Apr 07 2011

La découverte de la modération

Published by at 01:29 under Articles,Festival,Français

SOURCE: http://www.woxx.lu – Luc Caregari

Adieu le bling-bling ! C’est la leçon que nos chers politiques et le gratin culturel ont appris après deux éditions désastreuses du « DirActor’s Cut ». Désormais, le festival « Discovery Zone » mise sur la découverte.

C’était Claude Bertemes, le directeur de la cinémathèque municipale, qui a le premier coupé la langue de bois pour parler net et évoquer en des termes très sévères les déboires du « DirActor’s Cut » : « Discovery Zone constitue une rupture très nette avec le précédent festival. Car le
DirActor’s Cut manquait de tout : pas de stratégie, pas de crédibilité, trop bling-bling et aussi trop franco-français ». Sandrine Bonnaire peut donc rester à Esch, elle ne sera pas l’invitée du festival « Discovery », ni Clint Eastwood non plus, comme l’ont précisé les organisateurs.

Il régnait tout de même une drôle d’atmosphère dans la salle de la cinémathèque municipale où a eu lieu la conférence de presse du « nouveau » festival. D’abord parce que certains membres du comité de la nouvelle asbl qui porte « Discovery Zone » ont tellement renié le bling-bling de son prédecesseur qu’on s’est demandé s’ils ne portaient pas de cilice sous leur costume de ville. On les aurait presque pris en pitié ou du moins leur aurait-on donné une médaille pour tant de modération. Car les vives critiques qu’avaient suscité le « DirActor’s Cut » dans la presse étaient bien fondées : ce festival n’a pas profité aux acteurs culturels luxembourgeois, il n’avait aucune perspective de développement durable et surtout coûtait massivement – en somme tout ce que l’année culturelle 2007, sous la houlette de laquelle a eu lieu la première édition, ne voulait pas être.

« Nous n’avons pas réussi à rejoindre nos objectifs avec le DirActor’s Cut, mais nous avons appris la leçon », a rassuré l’échevine culturelle de la ville de Luxembourg, Lydie Polfer. Quitte à se demander quels ont bien pu être leurs objectifs – excepté de se voir en photo près de stars hollywoodiennes dans les canards locaux – la « Discovery Zone » promet tout de même quelques nouveautés intéressantes. Poursuivant un double objectif, selon Colette Flesch, présidente de la nouvelle asbl,
d’« attirer davantage la jeunesse et de mettre en valeur des films produits au grand-duché et en général de pousser la curiosité des gens», le festival est subdivisé en trois sections : la première « Discover Selected », est la sélection officielle. Elle comporte des avant-premières de films aussi sélectionnés par d’autres festivals comme Sundance, le Toronto Film Festival ou encore Deauville. Dans cette catégorie seront montrés entre autres « A Life in A Day », un film constitué d’images données par des usagers de la plateforme Youtube dont Kevin MacDonald a fait un tout, ou encore « 13 Assassins » le dernier-né du réalisateur culte japonais Takashi Miike, connu entre autres pour « Ichi, the Killer » ou « Gozu », mais c’est loin d’être tout. La deuxième catégorie « Hot Docs » est totalement dédiée au documentaire, avec comme poids lourd, la première de « Restrepo » de Tim Hetherington qui a passé une année avec des soldats américains encerclés par les talibans dans une vallée afghane. Finalement, une section est réservée au jeune public qui pourra non seulement découvrir des films d’animation, mais faire ses premiers pas dans ces métiers de l’animation à l’occasion de quelques workshops organisés en marge du festival.

En tout, « Discovery Zone » est une double bonne nouvelle, car le Luxembourg s’est enfin doté d’un festival cinématographique à sa hauteur, après le décès du très acclamé « Cinenygma ». Et puis, nos politiciens ont démontré que parfois ils peuvent même écouter les critiques qui s’adressent à eux.

www.discoveryzone.lu

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SOURCE: http://www.woxx.lu – Luc Caregari

Adieu le bling-bling ! C’est la leçon que nos chers politiques et le gratin culturel ont appris après deux éditions désastreuses du « DirActor’s Cut ». Désormais, le festival « Discovery Zone » mise sur la découverte.

C’était Claude Bertemes, le directeur de la cinémathèque municipale, qui a le premier coupé la langue de bois pour parler net et évoquer en des termes très sévères les déboires du « DirActor’s Cut » : « Discovery Zone constitue une rupture très nette avec le précédent festival. Car le
DirActor’s Cut manquait de tout : pas de stratégie, pas de crédibilité, trop bling-bling et aussi trop franco-français ». Sandrine Bonnaire peut donc rester à Esch, elle ne sera pas l’invitée du festival « Discovery », ni Clint Eastwood non plus, comme l’ont précisé les organisateurs.

Il régnait tout de même une drôle d’atmosphère dans la salle de la cinémathèque municipale où a eu lieu la conférence de presse du « nouveau » festival. D’abord parce que certains membres du comité de la nouvelle asbl qui porte « Discovery Zone » ont tellement renié le bling-bling de son prédecesseur qu’on s’est demandé s’ils ne portaient pas de cilice sous leur costume de ville. On les aurait presque pris en pitié ou du moins leur aurait-on donné une médaille pour tant de modération. Car les vives critiques qu’avaient suscité le « DirActor’s Cut » dans la presse étaient bien fondées : ce festival n’a pas profité aux acteurs culturels luxembourgeois, il n’avait aucune perspective de développement durable et surtout coûtait massivement – en somme tout ce que l’année culturelle 2007, sous la houlette de laquelle a eu lieu la première édition, ne voulait pas être.

« Nous n’avons pas réussi à rejoindre nos objectifs avec le DirActor’s Cut, mais nous avons appris la leçon », a rassuré l’échevine culturelle de la ville de Luxembourg, Lydie Polfer. Quitte à se demander quels ont bien pu être leurs objectifs – excepté de se voir en photo près de stars hollywoodiennes dans les canards locaux – la « Discovery Zone » promet tout de même quelques nouveautés intéressantes. Poursuivant un double objectif, selon Colette Flesch, présidente de la nouvelle asbl,
d’« attirer davantage la jeunesse et de mettre en valeur des films produits au grand-duché et en général de pousser la curiosité des gens», le festival est subdivisé en trois sections : la première « Discover Selected », est la sélection officielle. Elle comporte des avant-premières de films aussi sélectionnés par d’autres festivals comme Sundance, le Toronto Film Festival ou encore Deauville. Dans cette catégorie seront montrés entre autres « A Life in A Day », un film constitué d’images données par des usagers de la plateforme Youtube dont Kevin MacDonald a fait un tout, ou encore « 13 Assassins » le dernier-né du réalisateur culte japonais Takashi Miike, connu entre autres pour « Ichi, the Killer » ou « Gozu », mais c’est loin d’être tout. La deuxième catégorie « Hot Docs » est totalement dédiée au documentaire, avec comme poids lourd, la première de « Restrepo » de Tim Hetherington qui a passé une année avec des soldats américains encerclés par les talibans dans une vallée afghane. Finalement, une section est réservée au jeune public qui pourra non seulement découvrir des films d’animation, mais faire ses premiers pas dans ces métiers de l’animation à l’occasion de quelques workshops organisés en marge du festival.

En tout, « Discovery Zone » est une double bonne nouvelle, car le Luxembourg s’est enfin doté d’un festival cinématographique à sa hauteur, après le décès du très acclamé « Cinenygma ». Et puis, nos politiciens ont démontré que parfois ils peuvent même écouter les critiques qui s’adressent à eux.

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