May 21 2012

Mon journal de Cannes

Published by at 18:54 under Festival,Français

SOURCE: http://www.wort.lu

Dieu fait débat sur la Croisette

Troisième volet de “Mon journal de Cannes”, par notre envoyée spéciale à Cannes Marie-Laure Rolland.

Samedi 20 mai

11h30: Dieu fait débat

Début de journée studieuse: commencer la rédaction de la critique de „Au-delà des collines“, du réalisateur roumain Cristian Mungiu, pour l’édition du Luxemburger Wort de lundi. En vue d’un week end chargé, mieux vaut anticiper le travail…

Le nouveau long métrage de Mungiu, présenté cinq ans après sa Palme d’or à Cannes pour «4 mois, 3 semaines, 2 jours», est un sérieux candidat pour une nouvelle distinction. «Au-delà des collines» est inspiré d’une histoire vraie. Le film nous plonge dans la Roumanie profonde où, en 2005, une jeune fille est morte dans un couvent où elle venait voir une amie, des suites d’un exorcisme. C’est l’histoire d’Alina (Cosmina Stratan) et de Voichita (Cristina Flutur). Toutes deux ont grandi ensemble dans un orphelinat avant d’être séparées. Voichita a trouvé un sens à sa vie en se consacrant à Dieu. Elle vit dans un monastère isolé, en Moldavie. C’est là que vient la retrouver Alina. Celle-ci était partie travailler en Allemagne, mais elle ne parvient pas à y vivre seule. Son amour pour Voichita est sa seule raison de vivre. Elle veut convaincre celle-ci de quitter le monastère. Elle ne retournera pas en Allemagne sans elle. Mais comment rivaliser contre Dieu? C’est l’impasse, et celle-ci va tourner au drame. Cristian Mungiu excelle à nous placer au coeur d’un drame dont on ne sait s’il est le fruit de la fatalité, de la bêtise ou de l’obscurantisme. Pour déterminer la frontière du Bien et du Mal, peut-on uniquement s’en remettre à Dieu?

Dieu, il en est aussi question dans „Les voisins de Dieu“, premier long métrage de l’Israelien Meni Yaesh présenté dans le cadre de la Semaine de la critique et distribué par Rezo World Sales, partenaire de la société luxembourgeoise Iris Group. L’histoire se déroule à Bat Yam, en Israel. Trois bons copains, Avi, Kobi et Yaniv, des juifs orthodoxes, maintiennent un ordre musclé dans leur quartier où ils imposent leurs codes de moralité. L’équilibre de cette bande soudée vole en éclat le jour où Avi, leur leader, tombe amoureux d’une jeune fille juive non pratiquante. Celle-ci est-elle une envoyée de Dieu venue ouvrir au jeune homme un autre chemin que celui de l’extrémisme et de la violence? Ou n’est-elle qu’une tentatrice maléfique? Avi s’interroge. Le conflit israélo-palestinien passe au second plan dans ce film bien enlevé, énergique et sensible, qui propose un zoom dans un quartier israélien où les habitants sont avant tout en proie à des problèmes de proximité et de conflits intérieurs.

Belle ambiance dans la salle Miramar qui accueille les films de la Semaine de la critique, à quelques pas du Carlton sur la Croisette. L’équipe du film, présente lors de la projection, a été longuement applaudie par le public. Les festivaliers, qui peinent à trouver des places pour les projection des films en compétition dans la sélection officielle („Compétition“ et „Un certain regard“), font leur miel dans les sélections parallèles: Semaine de la critique et Quinzaine des réalisateurs.

14h00-19h00: embouteillage au Pavillon luxembourgeois

Finalement, j’ai un instant pour aller saluer le Pavillon luxembourgeois, installé comme chaque année dans le „Village international“ qui longe la plage de la Croisette, derrière le Palais des festivals. Bien m’en prend. Françoise Lentz et Béatrice Lamartres y accueillent avec le sourire les visiteurs de passage. Et ceux-ci sont nombreux à s’y presser en ce quatrième jour de Festival. Installée stratégiquement à une table située près de l’entrée, il ne me reste plus qu’à surveiller les va-et-vient pour aller à la pêche aux interviews.

Le producteur de Lucil Film Bernard Michaux (qui travaille à la future série télévisée „Comeback“ pour RTL), Jani Thilges de Samsa (dont la coproduction „A perdre la raison“, de Joachim Lafosse, a été retenu en sélection officielle dans Un certain regard), Donato Rotuno (venu faire la promotion du nouveau long métrage produit par Tarentula, „Mobile Home“) ou encore le jeune scénariste et réalisateur Brice Montagne (dont le premier court-métrage, „Do you believe in Magic?“, a été sélectionné pour le Short Film Corner du Festival)… les clients ne manquent pas. Et par chance, en dépit d’un vent violent qui souffle sur Cannes, le pavillon luxembourgeois tient bon. Son voisin canadien ne peut pas en dire autant: il a fallu l’intervention des services techniques pour remettre sa tente d’aplomb!

18h30: c’est pas le tout de faire des films…

Alors que le directeur général du ministère de la Culture, Bob Krieps, fait une entrée dans le Pavillon avec sa fille, l’actrice Vicky Krieps, il est temps pour mois de quitter les lieux (qui ferment de toutes façons leurs portes à 19h00) pour me rendre à mon interview avec le patron de Rezo Distributions, Jean-Michel Rey, qui doit m’expliquer les ficelles de son métier et l’enjeu de son partenariat avec Iris Group au Luxembourg. Faire des films, c’est bien. Pouvoir les diffuser sur grand écran, c’est mieux. Et c’est tout un métier.

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Dieu fait débat sur la Croisette

Troisième volet de “Mon journal de Cannes”, par notre envoyée spéciale à Cannes Marie-Laure Rolland.

Samedi 20 mai

11h30: Dieu fait débat

Début de journée studieuse: commencer la rédaction de la critique de „Au-delà des collines“, du réalisateur roumain Cristian Mungiu, pour l’édition du Luxemburger Wort de lundi. En vue d’un week end chargé, mieux vaut anticiper le travail…

Le nouveau long métrage de Mungiu, présenté cinq ans après sa Palme d’or à Cannes pour «4 mois, 3 semaines, 2 jours», est un sérieux candidat pour une nouvelle distinction. «Au-delà des collines» est inspiré d’une histoire vraie. Le film nous plonge dans la Roumanie profonde où, en 2005, une jeune fille est morte dans un couvent où elle venait voir une amie, des suites d’un exorcisme. C’est l’histoire d’Alina (Cosmina Stratan) et de Voichita (Cristina Flutur). Toutes deux ont grandi ensemble dans un orphelinat avant d’être séparées. Voichita a trouvé un sens à sa vie en se consacrant à Dieu. Elle vit dans un monastère isolé, en Moldavie. C’est là que vient la retrouver Alina. Celle-ci était partie travailler en Allemagne, mais elle ne parvient pas à y vivre seule. Son amour pour Voichita est sa seule raison de vivre. Elle veut convaincre celle-ci de quitter le monastère. Elle ne retournera pas en Allemagne sans elle. Mais comment rivaliser contre Dieu? C’est l’impasse, et celle-ci va tourner au drame. Cristian Mungiu excelle à nous placer au coeur d’un drame dont on ne sait s’il est le fruit de la fatalité, de la bêtise ou de l’obscurantisme. Pour déterminer la frontière du Bien et du Mal, peut-on uniquement s’en remettre à Dieu?

Dieu, il en est aussi question dans „Les voisins de Dieu“, premier long métrage de l’Israelien Meni Yaesh présenté dans le cadre de la Semaine de la critique et distribué par Rezo World Sales, partenaire de la société luxembourgeoise Iris Group. L’histoire se déroule à Bat Yam, en Israel. Trois bons copains, Avi, Kobi et Yaniv, des juifs orthodoxes, maintiennent un ordre musclé dans leur quartier où ils imposent leurs codes de moralité. L’équilibre de cette bande soudée vole en éclat le jour où Avi, leur leader, tombe amoureux d’une jeune fille juive non pratiquante. Celle-ci est-elle une envoyée de Dieu venue ouvrir au jeune homme un autre chemin que celui de l’extrémisme et de la violence? Ou n’est-elle qu’une tentatrice maléfique? Avi s’interroge. Le conflit israélo-palestinien passe au second plan dans ce film bien enlevé, énergique et sensible, qui propose un zoom dans un quartier israélien où les habitants sont avant tout en proie à des problèmes de proximité et de conflits intérieurs.

Belle ambiance dans la salle Miramar qui accueille les films de la Semaine de la critique, à quelques pas du Carlton sur la Croisette. L’équipe du film, présente lors de la projection, a été longuement applaudie par le public. Les festivaliers, qui peinent à trouver des places pour les projection des films en compétition dans la sélection officielle („Compétition“ et „Un certain regard“), font leur miel dans les sélections parallèles: Semaine de la critique et Quinzaine des réalisateurs.

14h00-19h00: embouteillage au Pavillon luxembourgeois

Finalement, j’ai un instant pour aller saluer le Pavillon luxembourgeois, installé comme chaque année dans le „Village international“ qui longe la plage de la Croisette, derrière le Palais des festivals. Bien m’en prend. Françoise Lentz et Béatrice Lamartres y accueillent avec le sourire les visiteurs de passage. Et ceux-ci sont nombreux à s’y presser en ce quatrième jour de Festival. Installée stratégiquement à une table située près de l’entrée, il ne me reste plus qu’à surveiller les va-et-vient pour aller à la pêche aux interviews.

Le producteur de Lucil Film Bernard Michaux (qui travaille à la future série télévisée „Comeback“ pour RTL), Jani Thilges de Samsa (dont la coproduction „A perdre la raison“, de Joachim Lafosse, a été retenu en sélection officielle dans Un certain regard), Donato Rotuno (venu faire la promotion du nouveau long métrage produit par Tarentula, „Mobile Home“) ou encore le jeune scénariste et réalisateur Brice Montagne (dont le premier court-métrage, „Do you believe in Magic?“, a été sélectionné pour le Short Film Corner du Festival)… les clients ne manquent pas. Et par chance, en dépit d’un vent violent qui souffle sur Cannes, le pavillon luxembourgeois tient bon. Son voisin canadien ne peut pas en dire autant: il a fallu l’intervention des services techniques pour remettre sa tente d’aplomb!

18h30: c’est pas le tout de faire des films…

Alors que le directeur général du ministère de la Culture, Bob Krieps, fait une entrée dans le Pavillon avec sa fille, l’actrice Vicky Krieps, il est temps pour mois de quitter les lieux (qui ferment de toutes façons leurs portes à 19h00) pour me rendre à mon interview avec le patron de Rezo Distributions, Jean-Michel Rey, qui doit m’expliquer les ficelles de son métier et l’enjeu de son partenariat avec Iris Group au Luxembourg. Faire des films, c’est bien. Pouvoir les diffuser sur grand écran, c’est mieux. Et c’est tout un métier.

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