Jul 25 2013

Le Luxembourg producteur de succès

Published by at 01:53 under Filmland,Industry,PTD

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Le secteur du cinéma connaît un essor fulgurant au Luxembourg depuis une vingtaine d’années. Chaque jeudi, Le Quotidien vous propose de découvrir un métier du cinéma. Rencontre aujourd’hui avec un producteur.

Pendant longtemps, le cinéma luxembourgeois s’est résumé à une multitude de petits documentaires et à quelques très rares longs métrages. Il a fallu attendre la fin des années 1980 pour voir se développer un vrai site de production cinématographique au Luxembourg, soutenu par l’État et reconnu à l’étranger. Paul Thiltges, producteur de renom, nous parle de son parcours et de sa vision de la production cinématographique luxembourgeoise.
De notre collaborateur Mathieu Rosan

Aujourd’hui, le Luxembourg compte une vingtaine de sociétés de production, plusieurs plateaux de tournage, une trentaine de sociétés de postproduction, et environ 600 personnes qui vivent des métiers du cinéma, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Il a fallu attendre la fin des années 1980 pour voir arriver les premiers longs métrages produits au Grand-Duché. Une période charnière pour le cinéma luxembourgeois et qui coïncide avec les débuts de Paul Thiltges en tant que producteur.

C’est en 1989 que cet ancien professeur du lycée technique agricole d’Ettelbruck a commencé la production de films : « Comme j’avais du temps pendant les vacances, Andy Bausch et mon frère Jani m’ont demandé si je voulais me lancer avec eux dans la production d’un film durant l’été», un été qu’il va passer à produire le film Schacko Klak qui raconte l’histoire d’un petit village pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un premier film en guise d’apprentissage qui lui a permis de s’initier au métier de producteur. Il évoque d’ailleurs la différence entre les producteurs de l’époque et ceux d’aujourd’hui : «La nouvelle génération de producteurs sort majoritairement de l’école, moi non, j’appartiens à cette génération qui a été formée sur le tas.»

Schacko Klak fut le premier long métrage à bénéficier de l’aide du gouvernement : «Avec l’arrivée du Fonspa (NDRL : le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle) et des moyens mis à disposition pour le film, on était arrivés à un budget équivalant à 500 000 euros, ce qui était énorme pour l’époque.» Un pari réussi puisque le film a connu un succès tel que le gouvernement a alors affiché sa volonté de professionnaliser les structures de production mais aussi de développer tout le secteur de l’audiovisuel dans le pays. Une autre conséquence immédiate fut la multiplication de jeunes producteurs et réalisateurs luxembourgeois, ainsi qu’une professionnalisation progressive du métier.

Une évolution rapide dans les années 90

Pour Paul Thiltges, ce moment marque bel et bien le début de la production cinématographique au Luxembourg : «On s’est enfin dit qu’on allait avoir les moyens de commencer à produiredes films de qualité.»

Durant les années 1990, le cinéma luxembourgeois va connaître une évolution très rapide dans un marché national relativement restreint. La plupart des sociétés vont commencer à se concentrer sur les coproductions avec l’étranger.

Depuis la fin des années 1980, plus de 250 films ont été réalisés au Luxembourg par des producteurs nationaux, grâce aux différents soutiens financiers. Actuellement, une quinzaine de longs métrages sont tournés chaque année au Luxembourg, presque tous en coproduction avec des sociétés étrangères. Depuis les années 1990, les coproductions avec des sociétés étrangères attirent régulièrement des stars du grand écran au Luxembourg.

Un développement qui permet aux différentes coproductions d’être présentes chaque année dans les festivals internationaux comme Berlin ou Cannes. Certaines connaissent d’ailleurs un grand succès et sont parfois même récompensées par des prix, comme ce fut le cas récemment pour Ernest et Célestine, film d’animation franco-belgo-luxembourgeois qui a remporté cette année le César du meilleur film d’animation.

Une aide de 30 millions d’euros par an

Un succès rendu possible grâce au Fonspa, qui aide chaque année à hauteur de 30 millions d’euros les différentes coproductions. Un budget, qui selon Paul Thiltges, a permis d’offrir plus de possibilités aux producteurs du pays : «Aujourd’hui, on peut dire qu’on fait les films que l’on veut et non plus les films que l’on peut.» De plus, il paraît important pour les politiques de faire le nécessaire pour conserver une certaine compétitivité dans ce secteur, notamment vis-à-vis des autres pays producteurs. Un cadre législatif avantageux a été créé tout comme d’excellentes infrastructures techniques, avec par exemple Filmland, un complexe composé de studios permettant de faire des tournages et de la postproduction.

Filmland, un bonheur pour les producteurs
Ouvert en mars dernier, le complexe a déjà accueilli plusieurs tournages.
Malgré des coproductions européennes et plusieurs films locaux, il manquait au Luxembourg un complexe permettant d’offrir des services de qualité aux différentes productions.
C’est chose faite avec les studios de Filmland situés à Kehlen. Le complexe est composé de quatre studios, deux de 1 000 m2, un de 600 et un dernier de 400 m2.
Filmland regroupe sur un même site, en plus des studios, des ateliers de construction, des bureaux de production et des services de post-production comme un studio de montage image et son, un auditorium de mixage final, une salle d’étalonnage et des cellules d’effets spéciaux. Sept maisons de production luxembourgeoises se sont installées sur place, Bidibul Productions, Deal, Iris Production, Juliette Films, Lucil Film, Ni vu ni connu et Tarantula.
On trouve également sur le complexe des sociétés de post-production avec Hespera pour l’image, Lux Digital pour les trucages et les effets numériques, Nako FX pour les animations 3D, PTD pour les documentaires et l’animation et Philophon pour le son.
Filmland offre la possibilité pour le cinéma luxembourgeois d’avoir un lieu uniquement consacré à la production de films dans un environnement de qualité et avec des installations à la pointe de la technologie. On espère que dans le futur, Filmland accueillera les succès du box office.

Quel rôle pour le producteur?
Un complexe qui va lui aussi certainement contribuer au rêve hollywoodien du Grand-Duché!
Le rôle du producteur est de rechercher des projets de films et de trouver des moyens financiers pour les produire. Il possède à la fois un rôle artistique et financier. Il fait un choix entre les différents projets présentés par les scénaristes, réalisateurs ou même comédiens. Il prend souvent en charge les premiers frais de production du film comme par exemple l’achat des droits d’adaptation d’un livre. Il demande ensuite à un scénariste de travailler sur la mise en place du récit filmé. Il supervise l’écriture du scénario et peut, si il le souhaite, engager d’autres scénaristes pour parfaire le travail. Une fois l’ensemble des besoins financiers réunis, il travaille en collaboration avec le réalisateur et les chefs de poste à la préparation du tournage. Casting, lieux de tournage, membres de l’équipe, sont également sous sa responsabilité.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Le secteur du cinéma connaît un essor fulgurant au Luxembourg depuis une vingtaine d’années. Chaque jeudi, Le Quotidien vous propose de découvrir un métier du cinéma. Rencontre aujourd’hui avec un producteur.

Pendant longtemps, le cinéma luxembourgeois s’est résumé à une multitude de petits documentaires et à quelques très rares longs métrages. Il a fallu attendre la fin des années 1980 pour voir se développer un vrai site de production cinématographique au Luxembourg, soutenu par l’État et reconnu à l’étranger. Paul Thiltges, producteur de renom, nous parle de son parcours et de sa vision de la production cinématographique luxembourgeoise.
De notre collaborateur Mathieu Rosan

Aujourd’hui, le Luxembourg compte une vingtaine de sociétés de production, plusieurs plateaux de tournage, une trentaine de sociétés de postproduction, et environ 600 personnes qui vivent des métiers du cinéma, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Il a fallu attendre la fin des années 1980 pour voir arriver les premiers longs métrages produits au Grand-Duché. Une période charnière pour le cinéma luxembourgeois et qui coïncide avec les débuts de Paul Thiltges en tant que producteur.

C’est en 1989 que cet ancien professeur du lycée technique agricole d’Ettelbruck a commencé la production de films : « Comme j’avais du temps pendant les vacances, Andy Bausch et mon frère Jani m’ont demandé si je voulais me lancer avec eux dans la production d’un film durant l’été», un été qu’il va passer à produire le film Schacko Klak qui raconte l’histoire d’un petit village pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un premier film en guise d’apprentissage qui lui a permis de s’initier au métier de producteur. Il évoque d’ailleurs la différence entre les producteurs de l’époque et ceux d’aujourd’hui : «La nouvelle génération de producteurs sort majoritairement de l’école, moi non, j’appartiens à cette génération qui a été formée sur le tas.»

Schacko Klak fut le premier long métrage à bénéficier de l’aide du gouvernement : «Avec l’arrivée du Fonspa (NDRL : le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle) et des moyens mis à disposition pour le film, on était arrivés à un budget équivalant à 500 000 euros, ce qui était énorme pour l’époque.» Un pari réussi puisque le film a connu un succès tel que le gouvernement a alors affiché sa volonté de professionnaliser les structures de production mais aussi de développer tout le secteur de l’audiovisuel dans le pays. Une autre conséquence immédiate fut la multiplication de jeunes producteurs et réalisateurs luxembourgeois, ainsi qu’une professionnalisation progressive du métier.

Une évolution rapide dans les années 90

Pour Paul Thiltges, ce moment marque bel et bien le début de la production cinématographique au Luxembourg : «On s’est enfin dit qu’on allait avoir les moyens de commencer à produiredes films de qualité.»

Durant les années 1990, le cinéma luxembourgeois va connaître une évolution très rapide dans un marché national relativement restreint. La plupart des sociétés vont commencer à se concentrer sur les coproductions avec l’étranger.

Depuis la fin des années 1980, plus de 250 films ont été réalisés au Luxembourg par des producteurs nationaux, grâce aux différents soutiens financiers. Actuellement, une quinzaine de longs métrages sont tournés chaque année au Luxembourg, presque tous en coproduction avec des sociétés étrangères. Depuis les années 1990, les coproductions avec des sociétés étrangères attirent régulièrement des stars du grand écran au Luxembourg.

Un développement qui permet aux différentes coproductions d’être présentes chaque année dans les festivals internationaux comme Berlin ou Cannes. Certaines connaissent d’ailleurs un grand succès et sont parfois même récompensées par des prix, comme ce fut le cas récemment pour Ernest et Célestine, film d’animation franco-belgo-luxembourgeois qui a remporté cette année le César du meilleur film d’animation.

Une aide de 30 millions d’euros par an

Un succès rendu possible grâce au Fonspa, qui aide chaque année à hauteur de 30 millions d’euros les différentes coproductions. Un budget, qui selon Paul Thiltges, a permis d’offrir plus de possibilités aux producteurs du pays : «Aujourd’hui, on peut dire qu’on fait les films que l’on veut et non plus les films que l’on peut.» De plus, il paraît important pour les politiques de faire le nécessaire pour conserver une certaine compétitivité dans ce secteur, notamment vis-à-vis des autres pays producteurs. Un cadre législatif avantageux a été créé tout comme d’excellentes infrastructures techniques, avec par exemple Filmland, un complexe composé de studios permettant de faire des tournages et de la postproduction.

Filmland, un bonheur pour les producteurs
Ouvert en mars dernier, le complexe a déjà accueilli plusieurs tournages.
Malgré des coproductions européennes et plusieurs films locaux, il manquait au Luxembourg un complexe permettant d’offrir des services de qualité aux différentes productions.
C’est chose faite avec les studios de Filmland situés à Kehlen. Le complexe est composé de quatre studios, deux de 1 000 m2, un de 600 et un dernier de 400 m2.
Filmland regroupe sur un même site, en plus des studios, des ateliers de construction, des bureaux de production et des services de post-production comme un studio de montage image et son, un auditorium de mixage final, une salle d’étalonnage et des cellules d’effets spéciaux. Sept maisons de production luxembourgeoises se sont installées sur place, Bidibul Productions, Deal, Iris Production, Juliette Films, Lucil Film, Ni vu ni connu et Tarantula.
On trouve également sur le complexe des sociétés de post-production avec Hespera pour l’image, Lux Digital pour les trucages et les effets numériques, Nako FX pour les animations 3D, PTD pour les documentaires et l’animation et Philophon pour le son.
Filmland offre la possibilité pour le cinéma luxembourgeois d’avoir un lieu uniquement consacré à la production de films dans un environnement de qualité et avec des installations à la pointe de la technologie. On espère que dans le futur, Filmland accueillera les succès du box office.

Quel rôle pour le producteur?
Un complexe qui va lui aussi certainement contribuer au rêve hollywoodien du Grand-Duché!
Le rôle du producteur est de rechercher des projets de films et de trouver des moyens financiers pour les produire. Il possède à la fois un rôle artistique et financier. Il fait un choix entre les différents projets présentés par les scénaristes, réalisateurs ou même comédiens. Il prend souvent en charge les premiers frais de production du film comme par exemple l’achat des droits d’adaptation d’un livre. Il demande ensuite à un scénariste de travailler sur la mise en place du récit filmé. Il supervise l’écriture du scénario et peut, si il le souhaite, engager d’autres scénaristes pour parfaire le travail. Une fois l’ensemble des besoins financiers réunis, il travaille en collaboration avec le réalisateur et les chefs de poste à la préparation du tournage. Casting, lieux de tournage, membres de l’équipe, sont également sous sa responsabilité.

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