May 06 2009

PERL ODER PICA Kritik vun “Le Monde”

Published by at 19:59 under Industry

SOURCE: www.lemonde.fr

“Petits secrets” : les squelettes des placards du grand duché

Saviez-vous que le grand duché du Luxembourg, au début des années 1960, était une espèce de théocratie catholique ? Qu’à l’heure où la France vivait les affres de la décolonisation, le Lux du Benelux vivait dans la macération des traumatismes subis entre 1940 et 1945 ? Et qu’un metteur en scène de cinéma a eu l’idée de se servir de ce fond de sauce plutôt amer pour réaliser une comédie juvénile ?

L’exotisme souffle donc où il veut et ce long métrage maintient l’attention en éveil non pas par ses vertus dramatiques mais par cette somme de révélations inattendues au sujet d’un voisin trop souvent ignoré. Même si l’on ne prend pas pour argent comptant le scénario de Petits secrets, il a de quoi intriguer. A douze ans, Norbi, le héros, vit entre une mère vouée à la cuisine, aux enfants et à l’église (on parle dans cette famille la variante luxembourgeoise de l’allemand) et un père qui tient un étrange magasin où l’on vend à la fois des articles de piété et de la papeterie. Norbi se persuade bientôt que son père cache dans son passé un secret terrible, dont la clé se trouve dans les années d’occupation.

Pour faire bonne mesure, le garçon est affligé d’une sœur plus intéressée par les yéyés luxembourgeois (encore un concept nouveau pour la plupart d’entre nous) que par le cathéchisme, d’un instituteur sadique et de camarades de classe brutaux. Hélas, ce sont ces derniers lieux communs qui l’emportent sur les idées originales du scénario. Sans doute parce que la mise en scène, d’une grande platitude, est plus à l’aise dans le maniement des lieux communs sentimentaux (on se croirait souvent en train de regarder un téléfilm vieux d’un quart de siècle) que dans le recensement des squelettes qui peuplent les placards familiaux et nationaux.

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“Petits secrets” : les squelettes des placards du grand duché

Saviez-vous que le grand duché du Luxembourg, au début des années 1960, était une espèce de théocratie catholique ? Qu’à l’heure où la France vivait les affres de la décolonisation, le Lux du Benelux vivait dans la macération des traumatismes subis entre 1940 et 1945 ? Et qu’un metteur en scène de cinéma a eu l’idée de se servir de ce fond de sauce plutôt amer pour réaliser une comédie juvénile ?

L’exotisme souffle donc où il veut et ce long métrage maintient l’attention en éveil non pas par ses vertus dramatiques mais par cette somme de révélations inattendues au sujet d’un voisin trop souvent ignoré. Même si l’on ne prend pas pour argent comptant le scénario de Petits secrets, il a de quoi intriguer. A douze ans, Norbi, le héros, vit entre une mère vouée à la cuisine, aux enfants et à l’église (on parle dans cette famille la variante luxembourgeoise de l’allemand) et un père qui tient un étrange magasin où l’on vend à la fois des articles de piété et de la papeterie. Norbi se persuade bientôt que son père cache dans son passé un secret terrible, dont la clé se trouve dans les années d’occupation.

Pour faire bonne mesure, le garçon est affligé d’une sœur plus intéressée par les yéyés luxembourgeois (encore un concept nouveau pour la plupart d’entre nous) que par le cathéchisme, d’un instituteur sadique et de camarades de classe brutaux. Hélas, ce sont ces derniers lieux communs qui l’emportent sur les idées originales du scénario. Sans doute parce que la mise en scène, d’une grande platitude, est plus à l’aise dans le maniement des lieux communs sentimentaux (on se croirait souvent en train de regarder un téléfilm vieux d’un quart de siècle) que dans le recensement des squelettes qui peuplent les placards familiaux et nationaux.

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