Nov 27 2012

“Plus qu’un partenaire financier”

Published by at 05:13 under Industry,Samsa

SOURCE: http://www.paperjam.lu

« Luxembourg, plus qu’un partenaire financier »

Les coproductions luxembourgeoises sont nombreuses en ce moment sur nos écrans. Samsa film est l’un des partenaires (avec Les films du 24 et Artémis productions) du film La Traversée, qui sort ce mercredi en salle. Trois questions à son réalisateur, Jérôme Cornuau.

Votre film est un thriller psychologique assez déroutant, où un père essaie de comprendre ce qui est arrivé à sa fille qui a disparu pendant deux ans. Comment est né ce projet ?

« J’ai signé plusieurs films très différents les uns des autres (Les Brigades du Tigre, Dissonances… ndlr.), parfois de commande, et parfois plus personnels. Ici, ce qui m’intéressait, c’était la question de la résilience, ou comment retrouver une vie après un drame comme la perte d’un enfant. Je ne voulais cependant pas d’un drame psychologique, comme on en tourne beaucoup en France, mais un thriller construit comme tel, avec ses fausses pistes, ses rebondissements et ses personnages interlopes. Je me suis amusé à éveiller les soupçons des spectateurs vers les différents protagonistes et à faire grandir la tension paranoïaque du personnage principal.

Ce père est joué par Michaël Youn, totalement à contre-emploi de ses rôles d’amuseur potache. Pourquoi lui ?

« C’était une proposition de Brigitte Maccioni, chez UGC. Travailler avec lui m’a confirmé qu’il est un vrai comédien, capable d’une très grande palette d’émotions et de personnages. Il a beaucoup travaillé en amont, perdu plus de dix kilos, visionné des reportages sur des familles qui ont perdu un enfant. Pendant le tournage, il était là tout le temps, même pour les scènes où il n’apparaissait pas et a pris le rôle à bras le corps, avec une immense générosité. Certes, ceux qui le connaissent comme humoriste ne vont peut-être pas aller voir le film, et ceux qui aiment ce genre de films seront peut-être déroutés par la distribution… C’était un risque commercial à prendre.

Samsa Film est coproducteur du film. Que vous a apporté le Luxembourg ?

« Cette collaboration a été extrêmement fructueuse. Bien sûr, Samsa Film et le soutien du Film Fund étaient indispensables pour boucler le budget du film – environ 8 millions d’euros, impossibles à financer avec les producteurs françaisseulement. Mais, l’apport du Luxembourg a été bien plus important, au point de vue artistique. D’abord, il y a eu une adaptation dans l’écriture pour pouvoir tourner au Luxembourg. Ensuite, il y a Jules Werner qui a un rôle important, une distribution dictée par son talent et non par nécessité de coproduction. Ainsi que certains petits rôles, confiés à des acteurs locaux, tout à fait à la hauteur. Enfin, la musique est signée André Dziezuk, avec qui j’ai eu un dialogue créatif d’une rare profondeur, et qui a fait en sorte que la BO devienne une sorte de personnage supplémentaire dans l’intrigue. »

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SOURCE: http://www.paperjam.lu

« Luxembourg, plus qu’un partenaire financier »

Les coproductions luxembourgeoises sont nombreuses en ce moment sur nos écrans. Samsa film est l’un des partenaires (avec Les films du 24 et Artémis productions) du film La Traversée, qui sort ce mercredi en salle. Trois questions à son réalisateur, Jérôme Cornuau.

Votre film est un thriller psychologique assez déroutant, où un père essaie de comprendre ce qui est arrivé à sa fille qui a disparu pendant deux ans. Comment est né ce projet ?

« J’ai signé plusieurs films très différents les uns des autres (Les Brigades du Tigre, Dissonances… ndlr.), parfois de commande, et parfois plus personnels. Ici, ce qui m’intéressait, c’était la question de la résilience, ou comment retrouver une vie après un drame comme la perte d’un enfant. Je ne voulais cependant pas d’un drame psychologique, comme on en tourne beaucoup en France, mais un thriller construit comme tel, avec ses fausses pistes, ses rebondissements et ses personnages interlopes. Je me suis amusé à éveiller les soupçons des spectateurs vers les différents protagonistes et à faire grandir la tension paranoïaque du personnage principal.

Ce père est joué par Michaël Youn, totalement à contre-emploi de ses rôles d’amuseur potache. Pourquoi lui ?

« C’était une proposition de Brigitte Maccioni, chez UGC. Travailler avec lui m’a confirmé qu’il est un vrai comédien, capable d’une très grande palette d’émotions et de personnages. Il a beaucoup travaillé en amont, perdu plus de dix kilos, visionné des reportages sur des familles qui ont perdu un enfant. Pendant le tournage, il était là tout le temps, même pour les scènes où il n’apparaissait pas et a pris le rôle à bras le corps, avec une immense générosité. Certes, ceux qui le connaissent comme humoriste ne vont peut-être pas aller voir le film, et ceux qui aiment ce genre de films seront peut-être déroutés par la distribution… C’était un risque commercial à prendre.

Samsa Film est coproducteur du film. Que vous a apporté le Luxembourg ?

« Cette collaboration a été extrêmement fructueuse. Bien sûr, Samsa Film et le soutien du Film Fund étaient indispensables pour boucler le budget du film – environ 8 millions d’euros, impossibles à financer avec les producteurs françaisseulement. Mais, l’apport du Luxembourg a été bien plus important, au point de vue artistique. D’abord, il y a eu une adaptation dans l’écriture pour pouvoir tourner au Luxembourg. Ensuite, il y a Jules Werner qui a un rôle important, une distribution dictée par son talent et non par nécessité de coproduction. Ainsi que certains petits rôles, confiés à des acteurs locaux, tout à fait à la hauteur. Enfin, la musique est signée André Dziezuk, avec qui j’ai eu un dialogue créatif d’une rare profondeur, et qui a fait en sorte que la BO devienne une sorte de personnage supplémentaire dans l’intrigue. »

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