TV-Fresser“ de Juan Aguilar (sur une idée de Valérie Rassel) livrait une analyse assez juvénile du comportement alimentaire de la jeune génération sur fond emprunté de « Jurassic Parc ». Puisqu’il s’agissait d’un projet scolaire, on peut excuser la simplicité et de la vision et de la réalisation…

Symbolisme pesant

Pour enchaîner, ni « Of a Demon in my View » (Laurent Prim, Paul Kohn; Feierblumm), malgré le fait que ce court-métrage ait remporté le premier prix au « Clipstar Film Festival 2008 » à Echternach ; ni « Marie Side » (Fred Sauvant) ne savaient nous convaincre, et ceci surtout à cause d’un symbolisme grossier qui ne parvenait tout simplement pas à créer la bonne ambiance cinématographique : trop de non-dits ou d’allusions vagues tuent le film à proprement dit…

Digne d’une expo photo…

Avant d’arriver à l’incontestable meilleur film de la soirée, écoutons Sacha Bachim, président de « Feierblumm » expliquant que pour le tournage de « Lei, lui e l’altro », son réalisateur Steve Hoegener ne disposait même pas de caméras ; alors lui et son équipe ont utilisé un simple appareil de photo pour réaliser un joli film en stop-motion, sélectionné récemment pour l’« Independent Days Film Festival » de Karlsruhe, qui raconte l’histoire d’un couple sur le point de se défaire… Belles images, tragique histoire, mais est-ce un film ? Nous aurions préféré pouvoir nous arrêter sur certaines prises de vue au sein d’une exposition photographique…

Le seul “véritable” film de la soirée…

Et finalement « Date-Lesch » (Mike Terba, George Waringo). Ce fut le seul véritable film de la soirée, à notre humble avis. Et quel film: un quart-d’heure de rires ininterrompus! Tous les acteurs furent à la hauteur – Noémie Leer et Nilton Martins avant tout ! – et le plot fut bien mené ! (Pour l’histoire : un jeune couple las de sa situation, décide de se rendre à une soirée de internet-dating avec partenaires changeants pour voir si il ou elle peut y dénicher le bon/la bonne/partenaire…)

C’est ainsi qu’il faut faire des films pour attirer l’attention des gens ! Et ce n’est pas le public de la soirée qui va nous contredire, puisque les fou rires fusaient d’un peu partout ! Grand compliment et au réalisateur et aux acteurs : il nous semble, que nous ayons vu le film luxembourgeois le plus comique jamais réalisé ! Grand éloge que vient de confirmer le fait que ce court chef-d’œuvre, à ce qu’il paraît, va être diffusé en avant-première de tous les films majeurs qui vont être montrés au Ciné Belval. Notre jugement : « Date-Lesch » l’aurait certainement mérité ! Du grand art ! En la personne de Mike Tereba (en collaboration avec Georges Waringo), le Grand-Duché semble avoir enfin trouvé un digne héritier aux incontournables Bausch et autres, sur un mode, soi dit entre parenthèses, un peu moins « self-sufficient » qu’on connaissait jusqu’à présent… Et comme disait Sartre : « Eh bien, continuons… » !
Sites internet utiles :

www.caramba.lu

www.pulsa.lu

www.feierblumm.com

www.pyrrhus.lu

www.kml.lu

www.podium.lu

www.obskura.lu

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