Apr 28 2011

Festival: Osez la curiosité!

Published by at 01:35 under Articles,Festival,Français

SOURCE: http://www.lejeudi.lu/Culture/3108.html – Viviane Thill

La première édition du festival Discovery Zone mise à fond sur la curiosité du public. La sélection des films s’est faite en privilégiant la qualité et l’originalité pour aboutir à une programmation diversifiée et alléchante.

La curiosité est un organe qui fait trop souvent défaut aujourd’hui, remarquait Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, lors de la conférence de presse du festival Discovery Zone en mars. En effet, on constate bien souvent que ce qui «marche», pas seulement au Luxembourg et pas seulement au cinéma, ce sont les choses les plus connues, les plus rebattues, les moins surprenantes. Discovery Zone prend donc le pari radical de renverser la tendance et s’engage à surprendre, avec une trentaine de films qui ont comme point commun de s’aventurer hors des sentiers battus, quitte à étonner, désarçonner ou bouleverser les spectateurs.
Première surprise: très peu de ces films sont américains, beaucoup sont européens. Ce n’était pas une prémisse des organisateurs mais ce choix s’est imposé au fur et à mesure que s’est élaborée la programmation.

Planète caméra

Le festival s’ouvrira avec le documentaire Life in a Day de Kevin MacDonald, produit par Ridley Scott. Monté à partir de plus de 80.000 films amateurs de 192 pays, envoyés à YouTube et qui montrent la vie sur Terre durant la journée du 24 juillet 2010, le film n’avait jusqu’à présent été projeté qu’à l’occasion du festival de Sundance et au festival de Berlin.
Également présenté à Berlin, Rundskop (Tête de bœuf) est le premier long-métrage du Flamand Michaël Roskam. Ce thriller sur un paysan au sombre passé qui se trouve impliqué dans un trafic illégal d’hormones dans l’agriculture a connu un succès phénoménal en Flandre. Dans un genre plus allégorique, Canine, du Grec Yorgos Lanthimos, imagine une famille hautement paranoïaque, retranchée dans une villa.
Le film a reçu le prestigieux prix «Un certain regard» à Cannes et une nomination pour l’Oscar du meilleur film étranger. Un sujet difficile, celui de la prostitution des femmes de l’Est, au traitement tout aussi inattendu, est au centre de Bibliothèque Pascal du Hongrois Szabolcs Hajdu.
En droite ligne du festival du Berlin, où il a remporté l’Ours d’or et un double Ours d’argent collectif pour ses acteurs et actrices, nous vient le film iranien Nader and Simin, a Separation, d’Ashgar Farhadi (About Elly). Très drôle s’annonce la comédie norvégienne Happy Happy, premier film d’Anne Sewitzky et Grand Prix du jury de la fiction étrangère au festival de Sundance. Son héroïne est une femme mariée qui fait tout ce qu’elle peut pour ne pas voir que son mari se désintéresse d’elle.

Fabrique d’images

Dans un genre quelque peu différent (entre Blair Witch et Godzilla!), Troll Hunter, également norvégien, sera présenté en séance de minuit. Le film américain Blue Valentine, de Derek Cianfrance avec Michelle Williams et Ray Gosling, et le film de samouraïs japonais Thirteen Assassins, de Takeshi Miike, complètent la sélection.
Dans la section «Hot Docs», Discovery Zone présentera Cave of Forgotten Dreams, exploration en 3D de la grotte Chauvet, où Werner Herzog a eu l’autorisation exceptionnelle de filmer des peintures préhistoriques qui comptent parmi les plus anciennes au monde. Un autre film phare de la section est Restropo, de Tim Hetherington et Sebastian Junger, sur la guerre en Afghanistan vue par des soldats américains. Le film a été nominé pour l’Oscar du meilleur documentaire et a remporté un Grand Prix du jury à Sundance. Plus pointu mais tout aussi passionnant s’annonce Oil City Confidential, de Julian Temple, sur le groupe de pub rock Dr. Feelgood.
Dans le même genre du documentaire musical, We Might As Well Fail/Rocdoc, de Govinda Van Maele, explore la scène rock luxembourgeoise. Discovery Zone vise en effet aussi à mettre en valeur la production nationale, le festival présentant notamment en avant-première et en présence du réalisateur Mein bester Feind de Wolfgang Murnberger avec Moritz Bleibtreu, sélectionné à Berlin et coproduit au Luxembourg par Samsa Film.
Ce sera aussi l’occasion de faire découvrir le travail des studios d’animation luxembourgeois, d’ordinaire assez discrets et qui ont pourtant quelques belles réussites à leur actif.
Citons la série Le Petit Prince d’après Saint-Exupéry, coproduite par La Fabrique d’images, ou encore Allez raconte, coproduit par Studio 352, qui seront présentés au festival. Une soirée spéciale sera dédiée aux courts-métrages luxembourgeois, avec la présentation de courts inédits dont le poétique film d’animation Rose et Violet, coréalisé par le Luxembourgeois Claude Grosch et le Canadien Luc Otter.
La programmation est complétée par un regard sur le cinéma des Balkans, peu connu au Luxembourg, et quatre films «Re-Discover». Rappelons enfin que toute une partie du festival est réservée au public jeune (de 6 à 18 ans) avec des animations, des ateliers et des discussions pour mieux comprendre comment se fait le cinéma.

28 avril: Ouverture (Life in a Day) et «Hop (on/off) Animation»: visite des studios La Fabrique d’Images et Studio 352
30 avril: Rose et Violet, présenté par le réalisateur Claude Grosch et Soirée des Balkans
3 et 5 mai: Crazy Cinematographe for Kids
5 mai: Soirée de courts-métrages luxembourgeois, en présence des réalisateurs
Programme complet: www.discoveryzone.lu

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SOURCE: http://www.lejeudi.lu/Culture/3108.html – Viviane Thill

La première édition du festival Discovery Zone mise à fond sur la curiosité du public. La sélection des films s’est faite en privilégiant la qualité et l’originalité pour aboutir à une programmation diversifiée et alléchante.

La curiosité est un organe qui fait trop souvent défaut aujourd’hui, remarquait Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, lors de la conférence de presse du festival Discovery Zone en mars. En effet, on constate bien souvent que ce qui «marche», pas seulement au Luxembourg et pas seulement au cinéma, ce sont les choses les plus connues, les plus rebattues, les moins surprenantes. Discovery Zone prend donc le pari radical de renverser la tendance et s’engage à surprendre, avec une trentaine de films qui ont comme point commun de s’aventurer hors des sentiers battus, quitte à étonner, désarçonner ou bouleverser les spectateurs.
Première surprise: très peu de ces films sont américains, beaucoup sont européens. Ce n’était pas une prémisse des organisateurs mais ce choix s’est imposé au fur et à mesure que s’est élaborée la programmation.

Planète caméra

Le festival s’ouvrira avec le documentaire Life in a Day de Kevin MacDonald, produit par Ridley Scott. Monté à partir de plus de 80.000 films amateurs de 192 pays, envoyés à YouTube et qui montrent la vie sur Terre durant la journée du 24 juillet 2010, le film n’avait jusqu’à présent été projeté qu’à l’occasion du festival de Sundance et au festival de Berlin.
Également présenté à Berlin, Rundskop (Tête de bœuf) est le premier long-métrage du Flamand Michaël Roskam. Ce thriller sur un paysan au sombre passé qui se trouve impliqué dans un trafic illégal d’hormones dans l’agriculture a connu un succès phénoménal en Flandre. Dans un genre plus allégorique, Canine, du Grec Yorgos Lanthimos, imagine une famille hautement paranoïaque, retranchée dans une villa.
Le film a reçu le prestigieux prix «Un certain regard» à Cannes et une nomination pour l’Oscar du meilleur film étranger. Un sujet difficile, celui de la prostitution des femmes de l’Est, au traitement tout aussi inattendu, est au centre de Bibliothèque Pascal du Hongrois Szabolcs Hajdu.
En droite ligne du festival du Berlin, où il a remporté l’Ours d’or et un double Ours d’argent collectif pour ses acteurs et actrices, nous vient le film iranien Nader and Simin, a Separation, d’Ashgar Farhadi (About Elly). Très drôle s’annonce la comédie norvégienne Happy Happy, premier film d’Anne Sewitzky et Grand Prix du jury de la fiction étrangère au festival de Sundance. Son héroïne est une femme mariée qui fait tout ce qu’elle peut pour ne pas voir que son mari se désintéresse d’elle.

Fabrique d’images

Dans un genre quelque peu différent (entre Blair Witch et Godzilla!), Troll Hunter, également norvégien, sera présenté en séance de minuit. Le film américain Blue Valentine, de Derek Cianfrance avec Michelle Williams et Ray Gosling, et le film de samouraïs japonais Thirteen Assassins, de Takeshi Miike, complètent la sélection.
Dans la section «Hot Docs», Discovery Zone présentera Cave of Forgotten Dreams, exploration en 3D de la grotte Chauvet, où Werner Herzog a eu l’autorisation exceptionnelle de filmer des peintures préhistoriques qui comptent parmi les plus anciennes au monde. Un autre film phare de la section est Restropo, de Tim Hetherington et Sebastian Junger, sur la guerre en Afghanistan vue par des soldats américains. Le film a été nominé pour l’Oscar du meilleur documentaire et a remporté un Grand Prix du jury à Sundance. Plus pointu mais tout aussi passionnant s’annonce Oil City Confidential, de Julian Temple, sur le groupe de pub rock Dr. Feelgood.
Dans le même genre du documentaire musical, We Might As Well Fail/Rocdoc, de Govinda Van Maele, explore la scène rock luxembourgeoise. Discovery Zone vise en effet aussi à mettre en valeur la production nationale, le festival présentant notamment en avant-première et en présence du réalisateur Mein bester Feind de Wolfgang Murnberger avec Moritz Bleibtreu, sélectionné à Berlin et coproduit au Luxembourg par Samsa Film.
Ce sera aussi l’occasion de faire découvrir le travail des studios d’animation luxembourgeois, d’ordinaire assez discrets et qui ont pourtant quelques belles réussites à leur actif.
Citons la série Le Petit Prince d’après Saint-Exupéry, coproduite par La Fabrique d’images, ou encore Allez raconte, coproduit par Studio 352, qui seront présentés au festival. Une soirée spéciale sera dédiée aux courts-métrages luxembourgeois, avec la présentation de courts inédits dont le poétique film d’animation Rose et Violet, coréalisé par le Luxembourgeois Claude Grosch et le Canadien Luc Otter.
La programmation est complétée par un regard sur le cinéma des Balkans, peu connu au Luxembourg, et quatre films «Re-Discover». Rappelons enfin que toute une partie du festival est réservée au public jeune (de 6 à 18 ans) avec des animations, des ateliers et des discussions pour mieux comprendre comment se fait le cinéma.

28 avril: Ouverture (Life in a Day) et «Hop (on/off) Animation»: visite des studios La Fabrique d’Images et Studio 352
30 avril: Rose et Violet, présenté par le réalisateur Claude Grosch et Soirée des Balkans
3 et 5 mai: Crazy Cinematographe for Kids
5 mai: Soirée de courts-métrages luxembourgeois, en présence des réalisateurs
Programme complet: www.discoveryzone.lu

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