Jul 31 2014

Cinéma: la distribution manque d’aide

Published by at 16:01 under Filmfund Luxembourg

SOURCE: http://www.paperjam.lu

Un échange parlementaire a permis d’apporter un peu de lumière sur l’efficacité des aides, européennes et nationales, à la production et à la distribution audiovisuelles.

C’est à travers une question parlementaire que Franz Fayot a interrogé le ministre des Communications et des Médias sur les aides apportées aux producteurs luxembourgeois de cinéma pour les aider à la distribution de leurs films. Le député LSAP a en effet constaté, en citant une communication de la Commission européenne («Le cinéma à l’ère numérique. Associer la diversité culturelle et la compétitivité»), que la production européenne avait du mal à toucher le public. Cette production est pourtant riche (1.200 films par an) et diversifiée.

Les recettes aux guichets et les entrées des films européens sont nettement inférieures à celles des productions américaines… alors qu’il n’y a que 200 films américains distribués en Europe chaque année. En 2012, ces derniers représentaient 19,84% des sorties en salle et 65,11% des entrées au sein de l’UE. Les entrées réalisées par les films européens non nationaux sur le marché de l’UE sont stables et représentent près de 12% en moyenne.

Le député socialiste souligne encore la disproportion de l’aide publique apportée à la distribution par rapport à la création. Ainsi, en 2009, les organismes publics européens de financement des œuvres cinématographiques ont consacré en moyenne 69% de leur budget à la création des œuvres, tandis que seulement 8,4% ont été consacrés à leur distribution et 3,6% à leur promotion. Ce qui l’a conduit à poser la question de savoir quelles parts respectives étaient consacrées à la création, à la distribution et à la promotion dans une production cinématographique au Luxembourg et comment inciter les producteurs à mettre davantage l’accent sur la diffusion à un plus large public.

Sans l’Europe, point de salut

Xavier Bettel, ministre de la Communication et des Médias, lui a ainsi répondu en faisant d’abord référence aux aides qui existent au niveau européen, dans le cadre des programmes Media successifs depuis 1992: «La Commission européenne, consciente du problème de la circulation des œuvres européennes, a créé des plateformes permettant de renforcer la distribution et la diffusion d’œuvres audiovisuelles européennes. Le Conseil de l’Europe a fait de même avec le programme Eurimages.»

Le cas du Luxembourg est particulier du fait de la taille restreinte du territoire. Les films étrangers (européens ou non) y sont généralement amenés par les distributeurs belges, parfois néerlandais, français ou allemands. En ce qui concerne plus spécifiquement les films produits ou coproduits avec le Grand-Duché, la sortie sur le territoire national est généralement garantie par les producteurs locaux.

Le ministre rappelle cependant que les aides apportées par le Film Fonds sont destinées à la production et non à la diffusion des films. «Les métiers de producteur et de distributeur sont complètement différents et partant les modèles économiques différents ne peuvent être intégrés dans une structure commune», a-t-il écrit.

Toutefois, le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle accepte que les budgets de production intègrent certains frais de promotion en cours de fabrication d’une production audiovisuelle: pour aider les films luxembourgeois à être présents à des festivals, pour sous-titrer ou doubler un film… Selon le rapport annuel du Fonds, en 2013, les subsides et aides à la promotion ont représenté moins de 250.000 euros.

Le ministre annonce encore que «le Fonds est en train de finaliser une nouvelle aide à l’exportation, destinée à couvrir une partie des dépenses facilitant la mise sur le marché international des productions cinématographiques luxembourgeoises. Il s’agit plus précisément de soutenir le producteur luxembourgeois dans la recherche d’un vendeur international et dans ses démarches de promotion et de distribution au niveau international.»

Consommation numérique

Il n’en reste pas moins que la chaîne de diffusion et de consommation du cinéma a considérablement changé. Le visionnage moyen de vidéos en ligne par spectateur s’est accru de 155% à 200% sur la période 2008-2011, a ainsi rappelé le député Fayot, en demandant si «assez d’efforts sont fournis afin d’atteindre le public par les nouvelles plateformes telles que la vidéo à la demande».

Pour y répondre, le Premier ministre et ministre des Communications a alors fait référence à l’action européenne en la matière. Le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ainsi «déclaré que le marché unique du numérique constitue un atout essentiel pour stimuler la croissance en Europe» et que des conclusions du Conseil sur la politique audiovisuelle à l’ère numérique seront adoptées. «Un des sujets à traiter dans ce contexte concerne les nouveaux modes de consommation et les nouveaux modes de distribution de contenu, suite à l’évolution des nouvelles technologies numériques.»

Les États membres auront l’occasion de s’exprimer sur une éventuelle exploitation simultanée ou mieux coordonnée des sorties en salles au niveau international et sur un accès plus rapide aux services à la demande, toutes plateformes confondues. «Nous estimons que seule une solution européenne permettra une meilleure diffusion et promotion transfrontalière des œuvres européennes», a ainsi conclu Xavier Bettel.

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Un échange parlementaire a permis d’apporter un peu de lumière sur l’efficacité des aides, européennes et nationales, à la production et à la distribution audiovisuelles.

C’est à travers une question parlementaire que Franz Fayot a interrogé le ministre des Communications et des Médias sur les aides apportées aux producteurs luxembourgeois de cinéma pour les aider à la distribution de leurs films. Le député LSAP a en effet constaté, en citant une communication de la Commission européenne («Le cinéma à l’ère numérique. Associer la diversité culturelle et la compétitivité»), que la production européenne avait du mal à toucher le public. Cette production est pourtant riche (1.200 films par an) et diversifiée.

Les recettes aux guichets et les entrées des films européens sont nettement inférieures à celles des productions américaines… alors qu’il n’y a que 200 films américains distribués en Europe chaque année. En 2012, ces derniers représentaient 19,84% des sorties en salle et 65,11% des entrées au sein de l’UE. Les entrées réalisées par les films européens non nationaux sur le marché de l’UE sont stables et représentent près de 12% en moyenne.

Le député socialiste souligne encore la disproportion de l’aide publique apportée à la distribution par rapport à la création. Ainsi, en 2009, les organismes publics européens de financement des œuvres cinématographiques ont consacré en moyenne 69% de leur budget à la création des œuvres, tandis que seulement 8,4% ont été consacrés à leur distribution et 3,6% à leur promotion. Ce qui l’a conduit à poser la question de savoir quelles parts respectives étaient consacrées à la création, à la distribution et à la promotion dans une production cinématographique au Luxembourg et comment inciter les producteurs à mettre davantage l’accent sur la diffusion à un plus large public.

Sans l’Europe, point de salut

Xavier Bettel, ministre de la Communication et des Médias, lui a ainsi répondu en faisant d’abord référence aux aides qui existent au niveau européen, dans le cadre des programmes Media successifs depuis 1992: «La Commission européenne, consciente du problème de la circulation des œuvres européennes, a créé des plateformes permettant de renforcer la distribution et la diffusion d’œuvres audiovisuelles européennes. Le Conseil de l’Europe a fait de même avec le programme Eurimages.»

Le cas du Luxembourg est particulier du fait de la taille restreinte du territoire. Les films étrangers (européens ou non) y sont généralement amenés par les distributeurs belges, parfois néerlandais, français ou allemands. En ce qui concerne plus spécifiquement les films produits ou coproduits avec le Grand-Duché, la sortie sur le territoire national est généralement garantie par les producteurs locaux.

Le ministre rappelle cependant que les aides apportées par le Film Fonds sont destinées à la production et non à la diffusion des films. «Les métiers de producteur et de distributeur sont complètement différents et partant les modèles économiques différents ne peuvent être intégrés dans une structure commune», a-t-il écrit.

Toutefois, le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle accepte que les budgets de production intègrent certains frais de promotion en cours de fabrication d’une production audiovisuelle: pour aider les films luxembourgeois à être présents à des festivals, pour sous-titrer ou doubler un film… Selon le rapport annuel du Fonds, en 2013, les subsides et aides à la promotion ont représenté moins de 250.000 euros.

Le ministre annonce encore que «le Fonds est en train de finaliser une nouvelle aide à l’exportation, destinée à couvrir une partie des dépenses facilitant la mise sur le marché international des productions cinématographiques luxembourgeoises. Il s’agit plus précisément de soutenir le producteur luxembourgeois dans la recherche d’un vendeur international et dans ses démarches de promotion et de distribution au niveau international.»

Consommation numérique

Il n’en reste pas moins que la chaîne de diffusion et de consommation du cinéma a considérablement changé. Le visionnage moyen de vidéos en ligne par spectateur s’est accru de 155% à 200% sur la période 2008-2011, a ainsi rappelé le député Fayot, en demandant si «assez d’efforts sont fournis afin d’atteindre le public par les nouvelles plateformes telles que la vidéo à la demande».

Pour y répondre, le Premier ministre et ministre des Communications a alors fait référence à l’action européenne en la matière. Le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ainsi «déclaré que le marché unique du numérique constitue un atout essentiel pour stimuler la croissance en Europe» et que des conclusions du Conseil sur la politique audiovisuelle à l’ère numérique seront adoptées. «Un des sujets à traiter dans ce contexte concerne les nouveaux modes de consommation et les nouveaux modes de distribution de contenu, suite à l’évolution des nouvelles technologies numériques.»

Les États membres auront l’occasion de s’exprimer sur une éventuelle exploitation simultanée ou mieux coordonnée des sorties en salles au niveau international et sur un accès plus rapide aux services à la demande, toutes plateformes confondues. «Nous estimons que seule une solution européenne permettra une meilleure diffusion et promotion transfrontalière des œuvres européennes», a ainsi conclu Xavier Bettel.

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