May 18 2014

La coproduction luxembourgeoise “Amour Fou” entre en compétition

Published by at 05:29 under Amour Fou,Festival

SOURCE: http://www.wort.lu


L’acteur allemand Christian Friedel, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner et l’actrice allemande Birte Schnoink lors du Photocall de “Amour Fou” à Cannes. Photo: AFP

Le jour de la montée des marches est arrivé pour toute l’équipe du film “Amour Fou”, sélectionné dans la compétition “Un certain regard”. L’actrice Marie-Paule von Roesgen et la productrice Bady Minck ont fait le déplacement à Cannes.

Le film de la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner s’inspire librement de la vie du poète allemand Heinrich von Kleist (1777-1811). «Ce n’est pas un biopic», insiste la coproductrice luxembourgeoise Bady Minck qui observe que c’est surtout le contexte social dans lequel se déroule cette fiction qui importe. L’histoire se situe alors que l’écrivain décide de se suicider, n’ayant aucun plaisir à vivre dans une solitude qui le ronge. Toutefois, pour véritablement «réussir» sa mort, Kleist (interprété par l’excellent Christian Friedel) souhaite qu’une personne se suicide avec lui.

Il tente tout d’abord de convaincre celle qu’il aime, sa cousine Marie. Celle-ci refuse. Il se tourne donc vers une amie, Henriette Vogel (Birte Schnöink). Cette jeune femme, épouse dévouée et mère d’une fillette, est tout d’abord choquée par cette proposition. Mais lorsqu’elle apprend qu’elle est touchée par une maladie que les médecins pensent incurable, elle se révise. Puisqu’elle va mourir, autant ne pas périr seule et faire plaisir à Kleist.

Travail de styliste

Le résultat est à la hauteur des ambitions de la réalisatrice. Il est question dans le film de la vie, de la mort, de l’amour et de la part d’absurdité qu’il y a dans les choix existentiels.

Chaque scène est construite comme un tableau dont l’esthétique rappelle les codes de la Renaissance, avec des lignes de fuite qui introduisent une perspective dans des situations qui paraissent figées (de la même manière que Kleist présente à Henriette le suicide comme une échappatoire au carcan social). Les personnages bougent très peu mais le rythme du découpage de l’image est tel qu’il n’en ressort aucune lourdeur.

Les jeux de couleurs sont également splendides. Les costumes (imaginés par la soeur de la réalisatrice d’après des gravures de l’époque) répondent aux décors intérieurs des appartements pour donner l’impression que les personnages en sont partie intégrante.

Jessica Hausner ne donne à aucun moment l’impression de forcer le trait. L’artifice est là comme une évidence. Il faut dire que la réalisatrice a trouvé dans ses acteurs des personnalités capables d’incarner ce mélange de sincérité et d’inconscience qui fait ressortir l’ironie d’une situation somme toute tragique.

Marie-Laure Rolland

Comments

comments

SOURCE: http://www.wort.lu


L’acteur allemand Christian Friedel, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner et l’actrice allemande Birte Schnoink lors du Photocall de “Amour Fou” à Cannes. Photo: AFP

Le jour de la montée des marches est arrivé pour toute l’équipe du film “Amour Fou”, sélectionné dans la compétition “Un certain regard”. L’actrice Marie-Paule von Roesgen et la productrice Bady Minck ont fait le déplacement à Cannes.

Le film de la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner s’inspire librement de la vie du poète allemand Heinrich von Kleist (1777-1811). «Ce n’est pas un biopic», insiste la coproductrice luxembourgeoise Bady Minck qui observe que c’est surtout le contexte social dans lequel se déroule cette fiction qui importe. L’histoire se situe alors que l’écrivain décide de se suicider, n’ayant aucun plaisir à vivre dans une solitude qui le ronge. Toutefois, pour véritablement «réussir» sa mort, Kleist (interprété par l’excellent Christian Friedel) souhaite qu’une personne se suicide avec lui.

Il tente tout d’abord de convaincre celle qu’il aime, sa cousine Marie. Celle-ci refuse. Il se tourne donc vers une amie, Henriette Vogel (Birte Schnöink). Cette jeune femme, épouse dévouée et mère d’une fillette, est tout d’abord choquée par cette proposition. Mais lorsqu’elle apprend qu’elle est touchée par une maladie que les médecins pensent incurable, elle se révise. Puisqu’elle va mourir, autant ne pas périr seule et faire plaisir à Kleist.

Travail de styliste

Le résultat est à la hauteur des ambitions de la réalisatrice. Il est question dans le film de la vie, de la mort, de l’amour et de la part d’absurdité qu’il y a dans les choix existentiels.

Chaque scène est construite comme un tableau dont l’esthétique rappelle les codes de la Renaissance, avec des lignes de fuite qui introduisent une perspective dans des situations qui paraissent figées (de la même manière que Kleist présente à Henriette le suicide comme une échappatoire au carcan social). Les personnages bougent très peu mais le rythme du découpage de l’image est tel qu’il n’en ressort aucune lourdeur.

Les jeux de couleurs sont également splendides. Les costumes (imaginés par la soeur de la réalisatrice d’après des gravures de l’époque) répondent aux décors intérieurs des appartements pour donner l’impression que les personnages en sont partie intégrante.

Jessica Hausner ne donne à aucun moment l’impression de forcer le trait. L’artifice est là comme une évidence. Il faut dire que la réalisatrice a trouvé dans ses acteurs des personnalités capables d’incarner ce mélange de sincérité et d’inconscience qui fait ressortir l’ironie d’une situation somme toute tragique.

Marie-Laure Rolland

Comments

comments

No responses yet

Comments are closed at this time.

Trackback URI |