Apr 17 2009

Un regard derrière les coulisses

Published by at 15:53 under Industry

source: Janina Strötgen – http://tageblatt.editpress.lu

La coproduction helvético-luxembourgeoise intitulée „La petite chambre“ est en ce moment en plein tournage au centre-ville de Luxembourg. La sortie du film est prévue pour l’année prochaine.

Le film s’articule sur deux sujets fondamentaux de l’existence humaine: la vieillesse et le deuil périnatal. Edmond, âgé de 85 ans et interprété par Michel Bouquet, se voit confronté aux limites imposées par son corps. Il se trouve face au conflit de ne pas pouvoir vivre seul, mais de ne pas supporter non plus l’idée d’être déraciné et de vivre dans une maison de retraite.
Rose (Florence Loiret-Caille), une jeune infirmière de 34 ans, se rend chez lui pour le soigner. Une complicité se développe entre le vieil homme et la jeune femme, qui vient de perdre son bébé au huitième mois de grossesse.
Ce qui fascine les deux réalisatrices est l’interaction des deux thèmes: un vieil homme dont on n’attend plus que sa mort et qui rejette toute sorte d’aide, est capable de transmettre à une jeune mère en souffrance de l’espoir et de déclencher ainsi la renaissance de cette jeune femme. C’est ce paradoxe de l’homme en fin de vie apportant la vie qui donne au film sa complexité.
Les personnages sont nuancés parce que confrontés à des sentiments multiples. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Le point fort du film sera sans doute son courage d’aborder des sujets tabous en se focalisant sur les liens entre êtres humains.
Un film prometteur.
 

Interview avec les réalisatrices
Les deux réalisatrices de Lausanne Véronique Reymond et Stéphanie Chuat ne collaborent pas seulement pour la mise en scène du film, mais ont également écrit le scénario à quatre mains. Petit entretien:

Tageblatt: Comment avez-vous réalisé l’écriture commune du scénario? 
Stéphanie Chuat: „Nous travaillons ensemble depuis très longtemps. On se connaît depuis qu’on a onze ans, on a fréquenté la même école et on a commencé très jeune à chanter dans la rue et à jouer des petites pièces de théâtre ensemble. Passer à l’écriture et à la réalisation n’était qu’un pas en plus. Nous sommes en dialogue permanent et comme nous sommes comédiennes à la base, nous jouons d’abord les scènes afin de pouvoir les écrire après. Nous ne nous partageons pas l’écriture, tout se fait à quatre mains.“

„T“: Comment avez-vous trouvé l’idée du film? 
Véronique Reymond: „D’abord par un concours de télévision suisse qui imposait des thèmes sociaux proche de la Suisse. La vieillesse est un sujet omniprésent en Suisse et en Europe d’ailleurs. On avait envie de développer le thème des personnes âgées, de travailler les conflits et les liens intergénérationnels. Donc le choix s’est fait d’une manière assez cohérente par rapport a notre ligne.“

„T“: Et par rapport à l’idée du deuil périnatal? 
V.R.: „Nous avons une amie qui a perdu ses jumeaux à la naissance. Cela nous a très touchées. Des idées pour un film ou une pièce de théâtre apparaissent au fil de ce qu’on vit et de ce qu’on ressent. En plus, le deuil périnatal est un sujet très fort qui n’a pas encore été beaucoup traité dans l’art et jamais dans un film de fiction.“

„T“: Pourquoi avez-vous mis l’accent sur la relation entre ce vieil homme Edmond et Rose, la jeune femme qui vient de perdre son bébé et non sur la relation du couple? 
V. R.: „Le couple est justement en crise. Ils ne peuvent pas se guérir l’un l’autre. Souvent quand on vit un drame ensemble, on ne se supporte plus. 95 pour cent des couples se séparent après une telle perte. Il fallait justement un élément extérieur pour que Rose puisse avancer.“

„T“: Comment se passe le travail actuel avec les acteurs? 
S.C.: „C’est exceptionnel. Michel Bouquet est extraordinaire. Travailler avec une personne qui possède une telle expérience et un si grand talent est une chance énorme pour nous. Il nous a aidées à trouver la bonne personne pour le rôle de Rose. Le rôle est tellement intime et personnel, il fallait donc trouver quelqu’un de solide et d’intègre. Et Florence Loiret-Caille l’est. Elle donne une cohérence au film. Mais également avec les autres, avec Eric Caravaca ou Joël Delasaut par exemple, le travail se passe au mieux. Nous sommes très contentes du casting et de pouvoir travailler avec des gens d’un très très haut niveau. C’est extraordinaire.“

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source: Janina Strötgen – http://tageblatt.editpress.lu

La coproduction helvético-luxembourgeoise intitulée „La petite chambre“ est en ce moment en plein tournage au centre-ville de Luxembourg. La sortie du film est prévue pour l’année prochaine.

Le film s’articule sur deux sujets fondamentaux de l’existence humaine: la vieillesse et le deuil périnatal. Edmond, âgé de 85 ans et interprété par Michel Bouquet, se voit confronté aux limites imposées par son corps. Il se trouve face au conflit de ne pas pouvoir vivre seul, mais de ne pas supporter non plus l’idée d’être déraciné et de vivre dans une maison de retraite.
Rose (Florence Loiret-Caille), une jeune infirmière de 34 ans, se rend chez lui pour le soigner. Une complicité se développe entre le vieil homme et la jeune femme, qui vient de perdre son bébé au huitième mois de grossesse.
Ce qui fascine les deux réalisatrices est l’interaction des deux thèmes: un vieil homme dont on n’attend plus que sa mort et qui rejette toute sorte d’aide, est capable de transmettre à une jeune mère en souffrance de l’espoir et de déclencher ainsi la renaissance de cette jeune femme. C’est ce paradoxe de l’homme en fin de vie apportant la vie qui donne au film sa complexité.
Les personnages sont nuancés parce que confrontés à des sentiments multiples. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Le point fort du film sera sans doute son courage d’aborder des sujets tabous en se focalisant sur les liens entre êtres humains.
Un film prometteur.
 

Interview avec les réalisatrices
Les deux réalisatrices de Lausanne Véronique Reymond et Stéphanie Chuat ne collaborent pas seulement pour la mise en scène du film, mais ont également écrit le scénario à quatre mains. Petit entretien:

Tageblatt: Comment avez-vous réalisé l’écriture commune du scénario? 
Stéphanie Chuat: „Nous travaillons ensemble depuis très longtemps. On se connaît depuis qu’on a onze ans, on a fréquenté la même école et on a commencé très jeune à chanter dans la rue et à jouer des petites pièces de théâtre ensemble. Passer à l’écriture et à la réalisation n’était qu’un pas en plus. Nous sommes en dialogue permanent et comme nous sommes comédiennes à la base, nous jouons d’abord les scènes afin de pouvoir les écrire après. Nous ne nous partageons pas l’écriture, tout se fait à quatre mains.“

„T“: Comment avez-vous trouvé l’idée du film? 
Véronique Reymond: „D’abord par un concours de télévision suisse qui imposait des thèmes sociaux proche de la Suisse. La vieillesse est un sujet omniprésent en Suisse et en Europe d’ailleurs. On avait envie de développer le thème des personnes âgées, de travailler les conflits et les liens intergénérationnels. Donc le choix s’est fait d’une manière assez cohérente par rapport a notre ligne.“

„T“: Et par rapport à l’idée du deuil périnatal? 
V.R.: „Nous avons une amie qui a perdu ses jumeaux à la naissance. Cela nous a très touchées. Des idées pour un film ou une pièce de théâtre apparaissent au fil de ce qu’on vit et de ce qu’on ressent. En plus, le deuil périnatal est un sujet très fort qui n’a pas encore été beaucoup traité dans l’art et jamais dans un film de fiction.“

„T“: Pourquoi avez-vous mis l’accent sur la relation entre ce vieil homme Edmond et Rose, la jeune femme qui vient de perdre son bébé et non sur la relation du couple? 
V. R.: „Le couple est justement en crise. Ils ne peuvent pas se guérir l’un l’autre. Souvent quand on vit un drame ensemble, on ne se supporte plus. 95 pour cent des couples se séparent après une telle perte. Il fallait justement un élément extérieur pour que Rose puisse avancer.“

„T“: Comment se passe le travail actuel avec les acteurs? 
S.C.: „C’est exceptionnel. Michel Bouquet est extraordinaire. Travailler avec une personne qui possède une telle expérience et un si grand talent est une chance énorme pour nous. Il nous a aidées à trouver la bonne personne pour le rôle de Rose. Le rôle est tellement intime et personnel, il fallait donc trouver quelqu’un de solide et d’intègre. Et Florence Loiret-Caille l’est. Elle donne une cohérence au film. Mais également avec les autres, avec Eric Caravaca ou Joël Delasaut par exemple, le travail se passe au mieux. Nous sommes très contentes du casting et de pouvoir travailler avec des gens d’un très très haut niveau. C’est extraordinaire.“

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