Jul 14 2012

Des Goonies à la luxembourgeoise

Published by at 23:02 under Lucil Film

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Deux mille spectateurs en trois jours de projections.
De notre journaliste Pablo Chimienti

Voilà un score dont rêveraient la plupart des producteurs de cinéma luxembourgeois. Une performance réussie le week-end dernier par Schatzritter, le film pour enfants – à partir de 6 ans – imaginé par Bernard Michaux et dirigé par Laura Schroeder.

Le film, tourné en langue luxembourgeoise (et sous-titré en français), prend comme point de départ la légende de Mélusine (lire encadré), mythe fondateur du Grand-Duché. «Je cherchais dans la tradition luxembourgeoise une idée commerciale qui soit assez connue parmi les enfants pour pouvoir les intéresser», explique le producteur. Et il reprend : «Il y a quoi au Luxembourg ? Superjemp, mais qui n’est pas vraiment pour les enfants et Mélusine. On s’est dit que Mélusine c’était bien, car tous les enfants du Luxembourg connaissent son histoire.»

Une légende effectivement assez connue pour attirer les familles au cinéma et à la fois assez méconnue pour laisser aux auteurs toute la place nécessaire pour laisser libre cours à leur imagination. «On a pris tout ce qui nous servait dans la légende et on a rajouté plein d’autres choses», confirme la réalisatrice qui a tenu tout particulièrement dans le film à approfondir «le thème de la confiance et l’idée qu’il faut toujours dans toute relation laisser à l’autre son propre espace».

À partir de cette légende, que les auteurs résument en début du film à travers un livre et des images d’animation, la réalisatrice et le producteur proposent une véritable chasse au trésor 100 % luxembourgeoise qui n’est pas sans rappeler celle des Goonies, une histoire d’aventure et d’amitié avec quatre pré-adolescents qui n’hésitent pas à prendre la route, à la Stand By Me, un parcours initiatique plein de mystères dans le style de L’Histoire sans fin, etc.

Les «chevaliers» contre les «frères»

L’histoire est celle de Jeff, onze ans, dont la mère est morte mystérieusement sept ans plus tôt. Il vit avec son père – qui a tendance à le surprotéger – dans le camping familial installé au pied des ruines d’un château médiéval. Avec l’été arrivent ses meilleurs amis : les jumeaux Julia et Leo ainsi que le déluré Killer. Une clé mystérieuse, une femme qui présente une similarité éclatante avec Mélusine, et plusieurs indices mettent les enfants sur la piste du légendaire trésor de la sirène.

Il n’en faudra pas plus à la bande pour se lancer tête baissée dans les entrailles du château, dans les recoins les plus sombres de la forêt, dans des passages sous-terrains sombres et dangereux, dans des couloirs secrets de la cathédrale de Luxembourg… Ils vont ainsi reprendre le flambeau des «Chevaliers du trésor» – dont il semblerait que la mère de Jeff était la dernière représentante – et tenter de délivrer Mélusine de son triste sort; elle revient sur Terre pendant 7 jours tous les 7 ans. Mais pour y parvenir ils vont devoir surmonter leurs peurs, désobéir à leurs parents, déchiffrer de mystérieux messages codés et surtout faire face aux forces du mal, le redoutable duc de Barry et ses sbires, les «Frères des ténèbres».

Alors certes, c’est manichéen à souhait, les quelques batailles qui vont opposer les chevaliers blancs et les chevaliers noirs pour le moins simplistes (risibles?), les codes secrets vite déchiffrés… mais il faut bien tenir compte que le film est avant tout pensé pour les plus jeunes. Les parents ne s’ennuieront pas pour autant; à condition d’avoir gardé une petite part d’enfance en eux ils pourront eux aussi profiter de cette belle aventure.

D’autant que, cinématographiquement, il n’y a pas grand-chose à reprocher au film. S’il faut reconnaître que les jeunes comédiens ratent quelques fois leurs réactions – surtout la surprise – ils s’en sortent plus qu’honorablement. Pour le reste, que ce soit aux niveaux de la photo, des décors, des images d’animation, du cadre, de la musique… le film est une réussite. C’est propre, c’est pro!

«Il y a des scènes que j’aime beaucoup tandis que d’autres je ne les aimerai jamais», note Laura Schroeder qui se dit tout de même «très contente résultat général». De toute manière, ajoute-t-elle, «ce n’est pas un film de festival, d’art et essai fait pour Cannes ou Berlin, on voulait juste faire un film qui plaise aux enfants et à leurs parents». Et ceux-là semblent apprécier. «Pour l’heure on n’a reçu que de bonnes critiques», précise Bernard Michaux.

Gageons que la légende de Mélusine va revenir plus que jamais à la mode. Chez nous, mais aussi chez nos voisins allemands. Le film sortira Outre-Moselle le 30 août avec 100 copies. Une autre belle réussite pour les jeunes Schatzritter!

La légende de Mélusine

Selon la légende, Mélusine était, en l’an 963, l’épouse de Sigefroi, le 1er comte de Luxembourg. À leur mariage, Mélusine demanda à son mari de ne jamais la regarder pendant un jour et une nuit de la semaine, le temps pour elle de prendre un long bain. Ce qu’il accepta. Mais ne pouvant résister à la curiosité, Sigefroi finit un jour par regarder par le trou de la serrure de la porte qui le sépare de sa dame. Il découvre alors que Mélusina a une queue de poisson. Constatant qu’elle était observée par son mari, Mélusine disparut alors à jamais dans l’Alzette.

Schatzritter an d’Geheimnis vum Melusina, de Laura Schroeder, avec Anton Glas, Thierry Koob, Tun Schon, Lana Welter, Luc Feit, Alexandra Neidel… 1 h 30. Actuellement en salle à l’Utopolis Luxembourg, au CineBelval d’Esch et au CinéStarlight de Dudelange.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Deux mille spectateurs en trois jours de projections.
De notre journaliste Pablo Chimienti

Voilà un score dont rêveraient la plupart des producteurs de cinéma luxembourgeois. Une performance réussie le week-end dernier par Schatzritter, le film pour enfants – à partir de 6 ans – imaginé par Bernard Michaux et dirigé par Laura Schroeder.

Le film, tourné en langue luxembourgeoise (et sous-titré en français), prend comme point de départ la légende de Mélusine (lire encadré), mythe fondateur du Grand-Duché. «Je cherchais dans la tradition luxembourgeoise une idée commerciale qui soit assez connue parmi les enfants pour pouvoir les intéresser», explique le producteur. Et il reprend : «Il y a quoi au Luxembourg ? Superjemp, mais qui n’est pas vraiment pour les enfants et Mélusine. On s’est dit que Mélusine c’était bien, car tous les enfants du Luxembourg connaissent son histoire.»

Une légende effectivement assez connue pour attirer les familles au cinéma et à la fois assez méconnue pour laisser aux auteurs toute la place nécessaire pour laisser libre cours à leur imagination. «On a pris tout ce qui nous servait dans la légende et on a rajouté plein d’autres choses», confirme la réalisatrice qui a tenu tout particulièrement dans le film à approfondir «le thème de la confiance et l’idée qu’il faut toujours dans toute relation laisser à l’autre son propre espace».

À partir de cette légende, que les auteurs résument en début du film à travers un livre et des images d’animation, la réalisatrice et le producteur proposent une véritable chasse au trésor 100 % luxembourgeoise qui n’est pas sans rappeler celle des Goonies, une histoire d’aventure et d’amitié avec quatre pré-adolescents qui n’hésitent pas à prendre la route, à la Stand By Me, un parcours initiatique plein de mystères dans le style de L’Histoire sans fin, etc.

Les «chevaliers» contre les «frères»

L’histoire est celle de Jeff, onze ans, dont la mère est morte mystérieusement sept ans plus tôt. Il vit avec son père – qui a tendance à le surprotéger – dans le camping familial installé au pied des ruines d’un château médiéval. Avec l’été arrivent ses meilleurs amis : les jumeaux Julia et Leo ainsi que le déluré Killer. Une clé mystérieuse, une femme qui présente une similarité éclatante avec Mélusine, et plusieurs indices mettent les enfants sur la piste du légendaire trésor de la sirène.

Il n’en faudra pas plus à la bande pour se lancer tête baissée dans les entrailles du château, dans les recoins les plus sombres de la forêt, dans des passages sous-terrains sombres et dangereux, dans des couloirs secrets de la cathédrale de Luxembourg… Ils vont ainsi reprendre le flambeau des «Chevaliers du trésor» – dont il semblerait que la mère de Jeff était la dernière représentante – et tenter de délivrer Mélusine de son triste sort; elle revient sur Terre pendant 7 jours tous les 7 ans. Mais pour y parvenir ils vont devoir surmonter leurs peurs, désobéir à leurs parents, déchiffrer de mystérieux messages codés et surtout faire face aux forces du mal, le redoutable duc de Barry et ses sbires, les «Frères des ténèbres».

Alors certes, c’est manichéen à souhait, les quelques batailles qui vont opposer les chevaliers blancs et les chevaliers noirs pour le moins simplistes (risibles?), les codes secrets vite déchiffrés… mais il faut bien tenir compte que le film est avant tout pensé pour les plus jeunes. Les parents ne s’ennuieront pas pour autant; à condition d’avoir gardé une petite part d’enfance en eux ils pourront eux aussi profiter de cette belle aventure.

D’autant que, cinématographiquement, il n’y a pas grand-chose à reprocher au film. S’il faut reconnaître que les jeunes comédiens ratent quelques fois leurs réactions – surtout la surprise – ils s’en sortent plus qu’honorablement. Pour le reste, que ce soit aux niveaux de la photo, des décors, des images d’animation, du cadre, de la musique… le film est une réussite. C’est propre, c’est pro!

«Il y a des scènes que j’aime beaucoup tandis que d’autres je ne les aimerai jamais», note Laura Schroeder qui se dit tout de même «très contente résultat général». De toute manière, ajoute-t-elle, «ce n’est pas un film de festival, d’art et essai fait pour Cannes ou Berlin, on voulait juste faire un film qui plaise aux enfants et à leurs parents». Et ceux-là semblent apprécier. «Pour l’heure on n’a reçu que de bonnes critiques», précise Bernard Michaux.

Gageons que la légende de Mélusine va revenir plus que jamais à la mode. Chez nous, mais aussi chez nos voisins allemands. Le film sortira Outre-Moselle le 30 août avec 100 copies. Une autre belle réussite pour les jeunes Schatzritter!

La légende de Mélusine

Selon la légende, Mélusine était, en l’an 963, l’épouse de Sigefroi, le 1er comte de Luxembourg. À leur mariage, Mélusine demanda à son mari de ne jamais la regarder pendant un jour et une nuit de la semaine, le temps pour elle de prendre un long bain. Ce qu’il accepta. Mais ne pouvant résister à la curiosité, Sigefroi finit un jour par regarder par le trou de la serrure de la porte qui le sépare de sa dame. Il découvre alors que Mélusina a une queue de poisson. Constatant qu’elle était observée par son mari, Mélusine disparut alors à jamais dans l’Alzette.

Schatzritter an d’Geheimnis vum Melusina, de Laura Schroeder, avec Anton Glas, Thierry Koob, Tun Schon, Lana Welter, Luc Feit, Alexandra Neidel… 1 h 30. Actuellement en salle à l’Utopolis Luxembourg, au CineBelval d’Esch et au CinéStarlight de Dudelange.

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