Oct 21 2008

MappaMundi goes Vienna

Published by at 05:48 under Industry

Den eischten Deel vum MappaMundi Tournage zu Lëtzebuerg ass eriwwer, elo geet d’productioun zu Wien weider. Am Juli 2009 ass dann den leschten Deel vum Tournage fir MappaMundi hei zu Letzebuerg.

Am Quotidien huet sech den Pablo Chimienti den Tournag ugekukkt:
http://news.lequotidien.lu/news/119/ARTICLE/2325/2008-10-15.html
L’histoire de l’homme vue par Bady Minck
C’est pratiquement chez elle, à Ettelbruck, que Bady Minck tourne en ce moment son nouveau moyen métrage au titre provisoire de Mappamundi. Une plongée entre prises de vue réelles et images d’animation, sur le regard que portent à travers l’histoire différentes sociétés sur notre planète et sur ses habitants.

Du journaliste Pablo Chimienti

http://news.lequotidien.lu/news/119/ARTICLE/2325/2008-10-15.html

Un film de Bady Minck ne prend jamais forme par hasard. Non seulement il est généralement extrêmement beau et travaillé, mais il fait toujours preuve d’une grande intelligence.
C’est encore le cas dans ce futur Mappamundi. Un projet sur lequel la réalisatrice travaille depuis déjà deux ans. «Il s’agit d’un voyage dans le temps» explique-t-elle. «Nos personnages se trouvent sur un vaisseau spatial qui est en même temps une machine à voyager dans le temps. On part il y a 700 millions d’années et voyagent jusqu’à 250 millions d’années dans le futur.» De leur vaisseau spatial, ces personnages deviennent les spectateurs de la dérive des continents de la Pangée à la situation actuelle et verront même, dans le futur, la disparition de la mer Méditerranée, le rapprochement de l’Australie au continent asiatique, etc…
Le tout dans un grand respect des connaissances scientifiques du passé et des hypothèses les plus probables pour le futur. Car même pour un film de fiction d’une vingtaine de minutes, la réalisatrice a passé deux ans à faire des recherches dans diverses archives et bibliothèques de par le monde. Elle a également cherché différentes cartes géographiques de différentes époques et de différentes régions du monde pour analyser la perception du monde de l’Homo sapiens à travers l’histoire. «La plus vieille carte que j’ai trouvée date de 15000 avant Jésus-Christ, reprend Bady Minck, il y en a une autre vers – 6500, des cartes chinoises, indiennes, babyloniennes et vers l’an -500, on arrive chez les Grecs. Après, avec la chrétienté, la recherche de la connaissance géographique retombe et les gens, en Europe, se contentent d’une conception biblique du monde. Ce sont alors les Arabes qui feront avancer le géographie et la connaissance en général».
Pendant le voyage dans le temps du film, les habitants du vaisseau profitent également de leur technologie futuriste pour étudier l’évolution de l’Homo sapiens. De son apparition en Afrique, plus de 70000 ans avant notre ère, jusqu’à aujourd’hui. «D’abord les Homo sapiens se situent sur un territoire très limité, ils envahissent peu à peu toute l’Afrique, puis ils arrivent dans la péninsule arabique, et ainsi de suite», souligne la réalisatrice.
L’allégorie est évidente. «Ma conception du monde est dans le mouvement et dans le développement permanent, souligne Bady Minck, le mouvement des continents et la migration des personnes.» «Il faut comprendre que la migration humaine est quelque chose de naturelle. Ça existe depuis toujours et ça a d’ailleurs permis à l’être humain de survivre pour trouver de la nourriture ou fuir des catastrophes. Alors voir l’Union européenne qui ferme ses frontières, c’est ça qui n’est pas naturel!»
Dans Mappamundi, la vie dans le vaisseau sera présentée par des images réelles. La dérive des continents, elle, est possible grâce à l’animation et l’utilisation de la Plastiline. «Ça donne un peu l’impression d’un GoogleEarth, mais plus naturel», lance même Bady Minck. Une technique qui demande un travail de fourmis, «proche de l’esclavagisme moderne» s’amusent à dire Olivier Pesch, l’animateur, et Surya Weinreter, l’assistant animation.

Didactique
et ludique à la fois

Pour chaque image, ces métiers de l’ombre du septième art doivent déplacer au millimètre un à un les différents continents fabriqués en Plastiline et posés sur une grande sphère bleu. Un processus qui demande une grande précision en ce qui concerne les mouvements même des continents – il ne faut pas que ça «saute» au derush- mais également une grande attention avec la Plastiline elle même, qui demeure un élément d’une extrême fragilité. Pour chaque seconde de film, il faut enregistrer 12 images et chaque image «peut parfois nous prendre jusqu’à 20 minutes» avoue Olivier Pesch. Résultat, une séquence d’à peine une minute et demie demande trois semaines de tournage. Si tout va bien, elle devrait être achevée à la fin de cette semaine.
Pendant l’été 2009, les prises de vue réelles seront réalisées également au Luxembourg. Images réelles et images animées seront réunies, en post-production, grâce au compositing. Entre les deux, la réalisatrice va retourner dans sa ville d’adoption, Vienne, pour donner vie à toutes ces cartes du monde et aux migrations humaines.
Elle va se faire un malin plaisir à démontrer que les cartes géographiques utilisées dans la plupart des écoles européennes et nord-américaines, les cartes Mercator, sont géographiquement fausses et montrer, en même temps, comment tous les pays, ou du moins les continents, ont créé des cartes qui les placent au centre du monde.
Mappamundi se révèle ainsi être un film profondément didactique. «Comme toujours avec mes films, reprend Bady Minck, mais ça ne va pas se remarquer parce que ça va être en même temps très ludique.» Cela dit, le Film Found Luxembourg (à hauteur de 50%), les ministères autrichiens de la Culture et des Sciences et la ville de Vienne ont repéré très tôt les possibilités du projet et ont pris en charge financièrement sa préparation et de sa réalisation.
Le public, lui, ne devrait pouvoir découvrir ce Mappamundi qu’en 2010, car tels sont les détails dans le monde magique du 7e art.


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Den eischten Deel vum MappaMundi Tournage zu Lëtzebuerg ass eriwwer, elo geet d’productioun zu Wien weider. Am Juli 2009 ass dann den leschten Deel vum Tournage fir MappaMundi hei zu Letzebuerg.

Am Quotidien huet sech den Pablo Chimienti den Tournag ugekukkt:
http://news.lequotidien.lu/news/119/ARTICLE/2325/2008-10-15.html
L’histoire de l’homme vue par Bady Minck
C’est pratiquement chez elle, à Ettelbruck, que Bady Minck tourne en ce moment son nouveau moyen métrage au titre provisoire de Mappamundi. Une plongée entre prises de vue réelles et images d’animation, sur le regard que portent à travers l’histoire différentes sociétés sur notre planète et sur ses habitants.

Du journaliste Pablo Chimienti

http://news.lequotidien.lu/news/119/ARTICLE/2325/2008-10-15.html

Un film de Bady Minck ne prend jamais forme par hasard. Non seulement il est généralement extrêmement beau et travaillé, mais il fait toujours preuve d’une grande intelligence.
C’est encore le cas dans ce futur Mappamundi. Un projet sur lequel la réalisatrice travaille depuis déjà deux ans. «Il s’agit d’un voyage dans le temps» explique-t-elle. «Nos personnages se trouvent sur un vaisseau spatial qui est en même temps une machine à voyager dans le temps. On part il y a 700 millions d’années et voyagent jusqu’à 250 millions d’années dans le futur.» De leur vaisseau spatial, ces personnages deviennent les spectateurs de la dérive des continents de la Pangée à la situation actuelle et verront même, dans le futur, la disparition de la mer Méditerranée, le rapprochement de l’Australie au continent asiatique, etc…
Le tout dans un grand respect des connaissances scientifiques du passé et des hypothèses les plus probables pour le futur. Car même pour un film de fiction d’une vingtaine de minutes, la réalisatrice a passé deux ans à faire des recherches dans diverses archives et bibliothèques de par le monde. Elle a également cherché différentes cartes géographiques de différentes époques et de différentes régions du monde pour analyser la perception du monde de l’Homo sapiens à travers l’histoire. «La plus vieille carte que j’ai trouvée date de 15000 avant Jésus-Christ, reprend Bady Minck, il y en a une autre vers – 6500, des cartes chinoises, indiennes, babyloniennes et vers l’an -500, on arrive chez les Grecs. Après, avec la chrétienté, la recherche de la connaissance géographique retombe et les gens, en Europe, se contentent d’une conception biblique du monde. Ce sont alors les Arabes qui feront avancer le géographie et la connaissance en général».
Pendant le voyage dans le temps du film, les habitants du vaisseau profitent également de leur technologie futuriste pour étudier l’évolution de l’Homo sapiens. De son apparition en Afrique, plus de 70000 ans avant notre ère, jusqu’à aujourd’hui. «D’abord les Homo sapiens se situent sur un territoire très limité, ils envahissent peu à peu toute l’Afrique, puis ils arrivent dans la péninsule arabique, et ainsi de suite», souligne la réalisatrice.
L’allégorie est évidente. «Ma conception du monde est dans le mouvement et dans le développement permanent, souligne Bady Minck, le mouvement des continents et la migration des personnes.» «Il faut comprendre que la migration humaine est quelque chose de naturelle. Ça existe depuis toujours et ça a d’ailleurs permis à l’être humain de survivre pour trouver de la nourriture ou fuir des catastrophes. Alors voir l’Union européenne qui ferme ses frontières, c’est ça qui n’est pas naturel!»
Dans Mappamundi, la vie dans le vaisseau sera présentée par des images réelles. La dérive des continents, elle, est possible grâce à l’animation et l’utilisation de la Plastiline. «Ça donne un peu l’impression d’un GoogleEarth, mais plus naturel», lance même Bady Minck. Une technique qui demande un travail de fourmis, «proche de l’esclavagisme moderne» s’amusent à dire Olivier Pesch, l’animateur, et Surya Weinreter, l’assistant animation.

Didactique
et ludique à la fois

Pour chaque image, ces métiers de l’ombre du septième art doivent déplacer au millimètre un à un les différents continents fabriqués en Plastiline et posés sur une grande sphère bleu. Un processus qui demande une grande précision en ce qui concerne les mouvements même des continents – il ne faut pas que ça «saute» au derush- mais également une grande attention avec la Plastiline elle même, qui demeure un élément d’une extrême fragilité. Pour chaque seconde de film, il faut enregistrer 12 images et chaque image «peut parfois nous prendre jusqu’à 20 minutes» avoue Olivier Pesch. Résultat, une séquence d’à peine une minute et demie demande trois semaines de tournage. Si tout va bien, elle devrait être achevée à la fin de cette semaine.
Pendant l’été 2009, les prises de vue réelles seront réalisées également au Luxembourg. Images réelles et images animées seront réunies, en post-production, grâce au compositing. Entre les deux, la réalisatrice va retourner dans sa ville d’adoption, Vienne, pour donner vie à toutes ces cartes du monde et aux migrations humaines.
Elle va se faire un malin plaisir à démontrer que les cartes géographiques utilisées dans la plupart des écoles européennes et nord-américaines, les cartes Mercator, sont géographiquement fausses et montrer, en même temps, comment tous les pays, ou du moins les continents, ont créé des cartes qui les placent au centre du monde.
Mappamundi se révèle ainsi être un film profondément didactique. «Comme toujours avec mes films, reprend Bady Minck, mais ça ne va pas se remarquer parce que ça va être en même temps très ludique.» Cela dit, le Film Found Luxembourg (à hauteur de 50%), les ministères autrichiens de la Culture et des Sciences et la ville de Vienne ont repéré très tôt les possibilités du projet et ont pris en charge financièrement sa préparation et de sa réalisation.
Le public, lui, ne devrait pouvoir découvrir ce Mappamundi qu’en 2010, car tels sont les détails dans le monde magique du 7e art.


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