Oct 20 2009

Press: Diractors

Published by at 14:55 under Festival

A few Press Articles about the Diractors Festival:

Source: www.wort.luwww.journal.luwww.lequotidien.lu

WORT:
In letzter Minute hat der Veranstalter des hauptstädtischen Filmfestivals „Diractors“ noch eine Prise Glitz und Glamour in das Programm reinbringen können. Die französische Schauspielerin Carole Bouquet – Bond-Girl und Ex-Frau von Gérard Depardieu – konnte kurzfristig verpflichtet werden und war die Filmdiva beim diesjährigen Filmfest und rechtfertigte insgeheim das Ausrollen des roten Teppichs.

Die Schauspielerin, die in dem letzten Buñuel-Streifen „Cet obscur objet du désir“ debütiert und zuletzt im Kinderfilm „Les enfants de Timpelbach“ mitgewirkt hat (dieser Film wurde u.a. in Clerf, Befort und Ansembourg aufgenommen), nahm an einem der Rundtischgespräche teil.

Die Filmdiva und Weinkennerin hatte aber auch ihren Wein zum Galadinner mitgebracht. Wein ist ihr spezielles Hobby, ein Zeitvertreib, den die Schauspielerin mit ihrem Ex-Partner Gérard Depardieu verbindet. Dabei auf ihrer Luxemburg-Eskapade hatte Carole Bouquet aber auch noch ihren jetzigen Partner, den italienischen Banker Claudio Costamagna, den sie 2006 auf einer Insel in Sizilien kennen gelernt hat.

JOURNAL
Un moment fort: la venue de Carole Bouquet
20.10.2009
Presque aussitôt qu’il avait commencé, le Diractors International Film Festival s’est en somme clôturé le samedi soir par l’avant-première de «New York, I Love You», un film réalisé par 11 réalisateurs, dont e. a. Fatih Akin, Mira Nair, Natalie Portman, Yvan Attal ou Brett Ratner, suivi d’un dîner à l’hôtel Royal. Le sentiment de ne pas avoir assisté à un vrai festival du cinéma a saisi beaucoup de festivaliers quoique la journée de samedi fût bien chargée et au moins pour la table ronde en fin d’après-midi s’installait une atmosphère de festival et les spectateurs ont pu voir presque tous les invités du festival autour du thème «être acteur/réalisateur en Europe».

Luc Picard, Lionel Baier et Carole Bouquet
Le samedi était donc la journée des cartes blanches. D’abord l’acteur/réalisateur québécois Luc Picard a parlé à l’Utopia de ses expériences sur les plateaux de tournage. Son premier film, «L’Audition» (2005), a été un des moments les plus forts de la sélection cinématographique du festival 2009. Cette rencontre s’était tout juste terminée que commençait la carte blanche de Lionel Baier à la Cinémathèque. Ce réalisateur suisse brillait de par son humour et la vitesse de son langage. Malheureusement, il n’y avait guère de spectateurs qui s’intéressaient à ces deux révélations sur le territoire grand-ducal. En même temps débutait le moment fort de cette troisième édition du festival, qui a pour objectif de mettre en valeur le travail des acteurs/actrices devenus réalisateur/réalisatrices, la table ronde avec comme invitée d’honneur l’actrice française Carole Bouquet («For Your Eyes Only», «Lucie Aubrac»). Elle était entourée par de jeunes réalisateurs de courts métrages, les luxembourgeois Eileen Byrne, Sandy Lorente et Jacques Molitor, Alex Kirkland (Royaume-Uni), Iulia Rugina (Roumanie), ainsi que des actrices Lola Naymark («L’armée du crime») et Astrid Berges-Frisbey («La première étoile»), des réalisateurs Luc Picard et Lionel Baier et de l’acteur Samir Guesmi. Cette rencontre passait trop vite pour vraiment saisir les problèmes rencontrés soit en voulant produire un film ou soit en voulant se produire comme acteur. En tout cas, Carole Bouquet et Cie. se sont avérés être des stars bien sympathiques.
C’est dimanche!
Tandis que se jouait dimanche après-midi le ciné-concert à la Cinémathèque, avec au programme le chef d’œuvre du cinéma muet «L’Argent» (1928) de Marcel L’Herbier que Jean-François Zygel accompagnait au piano, Samir Guesmi était au rendez-vous à l’Utopia pour y présenter son premier film en tant que réalisateur, le court métrage «C’est dimanche», un début absolument prometteur. De même que pour ses collègues québécois et suisse, il n’y avait guère de monde dans la salle. Néanmoins, Samir Guesmi a été surpris par des questions pas si faciles à répondre.
Lundi était tout simplement une journée perdue pour tout festivalier, car il n’y avait que trois séances réservées aux scolaires. Peut-être les organisateurs avaient déjà pressenti la grève des paysans paralysant le Kirchberg ce jour là et voulaient ainsi empêcher que les spectateurs soient gênés par les barrages des routes et des producteurs de lait furieux.
Festival ou non?
Lors de son discours de fin, Suzel Pietri a souligné que le festival avait déjà rapporté un plus grand succès que les deux éditions précédentes. Or, l’augmentation la plus sensible s’enregistrait au niveau des séances scolaires où plus de 1.300 élèves ont vu gratuitement des films et ont suivi certaines animations, notamment sur la manière de concevoir des films d’animation. Les efforts faits à ce niveau sont louables mais ne font pas de l’événement un festival.
Et il faut savoir que les sponsors ont reçu des centaines de tickets gratuits pour être distribués parmi leur clientèle. Cette convention est courante pour remercier les sponsors, mais cependant ne peut être pris en compte pour mesurer le succès d’un festival.
La nuit du court métrage au cinéma Utopia affichait complet le vendredi soir. Bravo! Quoiqu’à nouveau ce succès ne puisse être pris comme mire, il faut certainement continuer à patronner ce genre.
L’essentiel pour évaluer le vrai succès d’un festival, ce sont les spectateurs qui paient leurs entrées. Pour faire le point sur ce chiffre, il est encore trop tôt. Pourtant, en jugeant le nombre de spectateurs rencontrés lors des séances, outre l’ouverture et la clôture, le succès restera plutôt mince.
En tout cas, les journées du jeudi et vendredi étaient réservées le matin et l’après-midi aux séances scolaires, et les films pour les autres spectateurs ne commençaient qu’en soirée. On peut donc parler de journées perdues, car dans d’autres festivals il y a des séances non-stop du matin au soir. Les films intéressants étaient toujours projetés à la même heure, sans toutefois connaître une deuxième ou troisième projection. Contrairement à ces journées improductives, le samedi était surchargé par les cartes blanches qui auraient pu aussi bien être réparties sur toute la durée du festival sans empiéter les projections importantes. Mais ce reproche ne date pas de cette année-ci.
En fin de compte, il reste le sentiment que les organisateurs auraient pu faire mieux. Que des invités se désistent au dernier moment, n’est pas nécessairement la faute des organisateurs – on a attendu en vain Maïwenn, Christophe Lambert, Judith Godrèche ou Julie Gayet, annoncés lors de la présentation du festival -, mais que la programmation ne respecte pas les besoins de cinéphiles avides de pellicule, est certainement un point important à critiquer. De même, les déplacements entre trois lieux différents devront être réduits au futur à un strict minimum. Donc, pour que tout le monde puisse enfin parler d’un vrai festival de cinéma, il reste des efforts à faire pour que le Diractors trouve sa place sur la carte mondiale des festivals. 2011 sera peut-être la bonne année! › CH.S.

DIRACTORS:
DirActors, International Film Festival, dont la 3e édition s’est déroulée du jeudi 15 au lundi 19 octobre 2009 : les organisateurs ont le sourire!

La fréquentation des publics est en hausse : six séances affichaient complet, la moyenne était de 100 spectateurs par séance, et le taux de fréquentation de 56%. Le nombre total d’entrées de DirActors 2009 est estimé à 4500, ce qui représente une fréquentation en augmentation de plus de 30%.

Les Cartes blanches de Luc Picard, Lionel Baier et Samir Guesmi ont attiré les aficionados, qui ont mené des discussions passionnantes.

Du côté des publics scolaires, le lien s’est fait remarquablement avec les classes primaires. Quant aux lycées, il faut constater que les dates de DirActors ne correspondent pas tout à fait au calendrier des établissements secondaires. Ce point sera mis à l’étude pour la prochaine édition en envisageant de reculer les dates vers la fin de l’année. Toutefois, au total, 1980 élèves accompagnés de leurs enseignants furent de la fête.

La Short Film Night a été un des moments forts de l’événement : les organisateurs du festival et leurs partenaires de Filmreakter sont enchantés de cette expérience autour du jeune cinéma européen, qui pourra ainsi se pérenniser au sein du festival pour les éditions à venir.

La table ronde entre les jeunes réalisateurs luxembourgeois, internationaux, et les invités du festival, a permis de définir la particularité du statut d’acteur-réalisateur, qui génère « une complicité plus grande avec les acteurs, une chaleur humaine permettant une ambiance particulièrement heureuse sur le plateau. » Ou comme le disaient encore les participants : « être un dirActor permet aussi de devenir un acteur beaucoup moins angoissé, et plus proche de l’attente des réalisateurs. » Bref, être un « dirActor » apparaît comme une sorte de perfectionnement indispensable dans une carrière d’artiste de cinéma !!!

L’ensemble des invités a tissé des liens d’amitié, au-delà des frontières : Lionel Baier (acteur-réalisateur / Suisse), Astrid Berges-Frisbey (actrice / France), Pierre Bernard (metteur en scène / Québec), Carole Bouquet (actrice / France), Eileen Byrne (réalisatrice / Luxembourg), Virginie Efira (actrice / Belgique), Ian Fitzgibbon (acteur-réalisateur / Irlande), Samir Guesmi (acteur-réalisateur / France), Philippe Jullien (réalisateur / France), Alex Kirkland (réalisateur / Royaume-Uni), Beryl Koltz (réalisatrice / Luxembourg), Philippe Lefebvre (acteur-réalisateur / France), Sandy Lorente (réalisatrice / Luxembourg), Jacques Molitor (réalisateur / Luxembourg), Emmanuel Mouret (acteur-réalisateur / France), Lola Naymark (actrice / France), Helena Noguerra (actrice-chanteuse / Belgique), Justyna Nowak (réalisatrice / Pologne), Olivier Pesch (réalisateur / Luxembourg), Luc Picard (acteur-réalisateur / Québec), Iulia Rugina (réalisatrice / Roumanie), Ariane Schröder (réalisatrice, Allemagne), Dan Wiroth (réalisateur / Luxembourg), Jean-François Zygel (compositeur-interprète / France).

Les rencontres entre professionnels de la production européenne ont permis de renforcer des échanges, et de poser les premières pierres de futures collaborations internationales. Les principaux intervenants de la production cinématographique luxembourgeoise ont répondu présents.

Le Ciné-concert animé par Jean-François Zygel qui émanait d’une triple entente entre le Carré Rotondes pour le programme Colors of money, la Cinémathèque, et DirActors, a été une des réussites du festival.

De Virginie Efira à Carole Bouquet, en passant par Eileen Byrne et Beryl Koltz, chaque soirée a été illuminée par un large sourire, qui a donné le ton et la bonne humeur à l’ensemble de la manifestation, qui désormais envisage son avenir avec confiance et sérénité.

LE QUOTIDIEN
Découverte par Luis Buñuel, puis tour à tour James Bond girl, actrice fétiche de Bernard Blier, grande star en Italie… / Entretien avec notre journaliste Pablo Chimienti

César de la meilleure actrice en 1990 pour Trop belle pour toi et personnification de la beauté et de la classe française dans les derniers épisodes de la série à succès Sex and the City , Carole Bouquet, invitée de dernière minute de Diractors, a donné un peu de glamour à cette troisième édition du festival qui en avait cruellement besoin.

Carole Bouquet a présidé la table ronde de cette édition. «Il en est sorti qu’il faut faire des films qui correspondent à son identité», résume-t-elle.

Vous êtes une des rares invitées de marque du festival à ne pas être un “acteur-réalisateur”. Est-ce que ce concept de “Diractors” est quelque chose qui vous parle?
Carole Bouquet : Oui, parce qu’il y a de plus en plus d’acteurs qui deviennent metteurs en scène. Et de bons metteurs en scène. Et je trouve ça tout à fait normal. C’est ce qui s’est dit lors de la table ronde organisée dans le cadre du festival, ces gens-là connaissent très bien le langage cinématographique. On a d’ailleurs, en ce moment, des exemples très probants dans tous les pays d’Europe et en Amérique. Voyez, par exemple Sean Penn. D’ailleurs, les meilleurs réalisateurs avec qui j’ai travaillé, c’étaient surtout des acteurs-réalisateurs. Parce qu’ils savaient comment dire les choses de manière pratique. En tant qu’acteur, on n’a pas besoin d’idées générales, ce qu’il faut, c’est juste quelques paroles qui peuvent vous sortir de la mouise, ou un rire. C’est aussi pour ça que depuis que le cinéma existe, les acteurs font de très bons metteurs en scène : Chaplin, Orson Welles…

Et vous, vous n’avez jamais eu envie de réaliser? Non. J’ai failli deux ou trois fois. Ce n’est pas que j’avais envie de réaliser, mais simplement c’étaient des histoires, des livres que j’aimais particulièrement et que je racontais de temps en temps à des producteurs ou à des metteurs en scène, et qu’ils me disaient : “C’est ton histoire, réalise-là”, mais j’ai avancé et le chemin de la vie a fait que je ne suis pas allée jusqu’au bout, surtout pour des raisons personnelles d’ailleurs. Mais je ne me suis jamais levée un matin en me disant : “Je veux faire de la mise en scène!”

Dans ce cas, qu’est-ce qui a motivé votre venue à ce festival?
Parce que, justement, j’ai travaillé avec beaucoup de metteurs en scène qui ont été des acteurs. Et que je les trouve particulièrement intéressants et particulièrement légitimes.

Vous êtes venue, officiellement, pour présider la table ronde sur le thème : “Acteur, réalisateur, acteur-réalisateur dans le cinéma européen aujourd’hui”. Qu’est-ce qui en est sorti?
Il en est sorti qu’il faut faire des films qui correspondent à son identité. Mais, on l’a vu avec la jeune réalisatrice luxembourgeoise (NDLR : Sandy Lorente) qui a été élevée en parlant sept langues et qui disait “Dans mon film il y a sept langues”, l’identité peut être multiple, heureusement! Mais il faut faire des films qui vous ressemblent.

Et ce n’était pas le cas quand vous jouiez dans James Bond, ou dans des films italiens? Disons que c’est complètement différent quand c’est votre propre histoire ou quand vous êtes propulsée, sans racines, dans un endroit. Ça ne fait pas de bons films, ça, ni des bonnes performances de comédien. Et pour un metteur en scène, c’est encore plus marqué que pour un acteur. Pour un acteur, il faut un certain temps pour apprivoiser une langue et pour lui donner de la matière, du corps. Parce que la langue ce n’est pas que des mots, c’est quelque chose de très physique. Sans donner d’exemple, prenez des acteurs, faites-les jouer dans une langue qui n’est pas la leur, ils sont mille fois moins bien, sauf exception. Il y avait, chez les autres participants de la table ronde, beaucoup de respect dans la façon qu’ils avaient de s’adresser à vous… Parce que je suis la plus vieille! …

est-ce que ça vous agace?
Pas du tout (rires)… ils étaient simplement tous beaucoup plus jeunes que moi.

Vous étiez au Luxembourg il y a deux ans pour le tournage des Enfants de Timpelbach, film de Nicolas Bary, produit par votre fils Dimitri Rassam. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage?
J’ai tourné très peu, c’était un petit rôle, mais je sais que le tournage s’est très bien passé pour toute l’équipe. Pour moi aussi c’était très bien. La preuve, je reviens ce soir, mais également à partir du mois de janvier pour tourner ici tout un mois. Pouvez-vous nous présenter le projet? C’est un film qui s’appelle Libre échange, avec un metteur en scène belge, dont ce sera le premier film, Serge Gisquière, et avec Julie Depardieu. C’est un très joli film, enfin, je n’en sais rien, en tout cas, c’est un très joli scénario.

Comments

comments

A few Press Articles about the Diractors Festival:

Source: www.wort.luwww.journal.luwww.lequotidien.lu

WORT:
In letzter Minute hat der Veranstalter des hauptstädtischen Filmfestivals „Diractors“ noch eine Prise Glitz und Glamour in das Programm reinbringen können. Die französische Schauspielerin Carole Bouquet – Bond-Girl und Ex-Frau von Gérard Depardieu – konnte kurzfristig verpflichtet werden und war die Filmdiva beim diesjährigen Filmfest und rechtfertigte insgeheim das Ausrollen des roten Teppichs.

Die Schauspielerin, die in dem letzten Buñuel-Streifen „Cet obscur objet du désir“ debütiert und zuletzt im Kinderfilm „Les enfants de Timpelbach“ mitgewirkt hat (dieser Film wurde u.a. in Clerf, Befort und Ansembourg aufgenommen), nahm an einem der Rundtischgespräche teil.

Die Filmdiva und Weinkennerin hatte aber auch ihren Wein zum Galadinner mitgebracht. Wein ist ihr spezielles Hobby, ein Zeitvertreib, den die Schauspielerin mit ihrem Ex-Partner Gérard Depardieu verbindet. Dabei auf ihrer Luxemburg-Eskapade hatte Carole Bouquet aber auch noch ihren jetzigen Partner, den italienischen Banker Claudio Costamagna, den sie 2006 auf einer Insel in Sizilien kennen gelernt hat.

JOURNAL
Un moment fort: la venue de Carole Bouquet
20.10.2009
Presque aussitôt qu’il avait commencé, le Diractors International Film Festival s’est en somme clôturé le samedi soir par l’avant-première de «New York, I Love You», un film réalisé par 11 réalisateurs, dont e. a. Fatih Akin, Mira Nair, Natalie Portman, Yvan Attal ou Brett Ratner, suivi d’un dîner à l’hôtel Royal. Le sentiment de ne pas avoir assisté à un vrai festival du cinéma a saisi beaucoup de festivaliers quoique la journée de samedi fût bien chargée et au moins pour la table ronde en fin d’après-midi s’installait une atmosphère de festival et les spectateurs ont pu voir presque tous les invités du festival autour du thème «être acteur/réalisateur en Europe».

Luc Picard, Lionel Baier et Carole Bouquet
Le samedi était donc la journée des cartes blanches. D’abord l’acteur/réalisateur québécois Luc Picard a parlé à l’Utopia de ses expériences sur les plateaux de tournage. Son premier film, «L’Audition» (2005), a été un des moments les plus forts de la sélection cinématographique du festival 2009. Cette rencontre s’était tout juste terminée que commençait la carte blanche de Lionel Baier à la Cinémathèque. Ce réalisateur suisse brillait de par son humour et la vitesse de son langage. Malheureusement, il n’y avait guère de spectateurs qui s’intéressaient à ces deux révélations sur le territoire grand-ducal. En même temps débutait le moment fort de cette troisième édition du festival, qui a pour objectif de mettre en valeur le travail des acteurs/actrices devenus réalisateur/réalisatrices, la table ronde avec comme invitée d’honneur l’actrice française Carole Bouquet («For Your Eyes Only», «Lucie Aubrac»). Elle était entourée par de jeunes réalisateurs de courts métrages, les luxembourgeois Eileen Byrne, Sandy Lorente et Jacques Molitor, Alex Kirkland (Royaume-Uni), Iulia Rugina (Roumanie), ainsi que des actrices Lola Naymark («L’armée du crime») et Astrid Berges-Frisbey («La première étoile»), des réalisateurs Luc Picard et Lionel Baier et de l’acteur Samir Guesmi. Cette rencontre passait trop vite pour vraiment saisir les problèmes rencontrés soit en voulant produire un film ou soit en voulant se produire comme acteur. En tout cas, Carole Bouquet et Cie. se sont avérés être des stars bien sympathiques.
C’est dimanche!
Tandis que se jouait dimanche après-midi le ciné-concert à la Cinémathèque, avec au programme le chef d’œuvre du cinéma muet «L’Argent» (1928) de Marcel L’Herbier que Jean-François Zygel accompagnait au piano, Samir Guesmi était au rendez-vous à l’Utopia pour y présenter son premier film en tant que réalisateur, le court métrage «C’est dimanche», un début absolument prometteur. De même que pour ses collègues québécois et suisse, il n’y avait guère de monde dans la salle. Néanmoins, Samir Guesmi a été surpris par des questions pas si faciles à répondre.
Lundi était tout simplement une journée perdue pour tout festivalier, car il n’y avait que trois séances réservées aux scolaires. Peut-être les organisateurs avaient déjà pressenti la grève des paysans paralysant le Kirchberg ce jour là et voulaient ainsi empêcher que les spectateurs soient gênés par les barrages des routes et des producteurs de lait furieux.
Festival ou non?
Lors de son discours de fin, Suzel Pietri a souligné que le festival avait déjà rapporté un plus grand succès que les deux éditions précédentes. Or, l’augmentation la plus sensible s’enregistrait au niveau des séances scolaires où plus de 1.300 élèves ont vu gratuitement des films et ont suivi certaines animations, notamment sur la manière de concevoir des films d’animation. Les efforts faits à ce niveau sont louables mais ne font pas de l’événement un festival.
Et il faut savoir que les sponsors ont reçu des centaines de tickets gratuits pour être distribués parmi leur clientèle. Cette convention est courante pour remercier les sponsors, mais cependant ne peut être pris en compte pour mesurer le succès d’un festival.
La nuit du court métrage au cinéma Utopia affichait complet le vendredi soir. Bravo! Quoiqu’à nouveau ce succès ne puisse être pris comme mire, il faut certainement continuer à patronner ce genre.
L’essentiel pour évaluer le vrai succès d’un festival, ce sont les spectateurs qui paient leurs entrées. Pour faire le point sur ce chiffre, il est encore trop tôt. Pourtant, en jugeant le nombre de spectateurs rencontrés lors des séances, outre l’ouverture et la clôture, le succès restera plutôt mince.
En tout cas, les journées du jeudi et vendredi étaient réservées le matin et l’après-midi aux séances scolaires, et les films pour les autres spectateurs ne commençaient qu’en soirée. On peut donc parler de journées perdues, car dans d’autres festivals il y a des séances non-stop du matin au soir. Les films intéressants étaient toujours projetés à la même heure, sans toutefois connaître une deuxième ou troisième projection. Contrairement à ces journées improductives, le samedi était surchargé par les cartes blanches qui auraient pu aussi bien être réparties sur toute la durée du festival sans empiéter les projections importantes. Mais ce reproche ne date pas de cette année-ci.
En fin de compte, il reste le sentiment que les organisateurs auraient pu faire mieux. Que des invités se désistent au dernier moment, n’est pas nécessairement la faute des organisateurs – on a attendu en vain Maïwenn, Christophe Lambert, Judith Godrèche ou Julie Gayet, annoncés lors de la présentation du festival -, mais que la programmation ne respecte pas les besoins de cinéphiles avides de pellicule, est certainement un point important à critiquer. De même, les déplacements entre trois lieux différents devront être réduits au futur à un strict minimum. Donc, pour que tout le monde puisse enfin parler d’un vrai festival de cinéma, il reste des efforts à faire pour que le Diractors trouve sa place sur la carte mondiale des festivals. 2011 sera peut-être la bonne année! › CH.S.

DIRACTORS:
DirActors, International Film Festival, dont la 3e édition s’est déroulée du jeudi 15 au lundi 19 octobre 2009 : les organisateurs ont le sourire!

La fréquentation des publics est en hausse : six séances affichaient complet, la moyenne était de 100 spectateurs par séance, et le taux de fréquentation de 56%. Le nombre total d’entrées de DirActors 2009 est estimé à 4500, ce qui représente une fréquentation en augmentation de plus de 30%.

Les Cartes blanches de Luc Picard, Lionel Baier et Samir Guesmi ont attiré les aficionados, qui ont mené des discussions passionnantes.

Du côté des publics scolaires, le lien s’est fait remarquablement avec les classes primaires. Quant aux lycées, il faut constater que les dates de DirActors ne correspondent pas tout à fait au calendrier des établissements secondaires. Ce point sera mis à l’étude pour la prochaine édition en envisageant de reculer les dates vers la fin de l’année. Toutefois, au total, 1980 élèves accompagnés de leurs enseignants furent de la fête.

La Short Film Night a été un des moments forts de l’événement : les organisateurs du festival et leurs partenaires de Filmreakter sont enchantés de cette expérience autour du jeune cinéma européen, qui pourra ainsi se pérenniser au sein du festival pour les éditions à venir.

La table ronde entre les jeunes réalisateurs luxembourgeois, internationaux, et les invités du festival, a permis de définir la particularité du statut d’acteur-réalisateur, qui génère « une complicité plus grande avec les acteurs, une chaleur humaine permettant une ambiance particulièrement heureuse sur le plateau. » Ou comme le disaient encore les participants : « être un dirActor permet aussi de devenir un acteur beaucoup moins angoissé, et plus proche de l’attente des réalisateurs. » Bref, être un « dirActor » apparaît comme une sorte de perfectionnement indispensable dans une carrière d’artiste de cinéma !!!

L’ensemble des invités a tissé des liens d’amitié, au-delà des frontières : Lionel Baier (acteur-réalisateur / Suisse), Astrid Berges-Frisbey (actrice / France), Pierre Bernard (metteur en scène / Québec), Carole Bouquet (actrice / France), Eileen Byrne (réalisatrice / Luxembourg), Virginie Efira (actrice / Belgique), Ian Fitzgibbon (acteur-réalisateur / Irlande), Samir Guesmi (acteur-réalisateur / France), Philippe Jullien (réalisateur / France), Alex Kirkland (réalisateur / Royaume-Uni), Beryl Koltz (réalisatrice / Luxembourg), Philippe Lefebvre (acteur-réalisateur / France), Sandy Lorente (réalisatrice / Luxembourg), Jacques Molitor (réalisateur / Luxembourg), Emmanuel Mouret (acteur-réalisateur / France), Lola Naymark (actrice / France), Helena Noguerra (actrice-chanteuse / Belgique), Justyna Nowak (réalisatrice / Pologne), Olivier Pesch (réalisateur / Luxembourg), Luc Picard (acteur-réalisateur / Québec), Iulia Rugina (réalisatrice / Roumanie), Ariane Schröder (réalisatrice, Allemagne), Dan Wiroth (réalisateur / Luxembourg), Jean-François Zygel (compositeur-interprète / France).

Les rencontres entre professionnels de la production européenne ont permis de renforcer des échanges, et de poser les premières pierres de futures collaborations internationales. Les principaux intervenants de la production cinématographique luxembourgeoise ont répondu présents.

Le Ciné-concert animé par Jean-François Zygel qui émanait d’une triple entente entre le Carré Rotondes pour le programme Colors of money, la Cinémathèque, et DirActors, a été une des réussites du festival.

De Virginie Efira à Carole Bouquet, en passant par Eileen Byrne et Beryl Koltz, chaque soirée a été illuminée par un large sourire, qui a donné le ton et la bonne humeur à l’ensemble de la manifestation, qui désormais envisage son avenir avec confiance et sérénité.

LE QUOTIDIEN
Découverte par Luis Buñuel, puis tour à tour James Bond girl, actrice fétiche de Bernard Blier, grande star en Italie… / Entretien avec notre journaliste Pablo Chimienti

César de la meilleure actrice en 1990 pour Trop belle pour toi et personnification de la beauté et de la classe française dans les derniers épisodes de la série à succès Sex and the City , Carole Bouquet, invitée de dernière minute de Diractors, a donné un peu de glamour à cette troisième édition du festival qui en avait cruellement besoin.

Carole Bouquet a présidé la table ronde de cette édition. «Il en est sorti qu’il faut faire des films qui correspondent à son identité», résume-t-elle.

Vous êtes une des rares invitées de marque du festival à ne pas être un “acteur-réalisateur”. Est-ce que ce concept de “Diractors” est quelque chose qui vous parle?
Carole Bouquet : Oui, parce qu’il y a de plus en plus d’acteurs qui deviennent metteurs en scène. Et de bons metteurs en scène. Et je trouve ça tout à fait normal. C’est ce qui s’est dit lors de la table ronde organisée dans le cadre du festival, ces gens-là connaissent très bien le langage cinématographique. On a d’ailleurs, en ce moment, des exemples très probants dans tous les pays d’Europe et en Amérique. Voyez, par exemple Sean Penn. D’ailleurs, les meilleurs réalisateurs avec qui j’ai travaillé, c’étaient surtout des acteurs-réalisateurs. Parce qu’ils savaient comment dire les choses de manière pratique. En tant qu’acteur, on n’a pas besoin d’idées générales, ce qu’il faut, c’est juste quelques paroles qui peuvent vous sortir de la mouise, ou un rire. C’est aussi pour ça que depuis que le cinéma existe, les acteurs font de très bons metteurs en scène : Chaplin, Orson Welles…

Et vous, vous n’avez jamais eu envie de réaliser? Non. J’ai failli deux ou trois fois. Ce n’est pas que j’avais envie de réaliser, mais simplement c’étaient des histoires, des livres que j’aimais particulièrement et que je racontais de temps en temps à des producteurs ou à des metteurs en scène, et qu’ils me disaient : “C’est ton histoire, réalise-là”, mais j’ai avancé et le chemin de la vie a fait que je ne suis pas allée jusqu’au bout, surtout pour des raisons personnelles d’ailleurs. Mais je ne me suis jamais levée un matin en me disant : “Je veux faire de la mise en scène!”

Dans ce cas, qu’est-ce qui a motivé votre venue à ce festival?
Parce que, justement, j’ai travaillé avec beaucoup de metteurs en scène qui ont été des acteurs. Et que je les trouve particulièrement intéressants et particulièrement légitimes.

Vous êtes venue, officiellement, pour présider la table ronde sur le thème : “Acteur, réalisateur, acteur-réalisateur dans le cinéma européen aujourd’hui”. Qu’est-ce qui en est sorti?
Il en est sorti qu’il faut faire des films qui correspondent à son identité. Mais, on l’a vu avec la jeune réalisatrice luxembourgeoise (NDLR : Sandy Lorente) qui a été élevée en parlant sept langues et qui disait “Dans mon film il y a sept langues”, l’identité peut être multiple, heureusement! Mais il faut faire des films qui vous ressemblent.

Et ce n’était pas le cas quand vous jouiez dans James Bond, ou dans des films italiens? Disons que c’est complètement différent quand c’est votre propre histoire ou quand vous êtes propulsée, sans racines, dans un endroit. Ça ne fait pas de bons films, ça, ni des bonnes performances de comédien. Et pour un metteur en scène, c’est encore plus marqué que pour un acteur. Pour un acteur, il faut un certain temps pour apprivoiser une langue et pour lui donner de la matière, du corps. Parce que la langue ce n’est pas que des mots, c’est quelque chose de très physique. Sans donner d’exemple, prenez des acteurs, faites-les jouer dans une langue qui n’est pas la leur, ils sont mille fois moins bien, sauf exception. Il y avait, chez les autres participants de la table ronde, beaucoup de respect dans la façon qu’ils avaient de s’adresser à vous… Parce que je suis la plus vieille! …

est-ce que ça vous agace?
Pas du tout (rires)… ils étaient simplement tous beaucoup plus jeunes que moi.

Vous étiez au Luxembourg il y a deux ans pour le tournage des Enfants de Timpelbach, film de Nicolas Bary, produit par votre fils Dimitri Rassam. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage?
J’ai tourné très peu, c’était un petit rôle, mais je sais que le tournage s’est très bien passé pour toute l’équipe. Pour moi aussi c’était très bien. La preuve, je reviens ce soir, mais également à partir du mois de janvier pour tourner ici tout un mois. Pouvez-vous nous présenter le projet? C’est un film qui s’appelle Libre échange, avec un metteur en scène belge, dont ce sera le premier film, Serge Gisquière, et avec Julie Depardieu. C’est un très joli film, enfin, je n’en sais rien, en tout cas, c’est un très joli scénario.

Comments

comments

No responses yet

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply