Feb 04 2015

Jacques Molitor s’intéresse «à la dépendance»

Published by at 01:12 under Lucil Film

SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – «Mammejong», de Jacques Molitor, est le premier long métrage de fiction du cinéaste luxembourgeois.

L’essentiel: «Mammejong» est votre premier long métrage de fiction. Quel effet cela fait?

Jacques Molitor (réalisateur): C’est une autre étape, même si le documentaire était sorti au cinéma. Les courts métrages, eux, étaient uniquement présentés lors de festivals. J’espère que ça va toucher davantage de monde, d’autant que le film sera présent dans plusieurs festivals.

L’approche était-elle différente que pour les courts métrages et le documentaire?

Oui, relativement. J’avais plus de temps. Pour le film, on ne peut pas tout préparer à l’avance. C’est impossible de tout prévoir sur les trente-cinq jours qu’a duré le tournage. Les aléas sont plus fréquents.

Les décors naturels étaient importants pour vous?

Oui, nous avons beaucoup plus souvent tourné en extérieur que pour un film normal, environ deux tiers du tournage. L’enjeu consistait essentiellement à masquer les raccords que peuvent engendrer les problèmes météorologiques. Au final, le montage modifie le scénario, et la continuité est davantage présente sur le plan émotionnel.

Vous avez écrit le scénario à deux, avec Éric Lamhène. Comment s’est passée cette collaboration?

Nous avons travaillé sur l’écriture plusieurs mois avec Éric. Et par la suite, plus de gens sont intervenus dessus, qui opéraient comme des mécaniciens, prêts à résoudre des problèmes de structures.

Le personnage de Flëpp a du mal à s’émanciper de l’influence maternelle. Un sujet qui vous tenait à cœur?

Les gens manipulés par quelqu’un d’autre, dans une relation. Le problème de la dépendance, c’est surtout ça qui m’intéresse.

C’est pour vous une métaphore du Luxembourg?

On pense tous un moment à partir. J’ai connu beaucoup de gens qui voulaient faire des choses, et qui finalement ne les font pas.

L’adolescence et la sexualité sont d’autres de vos thèmes. Larry Clarck est-il une influence?

Des thèmes que j’ai abordés dans le passé, en effet. Mais, oui, il m’a fortement influencé. Même si mon approche est très différente, et que mon style est, disons, plus calme. Je suis plus proche de ses films plus conventionnels, comme «Bully».

Parlez-nous du personnage chaotique de Leena…

Ce personnage intervient pour la partie dramaturgique, pour le clash avec la mère. En fait, nous ne savons rien d’elle.

Comment s’est fait le choix des acteurs?

Pour le personnage de la mère, je ne voyais que Myriam Muller, pour sa qualité de jeu et pour la langue. Pour celui joué par Max Thommes, je voulais au départ un amateur. Puis nous avons fait un casting avec des professionnels. Et Max était le seul qui réunissait le jeu, l’émotion, et qui était aussi crédible avec la fille qu’avec la mère. Il est viril mais c’est un bébé, il est fort mais ne sait pas gérer ses émotions. Enfin, pour le personnage de Leena, nous voulions une fille venant des Balkans. Le choix s’est porté sur Maja Juric après des castings vidéos. Par rapport à ces deux derniers choix, nous avons d’ailleurs réécrit les personnages.

«Mammejong». De Jacques Molitor. Avec Max Thommes, Myriam Muller, Maja Juric.
Sortie le 28 janvier.

(Cédric Botzung/L’essentiel)

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SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – «Mammejong», de Jacques Molitor, est le premier long métrage de fiction du cinéaste luxembourgeois.

L’essentiel: «Mammejong» est votre premier long métrage de fiction. Quel effet cela fait?

Jacques Molitor (réalisateur): C’est une autre étape, même si le documentaire était sorti au cinéma. Les courts métrages, eux, étaient uniquement présentés lors de festivals. J’espère que ça va toucher davantage de monde, d’autant que le film sera présent dans plusieurs festivals.

L’approche était-elle différente que pour les courts métrages et le documentaire?

Oui, relativement. J’avais plus de temps. Pour le film, on ne peut pas tout préparer à l’avance. C’est impossible de tout prévoir sur les trente-cinq jours qu’a duré le tournage. Les aléas sont plus fréquents.

Les décors naturels étaient importants pour vous?

Oui, nous avons beaucoup plus souvent tourné en extérieur que pour un film normal, environ deux tiers du tournage. L’enjeu consistait essentiellement à masquer les raccords que peuvent engendrer les problèmes météorologiques. Au final, le montage modifie le scénario, et la continuité est davantage présente sur le plan émotionnel.

Vous avez écrit le scénario à deux, avec Éric Lamhène. Comment s’est passée cette collaboration?

Nous avons travaillé sur l’écriture plusieurs mois avec Éric. Et par la suite, plus de gens sont intervenus dessus, qui opéraient comme des mécaniciens, prêts à résoudre des problèmes de structures.

Le personnage de Flëpp a du mal à s’émanciper de l’influence maternelle. Un sujet qui vous tenait à cœur?

Les gens manipulés par quelqu’un d’autre, dans une relation. Le problème de la dépendance, c’est surtout ça qui m’intéresse.

C’est pour vous une métaphore du Luxembourg?

On pense tous un moment à partir. J’ai connu beaucoup de gens qui voulaient faire des choses, et qui finalement ne les font pas.

L’adolescence et la sexualité sont d’autres de vos thèmes. Larry Clarck est-il une influence?

Des thèmes que j’ai abordés dans le passé, en effet. Mais, oui, il m’a fortement influencé. Même si mon approche est très différente, et que mon style est, disons, plus calme. Je suis plus proche de ses films plus conventionnels, comme «Bully».

Parlez-nous du personnage chaotique de Leena…

Ce personnage intervient pour la partie dramaturgique, pour le clash avec la mère. En fait, nous ne savons rien d’elle.

Comment s’est fait le choix des acteurs?

Pour le personnage de la mère, je ne voyais que Myriam Muller, pour sa qualité de jeu et pour la langue. Pour celui joué par Max Thommes, je voulais au départ un amateur. Puis nous avons fait un casting avec des professionnels. Et Max était le seul qui réunissait le jeu, l’émotion, et qui était aussi crédible avec la fille qu’avec la mère. Il est viril mais c’est un bébé, il est fort mais ne sait pas gérer ses émotions. Enfin, pour le personnage de Leena, nous voulions une fille venant des Balkans. Le choix s’est porté sur Maja Juric après des castings vidéos. Par rapport à ces deux derniers choix, nous avons d’ailleurs réécrit les personnages.

«Mammejong». De Jacques Molitor. Avec Max Thommes, Myriam Muller, Maja Juric.
Sortie le 28 janvier.

(Cédric Botzung/L’essentiel)

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