Aug 12 2013

L’homme à tout faire

Published by at 02:16 under Industry

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Le secteur du cinéma connaît un essor fulgurant au Luxembourg depuis une vingtaine d’années. Chaque jeudi, Le Quotidien vous propose de découvrir un métier du cinéma. Rencontre aujourd’hui avec un chef opérateur.

Le directeur de la photographie, également appelé chef opérateur, dirige tout ce qui concerne l’image sur un film. À ce titre, il a la responsabilité de traduire la vision esthétique du réalisateur. Un rôle qui nécessite d’être présent de la préparation du tournage à la postproduction. Carlo Thiel, chef opérateur luxembourgeois depuis une vingtaine d’années, nous explique l’importance et les fonctions de ce métier dans le processus de réalisation d’un film.

De notre collaborateur Mathieu Rosan

Que serait un film sans personne pour s’occuper de l’aspect visuel? Le réalisateur étant la personne qui supervise les scènes, il faut bien entendu quelqu’un pour mettre en œuvre ses consignes. C’est le rôle du chef opérateur, un métier que le Luxembourgeois Carlo Thiel exerce maintenant depuis plus de vingt ans. «Le chef opérateur est responsable de l’image dans un film. Il supervise tout le côté visuel et travaille en étroite collaboration avec le réalisateur.» En effet, le «chef op» – comme on dit dans le milieu – arrive très souvent en amont du tournage pour avoir le temps d’évoquer avec le réalisateur tous les aspects de la mise en scène. Car de simples détails, du point de vue de l’auteur, réclament parfois des solutions techniques compliquées. Il doit ainsi essayer de faire correspondre de façon la plus judicieuse possible l’image du film aux références artistiques du réalisateur.

Un métier artistique et technique

Un rôle dans lequel il est important de s’adapter en fonction des différents réalisateurs, comme le précise Carlo Thiel : «Certains réalisateurs ont une idée bien précise de ce qu’ils veulent, que l’on évoque les découpages, les effets visuels… D’autres sont plus axés sur le jeu d’acteur. Selon le caractère du réalisateur, le chef opérateur définit le découpage du film et comment on va raconter l’histoire du scénario.» Le métier comporte donc à la fois les dimensions artistique, technique et relationnelle. Le chef opérateur maîtrise parfaitement les techniques de lumière et de prise de vues. Selon le lieu de tournage (intérieur ou extérieur), le moment (jour ou nuit), les acteurs (blond, brun…) et les effets recherchés, il sélectionne le matériel qui lui permettra de créer la bonne lumière : caméra, optiques de prise de vue, pellicules, projecteurs, réflecteurs, filtres…

Un rôle pluridisciplinaire, dans lequel il coordonne une équipe entière : «Le chef opérateur est très souvent entouré : pour le cadrage, il est aidé par le cadreur et l’assistant caméra; pour la lumière, il est secondé par le chef électricien; et enfin, pour les différents mouvements de caméra, il travaille avec le chef machiniste.» Il participe aussi au repérage des lieux pour imaginer l’éclairage adapté durant les films. Pendant la préparation du tournage, il règle l’éclairage des décors, le cadrage et la composition des images. Pour recréer les ambiances et les couleurs, il utilise la lumière naturelle ou artificielle.

Un rôle avant et après la production

Pendant les différents tournages, il dirige et coordonne l’équipe technique chargée de l’image, les assistants opérateurs, cadreurs, électriciens et machinistes. Il intervient également dans la postproduction, où il supervise l’étalonnage – c’est-à-dire l’harmonisation des images, que ce soit au niveau de la teinte, de la luminosité ou encore du contraste. Il veille également à la cohérence esthétique entre les différentes séquences.

Le chef opérateur peut travailler dans une société de diffusion télévisuelle ou une société de production cinématographique. Il est alors engagé sur le tournage d’un long ou court métrage de fiction, d’un documentaire, d’un film publicitaire, d’une émission de plateau… Différents projets qui n’ont pas la même approche selon Carlo Thiel : «Personnellement, je préfère travailler sur des documentaires, car l’équipe est moins grande et le côté humain plus important. On voyage beaucoup plus quand on fait ce genre de films. En fiction aussi, mais on est beaucoup plus en studio qu’à l’extérieur.»

Un métier indispensable, donc, dans la production filmique, mais qui, malgré l’évolution du secteur au pays, devient moins accessible du fait que le nombre de demandeurs est plus important qu’auparavant. Carlo Thiel conclut : «C’était plus facile avant parce qu’il y avait moins de personnes dans le milieu. On avait la chance de faire quatre ou cinq films par an. Depuis une quinzaine d’années, cela n’existe plus. Aujourd’hui, si on fait un film par an, on est content!»

Le plan est un morceau de film entre deux raccords. Avant cela, il est surtout un choix du réalisateur lors du tournage, pour déterminer quelles informations visuelles et psychologiques il souhaite donner aux spectateurs. L’échelle des plans fait partie de techniques de base que tout réalisateur doit connaître. Il est essentiel de savoir quelle grandeur donner aux personnages, aux objets et aux éléments du décor, quelle proportion accorder aux sujets par rapport au cadre. Il existe un très grand nombre de plans qui peuvent être regroupés en trois familles.

Le plan : un élément à maîtriser

Les plans larges(plan d’ensemble, plan général…) ont une vocation descriptive. Ils situent généralement l’environnement dans lequel se déroule l’intrigue. Ils permettent de donner des informations sur le lieu, mais aussi bien souvent sur le moment de la journée, le climat.

Les plans moyens (plan américain, plan rapproché…) montrent l’action. Les personnages ou objets en mouvement (voitures) prennent l’ascendant sur le décor. On se focalise ici sur leurs actions au sein de l’espace, du lieu.

La dernière famille de plans regroupe ceux qui mettent en avant les personnages (gros plan, très gros plan…). Le but est d’exposer au public les réactions, les sentiments des personnages au cours de dialogues ou face aux événements de l’intrigue.

À travers le choix de ces différents plans, le chef opérateur et le réalisateur vont choisir la partie perceptible par le spectateur durant une séquence. Ils décident de ce que le spectateur va pouvoir percevoir et ce qu’il ne doit pas voir. Ils font le choix de montrer une partie de l’action, des personnages, du décor de la scène et d’en cacher une autre.

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Le secteur du cinéma connaît un essor fulgurant au Luxembourg depuis une vingtaine d’années. Chaque jeudi, Le Quotidien vous propose de découvrir un métier du cinéma. Rencontre aujourd’hui avec un chef opérateur.

Le directeur de la photographie, également appelé chef opérateur, dirige tout ce qui concerne l’image sur un film. À ce titre, il a la responsabilité de traduire la vision esthétique du réalisateur. Un rôle qui nécessite d’être présent de la préparation du tournage à la postproduction. Carlo Thiel, chef opérateur luxembourgeois depuis une vingtaine d’années, nous explique l’importance et les fonctions de ce métier dans le processus de réalisation d’un film.

De notre collaborateur Mathieu Rosan

Que serait un film sans personne pour s’occuper de l’aspect visuel? Le réalisateur étant la personne qui supervise les scènes, il faut bien entendu quelqu’un pour mettre en œuvre ses consignes. C’est le rôle du chef opérateur, un métier que le Luxembourgeois Carlo Thiel exerce maintenant depuis plus de vingt ans. «Le chef opérateur est responsable de l’image dans un film. Il supervise tout le côté visuel et travaille en étroite collaboration avec le réalisateur.» En effet, le «chef op» – comme on dit dans le milieu – arrive très souvent en amont du tournage pour avoir le temps d’évoquer avec le réalisateur tous les aspects de la mise en scène. Car de simples détails, du point de vue de l’auteur, réclament parfois des solutions techniques compliquées. Il doit ainsi essayer de faire correspondre de façon la plus judicieuse possible l’image du film aux références artistiques du réalisateur.

Un métier artistique et technique

Un rôle dans lequel il est important de s’adapter en fonction des différents réalisateurs, comme le précise Carlo Thiel : «Certains réalisateurs ont une idée bien précise de ce qu’ils veulent, que l’on évoque les découpages, les effets visuels… D’autres sont plus axés sur le jeu d’acteur. Selon le caractère du réalisateur, le chef opérateur définit le découpage du film et comment on va raconter l’histoire du scénario.» Le métier comporte donc à la fois les dimensions artistique, technique et relationnelle. Le chef opérateur maîtrise parfaitement les techniques de lumière et de prise de vues. Selon le lieu de tournage (intérieur ou extérieur), le moment (jour ou nuit), les acteurs (blond, brun…) et les effets recherchés, il sélectionne le matériel qui lui permettra de créer la bonne lumière : caméra, optiques de prise de vue, pellicules, projecteurs, réflecteurs, filtres…

Un rôle pluridisciplinaire, dans lequel il coordonne une équipe entière : «Le chef opérateur est très souvent entouré : pour le cadrage, il est aidé par le cadreur et l’assistant caméra; pour la lumière, il est secondé par le chef électricien; et enfin, pour les différents mouvements de caméra, il travaille avec le chef machiniste.» Il participe aussi au repérage des lieux pour imaginer l’éclairage adapté durant les films. Pendant la préparation du tournage, il règle l’éclairage des décors, le cadrage et la composition des images. Pour recréer les ambiances et les couleurs, il utilise la lumière naturelle ou artificielle.

Un rôle avant et après la production

Pendant les différents tournages, il dirige et coordonne l’équipe technique chargée de l’image, les assistants opérateurs, cadreurs, électriciens et machinistes. Il intervient également dans la postproduction, où il supervise l’étalonnage – c’est-à-dire l’harmonisation des images, que ce soit au niveau de la teinte, de la luminosité ou encore du contraste. Il veille également à la cohérence esthétique entre les différentes séquences.

Le chef opérateur peut travailler dans une société de diffusion télévisuelle ou une société de production cinématographique. Il est alors engagé sur le tournage d’un long ou court métrage de fiction, d’un documentaire, d’un film publicitaire, d’une émission de plateau… Différents projets qui n’ont pas la même approche selon Carlo Thiel : «Personnellement, je préfère travailler sur des documentaires, car l’équipe est moins grande et le côté humain plus important. On voyage beaucoup plus quand on fait ce genre de films. En fiction aussi, mais on est beaucoup plus en studio qu’à l’extérieur.»

Un métier indispensable, donc, dans la production filmique, mais qui, malgré l’évolution du secteur au pays, devient moins accessible du fait que le nombre de demandeurs est plus important qu’auparavant. Carlo Thiel conclut : «C’était plus facile avant parce qu’il y avait moins de personnes dans le milieu. On avait la chance de faire quatre ou cinq films par an. Depuis une quinzaine d’années, cela n’existe plus. Aujourd’hui, si on fait un film par an, on est content!»

Le plan est un morceau de film entre deux raccords. Avant cela, il est surtout un choix du réalisateur lors du tournage, pour déterminer quelles informations visuelles et psychologiques il souhaite donner aux spectateurs. L’échelle des plans fait partie de techniques de base que tout réalisateur doit connaître. Il est essentiel de savoir quelle grandeur donner aux personnages, aux objets et aux éléments du décor, quelle proportion accorder aux sujets par rapport au cadre. Il existe un très grand nombre de plans qui peuvent être regroupés en trois familles.

Le plan : un élément à maîtriser

Les plans larges(plan d’ensemble, plan général…) ont une vocation descriptive. Ils situent généralement l’environnement dans lequel se déroule l’intrigue. Ils permettent de donner des informations sur le lieu, mais aussi bien souvent sur le moment de la journée, le climat.

Les plans moyens (plan américain, plan rapproché…) montrent l’action. Les personnages ou objets en mouvement (voitures) prennent l’ascendant sur le décor. On se focalise ici sur leurs actions au sein de l’espace, du lieu.

La dernière famille de plans regroupe ceux qui mettent en avant les personnages (gros plan, très gros plan…). Le but est d’exposer au public les réactions, les sentiments des personnages au cours de dialogues ou face aux événements de l’intrigue.

À travers le choix de ces différents plans, le chef opérateur et le réalisateur vont choisir la partie perceptible par le spectateur durant une séquence. Ils décident de ce que le spectateur va pouvoir percevoir et ce qu’il ne doit pas voir. Ils font le choix de montrer une partie de l’action, des personnages, du décor de la scène et d’en cacher une autre.

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