Nov 18 2009

«Dieci inverni» gagne l’Amilcar du jury cinéma

Published by at 15:45 under Articles,Festival

SOURCE: www.journal.lu – CH.S.

Avec la remise des prix, chaque festival de cinéma se termine, mais à Villerupt c’est un moment d’autant plus spécial. On rencontre souvent une dernière fois tous ces gens sympathiques qui font que ce festival attire chaque année plus de 35.000 spectateurs, qui réussissent à faire venir des cinéastes, acteurs et actrices dans cette ville oubliée durant 350 jours par an, qui font vibrer Villerupt une fois par an durant quinze jours au rythme du cinéma italien.

Prix du jury et du jury jeune
C’était plutôt une surprise ce vendredi soir que le jury cinéma ait voté pour «Dieci inverni» de Valerio Mieli qui raconte une histoire – pour le réalisateur ce n’est pas une histoire d’amour! – entre deux jeunes étudiants qui se rencontrent à Venise et qui se retrouvent durant dix hivers successifs. L’Amilcar a été remis au réalisateur même par Michel Dinet, le président du Conseil Général de Meurthe et Moselle, et par Wilma Labate, la présidente du jury cinéma.
A la limite, on peut encore comprendre le jury jeune dans sa décision d’attribuer leur Amilcar à «La casa sulle nuvole» de Claudio Giovannesi qui raconte les tribulations de deux frères à la recherche d’un moyen de garder leur maison vendue par leur père, donc une histoire proche des jeunes d’aujourd’hui. L’Amilcar du jury jeune fut remis au réalisateur par Patrice Georges, directeur départemental Jeunesse et Sports de l’Aisne, et par Sylvie Mouyon Porte, directrice régionale adjointe. Mais le grand oublié de ce palmarès était «L’uomo che verrà» de Giorgio Diritti qui était pas seulement pour le critique du «Lëtzebuerger Journal» de loin le meilleur film de la sélection officielle.
L’Amilcar des exploitants, du public et de la presse
Le nouveau prix de cette année était l’Amilcar des exploitants. Parmi «Come Dio comanda» de Gabriele Salvatores, «Giulia non esce la sera» de Giuseppe Piccioni, «La bella gente», «Tris di donne e abiti nuziali» de Vincenzo Terraciano et «Si può fare» de Giulio Manfredonia, ils ont choisi la comédie de Manfredonia pour être leur favori. De même, le public de Villerupt a opté pour ce merveilleux film, le meilleur du cru 2009. Les Amilcars des exploitants et du public ont été remis à l’acteur Pietro Ragusa qui y joue le comptable Fabio.
Le jury presse était représenté ce vendredi soir par Pablo Chimienti (Quotidien) et Jean-Pierre Ricard (Républicain Lorrain) pour remettre leur Amilcar en compagnie d’Odile Petermann, directrice des affaires culturelles du Conseil Général de Moselle, au film «Vincere» de Marco Bellocchio. Le prix était remis à Alessio Massatani, le représentant de Cinecittà Luce. Le film raconte une histoire vraie peu connue, celle d’Ida Dalser (Giovanna Mezzgiorno) qui rencontre Benito Mussolini (Filippo Timi) en 1914, en tombe amoureuse et devient enceinte de son fils Benito junior. Comme le futur dictateur fasciste d’Italie a des problèmes politiques et, comme il est déjà marié, il ne peut pas se permettre un scandale avec une deuxième femme. Ida est internée dans un asile de fous et séparée de son fils. Illustré souvent par des images d’archives et avec des chants politiques d’antan, le film prend parfois l’allure d’un documentaire sur l’avènement du fascisme en Italie, au lieu d’être une critique d’un homme au pouvoir (ou du pouvoir tout simplement) qui ne respecte rien sur son chemin. Ainsi, en dépit d’une excellente Giovanna Mezzgiorno, ce pêle-mêle de différents styles est en manque d’un but et par ce biais de sentiments. Avec un peu de courage et d’empathie pour le public, le jury presse aurait peut-être fait mieux de choisir «Ex» de Fausto Brizzi, le meilleur film de la sélection du jury presse. Mais les goûts et les couleurs ont la fâcheuse propriété de n’être pas contestables!
L’Amilcar de la Ville de Villerupt
Le maire de Villerupt, Alain Casoni, était rejoint sur scène par Oreste Sacchelli, Antoine Compagnone et Yves Cardellini pour remettre l’Amilcar de la Ville de Villerupt à une personnalité du cinéma italien. Cette année, la réalisatrice Wilma Labate s’est vue attribuer cette statuette honoraire créée par l’artiste italien défunt Amilcar Zannoni. Wilma Labate qui aura 50 ans le prochain 4 décembre a débuté en 1990 avec le court métrage «Ciro il piccolo» pour se faire un nom avec ses longs métrages «Ambrogio» (1992), «La mia generazione» (1996), «Domenica» (2001), «Un altro mondo è possibile» (2001), «Lettere dalla Palestina» (2002), «Maledetta mia» (2003) et «Signorina Effe» (2007), présenté cette année à Villerupt.
Conclusions
Depuis des années, on n’a pas vu de chef d’œuvre à la dépendance de Cinecittà en France. Avec «Si può fare» et «L’uomo che verrà» il y en avait deux au menu 2009. En plus, avec «Come Dio comanda» de Gabriele Salvatores et «Ex» on a vu deux excellents films, l’un plutôt noir, l’autre dans la tradition de la comédie italienne. La moyenne générale des films était satisfaisante et il n’y avait que trois films ne dépassant pas la note minimale requise, «Albakiara» de Stefano Salvati, «Good Morning Aman» de Claudio Noce et «Sbirri» de Roberto Burchielli.
Les nouvelles valeurs sûres du cinéma italien Davide Ferrario, Luca Lucini et Edouardo Winspeare n’ont pas vraiment su captiver avec «Tutta colpa di Giuda», «Solo un padre» et «Galantuomini» et leurs films se placent autour de la moyenne.
Le dimanche soir, le festival se terminait dans la grande salle de l’hôtel de ville avec «Il grande sogno» de Michele Placido, le film surprise du festival, une histoire d’amour pendant les événements de 1968 cependant sans grandes surprises cinématographiques. Comme chaque année, à la fin de cette «ultima rappresentazione», cette dernière séance, les bénévoles ovationnent le public et celui-ci ces hommes et femmes qui font le bonheur ce festival. A chaque fois, c’est drôle, on ressent une certaine tristesse de quitter ce lieu sacré du cinéma italien. Mais une année passe vite! Ah, oui, une dernière confidence, en 2010 le thème sera «les mecs». › CH.S.

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SOURCE: www.journal.lu – CH.S.

Avec la remise des prix, chaque festival de cinéma se termine, mais à Villerupt c’est un moment d’autant plus spécial. On rencontre souvent une dernière fois tous ces gens sympathiques qui font que ce festival attire chaque année plus de 35.000 spectateurs, qui réussissent à faire venir des cinéastes, acteurs et actrices dans cette ville oubliée durant 350 jours par an, qui font vibrer Villerupt une fois par an durant quinze jours au rythme du cinéma italien.

Prix du jury et du jury jeune
C’était plutôt une surprise ce vendredi soir que le jury cinéma ait voté pour «Dieci inverni» de Valerio Mieli qui raconte une histoire – pour le réalisateur ce n’est pas une histoire d’amour! – entre deux jeunes étudiants qui se rencontrent à Venise et qui se retrouvent durant dix hivers successifs. L’Amilcar a été remis au réalisateur même par Michel Dinet, le président du Conseil Général de Meurthe et Moselle, et par Wilma Labate, la présidente du jury cinéma.
A la limite, on peut encore comprendre le jury jeune dans sa décision d’attribuer leur Amilcar à «La casa sulle nuvole» de Claudio Giovannesi qui raconte les tribulations de deux frères à la recherche d’un moyen de garder leur maison vendue par leur père, donc une histoire proche des jeunes d’aujourd’hui. L’Amilcar du jury jeune fut remis au réalisateur par Patrice Georges, directeur départemental Jeunesse et Sports de l’Aisne, et par Sylvie Mouyon Porte, directrice régionale adjointe. Mais le grand oublié de ce palmarès était «L’uomo che verrà» de Giorgio Diritti qui était pas seulement pour le critique du «Lëtzebuerger Journal» de loin le meilleur film de la sélection officielle.
L’Amilcar des exploitants, du public et de la presse
Le nouveau prix de cette année était l’Amilcar des exploitants. Parmi «Come Dio comanda» de Gabriele Salvatores, «Giulia non esce la sera» de Giuseppe Piccioni, «La bella gente», «Tris di donne e abiti nuziali» de Vincenzo Terraciano et «Si può fare» de Giulio Manfredonia, ils ont choisi la comédie de Manfredonia pour être leur favori. De même, le public de Villerupt a opté pour ce merveilleux film, le meilleur du cru 2009. Les Amilcars des exploitants et du public ont été remis à l’acteur Pietro Ragusa qui y joue le comptable Fabio.
Le jury presse était représenté ce vendredi soir par Pablo Chimienti (Quotidien) et Jean-Pierre Ricard (Républicain Lorrain) pour remettre leur Amilcar en compagnie d’Odile Petermann, directrice des affaires culturelles du Conseil Général de Moselle, au film «Vincere» de Marco Bellocchio. Le prix était remis à Alessio Massatani, le représentant de Cinecittà Luce. Le film raconte une histoire vraie peu connue, celle d’Ida Dalser (Giovanna Mezzgiorno) qui rencontre Benito Mussolini (Filippo Timi) en 1914, en tombe amoureuse et devient enceinte de son fils Benito junior. Comme le futur dictateur fasciste d’Italie a des problèmes politiques et, comme il est déjà marié, il ne peut pas se permettre un scandale avec une deuxième femme. Ida est internée dans un asile de fous et séparée de son fils. Illustré souvent par des images d’archives et avec des chants politiques d’antan, le film prend parfois l’allure d’un documentaire sur l’avènement du fascisme en Italie, au lieu d’être une critique d’un homme au pouvoir (ou du pouvoir tout simplement) qui ne respecte rien sur son chemin. Ainsi, en dépit d’une excellente Giovanna Mezzgiorno, ce pêle-mêle de différents styles est en manque d’un but et par ce biais de sentiments. Avec un peu de courage et d’empathie pour le public, le jury presse aurait peut-être fait mieux de choisir «Ex» de Fausto Brizzi, le meilleur film de la sélection du jury presse. Mais les goûts et les couleurs ont la fâcheuse propriété de n’être pas contestables!
L’Amilcar de la Ville de Villerupt
Le maire de Villerupt, Alain Casoni, était rejoint sur scène par Oreste Sacchelli, Antoine Compagnone et Yves Cardellini pour remettre l’Amilcar de la Ville de Villerupt à une personnalité du cinéma italien. Cette année, la réalisatrice Wilma Labate s’est vue attribuer cette statuette honoraire créée par l’artiste italien défunt Amilcar Zannoni. Wilma Labate qui aura 50 ans le prochain 4 décembre a débuté en 1990 avec le court métrage «Ciro il piccolo» pour se faire un nom avec ses longs métrages «Ambrogio» (1992), «La mia generazione» (1996), «Domenica» (2001), «Un altro mondo è possibile» (2001), «Lettere dalla Palestina» (2002), «Maledetta mia» (2003) et «Signorina Effe» (2007), présenté cette année à Villerupt.
Conclusions
Depuis des années, on n’a pas vu de chef d’œuvre à la dépendance de Cinecittà en France. Avec «Si può fare» et «L’uomo che verrà» il y en avait deux au menu 2009. En plus, avec «Come Dio comanda» de Gabriele Salvatores et «Ex» on a vu deux excellents films, l’un plutôt noir, l’autre dans la tradition de la comédie italienne. La moyenne générale des films était satisfaisante et il n’y avait que trois films ne dépassant pas la note minimale requise, «Albakiara» de Stefano Salvati, «Good Morning Aman» de Claudio Noce et «Sbirri» de Roberto Burchielli.
Les nouvelles valeurs sûres du cinéma italien Davide Ferrario, Luca Lucini et Edouardo Winspeare n’ont pas vraiment su captiver avec «Tutta colpa di Giuda», «Solo un padre» et «Galantuomini» et leurs films se placent autour de la moyenne.
Le dimanche soir, le festival se terminait dans la grande salle de l’hôtel de ville avec «Il grande sogno» de Michele Placido, le film surprise du festival, une histoire d’amour pendant les événements de 1968 cependant sans grandes surprises cinématographiques. Comme chaque année, à la fin de cette «ultima rappresentazione», cette dernière séance, les bénévoles ovationnent le public et celui-ci ces hommes et femmes qui font le bonheur ce festival. A chaque fois, c’est drôle, on ressent une certaine tristesse de quitter ce lieu sacré du cinéma italien. Mais une année passe vite! Ah, oui, une dernière confidence, en 2010 le thème sera «les mecs». › CH.S.

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