Aug 15 2008

QUAND L’INTERNET SERT À VENDRE SON ÂME

Published by at 19:13 under Festival,Industry

FESTIVAL DE LOCARNO

IRIS PRODUCTION: LUFTBUSINESS

Dans «Luftbusiness», parabole urbaine, Dominique de Rivaz se demande comment on peut déraper vers l’irréel.

 

La cinéaste valaisanne Dominique de Rivaz dévoile ce soir aussi «Luftbusiness» au Festival de Locarno. Dans cette parabole urbaine, trois jeunes en quête d’argent facile s’amusent à vendre l’un son enfance, l’autre sa vieillesse et le troisième son âme.

«Il ne s’agit en aucun cas de prostitution», précise la réalisatrice. «L’idée leur est venue juste après avoir appris que certains vendent des nuages ou des fantômes sur l’internet. Ces sympathiques marginaux décident donc de proposer au plus offrant ce dont ils estiment ne plus avoir besoin.»

Pour Liocha ce sont des souvenirs d’une enfance difficile, pour Moritz trente ans de sa vie car il sait qu’il ne vivra pas vieux. Quant à Filou, il veut vendre son âme. Le jeu va cependant tourner à l’aigre car une jeune femme se présente à eux avec de l’argent.

Le jeune Zurichois Joel Basman incarne Liocha. «Il a un instinct et une fraîcheur de jeu incroyable», dit la réalisatrice. Il est entouré du Suisse Dominique Jann (Moritz), un «comédien funambule à l’aise sur la corde invisible séparant drame et comédie», et de l’Islandais Tomas Lemarquis (Filou) qui apporte «une aura de mystère». Le film parle avec poésie et humour du sens de la vie, de survie et de solidarité, résume la réalisatrice. «Les trois jeunes gens sont des symboles, trois anges, des messagers nous informant sur l’état du monde. Je me suis convertie à la religion orthodoxe d’où la présence de ces anges.»

Faits divers

Le scénario s’inspire de faits réels, raconte Dominique de Rivaz. «J’ai lu en 2002 que quelqu’un avait mis son âme aux enchères. Cette démarche m’a laissée perplexe. Je me suis demandé comment on peut ainsi déraper vers l’irréel et qu’est-ce qu’une âme au XXIe siècle. Je me suis demandé comment un individu survit après avoir vendu son âme.»

D’emblée, raconte la cinéaste, «j’ai conçu un scénario comme une parabole moderne. L’action se situe dans un futur proche, dans une ville allemande imaginaire et multiculturelle». Le film a été tourné en allemand au Luxembourg.

Pas en compétition

Avec «Luftbusiness» que l’on pourrait traduire par business virtuel, Dominique de Rivaz signe son deuxième long métrage après «Mein Name ist Bach» qui lui a valu le Prix suisse du cinéma 2004 de la meilleure fiction. La réalisatrice a été déçue que son nouveau film ne soit pas retenu dans la compétition principale du Festival de Locarno.

«C’est vrai, dans un premier temps j’ai été déçue. Mais ensuite j’ai trouvé bien qu’il figure dans la section Ici & Ailleurs car le film parle exactement de ça: l’ici et l’ailleurs. Il aurait d’ailleurs très bien pu s’intituler comme ça.»

Premier roman

Parallèlement au scénario, Dominique de Rivaz a écrit son premier roman. «Douchinka» (Petite âme, aux éditions de l’Aire) va sortir à la fin du mois.

«J’y traite de façon différente du même thème», indique-t-elle. «Dans le film l’action se déroule en Allemagne et dans le roman elle se situe dans une Russie futuriste plongée dans le chaos. Des mafieux collectionnent les âmes. Celles des enfants et des vierges ont le plus de valeur.» PHT/ATS

 

Comments

comments

FESTIVAL DE LOCARNO

IRIS PRODUCTION: LUFTBUSINESS

Dans «Luftbusiness», parabole urbaine, Dominique de Rivaz se demande comment on peut déraper vers l’irréel.

 

La cinéaste valaisanne Dominique de Rivaz dévoile ce soir aussi «Luftbusiness» au Festival de Locarno. Dans cette parabole urbaine, trois jeunes en quête d’argent facile s’amusent à vendre l’un son enfance, l’autre sa vieillesse et le troisième son âme.

«Il ne s’agit en aucun cas de prostitution», précise la réalisatrice. «L’idée leur est venue juste après avoir appris que certains vendent des nuages ou des fantômes sur l’internet. Ces sympathiques marginaux décident donc de proposer au plus offrant ce dont ils estiment ne plus avoir besoin.»

Pour Liocha ce sont des souvenirs d’une enfance difficile, pour Moritz trente ans de sa vie car il sait qu’il ne vivra pas vieux. Quant à Filou, il veut vendre son âme. Le jeu va cependant tourner à l’aigre car une jeune femme se présente à eux avec de l’argent.

Le jeune Zurichois Joel Basman incarne Liocha. «Il a un instinct et une fraîcheur de jeu incroyable», dit la réalisatrice. Il est entouré du Suisse Dominique Jann (Moritz), un «comédien funambule à l’aise sur la corde invisible séparant drame et comédie», et de l’Islandais Tomas Lemarquis (Filou) qui apporte «une aura de mystère». Le film parle avec poésie et humour du sens de la vie, de survie et de solidarité, résume la réalisatrice. «Les trois jeunes gens sont des symboles, trois anges, des messagers nous informant sur l’état du monde. Je me suis convertie à la religion orthodoxe d’où la présence de ces anges.»

Faits divers

Le scénario s’inspire de faits réels, raconte Dominique de Rivaz. «J’ai lu en 2002 que quelqu’un avait mis son âme aux enchères. Cette démarche m’a laissée perplexe. Je me suis demandé comment on peut ainsi déraper vers l’irréel et qu’est-ce qu’une âme au XXIe siècle. Je me suis demandé comment un individu survit après avoir vendu son âme.»

D’emblée, raconte la cinéaste, «j’ai conçu un scénario comme une parabole moderne. L’action se situe dans un futur proche, dans une ville allemande imaginaire et multiculturelle». Le film a été tourné en allemand au Luxembourg.

Pas en compétition

Avec «Luftbusiness» que l’on pourrait traduire par business virtuel, Dominique de Rivaz signe son deuxième long métrage après «Mein Name ist Bach» qui lui a valu le Prix suisse du cinéma 2004 de la meilleure fiction. La réalisatrice a été déçue que son nouveau film ne soit pas retenu dans la compétition principale du Festival de Locarno.

«C’est vrai, dans un premier temps j’ai été déçue. Mais ensuite j’ai trouvé bien qu’il figure dans la section Ici & Ailleurs car le film parle exactement de ça: l’ici et l’ailleurs. Il aurait d’ailleurs très bien pu s’intituler comme ça.»

Premier roman

Parallèlement au scénario, Dominique de Rivaz a écrit son premier roman. «Douchinka» (Petite âme, aux éditions de l’Aire) va sortir à la fin du mois.

«J’y traite de façon différente du même thème», indique-t-elle. «Dans le film l’action se déroule en Allemagne et dans le roman elle se situe dans une Russie futuriste plongée dans le chaos. Des mafieux collectionnent les âmes. Celles des enfants et des vierges ont le plus de valeur.» PHT/ATS

 

Comments

comments

No responses yet

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply