Aug 03 2011

“La face cachée du Luxembourg”

Published by at 08:45 under Events & Projects,Industry,Letz

CINÉMA- Clap de début, hier soir à Luxembourg, pour le tournage de DoudegeWénkel, le premier polar de Christophe Wagner. Rencontre avec le réalisateur.

Les cinéphiles luxembourgeois le connaissent avant tout pour ses documentaires, mais le réalisateur grand-ducal Christophe Wagner a aussi réalisé des films institutionnels, des making of, des courts métrages de fiction et des portraits filmés. Après le succès, en 2007, du documentaire Luxembourg, USA, l’Eschois, ancien de l’Institut national supérieur des arts du spectacle de Bruxelles, se lance dans le polar avec Doudege Wénkel, sous-titré Angle mort.

Entretien avec notre journaliste
Pablo Chimienti

D’où vous est venue l’envie de faire un polar?

Christophe Wagner: J’ai toujours aimé les films de genre. Des réalisateurs comme Michaël Mann, Friedkin ou Joe Carnahan, avec Narc, m’ont beaucoup inspiré. J’adore surtout le cinéma de genre des années 70, parce qu’il a encore un côté social et politique que j’essaye d’avoir aussi. J’ai aussi envie de montrer la face cachée de Luxembourg, avec ses endroits un peu sombres.

Après le succès de Luxembourg, USA, vous n’aviez pas envie de continuer dans le documentaire?

Je n’ai pas l’intention d’arrêter le documentaire, mais j’en ai déjà fait quatre: il est temps de faire autre chose. Je pense donc poursuivre les deux voies en parallèle.

L’écriture du scénario vous a pris deux ans. Comment est-il né et pourquoi avez-vous eu besoin d’autant de temps?

On a mis longtemps parce que Frédéric (NDLR: Zeimet, le coscénariste) et moi n’avons pas encore une énorme expérience et, surtout, parce que c’est une histoire complexe, avec des manipulations, des informations qui doivent être données petit à petit, du suspense, etc. Et puis, on voulait absolument éviter les clichés habituels du genre.

Une grande place dans le film sera réservée à la ville de Luxembourg, qui sera plus qu’un simple décor. Pourquoi insister autant sur le lieu de l’action?

C’est vrai que la ville sera aussi importante que les personnages. Contrairement à toutes les coproductions tournées ici où on doit faire croire que c’est Londres ou Paris, ici on tourne à 90% dans des décors réels. J’ai envie de montrer cette ville. Je trouve qu’elle a vraiment quelque chose de dramatique et d’intéressant pour un polar. Le quartier de la Gare c’est un peu un entre-deux-mondes où se mélangent une population plutôt riche et les marginaux. C’est un endroit que j’adore parce que c’est l’un des derniers vraiment moches de Luxembourg. À côté de ça, il y a le Kirchberg, qui représente le pouvoir économique et, enfin, la vieille ville, qui nous rappelle l’histoire des lieux. En somme, sur un territoire minuscule, on a des différences intéressantes et dramatiquement utilisables. Je vais aussi intégrer la vie de la ville dans le film, grâce à l’utilisation d’une deuxième caméra. J’aime insérer des éléments de fiction dans les documentaires, comme dans Luxembourg, USA. Là, je veux que la réalité entre dans la fiction.

Pourtant, on a du mal à imaginer un polar à Luxembourg. Comment faire oublier la tranquillité de la vie au Grand-Duché?

On ne veut pas la faire oublier. Au contraire, on va jouer avec. La base de l’histoire est un policier qui a été retrouvé mort. Dans la réalité, le dernier policier mort en service, c’était en 1985. Imaginez le choc. C’est ce qui nous permet de jouer sur le fait que les policiers ne sont pas toujours à la hauteur de cette enquête, parce qu’ils n’ont tout simplement pas l’habitude. Cela dit, toute cette histoire de manipulation et de machination part des personnages, de leur vécu. C’est donc une histoire personnelle qui est à la base de tout. Et ça, c’est possible partout.

Le réalisme du film implique qu’il sera tourné en grande majorité en langue luxembourgeoise. Ça risque de ne pas être évident pour l’exporter.

On s’est rendu compte que les films grand-ducaux qui ne sont pas tournés en luxembourgeois ont rarement du succès au Grand-Duché. Et puis, en luxembourgeois, c’est plus facile pour les festivals, parce qu’il y a un côté exotique. Si on tourne en français, on est tout de suite en concurrence avec tous les films francophones. Mais bon, on verra. Le plus important, c’est que le film soit bon. Cela dit, il y a des passages en français, en allemand et en anglais, un mélange typiquement luxembourgeois. Et puis, tous les dialogues seront sous-titrés.

Le tournage a commencé ce soir (lire hier soir). Comment vous sentez-vous?

Je suis assez calme et zen par rapport à ça. Mais je sais que ça va être dur au niveau physique et mental, car c’est tout de même sept semaines de tournage avec les deux premières uniquement de nuit.

Et le film doit sortir quand?

Je pense que ce sera pour l’automne 2012.

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CINÉMA- Clap de début, hier soir à Luxembourg, pour le tournage de DoudegeWénkel, le premier polar de Christophe Wagner. Rencontre avec le réalisateur.

Les cinéphiles luxembourgeois le connaissent avant tout pour ses documentaires, mais le réalisateur grand-ducal Christophe Wagner a aussi réalisé des films institutionnels, des making of, des courts métrages de fiction et des portraits filmés. Après le succès, en 2007, du documentaire Luxembourg, USA, l’Eschois, ancien de l’Institut national supérieur des arts du spectacle de Bruxelles, se lance dans le polar avec Doudege Wénkel, sous-titré Angle mort.

Entretien avec notre journaliste
Pablo Chimienti

D’où vous est venue l’envie de faire un polar?

Christophe Wagner: J’ai toujours aimé les films de genre. Des réalisateurs comme Michaël Mann, Friedkin ou Joe Carnahan, avec Narc, m’ont beaucoup inspiré. J’adore surtout le cinéma de genre des années 70, parce qu’il a encore un côté social et politique que j’essaye d’avoir aussi. J’ai aussi envie de montrer la face cachée de Luxembourg, avec ses endroits un peu sombres.

Après le succès de Luxembourg, USA, vous n’aviez pas envie de continuer dans le documentaire?

Je n’ai pas l’intention d’arrêter le documentaire, mais j’en ai déjà fait quatre: il est temps de faire autre chose. Je pense donc poursuivre les deux voies en parallèle.

L’écriture du scénario vous a pris deux ans. Comment est-il né et pourquoi avez-vous eu besoin d’autant de temps?

On a mis longtemps parce que Frédéric (NDLR: Zeimet, le coscénariste) et moi n’avons pas encore une énorme expérience et, surtout, parce que c’est une histoire complexe, avec des manipulations, des informations qui doivent être données petit à petit, du suspense, etc. Et puis, on voulait absolument éviter les clichés habituels du genre.

Une grande place dans le film sera réservée à la ville de Luxembourg, qui sera plus qu’un simple décor. Pourquoi insister autant sur le lieu de l’action?

C’est vrai que la ville sera aussi importante que les personnages. Contrairement à toutes les coproductions tournées ici où on doit faire croire que c’est Londres ou Paris, ici on tourne à 90% dans des décors réels. J’ai envie de montrer cette ville. Je trouve qu’elle a vraiment quelque chose de dramatique et d’intéressant pour un polar. Le quartier de la Gare c’est un peu un entre-deux-mondes où se mélangent une population plutôt riche et les marginaux. C’est un endroit que j’adore parce que c’est l’un des derniers vraiment moches de Luxembourg. À côté de ça, il y a le Kirchberg, qui représente le pouvoir économique et, enfin, la vieille ville, qui nous rappelle l’histoire des lieux. En somme, sur un territoire minuscule, on a des différences intéressantes et dramatiquement utilisables. Je vais aussi intégrer la vie de la ville dans le film, grâce à l’utilisation d’une deuxième caméra. J’aime insérer des éléments de fiction dans les documentaires, comme dans Luxembourg, USA. Là, je veux que la réalité entre dans la fiction.

Pourtant, on a du mal à imaginer un polar à Luxembourg. Comment faire oublier la tranquillité de la vie au Grand-Duché?

On ne veut pas la faire oublier. Au contraire, on va jouer avec. La base de l’histoire est un policier qui a été retrouvé mort. Dans la réalité, le dernier policier mort en service, c’était en 1985. Imaginez le choc. C’est ce qui nous permet de jouer sur le fait que les policiers ne sont pas toujours à la hauteur de cette enquête, parce qu’ils n’ont tout simplement pas l’habitude. Cela dit, toute cette histoire de manipulation et de machination part des personnages, de leur vécu. C’est donc une histoire personnelle qui est à la base de tout. Et ça, c’est possible partout.

Le réalisme du film implique qu’il sera tourné en grande majorité en langue luxembourgeoise. Ça risque de ne pas être évident pour l’exporter.

On s’est rendu compte que les films grand-ducaux qui ne sont pas tournés en luxembourgeois ont rarement du succès au Grand-Duché. Et puis, en luxembourgeois, c’est plus facile pour les festivals, parce qu’il y a un côté exotique. Si on tourne en français, on est tout de suite en concurrence avec tous les films francophones. Mais bon, on verra. Le plus important, c’est que le film soit bon. Cela dit, il y a des passages en français, en allemand et en anglais, un mélange typiquement luxembourgeois. Et puis, tous les dialogues seront sous-titrés.

Le tournage a commencé ce soir (lire hier soir). Comment vous sentez-vous?

Je suis assez calme et zen par rapport à ça. Mais je sais que ça va être dur au niveau physique et mental, car c’est tout de même sept semaines de tournage avec les deux premières uniquement de nuit.

Et le film doit sortir quand?

Je pense que ce sera pour l’automne 2012.

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