May 22 2009

Le Luxembourg sur la Croisette

Published by at 18:22 under Festival

source: http://le-jeudi.editpress.lu/Culture/1589.html Viviane Thill

«Ne te retourne pas» de Marina de Van (Samsa Film) et «Panique au village» de Stéphane Aubier et Vincent Patar (Mélusine Productions) sont présentés au festival de Cannes en sélection officielle et séances de minuit, hors compétition.

En près de vingt ans, les producteurs luxembourgeois se sont forgé une réelle crédibilité auprès de leurs partenaires étrangers, qui leur permet de collaborer régulièrement à des films d’envergure. La double invitation à Cannes de Ne te retourne pas et Panique au village n’est qu’un signe supplémentaire de cette évolution, tout comme la présence de plus en plus fréquente de noms luxembourgeois aux génériques de ces coproductions.
Véronique Sacrez figure ainsi comme chef décoratrice sur Ne te retourne pas, un film dans lequel les décors jouent un rôle tout à fait central, tandis que Carlo Thoss y a été responsable du son et que la musique est due au compositeur Luc Rollinger. Plusieurs comédiens nationaux y font par ailleurs des apparitions, le rôle le plus important revenant en l’occurrence à Myriam Müller.
Présenté samedi dernier, Ne te retourne pas raconte comment Jeanne (Sophie Marceau), journaliste et mère de famille à la recherche de ses souvenirs d’enfance (elle a été victime d’amnésie à 8 ans), voit tout à coup les choses autour d’elle se modifier, d’abord son appartement, puis son mari et ses enfants. Et puis, c’est elle qui change de visage et de corps (en devenant Monica Bellucci) jusqu’à se croire folle, d’autant plus que personne à part elle ne semble le remarquer.
Au final, c’est l’histoire d’un traumatisme d’enfance et d’un secret de famille que raconte Marina de Van dans un film dans lequel l’élément fantastique devient la métaphore de l’inconscient du personnage. Cette relecture, a priori originale, du thème du double, n’a pourtant pas convaincu les festivaliers, l’effet fantastique étant greffé de façon trop grossière sur un univers quotidien décrit schématiquement, avec notamment des dialogues très au premier degré.
Plus préoccupé par ses effets fantastiques que par la personnalité et l’évolution de son personnage, le film peine à faire croire en ce qu’il raconte, ce qui est dommage car le sujet était intéressant.

Des studios d’animation…

La rumeur est plus positive pour Panique au village, qui sera présenté sur la Croisette ce jeudi soir. Depuis vingt ans, plusieurs studios d’animation se sont installés au Grand-Duché, en partie alimentés en personnel par le BTS Animation du lycée technique des Arts et Métiers, seule formation professionnelle qui existe actuellement en matière de cinéma au Luxembourg.
Encore trop peu connu du public, car beaucoup orienté vers la production télévisée, le secteur de l’animation luxembourgeoise n’en est pas moins extrêmement dynamique. Outre les séries télévisées, on produit au Luxembourg des courts métrages d’auteurs (Dan Wiroth, Olivier Pesch, entre autres) et on coproduit des longs métrages pour le cinéma (Freccia Azzurra, Renaissance), couvrant ainsi la totalité du spectre en matière d’animation.
Il existe donc dans ce domaine un précieux savoir-faire, autant en ce qui concerne les producteurs que les animateurs. En outre, le cinéma luxembourgeois est régulièrement très bien représenté au réputé festival du Film d’animation à Annecy.

… à plus, si affinités

Dans le cas de Panique au village, Mélusine Productions a collaboré à l’adaptation en long métrage d’une série réalisée par les Belges Stéphane Aubier et Vincent Patar, série qui avait obtenu en 2001 le Grand Prix de la série TV à Annecy et a été diffusée par la RTBF et Canal+.
L’originalité de la série tient à ce que, à l’heure de la technique surpuissante et de la 3e dimension, elle est tout modestement réalisée avec de petites figurines en plastique. On peut d’ailleurs les voir, depuis quelque temps déjà, sur le spot qui précède au Luxembourg les films diffusés par le distributeur Cinélibre: un long divan est poussé dans une salle où Cheval, Indien et Cowboy commencent à regarder un film, non sans que Cowboy ait raccourci, d’un coup de ciseaux impressionnants, les plumes d’Indien pour libérer la vue sur l’écran.
Les deux sélections en matière de coproductions ne devraient toutefois pas faire oublier que le cinéma luxembourgeois, identifié en tant que tel chez nous et à l’étranger, c’est-à-dire racontant une histoire luxembourgeoise ou réalisé par un Luxembourgeois, est encore beaucoup moins reconnu. Seul Pol Cruchten avec Hochzäitsnuecht/Nuit de noces dans la section «Un Certain Regard» et Bady Minck avec Au commencement était le regard dans «La Quinzaine des réalisateurs» ont jusqu’à présent réussi à se faire remarquer à Cannes.
Depuis quelques années, de jeunes réalisateurs apparaissent toutefois au Luxembourg, comme Max Jacoby (qui vient de finir son premier long métrage), Beryl Koltz (qui travaille à l’écriture de son premier long) ou Jacques Molitor (qui va présenter un nouveau court). Ils font preuve de personnalité, de talent et d’originalité. Molitor a d’ailleurs reçu, de même que son collègue Ben Andrews et le jeune scénariste Frédéric Zeimet, une bourse du Fonds national de soutien pour venir à Cannes durant le festival.
Il n’est donc pas exclu que, d’ici quelques années, un film «vraiment» luxembourgeois se retrouve sur la Croisette.

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source: http://le-jeudi.editpress.lu/Culture/1589.html Viviane Thill

«Ne te retourne pas» de Marina de Van (Samsa Film) et «Panique au village» de Stéphane Aubier et Vincent Patar (Mélusine Productions) sont présentés au festival de Cannes en sélection officielle et séances de minuit, hors compétition.

En près de vingt ans, les producteurs luxembourgeois se sont forgé une réelle crédibilité auprès de leurs partenaires étrangers, qui leur permet de collaborer régulièrement à des films d’envergure. La double invitation à Cannes de Ne te retourne pas et Panique au village n’est qu’un signe supplémentaire de cette évolution, tout comme la présence de plus en plus fréquente de noms luxembourgeois aux génériques de ces coproductions.
Véronique Sacrez figure ainsi comme chef décoratrice sur Ne te retourne pas, un film dans lequel les décors jouent un rôle tout à fait central, tandis que Carlo Thoss y a été responsable du son et que la musique est due au compositeur Luc Rollinger. Plusieurs comédiens nationaux y font par ailleurs des apparitions, le rôle le plus important revenant en l’occurrence à Myriam Müller.
Présenté samedi dernier, Ne te retourne pas raconte comment Jeanne (Sophie Marceau), journaliste et mère de famille à la recherche de ses souvenirs d’enfance (elle a été victime d’amnésie à 8 ans), voit tout à coup les choses autour d’elle se modifier, d’abord son appartement, puis son mari et ses enfants. Et puis, c’est elle qui change de visage et de corps (en devenant Monica Bellucci) jusqu’à se croire folle, d’autant plus que personne à part elle ne semble le remarquer.
Au final, c’est l’histoire d’un traumatisme d’enfance et d’un secret de famille que raconte Marina de Van dans un film dans lequel l’élément fantastique devient la métaphore de l’inconscient du personnage. Cette relecture, a priori originale, du thème du double, n’a pourtant pas convaincu les festivaliers, l’effet fantastique étant greffé de façon trop grossière sur un univers quotidien décrit schématiquement, avec notamment des dialogues très au premier degré.
Plus préoccupé par ses effets fantastiques que par la personnalité et l’évolution de son personnage, le film peine à faire croire en ce qu’il raconte, ce qui est dommage car le sujet était intéressant.

Des studios d’animation…

La rumeur est plus positive pour Panique au village, qui sera présenté sur la Croisette ce jeudi soir. Depuis vingt ans, plusieurs studios d’animation se sont installés au Grand-Duché, en partie alimentés en personnel par le BTS Animation du lycée technique des Arts et Métiers, seule formation professionnelle qui existe actuellement en matière de cinéma au Luxembourg.
Encore trop peu connu du public, car beaucoup orienté vers la production télévisée, le secteur de l’animation luxembourgeoise n’en est pas moins extrêmement dynamique. Outre les séries télévisées, on produit au Luxembourg des courts métrages d’auteurs (Dan Wiroth, Olivier Pesch, entre autres) et on coproduit des longs métrages pour le cinéma (Freccia Azzurra, Renaissance), couvrant ainsi la totalité du spectre en matière d’animation.
Il existe donc dans ce domaine un précieux savoir-faire, autant en ce qui concerne les producteurs que les animateurs. En outre, le cinéma luxembourgeois est régulièrement très bien représenté au réputé festival du Film d’animation à Annecy.

… à plus, si affinités

Dans le cas de Panique au village, Mélusine Productions a collaboré à l’adaptation en long métrage d’une série réalisée par les Belges Stéphane Aubier et Vincent Patar, série qui avait obtenu en 2001 le Grand Prix de la série TV à Annecy et a été diffusée par la RTBF et Canal+.
L’originalité de la série tient à ce que, à l’heure de la technique surpuissante et de la 3e dimension, elle est tout modestement réalisée avec de petites figurines en plastique. On peut d’ailleurs les voir, depuis quelque temps déjà, sur le spot qui précède au Luxembourg les films diffusés par le distributeur Cinélibre: un long divan est poussé dans une salle où Cheval, Indien et Cowboy commencent à regarder un film, non sans que Cowboy ait raccourci, d’un coup de ciseaux impressionnants, les plumes d’Indien pour libérer la vue sur l’écran.
Les deux sélections en matière de coproductions ne devraient toutefois pas faire oublier que le cinéma luxembourgeois, identifié en tant que tel chez nous et à l’étranger, c’est-à-dire racontant une histoire luxembourgeoise ou réalisé par un Luxembourgeois, est encore beaucoup moins reconnu. Seul Pol Cruchten avec Hochzäitsnuecht/Nuit de noces dans la section «Un Certain Regard» et Bady Minck avec Au commencement était le regard dans «La Quinzaine des réalisateurs» ont jusqu’à présent réussi à se faire remarquer à Cannes.
Depuis quelques années, de jeunes réalisateurs apparaissent toutefois au Luxembourg, comme Max Jacoby (qui vient de finir son premier long métrage), Beryl Koltz (qui travaille à l’écriture de son premier long) ou Jacques Molitor (qui va présenter un nouveau court). Ils font preuve de personnalité, de talent et d’originalité. Molitor a d’ailleurs reçu, de même que son collègue Ben Andrews et le jeune scénariste Frédéric Zeimet, une bourse du Fonds national de soutien pour venir à Cannes durant le festival.
Il n’est donc pas exclu que, d’ici quelques années, un film «vraiment» luxembourgeois se retrouve sur la Croisette.

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One Response to “Le Luxembourg sur la Croisette”

  1. Jenni Männion 23 May 2009 at 09:55

    Mol een deen versteet dass een Film vun enger franzeischer Realisatrice, a franzeischer Sprooch, matt 2 franzeischen Haaptschauspillerinen, majoritär mat franzeischem Geld produzeiert naischt letzeboiesches ass!

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