Nov 13 2015

Mieux se partager le gâteau

Published by at 14:50 under Industry

SOURCE: http://paperjam.lu

http://paperjam.lu/sites/default/files/styles/640_427_echelle_recadrage/public/nodes/news/2015/11/guy_daleiden_lala_la_photo.jpg?itok=BpuYV73t&ctok=1447315370

Une centaine de professionnels du secteur audiovisuel se sont rencontrés pendant deux jours pour analyser les défis qui attendent le secteur. Le financement et la professionnalisation restent au cœur de la réflexion.

Avec en ligne de mire les 25 ans du soutien à la production audiovisuelle, le Film Fund avait donné rendez-vous à l’ensemble du secteur ces 10 et 11 novembre pour les deuxièmes «Assises du cinéma luxembourgeois», les premières ayant été organisées en 2010.

Une centaine de personnes, parmi lesquelles les représentants des associations professionnelles (Ulpa, Lars, Alta, actors.lu, Fédération des métiers de l’animation et de l’image virtuelle), des producteurs indépendants, des représentants du CNA, du ministère de la Culture, de RTL, des exploitants de cinéma, etc. ont ainsi pu discuter de leur vision pour le cinéma et l’audiovisuel luxembourgeois d’ici 5 à 10 ans.

«Les discussions ont été très nourries. On sent que le secteur bouge et est en renouvellement», soulignait le producteur Bernard Michaux (Samsa Film), issu justement de cette nouvelle génération. L’heure était manifestement à la satisfaction, sans que l’on sache si les débats ont été houleux ou consensuels. Toujours est-il qu’un document de conclusion et propositions a pu être réalisé, obtenant l’approbation des participants.

Évolution de la politique de soutien

Les conclusions commencent ainsi par un flash-back sur l’évolution du Lëtzebuerger Film Fong et de ses choix stratégiques de soutien. C’est enfoncer des portes ouvertes que de dire que le secteur de l’audiovisuel a connu d’importantes évolutions depuis sa création en 1990 en particulier par le nombre de projets et de professionnels concernés.

Sur ces 25 années, près de 410 millions d’euros ont été versés par les différents mécanismes d’aide à quelque 600 œuvres audiovisuelles. «Ce sont aujourd’hui environ 40 sociétés qui travaillent dans le domaine, soit un tiers de plus qu’il y a cinq ans», rappelle Paul Thiltges, président de l’Ulpa (Union luxembourgeoise des producteurs audiovisuels). Cela représente un petit millier de personnes, dont environ 700 techniciens (200 en animation), 40 réalisateurs, 60 acteurs, une dizaine de compositeurs de musique…

«Luxembourg est passé d’un environnement de sociétés de service, qui prestaient surtout pour des productions étrangères, à une production engagée qui assure de plus en plus de développement local», se félicite Guy Daleiden, directeur du Film Fund. Il est donc d’autant plus important de «consolider les fondements pour permettre à l’avenir de miser davantage sur les talents propres et d’investir dans le développement de projets initiés par des producteurs luxembourgeois.»

Plus de parts sur le gâteau

Le nerf de la guerre étant évidemment le financement des films, c’est ce sujet qui (pré)occupe le plus le secteur. Le nombre de sociétés et de projets allant croissant et le montant des aides n’étant pas extensible, les producteurs luxembourgeois ont proposé de réduire les montants maxima des aides par projet. Cela permettra de voir moins de projets retoqués et de veiller à maintenir la diversité de la production. Guy Daleiden rassure: «il ne s’agit pas d’accepter plus de projets pour plus de projets. La qualité restera le critère premier de l’analyse du comité de sélection»

Cette évolution promet aussi l’introduction d’une aide financière limitée (à 250.000 euros) avec moins de contraintes et de restrictions que dans les critères actuels pour permettre aux producteurs de s’engager sur des coproductions internationales «low budget». Les courts-métrages pourraient aussi bénéficier d’aides limitées (30.000 euros) avec une flexibilité adaptée au niveau des critères. Les jeunes et nouveaux talents émergents auraient donc l’occasion de se faire la main à moindre coût.

Autre proposition des producteurs: l’introduction d’un instrument de «slate funding» (c’est-à-dire d’un développement sur plusieurs productions à venir) ce qui permet de stabiliser la base structurelle des sociétés de production.

La belle et vieille idée de la création d’un «fonds structurel» pour attirer les investissements privés revient dans les conclusions des Assises. Annoncée dans l’accord de coalition du gouvernement, cette mesure tarde à être mise en place. «Il faut analyser quels mécanismes fiscaux pourraient être mis en œuvre et voir dans quelle mesure les propositions élaborées par le secteur peuvent être faisables. L’analyse est en cours», justifie Guy Daleiden.

Made in Luxembourg

Un des points importants soulevés pendant les Assises concerne la promotion des talents et projets nationaux: rendre possibles plus de rencontres professionnelles à l’étranger, développer des contacts de coproduction avec de nouveaux partenaires potentiels, développer la visibilité et l’exploitation des films. Ainsi, les responsables de la promotion du secteur (Film Fund et d’Filmakademie) vont rencontrer les nouveaux exploitants de salles (comprendre Kinepolis) afin d’assurer une exploitation des films luxembourgeois dans les salles du pays.

Le portail de promotion (et banque de données online) de la production audiovisuelle luxembourgeoise initié par le Film Fund devrait rapidement être mis en œuvre ainsi que la plateforme VOD sous l’initiative de la Filmakademie.

La formation et les synergies avec d’autres acteurs du secteur (diffuseurs, télévisions, ICT, gaming) sont entre autres les sujets évoqués.

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Une centaine de professionnels du secteur audiovisuel se sont rencontrés pendant deux jours pour analyser les défis qui attendent le secteur. Le financement et la professionnalisation restent au cœur de la réflexion.

Avec en ligne de mire les 25 ans du soutien à la production audiovisuelle, le Film Fund avait donné rendez-vous à l’ensemble du secteur ces 10 et 11 novembre pour les deuxièmes «Assises du cinéma luxembourgeois», les premières ayant été organisées en 2010.

Une centaine de personnes, parmi lesquelles les représentants des associations professionnelles (Ulpa, Lars, Alta, actors.lu, Fédération des métiers de l’animation et de l’image virtuelle), des producteurs indépendants, des représentants du CNA, du ministère de la Culture, de RTL, des exploitants de cinéma, etc. ont ainsi pu discuter de leur vision pour le cinéma et l’audiovisuel luxembourgeois d’ici 5 à 10 ans.

«Les discussions ont été très nourries. On sent que le secteur bouge et est en renouvellement», soulignait le producteur Bernard Michaux (Samsa Film), issu justement de cette nouvelle génération. L’heure était manifestement à la satisfaction, sans que l’on sache si les débats ont été houleux ou consensuels. Toujours est-il qu’un document de conclusion et propositions a pu être réalisé, obtenant l’approbation des participants.

Évolution de la politique de soutien

Les conclusions commencent ainsi par un flash-back sur l’évolution du Lëtzebuerger Film Fong et de ses choix stratégiques de soutien. C’est enfoncer des portes ouvertes que de dire que le secteur de l’audiovisuel a connu d’importantes évolutions depuis sa création en 1990 en particulier par le nombre de projets et de professionnels concernés.

Sur ces 25 années, près de 410 millions d’euros ont été versés par les différents mécanismes d’aide à quelque 600 œuvres audiovisuelles. «Ce sont aujourd’hui environ 40 sociétés qui travaillent dans le domaine, soit un tiers de plus qu’il y a cinq ans», rappelle Paul Thiltges, président de l’Ulpa (Union luxembourgeoise des producteurs audiovisuels). Cela représente un petit millier de personnes, dont environ 700 techniciens (200 en animation), 40 réalisateurs, 60 acteurs, une dizaine de compositeurs de musique…

«Luxembourg est passé d’un environnement de sociétés de service, qui prestaient surtout pour des productions étrangères, à une production engagée qui assure de plus en plus de développement local», se félicite Guy Daleiden, directeur du Film Fund. Il est donc d’autant plus important de «consolider les fondements pour permettre à l’avenir de miser davantage sur les talents propres et d’investir dans le développement de projets initiés par des producteurs luxembourgeois.»

Plus de parts sur le gâteau

Le nerf de la guerre étant évidemment le financement des films, c’est ce sujet qui (pré)occupe le plus le secteur. Le nombre de sociétés et de projets allant croissant et le montant des aides n’étant pas extensible, les producteurs luxembourgeois ont proposé de réduire les montants maxima des aides par projet. Cela permettra de voir moins de projets retoqués et de veiller à maintenir la diversité de la production. Guy Daleiden rassure: «il ne s’agit pas d’accepter plus de projets pour plus de projets. La qualité restera le critère premier de l’analyse du comité de sélection»

Cette évolution promet aussi l’introduction d’une aide financière limitée (à 250.000 euros) avec moins de contraintes et de restrictions que dans les critères actuels pour permettre aux producteurs de s’engager sur des coproductions internationales «low budget». Les courts-métrages pourraient aussi bénéficier d’aides limitées (30.000 euros) avec une flexibilité adaptée au niveau des critères. Les jeunes et nouveaux talents émergents auraient donc l’occasion de se faire la main à moindre coût.

Autre proposition des producteurs: l’introduction d’un instrument de «slate funding» (c’est-à-dire d’un développement sur plusieurs productions à venir) ce qui permet de stabiliser la base structurelle des sociétés de production.

La belle et vieille idée de la création d’un «fonds structurel» pour attirer les investissements privés revient dans les conclusions des Assises. Annoncée dans l’accord de coalition du gouvernement, cette mesure tarde à être mise en place. «Il faut analyser quels mécanismes fiscaux pourraient être mis en œuvre et voir dans quelle mesure les propositions élaborées par le secteur peuvent être faisables. L’analyse est en cours», justifie Guy Daleiden.

Made in Luxembourg

Un des points importants soulevés pendant les Assises concerne la promotion des talents et projets nationaux: rendre possibles plus de rencontres professionnelles à l’étranger, développer des contacts de coproduction avec de nouveaux partenaires potentiels, développer la visibilité et l’exploitation des films. Ainsi, les responsables de la promotion du secteur (Film Fund et d’Filmakademie) vont rencontrer les nouveaux exploitants de salles (comprendre Kinepolis) afin d’assurer une exploitation des films luxembourgeois dans les salles du pays.

Le portail de promotion (et banque de données online) de la production audiovisuelle luxembourgeoise initié par le Film Fund devrait rapidement être mis en œuvre ainsi que la plateforme VOD sous l’initiative de la Filmakademie.

La formation et les synergies avec d’autres acteurs du secteur (diffuseurs, télévisions, ICT, gaming) sont entre autres les sujets évoqués.

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