Jan 20 2010

Wrap for Solist

Published by at 14:19 under Industry

Aujourd’hui se termine le tournage de “Der Solist” de Pierre Hansen.

SOURCE: http://lequotidien.editpress.lu

Avec un tournage de huit jours seulement rassemblant le gratin du cinéma luxembourgeois, Pierre Hansen est en train d’entrer dans la liste des jeunes réalisateurs prometteurs. Der Solist force le respect dans son scénario comme dans sa maîtrise technique. De notre collaboratrice France Clarinval

On savait déjà que le cinéma luxembourgeois connaissait un renouveau prometteur notamment avec une série de jeunes réalisateurs biberonnés au 35 mm, élevés dans les salles obscures et nourris du cinéma mondial. Dans leur liste, il faudra ajouter Pierre Hansen qui tourne actuellement son premier «vrai» film. «J’avais déjà fait un autre court, Bordoun, mais c’était une démarche d’amateur, avec mes voisins et mes amis», précise-t-il.
Pour écrire Der Solist, il plonge dans ses premières amours et sa première formation : la musique. S’inspirant du personnage du pianiste manchot dans le livre d’Olivier Sachs, il imagine la figure de Heinrich, professeur de gymnastique sans ambition et sans relief qui, suite à un accident, baigne dans un univers mental purement sonore. Même les bruits les plus insignifiants imprègnent son cerveau d’un flux de stimuli auditifs. Heinrich se découvre soudain en mesure de percevoir les sons, de les modeler et d’en créer de nouveaux, de façon tout à fait particulière.
«Mon idée de départ soutient que la musique parfaite pourrait exister comme une symbiose des sons de ce monde, explique le réalisateur. Il est évident que ce n’est pas possible, la musique étant un art, une production humaine, elle est forcément imparfaite, et heureusement.» C’est pourquoi, malgré les réactions intenses de l’entourage de Heinrich à son jeu, la bande-son ne permettra pas au spectateur d’entendre cette musique. «Je veux stimuler la fantaisie du spectateur, aux niveaux visuels et auditifs, de façon à ce que le dénouement du film se révèle dans son imagination», détaille encore celui qui est aussi compositeur.

Le dialogue se résume à quelques lignes

Le scénario du film se déroule sur deux jours dans la vie de Heinrich et passe le relais entre ce qu’il fait, vu par les autres protagonistes? et ce qu’il voit et ressent, filmé en caméra subjective, à sa place. Les dialogues se résument à quelques lignes parce que chaque personnage «évolue dans sa propre bulle, son propre univers et ils ne se rencontrent pas réellement», comme le décrit Nicole Max qui joue Marianne, une collègue de Heinrich «une femme seule qui a vécu de mauvaises expériences et en qui Heinrich voit une possibilité de compagne, de mère de famille». Comme les autres personnes de l’équipe, la comédienne a été séduite par le scénario ainsi que par l’ambition et la précision de Pierre Hansen. «Il ne laisse rien au hasard, chaque image est construite pour nous dire tout ce qu’on ne voit pas dans un film si court.»
Le jeune réalisateur a en effet travaillé un story-board extrêmement précis, «pour éviter la perte de contrôle et la perte de temps» après avoir réussi à s’attirer les bonnes grâces de la profession et du Film Funds. «Nicolas Steil (NDLR : le producteur) a été immédiatement séduit par le scénario et on est rarement allés aussi vite pour produire un film», rapporte David Mouraire, directeur administratif d’Iris Production. Il se réjouit d’avoir sur le plateau le gratin des techniciens luxembourgeois : Carlo Thiel (photo), Carlo Thoss (son), Christina Schaffer (décors), «qui ne viennent pas pour l’argent ou parce qu’ils manquent de travail». Et bien sûr, la présence d’André Jung dans le rôle principal est très enthousiasmante. «On a adapté le plan de tournage à son emploi du temps très chargé, parce qu’il voulait vraiment faire ce film», poursuit-il.

Trois prises et c’est dans la boîte

En ce dimanche, quatrième jour de tournage, l’action se passe dans le lycée où travaille Heinrich. C’est le hall du lycée technique du Centre qui prête son décor à la scène. Le piano trône dans l’entrée et l’équipe s’affaire à ce que personne ne se reflète dans la vitre de la loge du concierge. On tourne. André Jung est de profil, il s’avance et s’assied au piano. Trois prises et c’est dans la boîte, on peut passer à la suite où pendant qu’il joue, un gamin lui souffle une boulette de papier avec une sarbacane improvisée. Là encore, il ne faudra que quelques prises pour que Pierre Hansen soit sûr de son coup. Puis ce sera un gros plan sur le visage d’André Jung, comme habité par la musique. Il feint une douleur, une tristesse, une recherche intérieure, sans son, sans texte, sans directive : l’apanage des grands.

——
Synopsis
L’histoire du « Soliste» commence un dimanche sur une place d’église. Heinrich Lob, maître-nageur de profession, assiste à un concert de la fanfare locale et se rend ensuite à son travail.
Le travail terminé, l’équipe de la piscine joue encore un peu au tennis de table. Heinrich n’a aucune chance contre sa collègue Sophie. Après quelques services rapides, elle lui lance, par accident, sa raquette sur la tête.
Ce choc réordonne son cerveau de fond en comble, et sa vie s’en trouve radicalement changée. Suite à cet accident il baigne dans un univers mental purement sonore. Même les bruits les plus insignifiants imprègnent son cerveau d’un flux de stimuli auditifs. Heinrich se découvre soudain en mesure de percevoir les sons, de les modeler et d’en créer de nouveaux, ceci de façon tout à fait particulière.

Après un traitement médical inefficace, le médecin donne un dernier conseil à Heinrich, dépassé par les événements. Heinrich doit se faire à la situation et considérer les particularités de son cerveau comme un nouveau défi : «Il n’est jamais trop tard pour apprendre un instrument de musique».

Heinrich s’immerge profondément dans l’univers des sons, des mélodies, des harmonies et du rythme. Il trouve sa matière de travail auditive dans les bruits de la vie quotidienne, dans les sons des instruments de musique ainsi que dans les partitions de compositeurs célèbres.

Au mépris du refus et de l’incompréhension que portent à son égard les gens de la scène musicale, Heinrich poursuit sa nouvelle destinée avec obstination et fait, à la fin, une découverte qui va remettre en question la raison d’être de la musique dans sa forme actuelle.

Les médias affirmeront que Heinrich aurait déchiffré le «code de la musique». Il sera question du «son absolu», de la «perfection des sons», quand Heinrich se met à jouer.

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Aujourd’hui se termine le tournage de “Der Solist” de Pierre Hansen.

SOURCE: http://lequotidien.editpress.lu

Avec un tournage de huit jours seulement rassemblant le gratin du cinéma luxembourgeois, Pierre Hansen est en train d’entrer dans la liste des jeunes réalisateurs prometteurs. Der Solist force le respect dans son scénario comme dans sa maîtrise technique. De notre collaboratrice France Clarinval

On savait déjà que le cinéma luxembourgeois connaissait un renouveau prometteur notamment avec une série de jeunes réalisateurs biberonnés au 35 mm, élevés dans les salles obscures et nourris du cinéma mondial. Dans leur liste, il faudra ajouter Pierre Hansen qui tourne actuellement son premier «vrai» film. «J’avais déjà fait un autre court, Bordoun, mais c’était une démarche d’amateur, avec mes voisins et mes amis», précise-t-il.
Pour écrire Der Solist, il plonge dans ses premières amours et sa première formation : la musique. S’inspirant du personnage du pianiste manchot dans le livre d’Olivier Sachs, il imagine la figure de Heinrich, professeur de gymnastique sans ambition et sans relief qui, suite à un accident, baigne dans un univers mental purement sonore. Même les bruits les plus insignifiants imprègnent son cerveau d’un flux de stimuli auditifs. Heinrich se découvre soudain en mesure de percevoir les sons, de les modeler et d’en créer de nouveaux, de façon tout à fait particulière.
«Mon idée de départ soutient que la musique parfaite pourrait exister comme une symbiose des sons de ce monde, explique le réalisateur. Il est évident que ce n’est pas possible, la musique étant un art, une production humaine, elle est forcément imparfaite, et heureusement.» C’est pourquoi, malgré les réactions intenses de l’entourage de Heinrich à son jeu, la bande-son ne permettra pas au spectateur d’entendre cette musique. «Je veux stimuler la fantaisie du spectateur, aux niveaux visuels et auditifs, de façon à ce que le dénouement du film se révèle dans son imagination», détaille encore celui qui est aussi compositeur.

Le dialogue se résume à quelques lignes

Le scénario du film se déroule sur deux jours dans la vie de Heinrich et passe le relais entre ce qu’il fait, vu par les autres protagonistes? et ce qu’il voit et ressent, filmé en caméra subjective, à sa place. Les dialogues se résument à quelques lignes parce que chaque personnage «évolue dans sa propre bulle, son propre univers et ils ne se rencontrent pas réellement», comme le décrit Nicole Max qui joue Marianne, une collègue de Heinrich «une femme seule qui a vécu de mauvaises expériences et en qui Heinrich voit une possibilité de compagne, de mère de famille». Comme les autres personnes de l’équipe, la comédienne a été séduite par le scénario ainsi que par l’ambition et la précision de Pierre Hansen. «Il ne laisse rien au hasard, chaque image est construite pour nous dire tout ce qu’on ne voit pas dans un film si court.»
Le jeune réalisateur a en effet travaillé un story-board extrêmement précis, «pour éviter la perte de contrôle et la perte de temps» après avoir réussi à s’attirer les bonnes grâces de la profession et du Film Funds. «Nicolas Steil (NDLR : le producteur) a été immédiatement séduit par le scénario et on est rarement allés aussi vite pour produire un film», rapporte David Mouraire, directeur administratif d’Iris Production. Il se réjouit d’avoir sur le plateau le gratin des techniciens luxembourgeois : Carlo Thiel (photo), Carlo Thoss (son), Christina Schaffer (décors), «qui ne viennent pas pour l’argent ou parce qu’ils manquent de travail». Et bien sûr, la présence d’André Jung dans le rôle principal est très enthousiasmante. «On a adapté le plan de tournage à son emploi du temps très chargé, parce qu’il voulait vraiment faire ce film», poursuit-il.

Trois prises et c’est dans la boîte

En ce dimanche, quatrième jour de tournage, l’action se passe dans le lycée où travaille Heinrich. C’est le hall du lycée technique du Centre qui prête son décor à la scène. Le piano trône dans l’entrée et l’équipe s’affaire à ce que personne ne se reflète dans la vitre de la loge du concierge. On tourne. André Jung est de profil, il s’avance et s’assied au piano. Trois prises et c’est dans la boîte, on peut passer à la suite où pendant qu’il joue, un gamin lui souffle une boulette de papier avec une sarbacane improvisée. Là encore, il ne faudra que quelques prises pour que Pierre Hansen soit sûr de son coup. Puis ce sera un gros plan sur le visage d’André Jung, comme habité par la musique. Il feint une douleur, une tristesse, une recherche intérieure, sans son, sans texte, sans directive : l’apanage des grands.

——
Synopsis
L’histoire du « Soliste» commence un dimanche sur une place d’église. Heinrich Lob, maître-nageur de profession, assiste à un concert de la fanfare locale et se rend ensuite à son travail.
Le travail terminé, l’équipe de la piscine joue encore un peu au tennis de table. Heinrich n’a aucune chance contre sa collègue Sophie. Après quelques services rapides, elle lui lance, par accident, sa raquette sur la tête.
Ce choc réordonne son cerveau de fond en comble, et sa vie s’en trouve radicalement changée. Suite à cet accident il baigne dans un univers mental purement sonore. Même les bruits les plus insignifiants imprègnent son cerveau d’un flux de stimuli auditifs. Heinrich se découvre soudain en mesure de percevoir les sons, de les modeler et d’en créer de nouveaux, ceci de façon tout à fait particulière.

Après un traitement médical inefficace, le médecin donne un dernier conseil à Heinrich, dépassé par les événements. Heinrich doit se faire à la situation et considérer les particularités de son cerveau comme un nouveau défi : «Il n’est jamais trop tard pour apprendre un instrument de musique».

Heinrich s’immerge profondément dans l’univers des sons, des mélodies, des harmonies et du rythme. Il trouve sa matière de travail auditive dans les bruits de la vie quotidienne, dans les sons des instruments de musique ainsi que dans les partitions de compositeurs célèbres.

Au mépris du refus et de l’incompréhension que portent à son égard les gens de la scène musicale, Heinrich poursuit sa nouvelle destinée avec obstination et fait, à la fin, une découverte qui va remettre en question la raison d’être de la musique dans sa forme actuelle.

Les médias affirmeront que Heinrich aurait déchiffré le «code de la musique». Il sera question du «son absolu», de la «perfection des sons», quand Heinrich se met à jouer.

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