May 20 2010

Den Quotidient iwert den “Illégal”

Published by at 11:35 under Festival

SOURCE: lequotidien.editpress.lu

lequotidien

CANNES À la Quinzaine des réalisateurs, le Luxembourg était à l’honneur hier avec la présentation d’Illégal, d’Olivier Masset-Depasse, coproduit par Iris Productions.

Y a-t-il sujet plus casse-gueule ces jours-ci en Belgique, en France et au Grand-Duché, que les sans-papiers, les immigrés clandestins, les centres de rétention, les retours volontaires et/ou les expulsions forcées? À un moment où l’Europe croule sous ses propres problèmes, il fallait du courage pour produire un film comme Illégal qui vient nous rappeler qu’il y a des gens qui vivent parmi nous, ou plutôt à côté de nous, dont les problèmes quotidiens sont nettement plus dramatiques que les nôtres.

Illégal, du jeune cinéaste belge Olivier Masset-Depasse – une coproduction entre la Belgique, la France et le Luxembourg (via Iris Productions)-, a été présenté hier à la Quinzaine des réalisateurs devant un public majoritairement enthousiaste qui n’a pas hésité à applaudir une séquence particulièrement dramatique en pleine projection, ce qui arrive rarement sur la Croisette.

Scénario basé sur des faits réels

Le film, tourné majoritairement au Grand-Duché, raconte l’histoire de Tania et de son fils, Ivan, 14 ans, deux Russes qui vivent clandestinement en Belgique, sans cesse en danger de se faire choper lors d’un contrôle policier. Tania est finalement interpellée et, après avoir été séparée de son fils, se retrouve placée dans un centre de rétention en attente d’une expulsion forcée (et musclée) qui ne saurait se faire attendre.

À première vue, les faits et les violences sur les sans-papiers rapportés paraissent exagérés, mais le réalisateur assure que, si ses personnages sont fictifs, tout ce qui est montré dans Illégal est basé sur des faits réels. Il rappelle dans une interview qu’on «les traite (les sans-papiers) comme des criminels» et que «la Belgique a déjà été condamnée quatre fois par la Cour européenne des droits de l’Homme pour traitements dégradants et inhumains».

Illégal est donc à la fois un film d’action et de réaction, qui, avec une sobriété exemplaire et d’une façon très peu manichéenne, documente ce que les journaux et la télévision rapportent de moins en moins. Filmé caméra à l’épaule, façon reportage, Illégal est une œuvre rare, née dans l’urgence, qui fait honneur à son réalisateur, à l’équipe internationale qui a reconstitué un univers carcéral qui n’ose pas dire son nom et, surtout, à son équipe de producteurs courageux qui sont allés à contre-courant des préoccupations d’un cinéma de plus en plus orienté vers le divertissement, alors que ce film humainement extrêmement touchant est la preuve vivante que les meilleures histoires sont celles qu’écrit la vie.

Jean-Pierre Thilges

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CANNES À la Quinzaine des réalisateurs, le Luxembourg était à l’honneur hier avec la présentation d’Illégal, d’Olivier Masset-Depasse, coproduit par Iris Productions.

Y a-t-il sujet plus casse-gueule ces jours-ci en Belgique, en France et au Grand-Duché, que les sans-papiers, les immigrés clandestins, les centres de rétention, les retours volontaires et/ou les expulsions forcées? À un moment où l’Europe croule sous ses propres problèmes, il fallait du courage pour produire un film comme Illégal qui vient nous rappeler qu’il y a des gens qui vivent parmi nous, ou plutôt à côté de nous, dont les problèmes quotidiens sont nettement plus dramatiques que les nôtres.

Illégal, du jeune cinéaste belge Olivier Masset-Depasse – une coproduction entre la Belgique, la France et le Luxembourg (via Iris Productions)-, a été présenté hier à la Quinzaine des réalisateurs devant un public majoritairement enthousiaste qui n’a pas hésité à applaudir une séquence particulièrement dramatique en pleine projection, ce qui arrive rarement sur la Croisette.

Scénario basé sur des faits réels

Le film, tourné majoritairement au Grand-Duché, raconte l’histoire de Tania et de son fils, Ivan, 14 ans, deux Russes qui vivent clandestinement en Belgique, sans cesse en danger de se faire choper lors d’un contrôle policier. Tania est finalement interpellée et, après avoir été séparée de son fils, se retrouve placée dans un centre de rétention en attente d’une expulsion forcée (et musclée) qui ne saurait se faire attendre.

À première vue, les faits et les violences sur les sans-papiers rapportés paraissent exagérés, mais le réalisateur assure que, si ses personnages sont fictifs, tout ce qui est montré dans Illégal est basé sur des faits réels. Il rappelle dans une interview qu’on «les traite (les sans-papiers) comme des criminels» et que «la Belgique a déjà été condamnée quatre fois par la Cour européenne des droits de l’Homme pour traitements dégradants et inhumains».

Illégal est donc à la fois un film d’action et de réaction, qui, avec une sobriété exemplaire et d’une façon très peu manichéenne, documente ce que les journaux et la télévision rapportent de moins en moins. Filmé caméra à l’épaule, façon reportage, Illégal est une œuvre rare, née dans l’urgence, qui fait honneur à son réalisateur, à l’équipe internationale qui a reconstitué un univers carcéral qui n’ose pas dire son nom et, surtout, à son équipe de producteurs courageux qui sont allés à contre-courant des préoccupations d’un cinéma de plus en plus orienté vers le divertissement, alors que ce film humainement extrêmement touchant est la preuve vivante que les meilleures histoires sont celles qu’écrit la vie.

Jean-Pierre Thilges

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