Oct 07 2010

Faire de la musique? Un rêve de cinéaste!

Published by at 01:23 under Articles,Français,Music

SOURCE: http://www.lequotidien.lu/index.php/les-loisirs/15579-Faire-musique-rve-cinaste.html – Pablo Chimienti

Tourné tout au long de l’été 2008, le documentaire n’a pas encore de titre définitif; ce qui est certain, c’est qu’il parlera de la scène rock grand-ducale. Le nouveau film du réalisateur luxembourgeois Govinda Van Maele, à qui l’on doit le court métrage remarqué Josh (2007), montre en 80 minutes environ, l’état d’esprit des rockers «made in Luxembourg». Le cinéaste présente.

Votre nouveau film semble avoir deux noms: Rocdoc et We Might As Well Fail. Qu’en est-il?

Govinda Van Maele: Le film n’est toujours pas fini. Il est toujours au labo. On a donc encore le temps de faire des choix créatifs. Le titre, pour le moment, c’est Rocdoc, mais il n’y a rien de définitif. Pour le moment je l’appelle Rocdoc – We Might As Well Fail.

De quoi ça parle précisément?

Ce n’est pas une introduction, un sommaire ou un dictionnaires du rock. Je n’ai pas voulu présenter “les meilleurs groupes” de rock luxembourgeois ou quelque chose comme ça, mais juste capter l’esprit de la scène rock luxembourgeoise de l’année 2008; l’esprit du musicien dans la société luxembourgeoise. La question principale est : “Qu’est-ce que ça veut dire faire du rock au Luxembourg?”

Et qu’est-ce qui en sort?
C’est toujours difficile de faire de l’art au Luxembourg, parce qu’on n’a pas le sentiment, ici, que les gens ont besoin de l’art. Je me suis donc demandé d’où venait cette musique agressive. Quel est le moteur du rock au Luxembourg?

Vous avez d’ailleurs choisi, en dehors de Miaow Miaow qui est assez pop, des groupes qui sont très rock, voire metal.

Oui, c’est ça la tendance de la scène rock au Luxembourg. La plupart des rockeurs font de la musique assez brutale.

Comment avez-vous choisi ces groupes?

J’en ai rencontré une trentaine. Et comme je voulais pouvoir passer assez de temps avec chaque groupe, il fallait choisir. J’ai fait quatre chapitres, dans lesquels il y a six groupes: Tvesla, qui n’a pas un chapitre à lui, Mutiny on the Bounty – qui est dans le chapitre de Miaow Miaow – puis Black-out Beauty, Eternal Tango et dEFDUMp. Je les ai choisis, déjà parce que je me suis bien entendu avec eux, mais surtout parce qu’ils créent, entre eux, une continuité dans l’histoire. Ça commence avec un groupe plutôt jeune, pas très connu, ça se poursuit par des groupes déjà plus adultes et plus connus, et ça se termine par un groupe plus vieux et très connu, dEFDUMp. Ça va donc d’un jeune groupe qui vient de commencer à jouer, avec toute l’énergie de la jeunesse, à un groupe très connu, qui en plus arrêtait de jouer cet été-là.

Vous ne venez ni du documentaire ni du milieu musical. Comment est né ce projet?

Il n’y a pas vraiment de différence, pour moi, entre fiction et documentaire. Les deux sont du cinéma. D’ailleurs, dans les deux courts métrages de fiction que j’ai réalisés, il y avait déjà un fort élément documentaire, avec une forte influence de la réalité, et un travail avec des acteurs non professionnels… J’ai aussi travaillé, pendant un an, comme caméraman sur un documentaire de Sebastian Brameshuber, Muezzin. En ce qui concerne le thème, c’est parce qu’il y a, selon moi, un parallèle entre la scène musicale et la scène cinématographique luxembourgeoises. Le moteur des cinéastes luxembourgeois et celui des rockeurs est le même. On se demande aussi tout le temps pourquoi on fait du cinéma. Les rockeurs se posent la même question. Et ils ont, en plus, des problèmes financiers que nous n’avons pas, ou plus. Car le gouvernement soutient beaucoup le cinéma luxembourgeois, mais dans le rock ça ne marche pas comme ça. Dans le cinéma, il y a une génération, Pol Cruchten ou Andy Bausch, qui a ouvert pas mal de portes il y a une dizaine d’années pour le cinéma d’aujourd’hui. Les rockeurs actuels, comme Eternal Tango, sont en train d’ouvrir des portes pour les musiciens de demain. Et dEFDUMp était carrément un pionnier. C’est aussi ça que je voulais capturer dans le film, parce qu’il y a encore beaucoup de monde qui ignore tout de la scène rock grand-ducale.

D’où vient le titre?

We Might As Well Fail, c’est le nom du nouveau projet d’Usel (NDLR:ancien frontman de dEFDUMp). Ça évoque le risque qu’il faut prendre quand on veut vivre de sa musique, être prêt à tout perdre pour réussir, et le fait qu’au Luxembourg rares sont ceux qui osent passer le cap.

Le film est présenté en avant-première à la Rockhal. Ce n’est pas une salle de cinéma. Vous n’avez pas peur que le rendu ne soit pas à la hauteur?

Non, le documentaire est prévu pour être un film “rough” (brut). C’est d’ailleurs dans ce même état d’esprit qu’on le montre pour la première fois à la Rockhal. C’est un endroit parfait.

Quel sera ensuite le futur du film. Il va être distribué en salle?

Normalement oui, il devrait passer dans une salle. Mais on est en train de réfléchir à une distribution spéciale. Mais rien n’est décidé, je ne peux donc pas trop en parler.

Vous n’avez pas fait d’école de cinéma et vous vous êtes formé sur le tas. Le fait de plonger ainsi dans la scène rock, ça ne vous donne pas envie de prendre une guitare et de commencer à jouer?

C’est une des raisons pour lesquelles je m’intéresse au sujet. J’aurais aimé faire de la musique, mais je n’ai jamais eu le temps. Faire des films sur le rock, c’est pour moi un autre moyen de réaliser ce rêve qui consiste à jouer de la musique.

www.rockhal.luFilm en langue luxembourgeoise.
Des sous-titrages en français
et anglais sont prévus
pour la future sortie cinéma.

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu/index.php/les-loisirs/15579-Faire-musique-rve-cinaste.html – Pablo Chimienti

Tourné tout au long de l’été 2008, le documentaire n’a pas encore de titre définitif; ce qui est certain, c’est qu’il parlera de la scène rock grand-ducale. Le nouveau film du réalisateur luxembourgeois Govinda Van Maele, à qui l’on doit le court métrage remarqué Josh (2007), montre en 80 minutes environ, l’état d’esprit des rockers «made in Luxembourg». Le cinéaste présente.

Votre nouveau film semble avoir deux noms: Rocdoc et We Might As Well Fail. Qu’en est-il?

Govinda Van Maele: Le film n’est toujours pas fini. Il est toujours au labo. On a donc encore le temps de faire des choix créatifs. Le titre, pour le moment, c’est Rocdoc, mais il n’y a rien de définitif. Pour le moment je l’appelle Rocdoc – We Might As Well Fail.

De quoi ça parle précisément?

Ce n’est pas une introduction, un sommaire ou un dictionnaires du rock. Je n’ai pas voulu présenter “les meilleurs groupes” de rock luxembourgeois ou quelque chose comme ça, mais juste capter l’esprit de la scène rock luxembourgeoise de l’année 2008; l’esprit du musicien dans la société luxembourgeoise. La question principale est : “Qu’est-ce que ça veut dire faire du rock au Luxembourg?”

Et qu’est-ce qui en sort?
C’est toujours difficile de faire de l’art au Luxembourg, parce qu’on n’a pas le sentiment, ici, que les gens ont besoin de l’art. Je me suis donc demandé d’où venait cette musique agressive. Quel est le moteur du rock au Luxembourg?

Vous avez d’ailleurs choisi, en dehors de Miaow Miaow qui est assez pop, des groupes qui sont très rock, voire metal.

Oui, c’est ça la tendance de la scène rock au Luxembourg. La plupart des rockeurs font de la musique assez brutale.

Comment avez-vous choisi ces groupes?

J’en ai rencontré une trentaine. Et comme je voulais pouvoir passer assez de temps avec chaque groupe, il fallait choisir. J’ai fait quatre chapitres, dans lesquels il y a six groupes: Tvesla, qui n’a pas un chapitre à lui, Mutiny on the Bounty – qui est dans le chapitre de Miaow Miaow – puis Black-out Beauty, Eternal Tango et dEFDUMp. Je les ai choisis, déjà parce que je me suis bien entendu avec eux, mais surtout parce qu’ils créent, entre eux, une continuité dans l’histoire. Ça commence avec un groupe plutôt jeune, pas très connu, ça se poursuit par des groupes déjà plus adultes et plus connus, et ça se termine par un groupe plus vieux et très connu, dEFDUMp. Ça va donc d’un jeune groupe qui vient de commencer à jouer, avec toute l’énergie de la jeunesse, à un groupe très connu, qui en plus arrêtait de jouer cet été-là.

Vous ne venez ni du documentaire ni du milieu musical. Comment est né ce projet?

Il n’y a pas vraiment de différence, pour moi, entre fiction et documentaire. Les deux sont du cinéma. D’ailleurs, dans les deux courts métrages de fiction que j’ai réalisés, il y avait déjà un fort élément documentaire, avec une forte influence de la réalité, et un travail avec des acteurs non professionnels… J’ai aussi travaillé, pendant un an, comme caméraman sur un documentaire de Sebastian Brameshuber, Muezzin. En ce qui concerne le thème, c’est parce qu’il y a, selon moi, un parallèle entre la scène musicale et la scène cinématographique luxembourgeoises. Le moteur des cinéastes luxembourgeois et celui des rockeurs est le même. On se demande aussi tout le temps pourquoi on fait du cinéma. Les rockeurs se posent la même question. Et ils ont, en plus, des problèmes financiers que nous n’avons pas, ou plus. Car le gouvernement soutient beaucoup le cinéma luxembourgeois, mais dans le rock ça ne marche pas comme ça. Dans le cinéma, il y a une génération, Pol Cruchten ou Andy Bausch, qui a ouvert pas mal de portes il y a une dizaine d’années pour le cinéma d’aujourd’hui. Les rockeurs actuels, comme Eternal Tango, sont en train d’ouvrir des portes pour les musiciens de demain. Et dEFDUMp était carrément un pionnier. C’est aussi ça que je voulais capturer dans le film, parce qu’il y a encore beaucoup de monde qui ignore tout de la scène rock grand-ducale.

D’où vient le titre?

We Might As Well Fail, c’est le nom du nouveau projet d’Usel (NDLR:ancien frontman de dEFDUMp). Ça évoque le risque qu’il faut prendre quand on veut vivre de sa musique, être prêt à tout perdre pour réussir, et le fait qu’au Luxembourg rares sont ceux qui osent passer le cap.

Le film est présenté en avant-première à la Rockhal. Ce n’est pas une salle de cinéma. Vous n’avez pas peur que le rendu ne soit pas à la hauteur?

Non, le documentaire est prévu pour être un film “rough” (brut). C’est d’ailleurs dans ce même état d’esprit qu’on le montre pour la première fois à la Rockhal. C’est un endroit parfait.

Quel sera ensuite le futur du film. Il va être distribué en salle?

Normalement oui, il devrait passer dans une salle. Mais on est en train de réfléchir à une distribution spéciale. Mais rien n’est décidé, je ne peux donc pas trop en parler.

Vous n’avez pas fait d’école de cinéma et vous vous êtes formé sur le tas. Le fait de plonger ainsi dans la scène rock, ça ne vous donne pas envie de prendre une guitare et de commencer à jouer?

C’est une des raisons pour lesquelles je m’intéresse au sujet. J’aurais aimé faire de la musique, mais je n’ai jamais eu le temps. Faire des films sur le rock, c’est pour moi un autre moyen de réaliser ce rêve qui consiste à jouer de la musique.

www.rockhal.luFilm en langue luxembourgeoise.
Des sous-titrages en français
et anglais sont prévus
pour la future sortie cinéma.

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