Jun 12 2014

David Grumbach, le financier du 7ème art

Published by at 01:41 under Industry

SOURCE: http://www.wort.lu

La première société luxembourgeoise dédiée au financement de l’industrie cinématographique vient de voir le jour grâce au producteur luxembourgeois, David Grumbach. Elle interviendra dans le financement de films de leur conception à leur distribution et pourrait bien changer le paysage de l’industrie cinématographique du Grand-Duché.

Ce nouvel outil financier, fruit de l’association du 7ème art et de la finance, est né d’une collaboration de trois ans entre David Grumbach et un professionnel de la finance, Christian Denizon et va permettre au Luxembourg de conquérir de nouveaux marchés et d’avoir un plus grand rayonnement sur la scène européenne voire internationale: «Ce nouvel outil illustre bien la diversité de la place financière luxembourgeoise tout en complétant les dispositifs qui existent déjà dans le pays au niveau du cinéma», explique David Grumbach, «Il offre transparence et optimisation des recettes dans un secteur qui en manque parfois. Nous aiderons ainsi les producteurs de la place à avoir plus d’influence sur le marché mondial afin d’attirer davantage de projets ».

David Grumbach vit et travaille au Luxembourg depuis 2005, date à laquelle il s’est associé à Paul Thiltges. Il a commencé par développer des productions depuis le Luxembourg avec 15 pays européens différents. En 2011, il créé sa société de production Juliettes Film. Un nom qu’il a choisi pour son caractère universel et qui rappelle la pièce de Shakespeare «Roméo et Juliette» qui mêle «action, suspens, comédie et tragédie et qui peut être revisité de différentes manières, ce qui correspond bien à la richesse et à l’éclectisme que j’aime au cinéma».

Il est à l’origine avec Paul Thilges distribution de films comme «The Congress» qui a été sacré en décembre 2013 «Meilleur film d’animation» aux European Film Awards . Il se trouve actuellement au Festival du film d’animation à Annecy en France.

En 2013, il s’associe à Eric Chinchon, un expert en financement, et avec les producteurs de Samsa Films: Jani Thilges et Claude Waringo. Ils achètent ensemble une des plus grandes et prestigieuses sociétés de cinéma française : Bac Films.

25 millions d’euros en 2012

Depuis 1989, le Luxembourg développe, aide et finance une grande partie de son industrie cinématographique. En 2012, la participation financière du gouvernement à ce secteur s’élève à plus de 25 millions d’euros ; un bond impressionnant puisqu’en 1989, elle n’était que de 179.000 euros. La création de la nouvelle société de David Grumbach va venir compléter et renforcer l’offre de financement du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (FONSPA) qui vient d’accorder en mai dernier à 12 projets des aides financières pour un montant total de plus de 5 millions.

« Les professionnels de l’industrie au Luxembourg vont pouvoir ainsi également compter sur cette source de financement qui leur permettra de consolider chacune des étapes de création de leurs films et d’avoir un retour sur investissement dès les premières recettes », poursuit-il.

1.200 films produits chaque année en Europe

Est-ce ôter un peu de magie au monde du cinéma que de regarder de plus près les rouages d’une industrie qui brasse des millions? Faire un film demande beaucoup d’argent et « le temps, c’est de l’argent », surtout dans un univers où chaque nouvelle prise de vue ou retard alourdi un peu plus la facture…

L’Europe détient le marché du cinéma le plus florissant avec 1.200 films produits par an contre 600 aux Etats-Unis.

« C’est en Europe que les chaînes de télé achètent le plus de films, c’est là où il y a le plus de tickets de cinéma et de DVD vendus et les plateformes de téléchargement de VOD bouleversent les modèles économiques actuels », note David Grumbach, «Ce nouvel outil d’investissement va permettre d’expertiser le potentiel économique des films et d’imposer un retour sur investissement sur l’ensemble des recettes générées. On va ainsi permettre à des films initiés au Luxembourg de lutter à armes égales avec les producteurs français, allemands, britanniques et même américains ».

Avant qu’un film ne soit vendu dans le monde entier et qu’il soit distribué dans les salles de cinéma, à la télévision, sur internet ou en DVD, plusieurs investissements sont faits par les producteurs et les distributeurs. Deux secteurs qui possèdent leur propre économie et qui ont souvent des objectifs différents, explique le producteur: « Nous allons maintenant rassembler les réalisateurs, acteurs, producteurs, distributeurs et financiers autour de la même table pour avoir une visibilité globale au lieu que chacun reste dans son coin ».

Œuvre d’art et produit fabriqué

Un film est à la fois une œuvre d’art et un produit fabriqué ce qui induit des droits différents: droits d’exploitation, droits d’auteurs… mais de l’art à la finance, il n’y a parfois qu’un pas: « Les avantages ne sont pas uniquement financiers, il s’agit également de mettre en avant l’expérience du Luxembourg en matière de cinéma. Un film, ce n’est pas uniquement un financement ou un budget, c’est aussi un travail artistique, un assemblage technique, une stratégie marketing de distribution à concevoir et un potentiel économique à optimiser pour faire en sorte que les films soient produits au bon prix et qu’ils touchent un large public dans le monde entier », conclut le producteur.

Une nouvelle société qui va offrir au Grand-Duché une meilleure visibilité sur le marché de cinéma européen et donner la possibilité à différents projets de films d’être initiés, financés et distribués par le Luxembourg depuis le Luxembourg.

Virginie Orlandi

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SOURCE: http://www.wort.lu

La première société luxembourgeoise dédiée au financement de l’industrie cinématographique vient de voir le jour grâce au producteur luxembourgeois, David Grumbach. Elle interviendra dans le financement de films de leur conception à leur distribution et pourrait bien changer le paysage de l’industrie cinématographique du Grand-Duché.

Ce nouvel outil financier, fruit de l’association du 7ème art et de la finance, est né d’une collaboration de trois ans entre David Grumbach et un professionnel de la finance, Christian Denizon et va permettre au Luxembourg de conquérir de nouveaux marchés et d’avoir un plus grand rayonnement sur la scène européenne voire internationale: «Ce nouvel outil illustre bien la diversité de la place financière luxembourgeoise tout en complétant les dispositifs qui existent déjà dans le pays au niveau du cinéma», explique David Grumbach, «Il offre transparence et optimisation des recettes dans un secteur qui en manque parfois. Nous aiderons ainsi les producteurs de la place à avoir plus d’influence sur le marché mondial afin d’attirer davantage de projets ».

David Grumbach vit et travaille au Luxembourg depuis 2005, date à laquelle il s’est associé à Paul Thiltges. Il a commencé par développer des productions depuis le Luxembourg avec 15 pays européens différents. En 2011, il créé sa société de production Juliettes Film. Un nom qu’il a choisi pour son caractère universel et qui rappelle la pièce de Shakespeare «Roméo et Juliette» qui mêle «action, suspens, comédie et tragédie et qui peut être revisité de différentes manières, ce qui correspond bien à la richesse et à l’éclectisme que j’aime au cinéma».

Il est à l’origine avec Paul Thilges distribution de films comme «The Congress» qui a été sacré en décembre 2013 «Meilleur film d’animation» aux European Film Awards . Il se trouve actuellement au Festival du film d’animation à Annecy en France.

En 2013, il s’associe à Eric Chinchon, un expert en financement, et avec les producteurs de Samsa Films: Jani Thilges et Claude Waringo. Ils achètent ensemble une des plus grandes et prestigieuses sociétés de cinéma française : Bac Films.

25 millions d’euros en 2012

Depuis 1989, le Luxembourg développe, aide et finance une grande partie de son industrie cinématographique. En 2012, la participation financière du gouvernement à ce secteur s’élève à plus de 25 millions d’euros ; un bond impressionnant puisqu’en 1989, elle n’était que de 179.000 euros. La création de la nouvelle société de David Grumbach va venir compléter et renforcer l’offre de financement du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (FONSPA) qui vient d’accorder en mai dernier à 12 projets des aides financières pour un montant total de plus de 5 millions.

« Les professionnels de l’industrie au Luxembourg vont pouvoir ainsi également compter sur cette source de financement qui leur permettra de consolider chacune des étapes de création de leurs films et d’avoir un retour sur investissement dès les premières recettes », poursuit-il.

1.200 films produits chaque année en Europe

Est-ce ôter un peu de magie au monde du cinéma que de regarder de plus près les rouages d’une industrie qui brasse des millions? Faire un film demande beaucoup d’argent et « le temps, c’est de l’argent », surtout dans un univers où chaque nouvelle prise de vue ou retard alourdi un peu plus la facture…

L’Europe détient le marché du cinéma le plus florissant avec 1.200 films produits par an contre 600 aux Etats-Unis.

« C’est en Europe que les chaînes de télé achètent le plus de films, c’est là où il y a le plus de tickets de cinéma et de DVD vendus et les plateformes de téléchargement de VOD bouleversent les modèles économiques actuels », note David Grumbach, «Ce nouvel outil d’investissement va permettre d’expertiser le potentiel économique des films et d’imposer un retour sur investissement sur l’ensemble des recettes générées. On va ainsi permettre à des films initiés au Luxembourg de lutter à armes égales avec les producteurs français, allemands, britanniques et même américains ».

Avant qu’un film ne soit vendu dans le monde entier et qu’il soit distribué dans les salles de cinéma, à la télévision, sur internet ou en DVD, plusieurs investissements sont faits par les producteurs et les distributeurs. Deux secteurs qui possèdent leur propre économie et qui ont souvent des objectifs différents, explique le producteur: « Nous allons maintenant rassembler les réalisateurs, acteurs, producteurs, distributeurs et financiers autour de la même table pour avoir une visibilité globale au lieu que chacun reste dans son coin ».

Œuvre d’art et produit fabriqué

Un film est à la fois une œuvre d’art et un produit fabriqué ce qui induit des droits différents: droits d’exploitation, droits d’auteurs… mais de l’art à la finance, il n’y a parfois qu’un pas: « Les avantages ne sont pas uniquement financiers, il s’agit également de mettre en avant l’expérience du Luxembourg en matière de cinéma. Un film, ce n’est pas uniquement un financement ou un budget, c’est aussi un travail artistique, un assemblage technique, une stratégie marketing de distribution à concevoir et un potentiel économique à optimiser pour faire en sorte que les films soient produits au bon prix et qu’ils touchent un large public dans le monde entier », conclut le producteur.

Une nouvelle société qui va offrir au Grand-Duché une meilleure visibilité sur le marché de cinéma européen et donner la possibilité à différents projets de films d’être initiés, financés et distribués par le Luxembourg depuis le Luxembourg.

Virginie Orlandi

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