Feb 28 2011

“Etre choisi pour les Oscars a été une surprise!”

Published by at 01:46 under Français,Industry

SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – «La petite chambre», coproduction helvético-luxembourgeoise avec Michel Bouquet dans un des rôles principaux, sort en salles, vendredi. Interview avec les deux réalisatrices

Quelles scènes avez-vous tourné au Luxembourg?

Véronique Reymond: Toutes les scènes intérieures, par exemple l’appartement de Rose (NDLR: second rôle principal, incarné par Florence Loiret Caille). Nous avons tourné une scène de concert à l’Abbaye de Neumünster. De plus, nous avons fait toute la post-production – le montage et le mixage son – au Luxembourg.

Stéphanie Chuat: Les scènes dans les appartements, nous les avons filmées dans un vieux bâtiment à la Côte d’Eich qui devait être démoli après. À cet endroit, nous pouvions nous pencher sur le côté intimiste du film. Nous nous trouvions dans une sorte de huis clos.

Aviez-vous un mot à dire sur le choix du Luxembourg comme lieu de tournage?

S.C.: Comme il s’agit d’une coproduction, c’était imposé dans les contrats. Mais cela ne nous a pas posé problème. L’industrie cinématographique au Luxembourg est en plein essor. La Suisse est un petit pays. Donc, il faut créer des partenariats. «La petite chambre» n’est pas un film à petit budget. Nous étions contentes d’avoir cette coproduction. Un premier film est toujours difficile à financer, mais nous avions l’atout que Michel Bouquet avait dit «oui».

La Suisse a proposé votre film pour l’Oscar du meilleur film étranger. Il n’a pas été retenu pour la sélection finale. Déçues ou plutôt contentes malgré tout?

S.C.: Très contentes. C’était une grande surprise. On n’y avait même pas pensé. Il y a un lobbying énorme et les chances ne sont pas égales.

V.R.: Le film était déjà au festival de Locarno. Le public lui a fait un très bel accueil. Ensuite, il a tourné sur plusieurs festivals en Suisse. En janvier, il est sorti en Suisse romande. Et puis, être choisi pour les Oscars… Cela avait le mérite de faire de la publicité au film et a incité de nombreuses personnes à le découvrir.

Votre film montre un homme âgé qui ne veut pas partir en maison de retraite. D’où vient l’intérêt de deux jeunes femmes comme vous à s’intéresser à ce sujet?

V.R. : J’avais un rapport très fort avec ma grand-mère qui a vécu 17 ans dans une maison de retraite. Elle a accepté de quitter son appartement. Stéphanie aussi, elle est proche de sa grand-mère. En Suisse, le vieillissement de la population est un sujet fort. Nous, on est jeune, on pense à la carrière, à gagner de l’argent, peut-être avoir un enfant. Mais un jour, on vieillit et on commence à coûter de l’argent. Donc, ça nous concerne un jour ou l’autre. Et puis, ce qui nous a intéressés, c’est le rapport en famille. Parce qu’un jour, la question de la maison de retraite peut également se poser à nos parents et à nous qui devrons alors prendre une décision.

En tant que réalisatrices, vous êtes en minorité. Votre regard sur le monde que vous transportez dans votre film est-il différent de celui des hommes?

V.R.: C’est un regard de femmes mais on ne revendique pas un regard différent ou féministe. Nous parlons de sujets qui nous touchent, comme la complexité des relations humaines. Je dirais tout simplement que nous avons notre sensibilité à nous.

Recueilli par Kerstin Smirr

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LUXEMBOURG – «La petite chambre», coproduction helvético-luxembourgeoise avec Michel Bouquet dans un des rôles principaux, sort en salles, vendredi. Interview avec les deux réalisatrices

Quelles scènes avez-vous tourné au Luxembourg?

Véronique Reymond: Toutes les scènes intérieures, par exemple l’appartement de Rose (NDLR: second rôle principal, incarné par Florence Loiret Caille). Nous avons tourné une scène de concert à l’Abbaye de Neumünster. De plus, nous avons fait toute la post-production – le montage et le mixage son – au Luxembourg.

Stéphanie Chuat: Les scènes dans les appartements, nous les avons filmées dans un vieux bâtiment à la Côte d’Eich qui devait être démoli après. À cet endroit, nous pouvions nous pencher sur le côté intimiste du film. Nous nous trouvions dans une sorte de huis clos.

Aviez-vous un mot à dire sur le choix du Luxembourg comme lieu de tournage?

S.C.: Comme il s’agit d’une coproduction, c’était imposé dans les contrats. Mais cela ne nous a pas posé problème. L’industrie cinématographique au Luxembourg est en plein essor. La Suisse est un petit pays. Donc, il faut créer des partenariats. «La petite chambre» n’est pas un film à petit budget. Nous étions contentes d’avoir cette coproduction. Un premier film est toujours difficile à financer, mais nous avions l’atout que Michel Bouquet avait dit «oui».

La Suisse a proposé votre film pour l’Oscar du meilleur film étranger. Il n’a pas été retenu pour la sélection finale. Déçues ou plutôt contentes malgré tout?

S.C.: Très contentes. C’était une grande surprise. On n’y avait même pas pensé. Il y a un lobbying énorme et les chances ne sont pas égales.

V.R.: Le film était déjà au festival de Locarno. Le public lui a fait un très bel accueil. Ensuite, il a tourné sur plusieurs festivals en Suisse. En janvier, il est sorti en Suisse romande. Et puis, être choisi pour les Oscars… Cela avait le mérite de faire de la publicité au film et a incité de nombreuses personnes à le découvrir.

Votre film montre un homme âgé qui ne veut pas partir en maison de retraite. D’où vient l’intérêt de deux jeunes femmes comme vous à s’intéresser à ce sujet?

V.R. : J’avais un rapport très fort avec ma grand-mère qui a vécu 17 ans dans une maison de retraite. Elle a accepté de quitter son appartement. Stéphanie aussi, elle est proche de sa grand-mère. En Suisse, le vieillissement de la population est un sujet fort. Nous, on est jeune, on pense à la carrière, à gagner de l’argent, peut-être avoir un enfant. Mais un jour, on vieillit et on commence à coûter de l’argent. Donc, ça nous concerne un jour ou l’autre. Et puis, ce qui nous a intéressés, c’est le rapport en famille. Parce qu’un jour, la question de la maison de retraite peut également se poser à nos parents et à nous qui devrons alors prendre une décision.

En tant que réalisatrices, vous êtes en minorité. Votre regard sur le monde que vous transportez dans votre film est-il différent de celui des hommes?

V.R.: C’est un regard de femmes mais on ne revendique pas un regard différent ou féministe. Nous parlons de sujets qui nous touchent, comme la complexité des relations humaines. Je dirais tout simplement que nous avons notre sensibilité à nous.

Recueilli par Kerstin Smirr

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