Aug 02 2010

Art, essai et… pop-corn

Published by at 08:11 under Industry

http://lequotidien.editpress.lu

Un colloque international a réuni sur deux jours plusieurs acteurs et spécialistes des médias et médiations culturelles au Grand-Duché.

Que penser des médias et des médiations de l’art et du spectacle au Luxembourg? Vaste sujet sur lequel ont débattu une demi-douzaine de personnes bien placées lors d’une table ronde qui s’est tenue, samedi, au Cité.

De notre journaliste Bruno Muller

Organisé par l’université du Luxembourg, ce colloque international a réuni sur deux jours des acteurs du monde de la presse luxembourgeoise mais également d’autres personnalités du monde de la culture. La table ronde sur «Les médias et les médiations de l’art et du spectacle» était animée par Fabrice Montebello, professeur à l’université de Metz. Ce dernier a amorcé le débat en faisant référence à un article paru dans le d’Lëtzebuerger Land relatif à l’inauguration du centre Pompidou-Metz. Ce qui ne pouvait que faire réagir Enrico Lunghi, directeur du Mudam: «On ne peut évidemment pas comparer le Mudam et le centre Pompidou-Metz. Il faut toutefois noter que le Luxembourg a su au cours du temps rattraper un certain retard en termes culturels. Le Mudam et le Casino ne doivent leur existence qu’au Luxembourg. Le centre Pompidou-Metz a bénéficié d’un certain soutien parisien.»

La question du choix

Paul Di Felice, enseignant-chercheur à l’université du Luxembourg et commissaire d’expositions, a quant à lui insisté sur l’importance de la professionnalisation dans les milieux culturels. «Il est très important pour le pays qu’il y ait un grand nombre de professionnels dans le milieu culturel. C’était moins le cas dans les années 1970 et 1980», rappelant en exemple les débuts de l’association Café-Crème.

Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque de la ville de Luxembourg, a orienté pour sa part le débat sur la question de l’autonomie de la médiation culturelle. «Des années 1950 à 1980, nous connaissions une cinéphilie assez classique. Aujourd’hui, je pense qu’il faut faire des choix en termes de programmes car on ne peut pas tout montrer en même temps.» Un avis que ne partage pas Nico Simon, administrateur délégué du groupe Utopia: «Une salle au Luxembourg doit être à la disposition de tous les acteurs du monde audiovisuel dans le pays. Il est important de faire le moins de choix possible de façon à ce que tout le monde puisse s’exprimer.» Nico Simon est également d’avis que ce sont les lois du marketing et du commerce qui régissent ce que l’on peut trouver à l’affiche, au niveau des productions internationales tout du moins: «Au niveau international, nous avons très peu de choix car nous sommes tributaires de la rentabilité. Le choix est fait par les médias et le marketing.» Selon Nico Simon, le problème du cinéma plus élitiste, c’est de pouvoir atteindre les gens: «C’est en partie une question de génération. De nombreux exploitants des cinémas d’art et essai appartiennent souvent à la vieille génération. Ils ne tolèrent pas, par exemple, que des jeunes puissent consommer du pop-corn dans leur salle. Il y a donc un comportement dans la “consommation” du cinéma qu’il faut changer.»

L’histoire des médias

Dans le cadre du colloque, Paul Lesch, assistant professeur, associé à l’université du Luxembourg, s’est exprimé sur le thème de l’histoire des médias au Luxembourg. «Étudier l’histoire des médias au Luxembourg c’est une façon de mieux comprendre la situation actuelle de ces médias.» À savoir aussi que l’histoire des médias au Luxembourg permet d’étudier l’histoire du pays et ses évolutions. On apprend ainsi qu’il y avait beaucoup plus de journaux au XIXe et XXe siècle qu’aujourd’hui : «C’était surtout une presse locale et régionale. Cela a beaucoup changé après la dernière guerre. La diversité de la presse aujourd’hui est le résultat d’une volonté politique car il ne s’agit pas seulement d’une ville mais d’un pays.» Le sujet de l’histoire des médias au Luxembourg réserve encore un grand potentiel inexploré. «On est confronté à un problème de source. On s’aperçoit que pour les journaux anciens, il n’existe pas de sondage sur les journaux eux-mêmes.»

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Un colloque international a réuni sur deux jours plusieurs acteurs et spécialistes des médias et médiations culturelles au Grand-Duché.

Que penser des médias et des médiations de l’art et du spectacle au Luxembourg? Vaste sujet sur lequel ont débattu une demi-douzaine de personnes bien placées lors d’une table ronde qui s’est tenue, samedi, au Cité.

De notre journaliste Bruno Muller

Organisé par l’université du Luxembourg, ce colloque international a réuni sur deux jours des acteurs du monde de la presse luxembourgeoise mais également d’autres personnalités du monde de la culture. La table ronde sur «Les médias et les médiations de l’art et du spectacle» était animée par Fabrice Montebello, professeur à l’université de Metz. Ce dernier a amorcé le débat en faisant référence à un article paru dans le d’Lëtzebuerger Land relatif à l’inauguration du centre Pompidou-Metz. Ce qui ne pouvait que faire réagir Enrico Lunghi, directeur du Mudam: «On ne peut évidemment pas comparer le Mudam et le centre Pompidou-Metz. Il faut toutefois noter que le Luxembourg a su au cours du temps rattraper un certain retard en termes culturels. Le Mudam et le Casino ne doivent leur existence qu’au Luxembourg. Le centre Pompidou-Metz a bénéficié d’un certain soutien parisien.»

La question du choix

Paul Di Felice, enseignant-chercheur à l’université du Luxembourg et commissaire d’expositions, a quant à lui insisté sur l’importance de la professionnalisation dans les milieux culturels. «Il est très important pour le pays qu’il y ait un grand nombre de professionnels dans le milieu culturel. C’était moins le cas dans les années 1970 et 1980», rappelant en exemple les débuts de l’association Café-Crème.

Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque de la ville de Luxembourg, a orienté pour sa part le débat sur la question de l’autonomie de la médiation culturelle. «Des années 1950 à 1980, nous connaissions une cinéphilie assez classique. Aujourd’hui, je pense qu’il faut faire des choix en termes de programmes car on ne peut pas tout montrer en même temps.» Un avis que ne partage pas Nico Simon, administrateur délégué du groupe Utopia: «Une salle au Luxembourg doit être à la disposition de tous les acteurs du monde audiovisuel dans le pays. Il est important de faire le moins de choix possible de façon à ce que tout le monde puisse s’exprimer.» Nico Simon est également d’avis que ce sont les lois du marketing et du commerce qui régissent ce que l’on peut trouver à l’affiche, au niveau des productions internationales tout du moins: «Au niveau international, nous avons très peu de choix car nous sommes tributaires de la rentabilité. Le choix est fait par les médias et le marketing.» Selon Nico Simon, le problème du cinéma plus élitiste, c’est de pouvoir atteindre les gens: «C’est en partie une question de génération. De nombreux exploitants des cinémas d’art et essai appartiennent souvent à la vieille génération. Ils ne tolèrent pas, par exemple, que des jeunes puissent consommer du pop-corn dans leur salle. Il y a donc un comportement dans la “consommation” du cinéma qu’il faut changer.»

L’histoire des médias

Dans le cadre du colloque, Paul Lesch, assistant professeur, associé à l’université du Luxembourg, s’est exprimé sur le thème de l’histoire des médias au Luxembourg. «Étudier l’histoire des médias au Luxembourg c’est une façon de mieux comprendre la situation actuelle de ces médias.» À savoir aussi que l’histoire des médias au Luxembourg permet d’étudier l’histoire du pays et ses évolutions. On apprend ainsi qu’il y avait beaucoup plus de journaux au XIXe et XXe siècle qu’aujourd’hui : «C’était surtout une presse locale et régionale. Cela a beaucoup changé après la dernière guerre. La diversité de la presse aujourd’hui est le résultat d’une volonté politique car il ne s’agit pas seulement d’une ville mais d’un pays.» Le sujet de l’histoire des médias au Luxembourg réserve encore un grand potentiel inexploré. «On est confronté à un problème de source. On s’aperçoit que pour les journaux anciens, il n’existe pas de sondage sur les journaux eux-mêmes.»

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