Sep 21 2009

Les lusophones pour les nuls

Published by at 10:29 under Newsdesk

SOURCE: http://lequotidien.editpress.lu/

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Brésiliens, Angolais, mais surtout Portugais et Cap-Verdiens font partie intégrante de la vie luxembourgeoise. Pourtant, en dehors de quelques petits projets sortis en DVD, aucun long métrage n’a été consacré à leur installation dans le pays. Suite à une rencontre avec le président de l’ASTI, Serge Kollwelter, avec la productrice de Samsa films, Anne Schroeder, Thierry Besseling, Loïc Tanson et Rui Abreu se sont penchés sur la question. De notre journaliste Pablo Chimienti

Les cinéphiles habitués au multiplexe du Kirchberg connaissent cet étrange spot diffusé avant les films; il présente des Portugais ouvriers et amateurs de foot et des Portugaises qui s’occupent de leurs nombreux enfants avant d’aller faire des ménages dans une famille luxembourgeoise oisive. De l’autre côté, justement, les Grand-Ducaux sont présentés comme des fonctionnaires qui passent leur journée à attendre l’heure de sortie ou comme des banquiers, affamés de chiffres et de calculs. Le tout se termine par un message en portugais lancé face caméra: «Vous n’en avez pas marre des clichés?»
C’est exactement ce que veulent combattre les trois réalisateurs (Thierry Besseling, Loïc Tanson et Rui Abreu) qui se sont lancés, depuis plus d’un an, dans ce projet de film sur l’immigration et l’intégration lusophone au Luxembourg. «Le spot est là, justement pour interpeller le spectateur avec tous ces clichés», explique Loïc Tanson. «Le documentaire, qui est pour l’instant en phase de développement, sera le parfait contraire de ce spot», ajoute Thierry Besseling.
«On veut montrer l’arrivée de ces flux migratoires, mais surtout le quotidien de ces gens pour dépasser, enfin, tous ces clichés. Pour ça, on compte suivre un grand nombre de ces lusophones du Luxembourg, chez eux à la maison, dans leur travail, à l’école, etc.», poursuit Thierry Besseling. Et cela pour passer outre les clichés des lusophones qui font le pèlerinage à Fatima, rentrent au Portugal pendant les congés collectifs et qui klaxonnent à tout va dès que le Portugal ou le Brésil gagne un match de football.
La complicité des premiers intéressés est donc indispensable. Et le spot est aussi là pour «faire en sorte que les gens qui ont du matériel visuel sur ce thème nous l’envoient. Mais aussi pour qu’ils entrent, simplement, en contact avec nous», reprend Loïc Tanson.

L’idée initiale de la production prévoyait un long métrage en trois parties: une faite d’images d’archives, une autre tournée par Rui Abreu et une troisième réalisée par Loïc et Thierry, un binôme habitué à travailler ensemble.

Une thématique universelle

Mais les images d’archives sur la communauté portugaise au Luxembourg ou sur leur arrivée dans le pays sont assez rares, affirment les réalisateurs, «et puis, Rui, qu’on ne connaissait pas au début, est rapidement devenu un ami», précise le binôme. Ainsi de trois petits courts métrages réunis sous un seul et même titre, c’est un véritable long métrage qui est, finalement, en train de se mettre en place.
Un documentaire avec quelques images d’archives mais surtout avec des images d’aujourd’hui sur le quotidien de ces gens, lusophones immigrés de première, deuxième ou même troisième génération, de tous les niveaux sociaux. Une immersion pas toujours aisée. «Ça fait un an et demi qu’on travaille là-dessus et qu’on passe beaucoup de temps avec de nombreux lusophones, pourtant on n’a pas encore tourné une seule image» précise Thierry Besseling. Et il continue: «parce que c’est vrai qu’au début, notre présence dans leur vie peut sembler un peu artificielle, mais comme nous restons avec eux et qu’ils voient que nous nous intéressons vraiment à leur vie, ils deviennent, petit à petit plus ouverts et généreux».
Si le film s’adresse principalement aux Portugais du Grand-Duché et aux Luxembourgeois -«qui pourront tirer davantage de ce film que les autres», avouent les auteurs- le documentaire veut s’adresser à tous les publics du Luxembourg et d’ailleurs. Après tout, les flux migratoires, l’intégration de ces flux et les nombreux clichés qui existent de part et d’autre entre les arrivants et les autochtones sont des «thématiques universelles» notent les auteurs.
Une thématique d’autant plus d’actualité que, comme le souligne Loïc Tanson, ‘il y a«ces dernières années, une nouvelle vague d’arrivants lusophones au Luxembourg». Des néo-arrivants qui devraient également avoir leur place dans le film qui ne se limitera pas au début de l’immigration portugaise dans les années 60.
Au-delà de l’aspect social, les auteurs insistent sur le fait qu’ils ne comptent pas faire un reportage mais bien un documentaire avec «une réflexion artistique et visuelle et une approche finalement pas si lointaine de la fiction». Ce film anticlichés, qui n’a pour l’heure rien de définitif (ni titre, ni durée, ni structure…) devrait être visible en salles, si tout va bien et avec tous les aléas de la production cinématographique, fin 2010 ou début 2011.
Les réalisateurs recherchent toujours des films de famille sur les Portugais de Luxembourg et même, simplement à entrer en contact avec des Portugais et des Luxembourgeois intéressés pour faire partie du projet.

portugalfilm@gmail.com

17/09/2009 09:33:00

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Brésiliens, Angolais, mais surtout Portugais et Cap-Verdiens font partie intégrante de la vie luxembourgeoise. Pourtant, en dehors de quelques petits projets sortis en DVD, aucun long métrage n’a été consacré à leur installation dans le pays. Suite à une rencontre avec le président de l’ASTI, Serge Kollwelter, avec la productrice de Samsa films, Anne Schroeder, Thierry Besseling, Loïc Tanson et Rui Abreu se sont penchés sur la question. De notre journaliste Pablo Chimienti

Les cinéphiles habitués au multiplexe du Kirchberg connaissent cet étrange spot diffusé avant les films; il présente des Portugais ouvriers et amateurs de foot et des Portugaises qui s’occupent de leurs nombreux enfants avant d’aller faire des ménages dans une famille luxembourgeoise oisive. De l’autre côté, justement, les Grand-Ducaux sont présentés comme des fonctionnaires qui passent leur journée à attendre l’heure de sortie ou comme des banquiers, affamés de chiffres et de calculs. Le tout se termine par un message en portugais lancé face caméra: «Vous n’en avez pas marre des clichés?»
C’est exactement ce que veulent combattre les trois réalisateurs (Thierry Besseling, Loïc Tanson et Rui Abreu) qui se sont lancés, depuis plus d’un an, dans ce projet de film sur l’immigration et l’intégration lusophone au Luxembourg. «Le spot est là, justement pour interpeller le spectateur avec tous ces clichés», explique Loïc Tanson. «Le documentaire, qui est pour l’instant en phase de développement, sera le parfait contraire de ce spot», ajoute Thierry Besseling.
«On veut montrer l’arrivée de ces flux migratoires, mais surtout le quotidien de ces gens pour dépasser, enfin, tous ces clichés. Pour ça, on compte suivre un grand nombre de ces lusophones du Luxembourg, chez eux à la maison, dans leur travail, à l’école, etc.», poursuit Thierry Besseling. Et cela pour passer outre les clichés des lusophones qui font le pèlerinage à Fatima, rentrent au Portugal pendant les congés collectifs et qui klaxonnent à tout va dès que le Portugal ou le Brésil gagne un match de football.
La complicité des premiers intéressés est donc indispensable. Et le spot est aussi là pour «faire en sorte que les gens qui ont du matériel visuel sur ce thème nous l’envoient. Mais aussi pour qu’ils entrent, simplement, en contact avec nous», reprend Loïc Tanson.

L’idée initiale de la production prévoyait un long métrage en trois parties: une faite d’images d’archives, une autre tournée par Rui Abreu et une troisième réalisée par Loïc et Thierry, un binôme habitué à travailler ensemble.

Une thématique universelle

Mais les images d’archives sur la communauté portugaise au Luxembourg ou sur leur arrivée dans le pays sont assez rares, affirment les réalisateurs, «et puis, Rui, qu’on ne connaissait pas au début, est rapidement devenu un ami», précise le binôme. Ainsi de trois petits courts métrages réunis sous un seul et même titre, c’est un véritable long métrage qui est, finalement, en train de se mettre en place.
Un documentaire avec quelques images d’archives mais surtout avec des images d’aujourd’hui sur le quotidien de ces gens, lusophones immigrés de première, deuxième ou même troisième génération, de tous les niveaux sociaux. Une immersion pas toujours aisée. «Ça fait un an et demi qu’on travaille là-dessus et qu’on passe beaucoup de temps avec de nombreux lusophones, pourtant on n’a pas encore tourné une seule image» précise Thierry Besseling. Et il continue: «parce que c’est vrai qu’au début, notre présence dans leur vie peut sembler un peu artificielle, mais comme nous restons avec eux et qu’ils voient que nous nous intéressons vraiment à leur vie, ils deviennent, petit à petit plus ouverts et généreux».
Si le film s’adresse principalement aux Portugais du Grand-Duché et aux Luxembourgeois -«qui pourront tirer davantage de ce film que les autres», avouent les auteurs- le documentaire veut s’adresser à tous les publics du Luxembourg et d’ailleurs. Après tout, les flux migratoires, l’intégration de ces flux et les nombreux clichés qui existent de part et d’autre entre les arrivants et les autochtones sont des «thématiques universelles» notent les auteurs.
Une thématique d’autant plus d’actualité que, comme le souligne Loïc Tanson, ‘il y a«ces dernières années, une nouvelle vague d’arrivants lusophones au Luxembourg». Des néo-arrivants qui devraient également avoir leur place dans le film qui ne se limitera pas au début de l’immigration portugaise dans les années 60.
Au-delà de l’aspect social, les auteurs insistent sur le fait qu’ils ne comptent pas faire un reportage mais bien un documentaire avec «une réflexion artistique et visuelle et une approche finalement pas si lointaine de la fiction». Ce film anticlichés, qui n’a pour l’heure rien de définitif (ni titre, ni durée, ni structure…) devrait être visible en salles, si tout va bien et avec tous les aléas de la production cinématographique, fin 2010 ou début 2011.
Les réalisateurs recherchent toujours des films de famille sur les Portugais de Luxembourg et même, simplement à entrer en contact avec des Portugais et des Luxembourgeois intéressés pour faire partie du projet.

portugalfilm@gmail.com

17/09/2009 09:33:00

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