Apr 05 2014

Production audiovisuelle: continuer à attendre

Published by at 01:55 under Industry

SOURCE: http://www.paperjam.lu

Pas moins de trois ministres se sont joints pour répondre à une question parlementaire de Tess Burton (LSAP) sur l’avenir du financement du secteur audiovisuel… pour finalement peu d’éléments nouveaux.

Le soutien à la production audiovisuelle est un secteur gourmand. Il consomme quelque 40 millions d’euros par an pour financer les productions luxembourgeoises et les coproductions internationales. Bon an, mal an, entre vingt et trente projets voient le jour chaque année: des courts et des longs métrages, de l’animation, du documentaire et même, c’est nouveau, du cross-média.

Suite à l’abandon du régime fiscal des certificats d’investissement au profit des aides sélectives directes selon un système complexe, mais transparent, de points, il va falloir trouver de nouvelles ressources. En effet, en ces temps de crise, l’argent public risque de faire défaut et le financement privé classique du cinéma (par les télévisions) est remis en question partout en Europe pour cause de nouveaux moyens de diffusion.

C’est le sens du paragraphe inscrit dans le programme gouvernemental qui précise à ce sujet que «des synergies spécifiques avec la place financière seront mises en œuvre notamment au travers de la création d’un fonds structurel faisant appel à l’investissement privé et permettant la gestion et la valorisation de portefeuilles de droits audiovisuels par des sociétés nationales.»

Quelques lignes qui méritent des éclaircissements, ou du moins des précisions. C’est ce que la députée Tess Burton (LSAP) demandait dans une question parlementaire: «Quelles sont la démarche respectivement la stratégie envisagées par le gouvernement pour amener les banques de la place à s’impliquer dans un tel secteur économique d’avenir? Et ce, dans quel délai ?».

Réponse décevante

Pas moins de trois ministres lui ont répondu. Xavier Bettel, Premier ministre, ministre des Communications et des Médias, Étienne Schneider, ministre de l’Économie et Pierre Gramegna, ministre des Finances. Un signe que la chose est prise au sérieux et que des synergies entre les communications, les finances et l’économie sont réellement envisagées.

Cependant, la réponse est assez frustrante puisqu’elle se borne à rappeler l’intention du programme de gouvernement, une des missions du Film Fonds («encourager la mise en œuvre d’un fonds structurel destiné à favoriser l’investissement privé dans la production audiovisuelle») qui figure dans un projet de loi qui tarde à être voté.

Et les trois ministres de conclure: «Nous continuerons de nous engager à maintenir ce dialogue, qui s’annonce complexe et réfléchi, avec les acteurs de la place financière pour encourager cette activité qui peut profiter à la fois au secteur financier qu’à l’industrie cinématographique et amener des solutions durables dans l’intérêt du développement du secteur audiovisuel.»

Une réponse de Normand en somme puisque la députée – du même bord politique qu’Étienne Schneider – ne sait toujours pas comment le gouvernement tente de motiver la place financière pour qu’elle s’intéresse à un secteur qu’elle avait fini par bouder à travers l’outil des certificats.

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SOURCE: http://www.paperjam.lu

Pas moins de trois ministres se sont joints pour répondre à une question parlementaire de Tess Burton (LSAP) sur l’avenir du financement du secteur audiovisuel… pour finalement peu d’éléments nouveaux.

Le soutien à la production audiovisuelle est un secteur gourmand. Il consomme quelque 40 millions d’euros par an pour financer les productions luxembourgeoises et les coproductions internationales. Bon an, mal an, entre vingt et trente projets voient le jour chaque année: des courts et des longs métrages, de l’animation, du documentaire et même, c’est nouveau, du cross-média.

Suite à l’abandon du régime fiscal des certificats d’investissement au profit des aides sélectives directes selon un système complexe, mais transparent, de points, il va falloir trouver de nouvelles ressources. En effet, en ces temps de crise, l’argent public risque de faire défaut et le financement privé classique du cinéma (par les télévisions) est remis en question partout en Europe pour cause de nouveaux moyens de diffusion.

C’est le sens du paragraphe inscrit dans le programme gouvernemental qui précise à ce sujet que «des synergies spécifiques avec la place financière seront mises en œuvre notamment au travers de la création d’un fonds structurel faisant appel à l’investissement privé et permettant la gestion et la valorisation de portefeuilles de droits audiovisuels par des sociétés nationales.»

Quelques lignes qui méritent des éclaircissements, ou du moins des précisions. C’est ce que la députée Tess Burton (LSAP) demandait dans une question parlementaire: «Quelles sont la démarche respectivement la stratégie envisagées par le gouvernement pour amener les banques de la place à s’impliquer dans un tel secteur économique d’avenir? Et ce, dans quel délai ?».

Réponse décevante

Pas moins de trois ministres lui ont répondu. Xavier Bettel, Premier ministre, ministre des Communications et des Médias, Étienne Schneider, ministre de l’Économie et Pierre Gramegna, ministre des Finances. Un signe que la chose est prise au sérieux et que des synergies entre les communications, les finances et l’économie sont réellement envisagées.

Cependant, la réponse est assez frustrante puisqu’elle se borne à rappeler l’intention du programme de gouvernement, une des missions du Film Fonds («encourager la mise en œuvre d’un fonds structurel destiné à favoriser l’investissement privé dans la production audiovisuelle») qui figure dans un projet de loi qui tarde à être voté.

Et les trois ministres de conclure: «Nous continuerons de nous engager à maintenir ce dialogue, qui s’annonce complexe et réfléchi, avec les acteurs de la place financière pour encourager cette activité qui peut profiter à la fois au secteur financier qu’à l’industrie cinématographique et amener des solutions durables dans l’intérêt du développement du secteur audiovisuel.»

Une réponse de Normand en somme puisque la députée – du même bord politique qu’Étienne Schneider – ne sait toujours pas comment le gouvernement tente de motiver la place financière pour qu’elle s’intéresse à un secteur qu’elle avait fini par bouder à travers l’outil des certificats.

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