Oct 01 2010

Andy Bausch: «Influencé par les Américains»

Published by at 10:01 under Français

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Un brin mystérieux, le titre du nouveau film d’Andy Bausch, Schockela Knätschgummi a brong Puppelcher , prend tout son sens une fois le visionnage du film terminé.

Dans ce témoignage sur la présence américaine au Luxembourg après la guerre et sur ce qu’elle a légué au Grand-Duché, le réalisateur vogue d’un thème à l’autre sur des sujets aussi variés que les premiers contacts entre les GI et la population luxembourgeoise, la musique, la danse, le chocolat, le chewing-gum, le sexe, le cinéma, l’amour, les enfants adultérins, le racisme visant les noirs, etc. Autant de thèmes qu’Andy Bausch parvient à traiter de manière sérieuse et agréable, avec un savant mélange d’images d’archives, d’interviews, de photos et de reconstitutions. Rencontre avec le réalisateur à la sortie de la projection.

Entretien avec notre journaliste Pablo Chimienti

Comment est né ce film?

Andy Bausch : Ce film est né suite à Entrée d’artistes où il y avait plein de vieux musiciens qui parlaient de manière très chaleureuse des Américains et de ce qu’ils leur avaient apporté. La musique américaine était un nouveau monde pour eux. Je me suis aussi rappelé de mon père qui était aussi influencé par les Américains; étant jeune, il jouait au cow-boy… Je me suis donc dit que les Américains au Luxembourg, ça pouvait être un bon thème pour un long métrage. La prochaine fiction que je ferai parlera de ça, l’histoire d’amour entre un GI noir et une Luxembourgeoise. Mais, avant de faire une fiction, je voulais faire des recherches pour le scénario et profiter de ce que je trouverais pour faire un petit documentaire. Dès les premières rencontres, j’ai senti qu’il y avait beaucoup de matière.

Ce qui est intéressant, c’est que vous racontez aussi bien les bons aspects de leur présence que les mauvais. C’est la distance qui nous sépare de cette époque qui vous permet d’être objectif?
C’est surtout que j’en ai marre de voir des films comme Léif Lëtzebuerger qui présentent tous les Luxembourgeois comme bons et résistants et tous les Allemands mauvais. Il y avait des bons et des mauvais partout et je voulais montrer ça de manière réaliste. J’ai fait le film par respect pour les libérateurs américains, mais je voulais montrer que parmi eux il y avait aussi des salauds. Dans toutes les guerres, les jeunes hommes de 20 ans ont une grande faim d’alcool et de sexe; c’est normal! D’ailleurs, j’ai un petit regret par rapport à ce film, c’est que je n’ai trouvé personne pour me parler des viols. Il y en a eu partout, donc il y a dû en avoir au Luxembourg aussi.

Il y a un moment très fort, c’est quand Tony Vaccaro s’en prend ouvertement à Eisenhower. On ne s’y attendait pas…
Moi non plus! Je voulais absolument avoir cette interview avec Vaccaro. Parce que je connaissais quelques-unes des photos qu’il a prises sur la libération de Luxembourg et sur l’après-guerre au Grand-Duché. On est allés à New York pour ça. Rien qu’avec ses photos, il y avait matière à faire un petit film.

Roger Manderscheid (NDLR: décédé en juin) fait partie des personnes interviewées. Qu’est-ce que ça vous fait de le revoir maintenant sur grand écran?
Je connaissais Roger depuis pas mal de temps. Je le respectais beaucoup en tant qu’écrivain. Par contre, je dois dire, que j’ai été assez déçu par l’interview. Il n’était déjà plus très bien. J’espérais qu’il raconterait beaucoup plus de choses, peut-être un peu triviales, mais non. Après, le fait de le revoir maintenant, quand on fait des documentaires sur de vieilles histoires, on finit par s’habituer. Pour Entrée d’artistes, par exemple, il y a eu quatre décès depuis. C’est triste, mais c’est comme ça. On tourne aussi ces documentaires pour avoir les gens avant qu’ils ne disparaissent.

Votre prochain documentaire sera sur la Belle Époque. C’est prévu pour quand?
Oui, là, il n’y aura pas d’interviews (rires). Pour le moment, il n’y a rien d’officiel, parce qu’on attend encore la réponse du Fonspa. En tout cas, moi, je travaille déjà dessus.

Et la fiction sur le soldat noir et la Luxembourgeoise?
On est en phase d’écriture. Mais comme c’est un film d’hiver, dont le récit se passe après la Libération, j’espère pouvoir le tourner à la fin de l’année prochaine.

Schockela Knätschgummi a brong Puppelcher, d’Andy Bausch,
en luxembourgeois et anglais (st. fr.).
Avant-première le mercredi 10
à 19h30 à l’Utopolis. Sortie en salle
prévue le 12 novembre.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Un brin mystérieux, le titre du nouveau film d’Andy Bausch, Schockela Knätschgummi a brong Puppelcher , prend tout son sens une fois le visionnage du film terminé.

Dans ce témoignage sur la présence américaine au Luxembourg après la guerre et sur ce qu’elle a légué au Grand-Duché, le réalisateur vogue d’un thème à l’autre sur des sujets aussi variés que les premiers contacts entre les GI et la population luxembourgeoise, la musique, la danse, le chocolat, le chewing-gum, le sexe, le cinéma, l’amour, les enfants adultérins, le racisme visant les noirs, etc. Autant de thèmes qu’Andy Bausch parvient à traiter de manière sérieuse et agréable, avec un savant mélange d’images d’archives, d’interviews, de photos et de reconstitutions. Rencontre avec le réalisateur à la sortie de la projection.

Entretien avec notre journaliste Pablo Chimienti

Comment est né ce film?

Andy Bausch : Ce film est né suite à Entrée d’artistes où il y avait plein de vieux musiciens qui parlaient de manière très chaleureuse des Américains et de ce qu’ils leur avaient apporté. La musique américaine était un nouveau monde pour eux. Je me suis aussi rappelé de mon père qui était aussi influencé par les Américains; étant jeune, il jouait au cow-boy… Je me suis donc dit que les Américains au Luxembourg, ça pouvait être un bon thème pour un long métrage. La prochaine fiction que je ferai parlera de ça, l’histoire d’amour entre un GI noir et une Luxembourgeoise. Mais, avant de faire une fiction, je voulais faire des recherches pour le scénario et profiter de ce que je trouverais pour faire un petit documentaire. Dès les premières rencontres, j’ai senti qu’il y avait beaucoup de matière.

Ce qui est intéressant, c’est que vous racontez aussi bien les bons aspects de leur présence que les mauvais. C’est la distance qui nous sépare de cette époque qui vous permet d’être objectif?
C’est surtout que j’en ai marre de voir des films comme Léif Lëtzebuerger qui présentent tous les Luxembourgeois comme bons et résistants et tous les Allemands mauvais. Il y avait des bons et des mauvais partout et je voulais montrer ça de manière réaliste. J’ai fait le film par respect pour les libérateurs américains, mais je voulais montrer que parmi eux il y avait aussi des salauds. Dans toutes les guerres, les jeunes hommes de 20 ans ont une grande faim d’alcool et de sexe; c’est normal! D’ailleurs, j’ai un petit regret par rapport à ce film, c’est que je n’ai trouvé personne pour me parler des viols. Il y en a eu partout, donc il y a dû en avoir au Luxembourg aussi.

Il y a un moment très fort, c’est quand Tony Vaccaro s’en prend ouvertement à Eisenhower. On ne s’y attendait pas…
Moi non plus! Je voulais absolument avoir cette interview avec Vaccaro. Parce que je connaissais quelques-unes des photos qu’il a prises sur la libération de Luxembourg et sur l’après-guerre au Grand-Duché. On est allés à New York pour ça. Rien qu’avec ses photos, il y avait matière à faire un petit film.

Roger Manderscheid (NDLR: décédé en juin) fait partie des personnes interviewées. Qu’est-ce que ça vous fait de le revoir maintenant sur grand écran?
Je connaissais Roger depuis pas mal de temps. Je le respectais beaucoup en tant qu’écrivain. Par contre, je dois dire, que j’ai été assez déçu par l’interview. Il n’était déjà plus très bien. J’espérais qu’il raconterait beaucoup plus de choses, peut-être un peu triviales, mais non. Après, le fait de le revoir maintenant, quand on fait des documentaires sur de vieilles histoires, on finit par s’habituer. Pour Entrée d’artistes, par exemple, il y a eu quatre décès depuis. C’est triste, mais c’est comme ça. On tourne aussi ces documentaires pour avoir les gens avant qu’ils ne disparaissent.

Votre prochain documentaire sera sur la Belle Époque. C’est prévu pour quand?
Oui, là, il n’y aura pas d’interviews (rires). Pour le moment, il n’y a rien d’officiel, parce qu’on attend encore la réponse du Fonspa. En tout cas, moi, je travaille déjà dessus.

Et la fiction sur le soldat noir et la Luxembourgeoise?
On est en phase d’écriture. Mais comme c’est un film d’hiver, dont le récit se passe après la Libération, j’espère pouvoir le tourner à la fin de l’année prochaine.

Schockela Knätschgummi a brong Puppelcher, d’Andy Bausch,
en luxembourgeois et anglais (st. fr.).
Avant-première le mercredi 10
à 19h30 à l’Utopolis. Sortie en salle
prévue le 12 novembre.

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