Sep 04 2010

Cinéma: Au cœur du risque

Published by at 01:01 under Articles,Français,Industry

SOURCE: http://www.lequotidien.lu – Audrey Somnard

Samsa Films fête l’année prochaine ses 25 ans d’existence. Un quart de siècle qui a vu s’imposer la plus grosse société de production luxembourgeoise et qui rivalise avec les plus grands en Europe.

Difficile d’obtenir un rendez-vous avec Jani Thiltges : entre un passage à Paris et un voyage à Toronto, il passe un peu de temps dans ses bureaux à Bertrange, pendu au téléphone pour parler de ses projets et défendre ses bébés comme il les appelle. Samsa Films a produit trois tournages cet été au Luxembourg, un emploi du temps qui profite à la bonne santé mais surtout à la notoriété de cette société de production qui peut se permettre de miser sur des films à succès autant commerciaux que critique. Depuis ses débuts, Jani Thiltges a produit ou coproduit 60 films avec Samsa Productions. Une expérience qui lui a permis de tenir dans le métier où les débuts sont particulièrement difficiles. Diplôme d’une école de cinéma en poche, c’est vers la réalisation que portent ses premières amours. Puis les aléas de la vie et surtout quelques concours de circonstances le mènent finalement au métier de producteur, le grand argentier du cinéma.

«Les finances représentent seulement 20% du métier, le reste joue plutôt sur l’aspect créatif où il faut beaucoup discuter avec le réalisateur sur un projet», explique-t-il. Que l’idée de départ soit venue du producteur, d’un réalisateur, d’un scénariste, le cheminement est le même : il faut savoir exploiter le potentiel de cette idée et la rendre rentable en établissant un budget. Subventions, crédits d’impôts, distributeurs, chaînes de télévision, «le but est de financer un maximum un film avant même sa sortie, pour être plus à l’aise», explique le producteur qui doit pour chaque projet estimer le risque et la rentabilité d’un film par rapport au budget proposé.

Samsa jongle avec des films dont les budgets oscillent entre 1,5 et 10millions d’euros, c’est peu et beaucoup à la fois. Peu si l’on compare aux blockbusters américains qui ne jouent définitivement pas dans les mêmes catégories, mais beaucoup car le producteur s’engage sur ces projets. «On apprend en tombant», explique avec un petit sourire Jani Thiltges, qui a réussi à se faire une place après quelques années difficiles à ses débuts. «Les idées sont là, des centaines de projets de films se font chaque année, il faut être là au bon moment. Quand on est jeune producteur il faut savoir repérer le projet que personne d’autre n’a vu, c’est difficile. Avec l’expérience, on a accès plus rapidement aux projets intéressants.» Il faut savoir tenir un équilibre entre des projets qui tiennent particulièrement, et pas forcément toujours rentables, et d’autres qui sauront trouver un public plus large. «Avec le temps on tend à produire plus de films qui nous plaisent vraiment, mais on n’arrive jamais à faire que ça, l’idéal n’existe pas!»

Garder un certain équilibre

La clé réside également dans l’association avec d’autres maisons de production : la coproduction est indispensable au Luxembourg. Jani Thiltges travaille principalement avec des entités française (Liaison Cinéma) et belge (Artemis) qu’il a créées. Le tout est d’arriver à s’imposer comme producteur principal sur un film : cela demande plus de travail, plus d’engagement et surtout plus de risques, mais pour Jani Thilges, c’est évidemment cette partie qui le passionne le plus. Sur les six derniers projets de Samsa Films, trois films ont été produits tandis que pour les trois autres Samsa était présente en tant que producteur délégué. «Un mélange des deux, un certain équilibre qu’il faut garder», notamment pour pouvoir verser les salaires d’une équipe d’une dizaine d’employés fixes de la société.

Et les succès populaires sont au rendez-vous : Comme t’y es belle, une comédie française, a rassemblé 1,3million de spectateurs. «Je suis comme un patron d’entreprise, mon rôle est partagé avec le réalisateur, qui a un point de vue artistique, mais au final, c’est moi qui prends les risques de croire en un projet et de travailler dessus pendant des mois et des mois.» Un métier passionnant, mais qui demande beaucoup de temps et d’énergie : «Je ne sais pas si ça fait rêver, mais en tout cas, je peux dire que c’est surtout beaucoup de travail et quelques nuits agitées! Mais si je n’aimais pas cela, je ferais autre chose», conclut-il.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu – Audrey Somnard

Samsa Films fête l’année prochaine ses 25 ans d’existence. Un quart de siècle qui a vu s’imposer la plus grosse société de production luxembourgeoise et qui rivalise avec les plus grands en Europe.

Difficile d’obtenir un rendez-vous avec Jani Thiltges : entre un passage à Paris et un voyage à Toronto, il passe un peu de temps dans ses bureaux à Bertrange, pendu au téléphone pour parler de ses projets et défendre ses bébés comme il les appelle. Samsa Films a produit trois tournages cet été au Luxembourg, un emploi du temps qui profite à la bonne santé mais surtout à la notoriété de cette société de production qui peut se permettre de miser sur des films à succès autant commerciaux que critique. Depuis ses débuts, Jani Thiltges a produit ou coproduit 60 films avec Samsa Productions. Une expérience qui lui a permis de tenir dans le métier où les débuts sont particulièrement difficiles. Diplôme d’une école de cinéma en poche, c’est vers la réalisation que portent ses premières amours. Puis les aléas de la vie et surtout quelques concours de circonstances le mènent finalement au métier de producteur, le grand argentier du cinéma.

«Les finances représentent seulement 20% du métier, le reste joue plutôt sur l’aspect créatif où il faut beaucoup discuter avec le réalisateur sur un projet», explique-t-il. Que l’idée de départ soit venue du producteur, d’un réalisateur, d’un scénariste, le cheminement est le même : il faut savoir exploiter le potentiel de cette idée et la rendre rentable en établissant un budget. Subventions, crédits d’impôts, distributeurs, chaînes de télévision, «le but est de financer un maximum un film avant même sa sortie, pour être plus à l’aise», explique le producteur qui doit pour chaque projet estimer le risque et la rentabilité d’un film par rapport au budget proposé.

Samsa jongle avec des films dont les budgets oscillent entre 1,5 et 10millions d’euros, c’est peu et beaucoup à la fois. Peu si l’on compare aux blockbusters américains qui ne jouent définitivement pas dans les mêmes catégories, mais beaucoup car le producteur s’engage sur ces projets. «On apprend en tombant», explique avec un petit sourire Jani Thiltges, qui a réussi à se faire une place après quelques années difficiles à ses débuts. «Les idées sont là, des centaines de projets de films se font chaque année, il faut être là au bon moment. Quand on est jeune producteur il faut savoir repérer le projet que personne d’autre n’a vu, c’est difficile. Avec l’expérience, on a accès plus rapidement aux projets intéressants.» Il faut savoir tenir un équilibre entre des projets qui tiennent particulièrement, et pas forcément toujours rentables, et d’autres qui sauront trouver un public plus large. «Avec le temps on tend à produire plus de films qui nous plaisent vraiment, mais on n’arrive jamais à faire que ça, l’idéal n’existe pas!»

Garder un certain équilibre

La clé réside également dans l’association avec d’autres maisons de production : la coproduction est indispensable au Luxembourg. Jani Thiltges travaille principalement avec des entités française (Liaison Cinéma) et belge (Artemis) qu’il a créées. Le tout est d’arriver à s’imposer comme producteur principal sur un film : cela demande plus de travail, plus d’engagement et surtout plus de risques, mais pour Jani Thilges, c’est évidemment cette partie qui le passionne le plus. Sur les six derniers projets de Samsa Films, trois films ont été produits tandis que pour les trois autres Samsa était présente en tant que producteur délégué. «Un mélange des deux, un certain équilibre qu’il faut garder», notamment pour pouvoir verser les salaires d’une équipe d’une dizaine d’employés fixes de la société.

Et les succès populaires sont au rendez-vous : Comme t’y es belle, une comédie française, a rassemblé 1,3million de spectateurs. «Je suis comme un patron d’entreprise, mon rôle est partagé avec le réalisateur, qui a un point de vue artistique, mais au final, c’est moi qui prends les risques de croire en un projet et de travailler dessus pendant des mois et des mois.» Un métier passionnant, mais qui demande beaucoup de temps et d’énergie : «Je ne sais pas si ça fait rêver, mais en tout cas, je peux dire que c’est surtout beaucoup de travail et quelques nuits agitées! Mais si je n’aimais pas cela, je ferais autre chose», conclut-il.

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