Sep 12 2014

«Préjudice», un tournage familial

Published by at 01:43 under Lucil Film

SOURCE: http://www.paperjam.lu

Le premier long métrage du Belge Antoine Cuypers se tourne actuellement à Rodange. Coproduit par Lucil Film, il voit notamment Nathalie Baye et Arno à l’affiche. Rencontre sur le plateau.


Le réalisateur Antoine Cuypens avec Arno, qui joue le père de famille.
Photo: Ricardo Vaz Palma/Lucil Film

«Je coproduis le tien, tu coproduis le mien», voilà l’arrangement sur lequel Bernard Michaux (Lucil Film) et Benoît Roland (Wrong Men North, Bruxelles) se sont mis d’accord. Deux premiers films, deux histoires de familles, même si elles sont totalement différentes: l’un en luxembourgeois, «Mammejong» de Jacques Molitor, tourné l’été dernier, devrait sortir ce printemps, l’autre en français, «Préjudice», d’Antoine Cuyers dont le tournage s’achève dans une dizaine de jours.

Le film est entièrement tourné à Rodange dans une maison particulière. 35 jours de tournage au cours desquels le réalisateur est entouré d’une équipe d’une quarantaine de personnes, dont les Luxembourgeois Solveig Harper (directrice de production), Philippe Lussagnet (chef électricien), Pascal Charlier (chef machinerie) et Tiago Hof (régisseur général). On verra une courte apparition de Jean-François Wolf qui joue un voisin. «Il y a peu de personnages et pour un premier film, on voulait des têtes d’affiche connues. Sinon, on aurait pris plus de Luxembourgeois», s’excuse le producteur belge. Le film est majoritairement belge (50% pour Wrong Men North), Lucil Film intervient pour 40% et les Néerlandais de CTM Pictures pour 10%.

Un scénario au cordeau

«La maison est très importante, c’est presque un personnage du film. Il a fallu deux mois à trois location managers pour la trouver», détaille Bernard Michaux. Le producteur est très content de voir le film se tourner au Grand-Duché. «C’est le scénario qui m’a convaincu: une histoire de famille forte et originale.» Même son de cloche chez les comédiens, tous très enthousiastes. «Le scénario est bien construit et bien écrit, j’ai été séduite», explique Nathalie Baye, qui joue la mère de la famille.

Ce huis clos s’articule autour d’un repas de famille où Cédric (Thomas Blanchard), un jeune homme de 32 ans qui n’a jamais quitté le bercail, cristallise une série de ressentiments. Quand sa sœur (Ariane Labed, récemment prix d’interprétation à Locarno) annonce qu’elle est enceinte, les discussions, les frustrations, les rêves (celui d’aller en Autriche) de Cédric se transforment en colère. Entre déni et paranoïa, révolte et faux-semblants, jusqu’où une famille est-elle capable d’aller pour préserver l’équilibre? À partir de quand doit-elle réprimer la différence?

Tout se passe donc dans cette maison de Rodange, complètement redécorée et même repensée (la cuisine et la bibliothèque ont été aménagées ailleurs). «On aurait sans doute pu la recréer en studio, mais la circulation entre les pièces, les jeux entre l’intérieur et l’extérieur auraient été plus compliqués», précise le producteur luxembourgeois.

Une presque famille

Quand on visite le plateau, on sent tout de suite une ambiance à la fois studieuse – avec 2,8 millions d’euros de budget, pas question de traîner – et très chaleureuse. Un des comédiens, Éric Caravaca, évoque «une famille crédible» entre les comédiens. «On vit entre nous puisqu’on est tous loin de chez nous. Les liens sont forts.» Nathalie Baye, qui a déjà tourné à Luxembourg pour «Une liaison pornographique» (Frédéric Fonteyne, 1999) et qui reviendra cet automne pour «La Volante» (coproduit par Tarantula), s’amuse de cette «presque famille» et se réjouit des liens tissés: «C’est un film très porteur, avec des rencontres motivantes.»

Au bout de la table, Arno, le chanteur belge, qui joue le père, sort la petite phrase que l’on gardera en mémoire: «Pour moi, le cinéma, c’est une récréation parce que je travaille pour les autres, alors que sur scène, c’est pour moi. Mais je suis un chanteur et une vache ne donnera jamais que du lait, pas du champagne!»

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Le premier long métrage du Belge Antoine Cuypers se tourne actuellement à Rodange. Coproduit par Lucil Film, il voit notamment Nathalie Baye et Arno à l’affiche. Rencontre sur le plateau.


Le réalisateur Antoine Cuypens avec Arno, qui joue le père de famille.
Photo: Ricardo Vaz Palma/Lucil Film

«Je coproduis le tien, tu coproduis le mien», voilà l’arrangement sur lequel Bernard Michaux (Lucil Film) et Benoît Roland (Wrong Men North, Bruxelles) se sont mis d’accord. Deux premiers films, deux histoires de familles, même si elles sont totalement différentes: l’un en luxembourgeois, «Mammejong» de Jacques Molitor, tourné l’été dernier, devrait sortir ce printemps, l’autre en français, «Préjudice», d’Antoine Cuyers dont le tournage s’achève dans une dizaine de jours.

Le film est entièrement tourné à Rodange dans une maison particulière. 35 jours de tournage au cours desquels le réalisateur est entouré d’une équipe d’une quarantaine de personnes, dont les Luxembourgeois Solveig Harper (directrice de production), Philippe Lussagnet (chef électricien), Pascal Charlier (chef machinerie) et Tiago Hof (régisseur général). On verra une courte apparition de Jean-François Wolf qui joue un voisin. «Il y a peu de personnages et pour un premier film, on voulait des têtes d’affiche connues. Sinon, on aurait pris plus de Luxembourgeois», s’excuse le producteur belge. Le film est majoritairement belge (50% pour Wrong Men North), Lucil Film intervient pour 40% et les Néerlandais de CTM Pictures pour 10%.

Un scénario au cordeau

«La maison est très importante, c’est presque un personnage du film. Il a fallu deux mois à trois location managers pour la trouver», détaille Bernard Michaux. Le producteur est très content de voir le film se tourner au Grand-Duché. «C’est le scénario qui m’a convaincu: une histoire de famille forte et originale.» Même son de cloche chez les comédiens, tous très enthousiastes. «Le scénario est bien construit et bien écrit, j’ai été séduite», explique Nathalie Baye, qui joue la mère de la famille.

Ce huis clos s’articule autour d’un repas de famille où Cédric (Thomas Blanchard), un jeune homme de 32 ans qui n’a jamais quitté le bercail, cristallise une série de ressentiments. Quand sa sœur (Ariane Labed, récemment prix d’interprétation à Locarno) annonce qu’elle est enceinte, les discussions, les frustrations, les rêves (celui d’aller en Autriche) de Cédric se transforment en colère. Entre déni et paranoïa, révolte et faux-semblants, jusqu’où une famille est-elle capable d’aller pour préserver l’équilibre? À partir de quand doit-elle réprimer la différence?

Tout se passe donc dans cette maison de Rodange, complètement redécorée et même repensée (la cuisine et la bibliothèque ont été aménagées ailleurs). «On aurait sans doute pu la recréer en studio, mais la circulation entre les pièces, les jeux entre l’intérieur et l’extérieur auraient été plus compliqués», précise le producteur luxembourgeois.

Une presque famille

Quand on visite le plateau, on sent tout de suite une ambiance à la fois studieuse – avec 2,8 millions d’euros de budget, pas question de traîner – et très chaleureuse. Un des comédiens, Éric Caravaca, évoque «une famille crédible» entre les comédiens. «On vit entre nous puisqu’on est tous loin de chez nous. Les liens sont forts.» Nathalie Baye, qui a déjà tourné à Luxembourg pour «Une liaison pornographique» (Frédéric Fonteyne, 1999) et qui reviendra cet automne pour «La Volante» (coproduit par Tarantula), s’amuse de cette «presque famille» et se réjouit des liens tissés: «C’est un film très porteur, avec des rencontres motivantes.»

Au bout de la table, Arno, le chanteur belge, qui joue le père, sort la petite phrase que l’on gardera en mémoire: «Pour moi, le cinéma, c’est une récréation parce que je travaille pour les autres, alors que sur scène, c’est pour moi. Mais je suis un chanteur et une vache ne donnera jamais que du lait, pas du champagne!»

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