May 06 2009

Humains critiques

Published by at 01:59 under Industry,Screening Room

Hei fannt Dir e puer Pressezstëmmen zu dem Film “Humains” vum Jacques-Olivier Molon an Pierre-Olivier Thévenin coproduzéiert vun Iris Productions.

Dans les Alpes suisses, le professeur Schneider et son fils enquêtent sur de récentes découvertes portant sur la filiation de l’espèce humaine. Une famille de touristes voyagent par hasard avec eux quand le voyage tourne au cauchemar…

http://www.ecranlarge.com/article-details-11617.php

D’ordinaire, la rencontre avec l’auteur d’un film s’effectue car le journaliste a apprécié l’œuvre qu’il a vue. Pour Humains, c’est un peu la démarche opposée. On a voulu tout simplement comprendre ce qui s’est passé. Comprendre comment Humains a pu devenir ce fantastique nanar. Les deux réalisateurs se sont très gentiment et humblement prêtés au jeu. Tout en assumant totalement leur film, ils ont répondu avec beaucoup d’aplomb aux attaques du « méchant » journaliste

Comment arrive t-on à un tel résultat, une sorte de Vercingétorix du film de genre ? Humains, immense nanar, pourquoi ?

Pierre-Olivier Thevenin : On ne va pas jouer la politique de l’excuse. Les choses sont telles quelles. On a eu des difficultés, on ne le cache à personne.

Jacques-Olivier Molon : A la base, c’est un film de commande. A partir d’un scénario qu’on nous a donné, c’est à nous de l’appliquer et le mettre en images et en son. On s’est comporté comme des « filmmakers » (artisans).

POT : On n’a jamais cherché à faire de l’esbroufe visuel. On savait qu’on n’aurait pas eu le temps de le faire, ou alors sur quelques plans et le film n’aurait pas été homogène. On a donc opté pour une mise en scène qui mette en avant l’histoire.

JOM : Il fallait respecter le matériau d’origine et aussi respecter le jeu des comédiens.

POT : C’est effectivement à un moment un crève-cœur d’opter pour un tel choix. Car, on a forcement envie à un moment de partir dans des plans exceptionnels. Dans le temps imparti, c’était vraiment compliqué.

JOM : Mais ce n’est pas pour autant une mise en scène paresseuse. On a toujours par exemple voulu que la caméra soit en mouvement. On a privilégié la caméra épaule pour accentuer le côté insécurité des personnages.

Mais j’ai envie de dire que vous n’êtes pas seuls dans la non-réussite d’un film de genre en France. Il y a un passif avant vous (Promenons-nous dans les bois, Brocéliande,…)

On a quelques réussites toutefois. Je pense à Nid de guêpes. Du côté à Maléfiqued’Eric Valette qui est pas mal. Haute tension malgré son twist de fin particulier est très efficace et s’avère être un bel hommage au giallo.

Parlons de la première chose qui ne fonctionne pas : les comédiens. Malgré tout le bien que l’on peut penser de Lorant Deutsch et Sara Forestier, ils ne conviennent pas dans leur rôle. On n’y croit absolument pas.

Il faut replacer tout ceci dans le contexte. Que ce soit nous deux qui venons du maquillage (NDR/ ils se sont occupés des effets gore de A l’intérieur), ou La Fabrique de films (producteur d’Humains) qui a produit A l’intérieur ou distribué The Descent, on a tous un passif de gens qui font des films extrêmes. Or, Humains est clairement un film d’aventures. De plus, la première affiche du film faisait (trop) penser à The Descent. Dès le départ, il y a donc eu une perception biaisée du film. Si les gens s’attendent à voir un film de genre, ils seront déçus.

Certes mais si on revient sur les acteurs… On ne peut pas croire à Deutsch en paléontologue. On a ainsi un mal fou à rentrer dans le film.

Ce qui est bien justement avec le personnage de Lorant Deutsch, c’est son côté adulescent. Il est maladroit et puis il va se transformer en aventurier.

Mais c’est trop tard… le film a démarré depuis presque une heure. Parlons de l’accident de voiture. Pourquoi avoir montré une séquence qui clairement ne fonctionne pas visuellement.

JOM : On ne peut pas avoir toujours recours à l’ellipse.

POT : Je ne pourrais pas clairement expliquer pourquoi cela s’est si mal passé. Notre intention première était de faire tomber un vrai véhicule dans un décor. Ca a été impossible car sur les lieux où l’on tournait (Alpes Suisse), c’était interdit. On a donc réfléchi à d’autres manières de le faire : maquettes, effets SFX. La maquette, c’était trop cher à faire donc on s’est retourné vers le numérique. Il y a des effets numériques qui fonctionnent très bien mais là, ça n’a pas marché.

Mais en tant que spectateur, une fois montée, vous voyez bien que la séquence ne fonctionne pas…

POT : Oui mais c’est très compliqué de revenir en arrière. Ellipser l’accident totalement, c’était très, très difficile. Cela aurait fait un vide monstrueux. On a fait donc un choix. Tant pis si cela fait faire aux SFX un retour de 10 ans en arrière.

JOM : Pierre-Olivier avait eu aussi l’idée de tourner la scène uniquement de l’intérieur de la voiture. C’était un parti-pris très intéressant. Malheureusement, cela demandait des investissements trop importants. Il aurait fallu un plateau puis des éléments en 3D. On a aussi voulu à un moment ellipser totalement l’accident mais on a préféré choisir le côté spectacle en le montrant, comme une plus-value. Mais on a été trahi par la technologie. Si cela devait se reproduire sur un prochain film, je serai partisan désormais de faire un maximum d’effets sur le tournage.

Parlons maintenant de la scène du pain que je trouve surréaliste…(attention spoiler)

JOM : Ah celle où Jésus partage le pain avant de mourir (rire).

Pour moi, c’est la séquence la plus Z du film. Tout est surjoué, surligné… On a compris qu’ils n’ont pas mangé depuis longtemps, ce n’était pas la peine de grossir ainsi le trait à moins de vouloir déclencher des rires dans la salle.

JOM : On a tourné la séquence à la caméra épaule et en plan séquence. On est obligé d’un point de vue narratif de tout garder car le moment important de la scène vient à la fin. On n’avait pas d’autres plans. Mais ce que je défends dans cette séquence, c’est justement le moment d’émotion où ils se prennent tous dans les bras, ce petit côté famille recomposé qui me plaît beaucoup.

Grand paradoxe : pour des spécialistes du maquillage, ceux d’Humains sont totalement ratés. Pourquoi avoir fait appel en plus à des canadiens ?

POT : C’est la co-production. On avait projeté au début de faire le film au Canada et on avait donc commencé à démarcher des techniciens canadiens. Finalement, le film est devenu une coproduction luxembourgeoise et suisse. Ces derniers travaillent sur factures. Or, en France, les gens sont tous intermittents du spectacle et donc ne facturent pas. Les canadiens étaient donc toujours compétitifs et surtout ils étaient pris en charge par la coproduction.

JOM : Il faut aussi rendre hommage au travail effectué même si ce n’est pas ce que l’on aurait souhaité. Ils ont eu pas mal de choses complexes à faire et peu de temps pour les faire. En plus, ils étaient au Canada, nous, en France. On choisissait le casting et hop une heure après, il fallait que les moulages des comédiens commencent à être préparés. Ce fut une vraie course contre la montre.

Concernant les dialogues… Pourquoi en avoir mis autant alors que de nombreuses séquences pouvaient être expliquées par le visuel ? C’est le propre de la série Z ça !

JOM : C’était dans le scénario (sourires). Dans les films américains, on trouve souvent cela. Il y a beaucoup d’explications concernant l’histoire durant tout le film via différents intervenants.

Les séquences dans la grotte m’ont fait beaucoup rire. Notamment le fait que l’on se rende compte que pour s’échapper de la prison, il suffit de lever un petit morceau de bois, que bien sûr les héros ne font pas.

JOM : Tu n’as pas vu le verrou. Et le code électronique et le scan rétinien (rire).

Dans les mauvais films américains alors (sourire). La séquence de la traversée de la rivière est symptomatique de l’échec du film. Une idée sympa qui à l’écran, devient ridicule. On y croit pas !

POT : A l’origine, ils devaient traverser les deux rives sur un espèce de gros tronc d’arbre qui risquait de se barrer à tout moment, emporté par le courant. Et tout le monde tombait à l’eau. C’était nettement plus fun.

JOM : En plus, on avait prévu de faire un super mouvement de grue pour filmer cela.

POT : Mais ce fut impossible de mettre en œuvre entre la grue, un filin de sécurité pour les comédiens… La séquence a été finalement presque totalement improvisée. A une semaine du tournage, on ne savait vraiment ce que l’on avait faire.

Mais ce n’est pas frustrant à un moment toutes ces concessions ?

(rires des deux hommes)JOM : « So be it ! ».

Ca donne quand même envie de faire un deuxième film ?

Les deux ensemble : Oui, bien sûr ! Plus que tout !

JOM : Ca donne envie de faire un huis-clos surtout.

POT : C’est très formateur en tout cas. On a plus appris en faisant un film comme ça que si on avait fait un film disons plus conventionnel.

JOM : Pour la suite en tout cas, on est bien paré désormais (sourire).

Et si je vous dis que Humains risque d’apporter beaucoup d’eau au moulin des gens qui disent que l’on ne peut pas faire de bons films de genre en France…

JOM : On a surtout envie que les spectateurs prennent le film comme un simple divertissement, sans aucune prétention. On suit juste une histoire pendant une heure et demie. Il n’y a aucune volonté de révolutionner le genre ou le cinéma. Je pense que lorsqu’on fait des films de genre ou des films à deux millions d’euros, il faut prendre la démarche de Maléfique et choisir un ou deux décors uniques et essayer de raconter une histoire. Sinon, il y a trop de contraintes.

POT : On assume jusqu’au bout nos erreurs. On ne pourrait pas décemment faire autre chose. On a aimé le challenge de faire un film avec énormément de décors, de nombreux comédiens, une gamine, des effets spéciaux, de l’eau. Il nous manquait les animaux pour avoir tous les éléments d’un tournage complexe. C’était un défi. On a réussi à arriver jusqu’au bout. On l’a fait ! Il est monté. Il tient la route en tant que tel. Après on y adhère ou on n’y adhère pas.

http://www.ohmygore.com/critique-humains-525.html

L’HISTOIRE

Le professeur Schneider et son fils partent dans le Lötschental dans les Alpes suisses, enquêter sur une découverte scientifique qui pourrait remettre en question toute la filiation de l’espèce humaine. Ils sont accompagnés d’une jeune paléontologue, chouchoute du professeur.
Une famille de touristes, venus voir le carnaval de Lötschental et ses fameux Tchagattas, se retrouvent par hasard avec eux.
Le voyage prendra une tournure inattendue.

.: LA CRITIQUE

Le cinéma de genre français nous a montré à plusieurs reprises, ces derniers temps, qu’il pouvait-être à la fois décomplexé et incisif. Un cinéma sans concessions, sortant des sentiers battus qui ose passer outre le formatage télévisuel avec des bandes comme “HAUTE TENSION”“A L’INTERIEUR” ou encore “MARTYRS”.
Le spectateur pouvait donc s’attendre à du lourd concernant “HUMAINS”.
Un synopsis alléchant nous contant la traque d’un petit groupe constitué de paléontologues et d’une famille de touristes par des hommes préhistoriques dans les Alpes suisses ainsi qu’un casting 4 étoiles (Laurent DeutschDominique PinonPhilippe NahonSarah Forestier) laissaient à supposer du meilleur.
Hélas “HUMAINS”, réalisé par Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thevenin est un survival loin d’être réussi.

Hormis une belle photo, le métrage peine à captiver tant il est farci de défauts.
Personnages caricaturaux joués par des comédiens en roue libre, dialogues parfois risibles (le « Ils ont dû nous prendre pour des sangliers » a fait rire les spectateurs du BIFFF), une mise en scène mal maîtrisée, quelque peu limite, dénotant avec le ton sérieux du film (ce qui rendait certaines scènes comiques), des maquillages de séries Z et des effets gores timides font d’“HUMAINS”, un film médiocre.

Bref, “HUMAINS” est un film inégal à la frontière entre le nanar et la petite série B sympathique.

http://www.evous.fr/cinema/Humains-sans-peur-et-sans-accroche,1461.html

Humains : sans peur et sans accroche

telephone :



Le scénario est bâclé, les dialogues ridicules et l’argument semble être sorti tout droit de l’esprit d’un CE2. Quand il ne fait pas bâiller d’ennui, Humain fait rire jaune.

Quand la France s’attaque au cinéma de genre, il faut s’attendre à être déçu, surtout lorsqu’il s’agit du genre horrifique. Trop snob pour faire peur, les français ? Il faut le croire, puisque le seul faiseur un tant soit peu calé dans l’art de faire frissonner, Alexandre Aja, s’est vite réfugié au pays de l’oncle Leatherface (la face de chiffon deMassacre à la tronçonneuse).

Avec Humains, Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin tentent une nouvelle percée tricolore dans la mêlée des films d’horreur. Le constat est simple : ils devront se prendre encore quelques raffuts avant de pouvoir prétendre rivaliser avec de petites perles du genre comme le récent The Descent.

La comparaison est facile puisqu’elle associe deux films qui racontent l’histoire de deux groupes d’humains confrontés à un groupe de monstres dans un environnement hostile. Mais la comparaison s’arrête ici. Quand The Descent explorait habilement l’obscurité et toutes les peurs liées à l’enfermement et la rencontre de l’inconnu,Humains se contente de mettre face à face de façon incroyablement plate les gentils civilisés et les méchants sauvages.

L’argument d’humains est à la fois complexe et inutile. Une petite expédition composée d’un vieil anthropologue rejeté par ses pairs (Philippe Nahon, qui disparaît trop vite dans le film), son fils râleur (Lorant Deutsch, qui ne se renouvellera peut-être jamais) et sa protégée (Sara Forestier, noyée dans la médiocrité du film), rencontre une famille de touristes en plein conflit dont Dominique Pinon fait figure de patriarche un brin coincé. Partis à la recherche de traces récentes prouvant la survivance d’une espèce humaine se cachant depuis des millions d’années dans une vallée perdue de la Suisse profonde, le groupe d’anthropologues et leurs compagnons d’infortune feront la connaissance d’une marchandise moins avariée que prévu…

Commencé sur une tonalité pseudo-scientifique à la façon de séries comme Les Experts ou Bones, le film a rapidement la bonne idée – ce sera la seule – de changer de cap pour aborder des thèmes liés aux superstition et aux rites locaux. Pour le reste,Humains navigue entre le franchement ridicule et le grossièrement grotesque.

Pour commencer, les réalisateurs n’ont manifestement pas intégré les codes du genre horrifique, des codes, qui pour pouvoir être transgressés, doivent d’abord être pleinement maîtrisés. Ce qui n’est pas le cas dans ce film qui confond trop souvent “codes” et “modes”. Des films comme Rec ou Diary of the Dead ont su jouer sur les possibilités offertes en matière d’horreur par l’utilisation de la caméra subjective. Hop hop : les réalisateurs décident d’en mettre une entre les mains de la fille des touristes, mais ne parviennent pas à s’en servir convenablement et à l’intégrer dans la narration. Qu’à cela ne tienne : la caméra s’envole quelques minutes plus tard et restera comme une autre tentative manquée du film.

Ensuite, si certains films d’horreur ont trop joué sur le second degré pour ne pas en galvauder toutes les bonnes idées, la distanciation ironique ou même un simple lever de sourcil complice suffit parfois à graisser des rouages trop grossiers de films trop sérieux. A force de vouloir faire peur à tout prix, les réalisateurs s’épuisent à essayer toutes sortes de choses, sans les réussir, comme s’ils étaient à contre-temps et dans la mauvaise tonalité, et le spectateur, lui, il s’ennuie mortellement. Et le second degré, qui aurait pu sauver le film du naufrage, finit de l’achever à coups de rires désabusés quand les monstres sont révélés ainsi que leurs plans aussi diaboliques que ridicules. L’horreur française, encore une fois, n’a fait peur qu’au bon goût.

Morgan Le Moullac

Humains

- Sortie le 22 avril 2009
- Horreur, France, Luxembourg, Suisse, 1h27, 2008
- Réalisé par Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin, scénario de Dominique Néraud, Jean-Armand Bougrelle, Frédérique Henri, Sylvain Boris Schmid
- Produit par Vérane Frédiani, Franck Ribière
- Photographie de Aleksander Kaufmann
- Musique de Gast WaltzingMichel Brunnet
- Décors de Christina Schaffer
- Costumes de Uli Simon
- Avec : Sara Forestier, Lorànt Deutsch, Dominique Pinon, Philippe Nahon, Elise Otzenberger, Manon Tournier

Comments

comments

Hei fannt Dir e puer Pressezstëmmen zu dem Film “Humains” vum Jacques-Olivier Molon an Pierre-Olivier Thévenin coproduzéiert vun Iris Productions.

Dans les Alpes suisses, le professeur Schneider et son fils enquêtent sur de récentes découvertes portant sur la filiation de l’espèce humaine. Une famille de touristes voyagent par hasard avec eux quand le voyage tourne au cauchemar…

http://www.ecranlarge.com/article-details-11617.php

D’ordinaire, la rencontre avec l’auteur d’un film s’effectue car le journaliste a apprécié l’œuvre qu’il a vue. Pour Humains, c’est un peu la démarche opposée. On a voulu tout simplement comprendre ce qui s’est passé. Comprendre comment Humains a pu devenir ce fantastique nanar. Les deux réalisateurs se sont très gentiment et humblement prêtés au jeu. Tout en assumant totalement leur film, ils ont répondu avec beaucoup d’aplomb aux attaques du « méchant » journaliste

Comment arrive t-on à un tel résultat, une sorte de Vercingétorix du film de genre ? Humains, immense nanar, pourquoi ?

Pierre-Olivier Thevenin : On ne va pas jouer la politique de l’excuse. Les choses sont telles quelles. On a eu des difficultés, on ne le cache à personne.

Jacques-Olivier Molon : A la base, c’est un film de commande. A partir d’un scénario qu’on nous a donné, c’est à nous de l’appliquer et le mettre en images et en son. On s’est comporté comme des « filmmakers » (artisans).

POT : On n’a jamais cherché à faire de l’esbroufe visuel. On savait qu’on n’aurait pas eu le temps de le faire, ou alors sur quelques plans et le film n’aurait pas été homogène. On a donc opté pour une mise en scène qui mette en avant l’histoire.

JOM : Il fallait respecter le matériau d’origine et aussi respecter le jeu des comédiens.

POT : C’est effectivement à un moment un crève-cœur d’opter pour un tel choix. Car, on a forcement envie à un moment de partir dans des plans exceptionnels. Dans le temps imparti, c’était vraiment compliqué.

JOM : Mais ce n’est pas pour autant une mise en scène paresseuse. On a toujours par exemple voulu que la caméra soit en mouvement. On a privilégié la caméra épaule pour accentuer le côté insécurité des personnages.

Mais j’ai envie de dire que vous n’êtes pas seuls dans la non-réussite d’un film de genre en France. Il y a un passif avant vous (Promenons-nous dans les bois, Brocéliande,…)

On a quelques réussites toutefois. Je pense à Nid de guêpes. Du côté à Maléfiqued’Eric Valette qui est pas mal. Haute tension malgré son twist de fin particulier est très efficace et s’avère être un bel hommage au giallo.

Parlons de la première chose qui ne fonctionne pas : les comédiens. Malgré tout le bien que l’on peut penser de Lorant Deutsch et Sara Forestier, ils ne conviennent pas dans leur rôle. On n’y croit absolument pas.

Il faut replacer tout ceci dans le contexte. Que ce soit nous deux qui venons du maquillage (NDR/ ils se sont occupés des effets gore de A l’intérieur), ou La Fabrique de films (producteur d’Humains) qui a produit A l’intérieur ou distribué The Descent, on a tous un passif de gens qui font des films extrêmes. Or, Humains est clairement un film d’aventures. De plus, la première affiche du film faisait (trop) penser à The Descent. Dès le départ, il y a donc eu une perception biaisée du film. Si les gens s’attendent à voir un film de genre, ils seront déçus.

Certes mais si on revient sur les acteurs… On ne peut pas croire à Deutsch en paléontologue. On a ainsi un mal fou à rentrer dans le film.

Ce qui est bien justement avec le personnage de Lorant Deutsch, c’est son côté adulescent. Il est maladroit et puis il va se transformer en aventurier.

Mais c’est trop tard… le film a démarré depuis presque une heure. Parlons de l’accident de voiture. Pourquoi avoir montré une séquence qui clairement ne fonctionne pas visuellement.

JOM : On ne peut pas avoir toujours recours à l’ellipse.

POT : Je ne pourrais pas clairement expliquer pourquoi cela s’est si mal passé. Notre intention première était de faire tomber un vrai véhicule dans un décor. Ca a été impossible car sur les lieux où l’on tournait (Alpes Suisse), c’était interdit. On a donc réfléchi à d’autres manières de le faire : maquettes, effets SFX. La maquette, c’était trop cher à faire donc on s’est retourné vers le numérique. Il y a des effets numériques qui fonctionnent très bien mais là, ça n’a pas marché.

Mais en tant que spectateur, une fois montée, vous voyez bien que la séquence ne fonctionne pas…

POT : Oui mais c’est très compliqué de revenir en arrière. Ellipser l’accident totalement, c’était très, très difficile. Cela aurait fait un vide monstrueux. On a fait donc un choix. Tant pis si cela fait faire aux SFX un retour de 10 ans en arrière.

JOM : Pierre-Olivier avait eu aussi l’idée de tourner la scène uniquement de l’intérieur de la voiture. C’était un parti-pris très intéressant. Malheureusement, cela demandait des investissements trop importants. Il aurait fallu un plateau puis des éléments en 3D. On a aussi voulu à un moment ellipser totalement l’accident mais on a préféré choisir le côté spectacle en le montrant, comme une plus-value. Mais on a été trahi par la technologie. Si cela devait se reproduire sur un prochain film, je serai partisan désormais de faire un maximum d’effets sur le tournage.

Parlons maintenant de la scène du pain que je trouve surréaliste…(attention spoiler)

JOM : Ah celle où Jésus partage le pain avant de mourir (rire).

Pour moi, c’est la séquence la plus Z du film. Tout est surjoué, surligné… On a compris qu’ils n’ont pas mangé depuis longtemps, ce n’était pas la peine de grossir ainsi le trait à moins de vouloir déclencher des rires dans la salle.

JOM : On a tourné la séquence à la caméra épaule et en plan séquence. On est obligé d’un point de vue narratif de tout garder car le moment important de la scène vient à la fin. On n’avait pas d’autres plans. Mais ce que je défends dans cette séquence, c’est justement le moment d’émotion où ils se prennent tous dans les bras, ce petit côté famille recomposé qui me plaît beaucoup.

Grand paradoxe : pour des spécialistes du maquillage, ceux d’Humains sont totalement ratés. Pourquoi avoir fait appel en plus à des canadiens ?

POT : C’est la co-production. On avait projeté au début de faire le film au Canada et on avait donc commencé à démarcher des techniciens canadiens. Finalement, le film est devenu une coproduction luxembourgeoise et suisse. Ces derniers travaillent sur factures. Or, en France, les gens sont tous intermittents du spectacle et donc ne facturent pas. Les canadiens étaient donc toujours compétitifs et surtout ils étaient pris en charge par la coproduction.

JOM : Il faut aussi rendre hommage au travail effectué même si ce n’est pas ce que l’on aurait souhaité. Ils ont eu pas mal de choses complexes à faire et peu de temps pour les faire. En plus, ils étaient au Canada, nous, en France. On choisissait le casting et hop une heure après, il fallait que les moulages des comédiens commencent à être préparés. Ce fut une vraie course contre la montre.

Concernant les dialogues… Pourquoi en avoir mis autant alors que de nombreuses séquences pouvaient être expliquées par le visuel ? C’est le propre de la série Z ça !

JOM : C’était dans le scénario (sourires). Dans les films américains, on trouve souvent cela. Il y a beaucoup d’explications concernant l’histoire durant tout le film via différents intervenants.

Les séquences dans la grotte m’ont fait beaucoup rire. Notamment le fait que l’on se rende compte que pour s’échapper de la prison, il suffit de lever un petit morceau de bois, que bien sûr les héros ne font pas.

JOM : Tu n’as pas vu le verrou. Et le code électronique et le scan rétinien (rire).

Dans les mauvais films américains alors (sourire). La séquence de la traversée de la rivière est symptomatique de l’échec du film. Une idée sympa qui à l’écran, devient ridicule. On y croit pas !

POT : A l’origine, ils devaient traverser les deux rives sur un espèce de gros tronc d’arbre qui risquait de se barrer à tout moment, emporté par le courant. Et tout le monde tombait à l’eau. C’était nettement plus fun.

JOM : En plus, on avait prévu de faire un super mouvement de grue pour filmer cela.

POT : Mais ce fut impossible de mettre en œuvre entre la grue, un filin de sécurité pour les comédiens… La séquence a été finalement presque totalement improvisée. A une semaine du tournage, on ne savait vraiment ce que l’on avait faire.

Mais ce n’est pas frustrant à un moment toutes ces concessions ?

(rires des deux hommes)JOM : « So be it ! ».

Ca donne quand même envie de faire un deuxième film ?

Les deux ensemble : Oui, bien sûr ! Plus que tout !

JOM : Ca donne envie de faire un huis-clos surtout.

POT : C’est très formateur en tout cas. On a plus appris en faisant un film comme ça que si on avait fait un film disons plus conventionnel.

JOM : Pour la suite en tout cas, on est bien paré désormais (sourire).

Et si je vous dis que Humains risque d’apporter beaucoup d’eau au moulin des gens qui disent que l’on ne peut pas faire de bons films de genre en France…

JOM : On a surtout envie que les spectateurs prennent le film comme un simple divertissement, sans aucune prétention. On suit juste une histoire pendant une heure et demie. Il n’y a aucune volonté de révolutionner le genre ou le cinéma. Je pense que lorsqu’on fait des films de genre ou des films à deux millions d’euros, il faut prendre la démarche de Maléfique et choisir un ou deux décors uniques et essayer de raconter une histoire. Sinon, il y a trop de contraintes.

POT : On assume jusqu’au bout nos erreurs. On ne pourrait pas décemment faire autre chose. On a aimé le challenge de faire un film avec énormément de décors, de nombreux comédiens, une gamine, des effets spéciaux, de l’eau. Il nous manquait les animaux pour avoir tous les éléments d’un tournage complexe. C’était un défi. On a réussi à arriver jusqu’au bout. On l’a fait ! Il est monté. Il tient la route en tant que tel. Après on y adhère ou on n’y adhère pas.

http://www.ohmygore.com/critique-humains-525.html

L’HISTOIRE

Le professeur Schneider et son fils partent dans le Lötschental dans les Alpes suisses, enquêter sur une découverte scientifique qui pourrait remettre en question toute la filiation de l’espèce humaine. Ils sont accompagnés d’une jeune paléontologue, chouchoute du professeur.
Une famille de touristes, venus voir le carnaval de Lötschental et ses fameux Tchagattas, se retrouvent par hasard avec eux.
Le voyage prendra une tournure inattendue.

.: LA CRITIQUE

Le cinéma de genre français nous a montré à plusieurs reprises, ces derniers temps, qu’il pouvait-être à la fois décomplexé et incisif. Un cinéma sans concessions, sortant des sentiers battus qui ose passer outre le formatage télévisuel avec des bandes comme “HAUTE TENSION”“A L’INTERIEUR” ou encore “MARTYRS”.
Le spectateur pouvait donc s’attendre à du lourd concernant “HUMAINS”.
Un synopsis alléchant nous contant la traque d’un petit groupe constitué de paléontologues et d’une famille de touristes par des hommes préhistoriques dans les Alpes suisses ainsi qu’un casting 4 étoiles (Laurent DeutschDominique PinonPhilippe NahonSarah Forestier) laissaient à supposer du meilleur.
Hélas “HUMAINS”, réalisé par Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thevenin est un survival loin d’être réussi.

Hormis une belle photo, le métrage peine à captiver tant il est farci de défauts.
Personnages caricaturaux joués par des comédiens en roue libre, dialogues parfois risibles (le « Ils ont dû nous prendre pour des sangliers » a fait rire les spectateurs du BIFFF), une mise en scène mal maîtrisée, quelque peu limite, dénotant avec le ton sérieux du film (ce qui rendait certaines scènes comiques), des maquillages de séries Z et des effets gores timides font d’“HUMAINS”, un film médiocre.

Bref, “HUMAINS” est un film inégal à la frontière entre le nanar et la petite série B sympathique.

http://www.evous.fr/cinema/Humains-sans-peur-et-sans-accroche,1461.html

Humains : sans peur et sans accroche

telephone :



Le scénario est bâclé, les dialogues ridicules et l’argument semble être sorti tout droit de l’esprit d’un CE2. Quand il ne fait pas bâiller d’ennui, Humain fait rire jaune.

Quand la France s’attaque au cinéma de genre, il faut s’attendre à être déçu, surtout lorsqu’il s’agit du genre horrifique. Trop snob pour faire peur, les français ? Il faut le croire, puisque le seul faiseur un tant soit peu calé dans l’art de faire frissonner, Alexandre Aja, s’est vite réfugié au pays de l’oncle Leatherface (la face de chiffon deMassacre à la tronçonneuse).

Avec Humains, Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin tentent une nouvelle percée tricolore dans la mêlée des films d’horreur. Le constat est simple : ils devront se prendre encore quelques raffuts avant de pouvoir prétendre rivaliser avec de petites perles du genre comme le récent The Descent.

La comparaison est facile puisqu’elle associe deux films qui racontent l’histoire de deux groupes d’humains confrontés à un groupe de monstres dans un environnement hostile. Mais la comparaison s’arrête ici. Quand The Descent explorait habilement l’obscurité et toutes les peurs liées à l’enfermement et la rencontre de l’inconnu,Humains se contente de mettre face à face de façon incroyablement plate les gentils civilisés et les méchants sauvages.

L’argument d’humains est à la fois complexe et inutile. Une petite expédition composée d’un vieil anthropologue rejeté par ses pairs (Philippe Nahon, qui disparaît trop vite dans le film), son fils râleur (Lorant Deutsch, qui ne se renouvellera peut-être jamais) et sa protégée (Sara Forestier, noyée dans la médiocrité du film), rencontre une famille de touristes en plein conflit dont Dominique Pinon fait figure de patriarche un brin coincé. Partis à la recherche de traces récentes prouvant la survivance d’une espèce humaine se cachant depuis des millions d’années dans une vallée perdue de la Suisse profonde, le groupe d’anthropologues et leurs compagnons d’infortune feront la connaissance d’une marchandise moins avariée que prévu…

Commencé sur une tonalité pseudo-scientifique à la façon de séries comme Les Experts ou Bones, le film a rapidement la bonne idée – ce sera la seule – de changer de cap pour aborder des thèmes liés aux superstition et aux rites locaux. Pour le reste,Humains navigue entre le franchement ridicule et le grossièrement grotesque.

Pour commencer, les réalisateurs n’ont manifestement pas intégré les codes du genre horrifique, des codes, qui pour pouvoir être transgressés, doivent d’abord être pleinement maîtrisés. Ce qui n’est pas le cas dans ce film qui confond trop souvent “codes” et “modes”. Des films comme Rec ou Diary of the Dead ont su jouer sur les possibilités offertes en matière d’horreur par l’utilisation de la caméra subjective. Hop hop : les réalisateurs décident d’en mettre une entre les mains de la fille des touristes, mais ne parviennent pas à s’en servir convenablement et à l’intégrer dans la narration. Qu’à cela ne tienne : la caméra s’envole quelques minutes plus tard et restera comme une autre tentative manquée du film.

Ensuite, si certains films d’horreur ont trop joué sur le second degré pour ne pas en galvauder toutes les bonnes idées, la distanciation ironique ou même un simple lever de sourcil complice suffit parfois à graisser des rouages trop grossiers de films trop sérieux. A force de vouloir faire peur à tout prix, les réalisateurs s’épuisent à essayer toutes sortes de choses, sans les réussir, comme s’ils étaient à contre-temps et dans la mauvaise tonalité, et le spectateur, lui, il s’ennuie mortellement. Et le second degré, qui aurait pu sauver le film du naufrage, finit de l’achever à coups de rires désabusés quand les monstres sont révélés ainsi que leurs plans aussi diaboliques que ridicules. L’horreur française, encore une fois, n’a fait peur qu’au bon goût.

Morgan Le Moullac

Humains

- Sortie le 22 avril 2009
- Horreur, France, Luxembourg, Suisse, 1h27, 2008
- Réalisé par Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin, scénario de Dominique Néraud, Jean-Armand Bougrelle, Frédérique Henri, Sylvain Boris Schmid
- Produit par Vérane Frédiani, Franck Ribière
- Photographie de Aleksander Kaufmann
- Musique de Gast WaltzingMichel Brunnet
- Décors de Christina Schaffer
- Costumes de Uli Simon
- Avec : Sara Forestier, Lorànt Deutsch, Dominique Pinon, Philippe Nahon, Elise Otzenberger, Manon Tournier

Comments

comments

No responses yet

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply