Oct 18 2011

Trois questions à Claude Waringo

Published by at 01:06 under Français,Industry,Samsa

SOURCE: http://www.paperjam.lu


paperjam

«Samsa précède les décisions politiques»

Claude Waringo est producteur, membre fondateur et co-gérant de Samsa Film, premier producteur indépendant luxembourgeois. Dans une interview à paperJam.lu, il revient sur l’historique de la société à l’occasion de son 25e anniversaire et de la sortie du film événement luxembourgeois Hot Hot Hot, projeté ce vendredi soir en avant-première et à partir du 15 octobre au cinéma.

Monsieur Waringo, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est Samsa Film?

«C’est un peu compliqué de le dire en quelques mots. Samsa Film est la première société de production de films professionnels, qui s’est créée au Luxembourg il y a 25 ans. Ses fondateurs sont tous venus de la Kultur Fabrik, des centres culturels de Esch. Tous avaient un autre métier ou étaient étudiants. En 1986, nous nous sommes dit ‘on arrête tout, et on essaye de gagner notre vie dans une société de production de films’. C’était trois ans avant que l’Etat ne prenne la décision de soutenir financièrement le cinéma. C’était en 1989, avec la création du Film Fund et les lois sur les certificats audiovisuels et l’avance sur recettes. La société s’est développée rapidement. Nous avons été les premiers à nous investir totalement dans la coproduction européenne. Notre métier aujourd’hui est la production de films, ce qui comprend le développement, le scénario, le contrôle gestionnaire et financier du film. Parallèlement, nous développons les jeunes talents luxembourgeois, qui commencent à faire des écoles de cinéma, à réaliser des courts-métrages…

En 2011, nous avons produit sept longs métrages pour des budgets compris entre 2 millions et 7 millions d’euros. La somme des budgets de tous ces films a atteint 25 millions d’euros, dont 10 à 12 millions pour notre quote-part. C’est sans parler des courts métrages et des documentaires.
Concernant Hot Hot Hot, qui est un film luxembourgeois et ne répond pas tout à fait aux mêmes règles, le budget est de 3,5 millions. Nous l’avons produit à hauteur de 70%, aux côtés de la Belgique (20%) et de l’Autriche (10%). C’est toujours à peu près cette proportion pour les films luxembourgeois.

En quoi le Luxembourg est-il un pays intéressant pour produire des films?

«Il y a des avantages financiers qui n’existent pas seulement au Luxembourg. Notre système des certificats, qui sera aboli d’ici à la fin de l’année, nous a permis de nous positionner dans la coproduction européenne. Cette suppression n’est d’ailleurs pas catastrophique. Les certificats avaient le désavantage de devoir être vendus par les producteurs à des banques ou à des sociétés qui payent des impôts. Ils devaient aussi être préfinancés par des sociétés de production, ce qui pouvait poser problème dans des situations de crise ou les entreprises ne sont pas certaines d’avoir des impôts à payer dans les années qui viennent. Le nouveau système sera beaucoup plus flexible et beaucoup plus direct. Le manque à gagner de l’Etat sera transformé en une aide directe inscrite au budget du gouvernement.

Quelle est votre plus belle réussite de ces 25 dernières années?

«Je dirais être toujours là, ne pas avoir fait faillite. Une autre grande réussite, c’est d’avoir toujours pu lier la réussite de Samsa et celle du cinéma luxembourgeois. Nous avons toujours un peu précédé les grandes évolutions du métier, de l’amateurisme vers la professionnalisation, de la production exécutive vers le minoritaire, du minoritaire vers le majoritaire, du majoritaire vers la production de films luxembourgeois. Nous précédons toujours un peu les décisions politiques. Ce dont je suis assez fier. Au chapitre de nos projets, je citerais notamment le tournage des Adorés avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde, qui commence lundi. C’est un film phare de cette année, rien que par le casting. Pour 2012, je peux annoncer le tournage d’un film, Notre nouvel homme, qui sera un film en luxembourgeois sur la politique au Luxembourg.»

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«Samsa précède les décisions politiques»

Claude Waringo est producteur, membre fondateur et co-gérant de Samsa Film, premier producteur indépendant luxembourgeois. Dans une interview à paperJam.lu, il revient sur l’historique de la société à l’occasion de son 25e anniversaire et de la sortie du film événement luxembourgeois Hot Hot Hot, projeté ce vendredi soir en avant-première et à partir du 15 octobre au cinéma.

Monsieur Waringo, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est Samsa Film?

«C’est un peu compliqué de le dire en quelques mots. Samsa Film est la première société de production de films professionnels, qui s’est créée au Luxembourg il y a 25 ans. Ses fondateurs sont tous venus de la Kultur Fabrik, des centres culturels de Esch. Tous avaient un autre métier ou étaient étudiants. En 1986, nous nous sommes dit ‘on arrête tout, et on essaye de gagner notre vie dans une société de production de films’. C’était trois ans avant que l’Etat ne prenne la décision de soutenir financièrement le cinéma. C’était en 1989, avec la création du Film Fund et les lois sur les certificats audiovisuels et l’avance sur recettes. La société s’est développée rapidement. Nous avons été les premiers à nous investir totalement dans la coproduction européenne. Notre métier aujourd’hui est la production de films, ce qui comprend le développement, le scénario, le contrôle gestionnaire et financier du film. Parallèlement, nous développons les jeunes talents luxembourgeois, qui commencent à faire des écoles de cinéma, à réaliser des courts-métrages…

En 2011, nous avons produit sept longs métrages pour des budgets compris entre 2 millions et 7 millions d’euros. La somme des budgets de tous ces films a atteint 25 millions d’euros, dont 10 à 12 millions pour notre quote-part. C’est sans parler des courts métrages et des documentaires.
Concernant Hot Hot Hot, qui est un film luxembourgeois et ne répond pas tout à fait aux mêmes règles, le budget est de 3,5 millions. Nous l’avons produit à hauteur de 70%, aux côtés de la Belgique (20%) et de l’Autriche (10%). C’est toujours à peu près cette proportion pour les films luxembourgeois.

En quoi le Luxembourg est-il un pays intéressant pour produire des films?

«Il y a des avantages financiers qui n’existent pas seulement au Luxembourg. Notre système des certificats, qui sera aboli d’ici à la fin de l’année, nous a permis de nous positionner dans la coproduction européenne. Cette suppression n’est d’ailleurs pas catastrophique. Les certificats avaient le désavantage de devoir être vendus par les producteurs à des banques ou à des sociétés qui payent des impôts. Ils devaient aussi être préfinancés par des sociétés de production, ce qui pouvait poser problème dans des situations de crise ou les entreprises ne sont pas certaines d’avoir des impôts à payer dans les années qui viennent. Le nouveau système sera beaucoup plus flexible et beaucoup plus direct. Le manque à gagner de l’Etat sera transformé en une aide directe inscrite au budget du gouvernement.

Quelle est votre plus belle réussite de ces 25 dernières années?

«Je dirais être toujours là, ne pas avoir fait faillite. Une autre grande réussite, c’est d’avoir toujours pu lier la réussite de Samsa et celle du cinéma luxembourgeois. Nous avons toujours un peu précédé les grandes évolutions du métier, de l’amateurisme vers la professionnalisation, de la production exécutive vers le minoritaire, du minoritaire vers le majoritaire, du majoritaire vers la production de films luxembourgeois. Nous précédons toujours un peu les décisions politiques. Ce dont je suis assez fier. Au chapitre de nos projets, je citerais notamment le tournage des Adorés avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde, qui commence lundi. C’est un film phare de cette année, rien que par le casting. Pour 2012, je peux annoncer le tournage d’un film, Notre nouvel homme, qui sera un film en luxembourgeois sur la politique au Luxembourg.»

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