Aug 29 2009

Le début du XXe siècle en images

Published by at 07:15 under Newsdesk

SOURCE: http://lequotidien.editpress.lu

C’est un projet un peu fou -«crazy»- que celui du Crazy Cinematographe, ce chapiteau de cinéma forain qui propose des films du début du XXe siècle. / De notre journaliste Pablo Chimienti

Né dans les couloirs de la Cinémathèque de la ville de Luxembourg pour l’année culturelle et son succès s’accroît saison après saison.

Voilà trois ans que les forains de la Schueberfouer ont vu débarquer, parmi les stands de la fête foraine, un étrange chapiteau, avec ses bancs en bois pour le public, son écran, son piano, son projecteur de cinéma et ses bonimenteurs. C’est la partie émergée de l’iceberg «Crazy Cinematographe», un projet scientifique de recherche et de sauvegarde sur les premières années du 7e Art.
Une partie émergée qui propose chaque année au public de découvrir des courts métrages datant d’avant la Première Guerre mondiale lors de projections accompagnées d’un piano et d’une troupe de bonimenteurs.
La programmation réservée au plus de 18 ans, «The Sex Lives of our Grandparents», faite de films érotiques, voire porno, du début du siècle dernier, – et devenus désopilants avec l’évolution des mœurs et des tabous – rempile cette année à la Schueberfouer. Un choix indiscutable tellement ce programme, projeté tous les soirs à partir de 22h, «est devenu pour le public, l’image de marque du Crazy Cinematographe», explique Claude Bertemes, le conservateur de la Cinémathèque. «C’est quelque chose qui ne me gêne pas du tout, assure le responsable, mais que je trouve tout de même un peu réducteur.»
En effet, les programmations thématiques sont au nombre de cinq. Le programme familial «Crazy Pot-pourri», le comique, «Comedy & Burlesque», et celui de performances foraines filmées, «Cabinet of the Bizarre & Extraordinary» sont également reconduits pendant ces trois semaines avec des films entièrement renouvelés.

«Transgressions et sensations fortes»

La grande nouveauté de l’année se cache donc dans «Le Cabinet chirurgical du Dr Doyen», avec ses films d’opérations chirurgicales, dont certains ont été montrés à la Schuberfouer en 1902. «À l’époque, l’entrée était réservée aux hommes et aux doctoresses accompagnées d’un homme», rappelle Claude Bertemes. Cette discrimination sexuelle n’est évidemment plus de mise, mais le programme reste réservé à un public averti à partir de 16 ans.
Avec cette nouvelle programmation, la Cinémathèque tient à faire en sorte que son Crazy Cinématographe soit plus que jamais à l’image de la fête foraine : «Un lieu de transgression et de sensations fortes.» Pour réaliser cette nouvelle sélection de films, les organisateurs ont fouillé les archives d’une quinzaine de cinémathèques européennes ainsi que de nombreuses collections privées. «Cette année, c’est surtout à Paris, Londres et Berlin qu’on a trouvé pas mal de perles rares», confie Nicole Dahlen, la coordinatrice du projet.
Mais le Crazy Cinematographe ne se contente pas d’être un simple lieu de projections de vieilles pellicules. La musique et les bonimenteurs en font, depuis ses débuts, un lieu où le film et le spectacle vivant se côtoient avec bonheur. Et la programmation sanguinolente du Dr. Doyen semble avoir donné des idées à Olaf Minestrone et sa famille de comédiens. En plus de rabattre les spectateurs vers le chapiteau, de les tenir en haleine à l’extérieur et de dynamiser les films pendant la projection, les bonimenteurs se lancent cette année dans la mise en scène, devant le chapiteau, de petites pièces théâtrales à caractère chirurgical. Ainsi, l’hémoglobine coule à flots aussi bien sur l’écran que sur la scène.
Tout un spectacle qui a déjà attiré quelque 2000 spectateurs depuis l’ouverture de cette 669e Schueberfouer. «Une fréquentation supérieur à celle de l’an dernier», se réjouissent les organisateurs.
Au-delà de cette réussite au «box office», le Crazy Cinématographe semble promis à un brillant avenir. Après avoir tourné sur les foires de la Grande Région les années précédentes, voici que des villes comme Londres, Paris et même Shanghai, à l’occasion de son exposition universelle de 2010, s’intéressent au projet. Autre ville souhaitant recevoir le Crazy Cinématographe, Essen en Allemagne, qui sera capitale européenne de la culture l’an prochain. Tout un symbole pour le projet né sous le Cerf bleu.
Tout ce beau monde a rendez-vous à Luxembourg les 4 et 5 septembre sous le chapiteau du Crazy Cinematographe et à la Cinémathèque pour la partir immergée de l’iceberg, un colloque scientifique international sur le thème de la programmation de ce cinéma des premiers temps.
www.crazycinematographe.org

27/08/2009 09:24:00

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SOURCE: http://lequotidien.editpress.lu

C’est un projet un peu fou -«crazy»- que celui du Crazy Cinematographe, ce chapiteau de cinéma forain qui propose des films du début du XXe siècle. / De notre journaliste Pablo Chimienti

Né dans les couloirs de la Cinémathèque de la ville de Luxembourg pour l’année culturelle et son succès s’accroît saison après saison.

Voilà trois ans que les forains de la Schueberfouer ont vu débarquer, parmi les stands de la fête foraine, un étrange chapiteau, avec ses bancs en bois pour le public, son écran, son piano, son projecteur de cinéma et ses bonimenteurs. C’est la partie émergée de l’iceberg «Crazy Cinematographe», un projet scientifique de recherche et de sauvegarde sur les premières années du 7e Art.
Une partie émergée qui propose chaque année au public de découvrir des courts métrages datant d’avant la Première Guerre mondiale lors de projections accompagnées d’un piano et d’une troupe de bonimenteurs.
La programmation réservée au plus de 18 ans, «The Sex Lives of our Grandparents», faite de films érotiques, voire porno, du début du siècle dernier, – et devenus désopilants avec l’évolution des mœurs et des tabous – rempile cette année à la Schueberfouer. Un choix indiscutable tellement ce programme, projeté tous les soirs à partir de 22h, «est devenu pour le public, l’image de marque du Crazy Cinematographe», explique Claude Bertemes, le conservateur de la Cinémathèque. «C’est quelque chose qui ne me gêne pas du tout, assure le responsable, mais que je trouve tout de même un peu réducteur.»
En effet, les programmations thématiques sont au nombre de cinq. Le programme familial «Crazy Pot-pourri», le comique, «Comedy & Burlesque», et celui de performances foraines filmées, «Cabinet of the Bizarre & Extraordinary» sont également reconduits pendant ces trois semaines avec des films entièrement renouvelés.

«Transgressions et sensations fortes»

La grande nouveauté de l’année se cache donc dans «Le Cabinet chirurgical du Dr Doyen», avec ses films d’opérations chirurgicales, dont certains ont été montrés à la Schuberfouer en 1902. «À l’époque, l’entrée était réservée aux hommes et aux doctoresses accompagnées d’un homme», rappelle Claude Bertemes. Cette discrimination sexuelle n’est évidemment plus de mise, mais le programme reste réservé à un public averti à partir de 16 ans.
Avec cette nouvelle programmation, la Cinémathèque tient à faire en sorte que son Crazy Cinématographe soit plus que jamais à l’image de la fête foraine : «Un lieu de transgression et de sensations fortes.» Pour réaliser cette nouvelle sélection de films, les organisateurs ont fouillé les archives d’une quinzaine de cinémathèques européennes ainsi que de nombreuses collections privées. «Cette année, c’est surtout à Paris, Londres et Berlin qu’on a trouvé pas mal de perles rares», confie Nicole Dahlen, la coordinatrice du projet.
Mais le Crazy Cinematographe ne se contente pas d’être un simple lieu de projections de vieilles pellicules. La musique et les bonimenteurs en font, depuis ses débuts, un lieu où le film et le spectacle vivant se côtoient avec bonheur. Et la programmation sanguinolente du Dr. Doyen semble avoir donné des idées à Olaf Minestrone et sa famille de comédiens. En plus de rabattre les spectateurs vers le chapiteau, de les tenir en haleine à l’extérieur et de dynamiser les films pendant la projection, les bonimenteurs se lancent cette année dans la mise en scène, devant le chapiteau, de petites pièces théâtrales à caractère chirurgical. Ainsi, l’hémoglobine coule à flots aussi bien sur l’écran que sur la scène.
Tout un spectacle qui a déjà attiré quelque 2000 spectateurs depuis l’ouverture de cette 669e Schueberfouer. «Une fréquentation supérieur à celle de l’an dernier», se réjouissent les organisateurs.
Au-delà de cette réussite au «box office», le Crazy Cinématographe semble promis à un brillant avenir. Après avoir tourné sur les foires de la Grande Région les années précédentes, voici que des villes comme Londres, Paris et même Shanghai, à l’occasion de son exposition universelle de 2010, s’intéressent au projet. Autre ville souhaitant recevoir le Crazy Cinématographe, Essen en Allemagne, qui sera capitale européenne de la culture l’an prochain. Tout un symbole pour le projet né sous le Cerf bleu.
Tout ce beau monde a rendez-vous à Luxembourg les 4 et 5 septembre sous le chapiteau du Crazy Cinematographe et à la Cinémathèque pour la partir immergée de l’iceberg, un colloque scientifique international sur le thème de la programmation de ce cinéma des premiers temps.
www.crazycinematographe.org

27/08/2009 09:24:00

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